Où sommes-nous

Semaine à l’italienne

Après Sienne3 juillet. Sienne est derrière nous. La route qui nous mène maintenant à Florence traverse une campagne plus verte et viticole. DSC_1613Nous traversons les vastes étendues qui rendent la région célèbres pour ses vins, les Chianti. Florence, berceau de la renaissance en Italie: nous prenons un bon bain de touristes venant du monde entier, mais ça en vaut la peine. Après le petit café du matin dans un troquet du centre-ville, nous nous baladons entre le ponte Vecchio, la place du Palazzio Vecchio sous les regards de Neptune et David, puis la majestueuse cathédrale surmontée de sa coupole de Brunelleschi. Après un dernier coup d’œil su la porte du paradis, nous grimpons dans un train pour Pracchia.

Duomo de FlorenceDuomo de Florence, la coupole de Brunelleschi

Dans les Alpes ApuanesNotre itinéraire nous entraine dans les Alpes Apuanes et ses vertes vallées loin des masses touristiques où nous retrouvons les fraîcheur en même temps que les cols à franchir. Deux jours de tranquillité pendant lesquels Xavier découvre avec circonspection nos combines de bivouac : à Castiglione Di Garfagnana, nous trouvons, en plein milieu du village, un petit promontoire à l’abris des regards curieux et qui offre une vue panoramique sur les alentours, terrain de camping idéal, à la sauvage.DSC06076 Mais promis juré, on ne laisse pas de trace, tout est ingéré, digéré, consommé et emporté … enfin presque. Nous allons donc faire les emplettes en attendant le soir, l’occasion aussi de faire une petite séance de coiffure, d’installer la douche mobile (une bâche et une poche à eau tenue en l’air) et vive le camping ! Puis nous plantons les tentes sur les 10 m² d’herbe autour de nous, tandis que la pasta s’apprête à être dévorée avec une sauce au pesto.

Bivouac à Castiglione Di Garfagnana

Aux Cinque Terre, route dominant les cinq villages7 juillet. Dernier temps fort pour cette traversée italienne. Après une petite ascension, nous débouchons sur une route en corniche qui domine les Cinque Terre. Cinq villages bâtis à flanc de montagne, au milieu de vignes cultivées en terrasses, à la sueur des générations passées. ManarolaBien décidés à rester dans cet endroit magistral, les habitants ont sculpté le paysage et aménagé des kilomètres de coteaux plongeant directement dans la Méditerranée. Des routes tortueuses, parfois interdites aux véhicules, relient les villages les uns aux autres, et c’est le train qui devient le principal moyen d’aller et venir sur cette côte abrupte.

RiomaggioreManarola

ManarolaRiomaggiore

VernazzaRiomaggiore

RiomaggioreOn prend son ticket pour la journée … ou pas, puis on s’entasse dans la foule des touristes, tout le monde descend, tout le monde monte. On enchaîne les promenades à travers les villages pittoresques, alternant avec des baignades surpeuplées. Mais nous sommes sous le charme, au point de tenter le bivouac avec les mouettes, sur la via del amor… tout un programme.

Via del Amor juste avant Manarola, prochain lieu de bivouac

Compagnie de circonstanceVue de la via del Amor, avec la silhouette de Manarola

Via del Amor juste avant Manarola, lieu de bivouac

Dernière soirée italienne à Levanto, largement arrosée. Nous quittons Xavier le lendemain, sur un quai de gare comme quelques mois auparavant, onze exactement.

Un bon p'tit restoMerci le Chav’ pour cette bonne semaine. Nous voilà au pied des Alpes, la frontière est au bout de la vallée, France, nous re-voilà !Ca sent l'écurie

Toscane, lieu épique et moment hippique

Par Xav le Chav’

Avec le Xav, à ChiancianoItalia. Je ne dirai pas “une fois de plus l’Italie”, mais tout de même… Onze mois après avoir quitté nos deux compagnons de route sur le quai d’une gare des Dolomites, le lieu des retrouvailles est fixé en Toscane. Le pays reste le même mais les changements de paysage et de culture n’en sont pas moins marquants. Autant les Dolomites ressemblent à s’y méprendre aux Alpes autrichiennes, autant la Toscane symbolise à elle seule la Renaissance italienne et toutes ses richesses culturelles et patrimoniales.

Toscane30 juin. Chiusi. Ce n’est pas là que nous devions nous retrouver et pourtant… Le point de rencontre était prévu à Sienne, un peu plus au nord. Si tous les chemins mènent à Rome, il y en a au moins deux qui passent par Chiusi car c’est à la sortie de cette ville située en bordure sud-est de la Toscane que nous nous rencontrons finalement – et par le plus grand des hasards – avec un jour d’avance.

Toscane

ToscaneManon et Etienne m’avaient prévenu, leurs habitudes de camping ont bien changé depuis le temps des terrains trois étoiles avec piscine qui ont désormais laissé place aux bivouacs au milieu des champs, le long d’une route ou dans les parcs publics. Il va falloir s’habituer. Ce soir-là, notre choix se porte sur le bord d’une route de campagne ; nous planterons la tente sur quelques mètres carrés de verdure, derrière une station-service. Nettoyage au karcher“- Et comment on fait pour se doucher ? – Tu remplis pas trop la bassine et tu fais ça au gant de toilette, avec deux litres d’eau normalement c’est tout bon. – Euhhhh … OK, on va essayer.” Et bien non, je n’essaierai pas !! Enfin pas cette fois-ci. En effet, notre décrassage quotidien fut facilité ce soir-là par un instrument de nettoyage à haute pression cher à notre Président et dont nous tairons ici le nom d’usage (pas de publicité sur ce blog). Pour les curieux, sachez que cette méthode est finalement très écologique puisque ne consommant qu’une faible quantité d’eau ; la sensation restant bien sûr quelque peu différente de celle procurée par une douche classique (il faut souffrir pour être écolo).

Un bon p'tit déjUn aspect de leur vie quotidienne, qui lui n’a pas changé, reste l’alimentation. En plus de devoir apporter les nutriments, vitamines et autres acides gras essentiels, la nourriture consommée est C'est pas beau ça?avant tout une source indéniable de plaisir pour nos deux globe-trotteurs. Le retour en Italie n’a fait qu’accentuer leur côté épicurien : pâtes, pizzas, DSC06072charcuteries, fromages, salades, yaourts, glaces, fruits frais, vins toscans, cafés … tout y passe et pour le plus grand plaisir de nos papilles ! Notons au passage qu’un temps d’adaptation est parfois nécessaire pour pouvoir suivre le rythme imposé.

Un bon p'tit resto

Sienne3 juillet. Sienne. En italien Siena. Plus petite que son ancienne rivale florentine, Sienne reste un joyau de l’architecture médiévale dont l’apparence est restée pratiquement inchangée depuis le XVIème siècle. La densité de son centre historique est frappante : les rues étroites ainsi que les monuments grandioses s’enchaînent tour à tour au gré de nos pérégrinations. La fameuse piazza del campo – plus belle place de toute l’Italie selon certains – ne se dévoile qu’au tout dernier moment, laissant apparaître ses charmes au premier rang desquels son aspect caractéristique en forme de conque.

SienneSienneSienne, le Dumo

C’est ici que se déroule chaque année le palio, une course de chevaux montés à cru réunissant les meilleurs cavaliers des dix-sept quartiers de la ville. Par chance, l’épreuve a lieu le lendemain de notre arrivée et nous décidons de rester un peu plus pour mieux explorer cette cité et assister à cetSienne, aux couleurs du quartier événement hippique … nous ne le regretterons pas, bien au contraire. La course est prévue vers 19h30 mais une immense foule est attendue et c’est pourquoi nous prenons place derrière les barrières environ quatre heures avant le début de l’épreuve. Durant cette longue attente, Il campo se remplit petit à petit jusqu’à devenir complètement saturé et inaccessible à tous ceux restés en dehors.

DSC06045Le début des hostilités est précédé d’une grande – et très longue – parade qui voit se succéder les différentes représentations arborant les couleurs et les armes de chaque quartier. Enfin, les concurrents et leur monture font leur entrée dans cet hippodrome inattendu. Un grand silence se fait tandis qu’un speaker énumère la liste des quartiers concurrents.Sienne, défilé des quartiers peu de temps avant la course finale

Sienne, défilé des quartiers peu de temps avant la course finaleSienne, défilé des quartiers peu de temps avant la course finalePeut-être un futur champion, nerveux

Sienne, la course commence, la foule en furieLe départ est ensuite donné et les chevaux s’élancent à toute allure pour trois tours de piste. Pour les néophytes que nous sommes, la vitesse des chevaux au galop passant à moins d’un mètre de notre position nous impressionne fortement. L’hystérie des spectateurs est à son Le vainqueurcomble, l’adrénaline accumulée pendant toutes ces heures se décharge en l’espace de deux minutes. Au bout de deux tours, la moitié des chevaux ont perdu leur cavalier mais continuent quand même à courir et à influencer la suite de la course. Une fois la ligne d’arrivée franchie, les supporters du quartier vainqueur envahissent la piste et fêtent leur champion à grandes effusions de cris et même parfois de larmes. Nous naviguons tant bien que mal au milieu Le vainqueurde cette foule en délire, tandis qu’il nous faut rester sur nos gardes pour ne pas se faire renverser par les quelques purs-sangs égarés qui continuent à trotter de ci de là. La joie du gagnant en dit long sur l’importance que revêt cette course d’autant que celle-ci n’est pas sans risque, que ce soit pour les cavaliers ou pour leur monture.Après la victoireMalgré sa proximité, l’Italie réserve encore bien des surprises. Souhaitons que celles-ci se poursuivent jusqu’au bout de leur voyage.

Sur un quai de gare, 11 mois plus tard

D’une Grèce à l’autre, à travers les lauriers

Amphitéâtre d'Ephèse20 juin. Nous débarquons à Selçuk, ville ordinaire de la côte occidentale turque où subsistent les restes du temple d’Artémis, une des sept merveilles du monde antique. Seule une colonne solitaire tente de faire perdurer la splendeur passée de la déesse … Sauf son respect, nous zappons. Nous sommes encore sur le sol turc et cependant, de notre point de vue, nous venons d’entrer en Grèce, oh injure impardonnable. Bibliothèque d'EphèseIl faut quand même tenir compte du passé des lieux. A deux pas d’ici se trouve la cité antique d’Ephèse qui nous dévoile, dans la foule des touristes, son immense amphithéâtre et la façade majestueuse de sa bibliothèque. Comme dirait l’autre, c’est beau, allez on … va pédaler un peu, ça fait déjà quelques jours qu’on se la coule douce alors quoi, il y en a qui attendent un peu d’aventure.Sur la côte au large d'Ephèse Et bien, disons qu’en guise d’aventure, nous nous sommes contentés de faire un lointain retour dans le temps en traversant la Grèce et en foulant quelques vieilles pierres. Un peu de respect, nous avons eu la chance de trouver sur notre route quelques uns des plus beaux sites de la Grèce antique.

L'acropole

Temple d'Hephaïstos23 juin. Après Ephèse et quelques journées de vélo le long des stations balnéaires égéennes de Turquie, une traversée en ferry nous dépose au Pirée. Un coup de RER local et nous voilà au pied de l’Acropole, juste à l’ouverture. On ne profite jamais aussi bien des sites touristiques que lorsqu’ils sont dépourvus de touristes. Il n’y a qu’une solution pour cela, s’y trouver à l’ouverture. Nous avons profité du Parthénon, presque seuls à beurrer nos tartines tout en admirant la vue sur Athènes. Glaces énormes à MonastirakiEt dès que les cars de Chinois et d’Américains (là aussi ils se font concurrence) déboulent, on fout le camp. Balade dans le quartier de Plaka puis l’Agora, et pour nous récompenser de nos efforts … deux glaces énormes à Monastiraki.

Pendant que nous allons admirer le masque d’Agamemnon au musée archéologique, nous laissons les vélos à l’extérieur et c’est l’occasion de se faire fouiller les sacoches. On savait que les Grecs était sur la paille, mais au point de voler de la nourriture et des bombes de graisse quand même. Masque d'AgamemnonEn fait de crise grecque, nous ne voyons rien de tangible si ce n’est quelques banderoles étendues sur les grilles du parlement et quelques caricatures de Papandréou dans la presse locale. Nous terminons notre journée athénienne à la gare ferroviaire pour s’extraire de la ville en train. Nos billets en poche, nous grimpons dans le wagon et aussi sec, nous en sommes redescendus par les contrôleurs. Motif : pas de vélo dans le train. Et comment doit-on faire ? Ce n’est pas leur problème. L’occasion d’un petit “pétage” de plomb sur le quai. M’enfin, c’est presque la première fois qu’on se cogne à autant de résistance (on se croirait à Singapour). Bienvenue en Europe !

Dans les genets24 juin. Aujourd’hui c’est journée tout plaisir. Nous contournons le golfe de Corinthe par le nord. Nous avons en ligne de mire le mont Parnasse, pas celui de la tour infernale, non le vrai, l’original, le divin et majestueux Parnasse. Nous gravissons ses pentes inférieures, entourés par les lauriers roses ou blancs qui bordent les routes, un vrai bonheur. Mais nous arrivons un peu tard pour profiter des offres des magasins de ski. C’est pas grave, nous avons déjà donné dans le col enneigé, on n’est pas pressé de recommencer. Nous profitons plutôt du beau ciel bleu et du soleil de Grèce.

Dans une haie de lauriersEn fin de journée, nous suivons notre programme rituel : nous commençons par les courses (légumes frais, pates, petit déjeuner sans oublier des boissons désaltérantes pour l’apéro) ; puis nous trouvons une fontaine ou une personne bienveillante pour remplir nos poches à eau ; enfin, nous repairons une lieu un peu en retrait pour dresser notre campement. Ce soir nous décidons de passer la nuit à la sortie d’un village, à côté d’une église. Toujours un bon plan pour s’installer, il y a souvent un carré d’herbe, quelques bancs et en soirée, c’est plutôt le coin tranquille. Banco et santé au petit Jésus.

SantéLumières de crépuscule

DSC0593125 juin. Ce matin nous prenons le petit déjeuner au pied du sanctuaire de Delphes, nous en convenons, il y a pire. Et à l’ouverture nous voilà à l’assaut de la voie sacrée, admirant les restes des trésors des Béotiens, des Athéniens, montant jusqu’au temple d’Apollon, au théâtre et au stade. Le cadre est grandiose, sanctuaire enserré dans de larges falaises calcaires. Nous avons bien sûr tenté de consulter la Pythie, mais l’oracle est resté quelque peu obscur.

Golfe de CorintheLes jours suivants s’enchaînent en longeant le golfe de Corinthe. Nous traversons avec délices les villages côtiers, Itéa, Galaxidi, Nafpaktos, bercés par le parfum des lauriers. Douceur et pédalage font bon ménage sur ces reliefs ondulés mais coulés. Nous touchons au but en traversant le pont du détroit de Corinthe, nouvellement réalisé à l’occasion des derniers Jeux d’Athènes. Le long du détroit de CorintheCelui-ci nous permet de rejoindre Patras où nous embarquons sur un énorme ferry qui va nous conduire à travers l’Adriatique vers Ancona, l’Italie, et juste de l’autre côté des Alpes … mais en attendant profitons de la piscine du pont supérieur.

C'est pas la classe quand même, il fallait bien une croisière pour fêter dignement cette lune de miel.

Une journée en Cappadoce

Nous sommes passés en Cappadoce durant notre traversée d’est en ouest de la Turquie. Ce site nous a séduit par sa beauté et son histoire. Alors nous ne pouvons pas omettre de vous raconter comment s’est déroulé notre journée, un moment inoubliable à la découverte de cette région.

14 juin. Nous descendons du train à Kayzeri, il est quatre heures du matin et il pleut des cordes. Dans un petit troquet de la gare, nous patientons quelques temps espérant que la pluie cesse, et nous en profitons pour dormir un peu. Dix heures, la pluie n’a décidément pas l’air de se lasser de son humour de mauvais gout, nous quittons notre abris afin d’explorer les immenses flaques boueuses qui jalonnent la route… dix minutes plus tard nous sommes trempés.

Urgüp Peu à peu le ciel se découvre. Nous approchons d’Urgüp – première ville que l’on doit croiser en Cappadoce – par une petite route de campagne en hauteur qui aboutit à un point de vue panoramique extra sur le fameux site… et bien… il y a de quoi faire ! Avant de nous poser à un petit camping que nous avons déjà repéré, nous commençons par la visite d’Urgüp où nous retrouvons brutalement le tourisme de masse, les boissons et les dondurmas (glaces turques) deux fois plus chères, des hôtels de Demoiselles coifféescharme aménagés dans les grottes. A la sortie de la ville nous arrivons à prendre quelques clichés de nos premières cheminée de fée avant que le soleil ne disparaisse derrière un nuage menaçant et que le coin ne soit envahi par… par un groupe de chinois dont le bus vient d’arriver bien sûr ! Notre camping se trouve juste avant la ville de Göreme, qui est en quelques sortes le cœur de la Cappadoce. La tente est posée, nous nous préparons pour une petite nuit, demain la journée va être longue.

DSC_0687-2Vue du camping

En sortant de la tente, symphonie matutinale15 juin. Allez, c’est parti ! Il est 4h30, un minibus vient nous récupérer à la sortie du camping. Nous ne sommes pas DSC05832seuls : quatre belges et 7 chinois sont de la partie. Notre navette nous dépose au milieu d’un champs déjà envahi par des petits groupes de touristes photographiant leur montgolfière qui se gonfle tranquillement. Le jour s’est levé depuis un bon moment et les quelques ballons qui ont déjà pris leur envol sont déjà caressés par les premiers rayons de soleil. Puis vient notre tour. Edouardo, le cap’taine, nous briffe sur la sécurité Alors ... heureux ?puis nous fait monter à bord. Les ventilateurs qui avaient amorcé le gonflage sont relayés par des gerbes de flammes au dessus de la nacelle. Et nous décollons parmi des dizaines de montgolfières, égayant le ciel matinal de tâches multicolores. Magique ! Le cadre ? Ha, oui, on en oublierait presque ce cadre enchanteur dans lequel nous progressons au ralenti. Un peu plus d’une heure de vol qui nous en paraitra la moitié et nous amorçons la descente. La remorque attend que la nacelle se pose tout doucement. De sa taille impressionnante, le ballon se dégonfle et commence à vaciller, comme une flammèche qui s’éteint peu à peu. Le bruit sec d’un bouchon de champagne nous ramène à notre dure réalité… petite dégustation à 7 heures du matin, pourquoi pas ?

DSC05831

Dans la campagne de CappadoceNous enchainons sans attendre. Direction la vallée d’Ihlara. Nous avons laissé les vélos de côté et nous voici pour quelques heures sur notre nouveau bolide motorisé scooter… ça fatigue moins ! Toujours en DSC_0853Cappadoce, le paysage change un peu. Nous traversons des prairies et des champs cultivés à la main, puis nous parvenons à l’embouchure d’un long canyon bordé d’orgues basaltiques. Dans une paroi entre des pics rocheux tels des dents de requin, un monastère domine l’entrée de la vallée : DSC_0863-1un vrai labyrinthe reliant ces grands trous par de petits passages ou escaliers raides et exigus. Cuisines, églises, habitations, tout ce qui est nécessaire pour vivre en communauté. Allez, hop hop hop, il est grand temps de filer, le programme est encore chargé. Nous quittons les lieux après un petits tour dans des églises troglodytes du dixième siècle nichées dans les falaises de la vallée, avec de beaux restes de colonnes, de fresques peintes, très habilement enjolivées par de multiples graffitis et autres inscriptions gravées par les chers chérubins de notre temps.

Citée souterraine de DerinkuyuAvant de rentrer à Göreme, nous nous attardons dans la cité souterraine de Derinkuyu : petit voyage dans les profondeurs froides de la terre. Le dos courbé, nous nous faufilons dans ces interminables galeries. A l’époque (VIème-VIIème siècle) pendant les temps de conflits, ces sept étages, creusés dans la roche autour d’un puits d’aération de 80 m, pouvaient abriter 10 000 personnes durant plusieurs mois d’affilée. A la surface nous retrouvons notre bonne température écrasante. Heu-reu-se-ment, nous pouvons acheter des glaces régulièrement sur notre parcourt pour nous rafraîchir.

DSC05859De retour à Göreme, nous retrouvons nos vélos… haaaaaa ! Et nous voici de nouveau lancés pour parcourir trois superbes vallée qui entourent la ville. il y en a pour tous les goûts : la vallée rose, avec ses orgues de sable de couleur rosée ou blanche ; un peu de portage et nous arrivons à la vallée rouge, Pigeonniersavec ses pigeonniers, ses églises et ses dents de sable de couleur (je vous l’donne en mille) rouge, et enfin un dernier tour dans la vallée de l’amouuuuur, et ses formations rocheuses … étranges mais spectaculaires !

Vallée de l'amour Vallée rose

DSC_0731-1Nous n’en avons pas encore terminé… l’apéro n’est pas pour tout de suite. Avant de rejoindre notre camping, la bonne route raide et à gros pavés passe devant le musée à ciel ouvert de Göreme… obligés de Musée de plein air de Göremefaire une halte juste avant la fermeture. Foule de touristes mise à part, nous y apprécions la fraicheur d’une superbe église récemment restaurée, et d’autres un peu esquintées, aux peintures saccagées par les Vandales, en particulier les visages des personnages.

Derrière un horizon aux pics acérés le soleil se couche tout doucement. Il est temps pour nous de regagner notre tente pour une nuit courte… demain départ aux aurores, nous quittons la Cappadoce.

DSC_0875Et là vous pensez tous : “Wouaaaaa, ils ont la forme ces jeunes, quand est-ce qu’ils vont s’arrêter ? Où puisent-ils toute cette DSC_0695énergie, c’est HALLU-CI-NANT !” etc, etc … Et bien vous n’avez pas tort. Alors reprenez l’ensemble des points forts de notre journée racontés ci-dessus, et ajoutez-y quelques détails qui, sans doute, vous rassureront sur cette fameuse force surhumaine qui nous anime : considérez cinq jours au lieu d’un, et répartissez-nos ballades. Ensuite, il suffit de combler avec de longues siestes au bord de la piscine du camping, des baignades, un repas crêpes, un repas frites et un resto pour goûter le Kebab-pot (spécialité du coin), des temps pour bouquiner, surfer sur internet, et mettre à jour de notre blog (qui est toujours en retard, d’ailleurs). Au final, vous obtenez quelques chose de bien plus reposant pour mieux apprécier cette magnifique région.

DSC_0881Il sait pas à qui il a affaire lui ?

Une journée en Cappadoce

Nous sommes passés en Cappadoce durant notre traversée d’est en ouest de la Turquie. Ce site nous a séduit par sa beauté et son histoire. Alors nous ne pouvons pas omettre de vous raconter comment s’est déroulé notre journée, un moment inoubliable à la découverte de cette région.

14 juin. Nous descendons du train à Kayzeri, il est quatre heures du matin et il pleut des cordes. Dans un petit troquet de la gare, nous patientons quelques temps espérant que la pluie cesse, et nous en profitons pour dormir un peu. Dix heures, la pluie n’a décidément pas l’air de se lasser de son humour de mauvais gout, nous quittons notre abris afin d’explorer les immenses flaques boueuses qui jalonnent la route… dix minutes plus tard nous sommes trempés.

Urgüp Peu à peu le ciel se découvre. Nous approchons d’Urgüp – première ville que l’on doit croiser en Cappadoce – par une petite route de campagne en hauteur qui aboutit à un point de vue panoramique extra sur le fameux site… et bien… il y a de quoi faire ! Avant de nous poser à un petit camping que nous avons déjà repéré, nous commençons par la visite d’Urgüp où nous retrouvons brutalement le tourisme de masse, les boissons et les dondurmas (glaces turques) deux fois plus chères, des hôtels de Demoiselles coifféescharme aménagés dans les grottes. A la sortie de la ville nous arrivons à prendre quelques clichés de nos premières cheminée de fée avant que le soleil ne disparaisse derrière un nuage menaçant et que le coin ne soit envahi par… par un groupe de chinois dont le bus vient d’arriver bien sûr ! Notre camping se trouve juste avant la ville de Göreme, qui est en quelques sortes le cœur de la Cappadoce. La tente est posée, nous nous préparons pour une petite nuit, demain la journée va être longue.

DSC_0687-2Vue du camping

En sortant de la tente, symphonie matutinale15 juin. Allez, c’est parti ! Il est 4h30, un minibus vient nous récupérer à la sortie du camping. Nous ne sommes pas DSC05832seuls : quatre belges et 7 chinois sont de la partie. Notre navette nous dépose au milieu d’un champs déjà envahi par des petits groupes de touristes photographiant leur montgolfière qui se gonfle tranquillement. Le jour s’est levé depuis un bon moment et les quelques ballons qui ont déjà pris leur envol sont déjà caressés par les premiers rayons de soleil. Puis vient notre tour. Edouardo, le cap’taine, nous briffe sur la sécurité Alors ... heureux ?puis nous fait monter à bord. Les ventilateurs qui avaient amorcé le gonflage sont relayés par des gerbes de flammes au dessus de la nacelle. Et nous décollons parmi des dizaines de montgolfières, égayant le ciel matinal de tâches multicolores. Magique ! Le cadre ? Ha, oui, on en oublierait presque ce cadre enchanteur dans lequel nous progressons au ralenti. Un peu plus d’une heure de vol qui nous en paraitra la moitié et nous amorçons la descente. La remorque attend que la nacelle se pose tout doucement. De sa taille impressionnante, le ballon se dégonfle et commence à vaciller, comme une flammèche qui s’éteint peu à peu. Le bruit sec d’un bouchon de champagne nous ramène à notre dure réalité… petite dégustation à 7 heures du matin, pourquoi pas ?

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Dans la campagne de CappadoceNous enchainons sans attendre. Direction la vallée d’Ihlara. Nous avons laissé les vélos de côté et nous voici pour quelques heures sur notre nouveau bolide motorisé scooter… ça fatigue moins ! Toujours en DSC_0853Cappadoce, le paysage change un peu. Nous traversons des prairies et des champs cultivés à la main, puis nous parvenons à l’embouchure d’un long canyon bordé d’orgues basaltiques. Dans une paroi entre des pics rocheux tels des dents de requin, un monastère domine l’entrée de la vallée : DSC_0863-1un vrai labyrinthe reliant ces grands trous par de petits passages ou escaliers raides et exigus. Cuisines, églises, habitations, tout ce qui est nécessaire pour vivre en communauté. Allez, hop hop hop, il est grand temps de filer, le programme est encore chargé. Nous quittons les lieux après un petits tour dans des églises troglodytes du dixième siècle nichées dans les falaises de la vallée, avec de beaux restes de colonnes, de fresques peintes, très habilement enjolivées par de multiples graffitis et autres inscriptions gravées par les chers chérubins de notre temps.

Citée souterraine de DerinkuyuAvant de rentrer à Göreme, nous nous attardons dans la cité souterraine de Derinkuyu : petit voyage dans les profondeurs froides de la terre. Le dos courbé, nous nous faufilons dans ces interminables galeries. A l’époque (VIème-VIIème siècle) pendant les temps de conflits, ces sept étages, creusés dans la roche autour d’un puits d’aération de 80 m, pouvaient abriter 10 000 personnes durant plusieurs mois d’affilée. A la surface nous retrouvons notre bonne température écrasante. Heu-reu-se-ment, nous pouvons acheter des glaces régulièrement sur notre parcourt pour nous rafraîchir.

DSC05859De retour à Göreme, nous retrouvons nos vélos… haaaaaa ! Et nous voici de nouveau lancés pour parcourir trois superbes vallée qui entourent la ville. il y en a pour tous les goûts : la vallée rose, avec ses orgues de sable de couleur rosée ou blanche ; un peu de portage et nous arrivons à la vallée rouge, Pigeonniersavec ses pigeonniers, ses églises et ses dents de sable de couleur (je vous l’donne en mille) rouge, et enfin un dernier tour dans la vallée de l’amouuuuur, et ses formations rocheuses … étranges mais spectaculaires !

Vallée de l'amour Vallée rose

DSC_0731-1Nous n’en avons pas encore terminé… l’apéro n’est pas pour tout de suite. Avant de rejoindre notre camping, la bonne route raide et à gros pavés passe devant le musée à ciel ouvert de Göreme… obligés de Musée de plein air de Göremefaire une halte juste avant la fermeture. Foule de touristes mise à part, nous y apprécions la fraicheur d’une superbe église récemment restaurée, et d’autres un peu esquintées, aux peintures saccagées par les Vandales, en particulier les visages des personnages. 

Derrière un horizon aux pics acérés le soleil se couche tout doucement. Il est temps pour nous de regagner notre tente pour une nuit courte… demain départ aux aurores, nous quittons la Cappadoce.

DSC_0875Et là vous pensez tous : “Wouaaaaa, ils ont la forme ces jeunes, quand est-ce qu’ils vont s’arrêter ? Où puisent-ils toute cette DSC_0695énergie, c’est HALLU-CI-NANT !” etc, etc … Et bien vous n’avez pas tort. Alors reprenez l’ensemble des points forts de notre journée racontés ci-dessus, et ajoutez-y quelques détails qui, sans doute, vous rassureront sur cette fameuse force surhumaine qui nous anime : considérez cinq jours au lieu d’un, et répartissez-nos ballades. Ensuite, il suffit de combler avec de longues siestes au bord de la piscine du camping, des baignades, un repas crêpes, un repas frites et un resto pour goûter le Kebab-pot (spécialité du coin), des temps pour bouquiner, surfer sur internet, et mettre à jour de notre blog (qui est toujours en retard, d’ailleurs). Au final, vous obtenez quelques chose de bien plus reposant pour mieux apprécier cette magnifique région.

DSC_0881Il sait pas à qui il a affaire lui ?

Nem-route de Van à Diyarbakır

Par Michèle et Jacques

Ascension du Nemrut Daǧi de TatvanDans le sud-est de la Turquie, au nord de l’ancienne Mésopotamie, deux sommets portent le même nom de Nemrut. L’un est un formidable volcan, le Nemrut Gölü, culminant à 2900 mètres, dont le cratère contient un grand lac bleu, Bouge pas on revientet un plus petit aux eaux vertes car sa température plus élevée à cause de sources d’eau chaude, favorise le développement d’algues; il est situé sur la rive ouest de l’immense lac de Van. L’autre, le Nemrut Daǧi, est dominé par un immense tumulus abritant le mausolée du roi Antiochos 1er, encore un mégalo. Quelle idée de faire installer des statues de plusieurs tonnes là-haut ! Hélas, suite à un tremblement de terre, ces statues ont perdu la tête.

DSC_0699

Apéro à notre premier lieu de camping, sur la terrasse d'un hôtelC’est dans cette région que nous avons retrouvé Manon et Etienne en pleine forme malgré une entrée un peu rocailleuse en Turquie (voir l’article Une drôle d’entrée en matière). Quelle ne fut pas notre surprise de les voir en sortant de l’aéroport de Van, alors que nous avions rendez-vous au centre ville ! Et quel plaisir de les revoir après de longs mois de séparation.

Première visite : l'église de la sainte Croix, Akdamar, île sur le lac de Van

Une semaine avec eux, ce n’est pas de tout repos !

Chez nos hôtes du village du Nemrut, on a l'air chouette non ?En arrivant sur un site à visiter, il faut d’abord trouver un endroit où laisser les bicyclettes et les sacs, mais pas d’hôtel, c’est contraire à l’éthique du voyage. Et comme il y a peu de campings organisés dans cette région, on demande dans une mosquée, ou on squatte chez l’habitant. Une exception à Diyarbakir où on ne trouvait rien, on dort à l’hôtel (même qu’il y a la clim !!).

Nos hôtes du village du Nemrut

Pour aller d’un site à l’autre, il faut arriver à rentrer ces fichus vélos dans les minibus. Trois places, rien que ça !Mais, bon, les Turques sont gentils et très bien organisés, au moins pour les voyages, et tout se passe pour le mieux. Le téléphone turque n’a rien a envier au téléphone arabe, il fonctionne, et quand on arrive à une correspondance, on a l’impression que tout le monde sait déjà où nous devons aller, et nous montre le minibus suivant.

Descente du Nemrut, vue sur le lac de VanEt puis, il fait chaud dans ce pays, même si on s’est pris une orage avec de la grêle en atteignant le sommet du Nemrut (le 1er). Pas de grasse matinée possible quand le soleil vient taper sur la toile de tente dès 6 heures du matin, sauf pour Etienne. Mais avec la quantité de glaces qu’il avale dans la journée, ça doit être un vrai frigo là-dedans !

Saveurs kurdes

Ceux qui sont allergiques aux tomates et concombres (turques !!) devront choisir une autre destination, puisqu’ils sont systématiquement servis en salade avec le plat de résistance. Impossible d’y échapper.

Un repas mémorable à MardinSauf si on se permet d’aller dans un restaurant « chic » (merci), comme au Cercis Murat Konaǧi de Mardin. Alors c’est une explosion de parfums. Menthe, épices, cannelle (ah !! la crème !!), caramel (ah !! la glace !!) houmous, et diverses viandes cuisinées et arrosées d’ayran (yaourt), le thé final accompagné d’une liqueur (sans alcool) mais délicatement parfumée à la cannelle . Pour clore le tout, le serveur, vêtu d’une tenue princière, Un repas mémorable à Mardinnous rince les mains à l’eau de rose. La perfection. Il faut aussi poser le cadre : une belle terrasse avec vue plongeante sur la Mésopotamie, une douce température, un ciel pur, le chant du muezzin, une musique orientale très douce et eux. Comment ne pas trouver la vie belle !!!

La "mer" de Mésopotamie

Vue sur la MésopotamieMardin, ville médiévale du sud de la Turquie (35 km de la frontière syrienne) est accrochée à la pente d’un piton rocheux et dominée par une citadelle non-visitable car propriété de l’armée turque. Depuis la terrasse du restaurant précédent, on découvre une plaine immense qui paraît sans fin : la Mésopotamie. Bazar de MardinCurieuse sensation, on a l’impression que c’est la mer qui est au pied de cette montagne. Pas un arbre, pas une ombre. C’est écrasant. Est-ce le contraste avec la ville où de nombreuses ruelles étroites, sombres, souvent avec des escaliers, qui montent vers la citadelle, perpendiculairement à la rue principale ?

La disparition d’Hasankeyf

La forteresse d’Hasankeyf a été construite sur la falaise qui borde le Tigre. Elle est maintenant en ruine, même si des gens y vivaient encore il n’y a que 50 ans. Mais ils ont dû déménager vers la nouvelle ville, sur la rive du Tigre. C’est un site extraordinaire, car l’accès à la citadelle se fait par des rues taillées dans la falaise qui abritait quantité de maisons troglodytes.
HasankeyfUn pont, lui aussi en ruine, permettait de traversé le Tigre. Son arche centrale, d’une portée de 40 m, pouvait être retirée en cas d’invasion. Mais dépêchez-vous d’y aller, car la construction du barrage d’Ilısu devrait noyer une partie de ce joyau. On l’annonce pour les prochaines années bien qu’il soit très controversé, tant localement, car il devrait déplacer 60000 personnes, qu’internationalement, car il contrôle l’eau du Tigre qui passe ensuite en Syrie et en Irak.

Diyarbakır

On révise avant d'entrer dans la mosquée ?Sentiment mitigé sur cette ville. Bien sûr, c’est une ville fortifiée au patrimoine riche avec ses remparts, ses mosquées, ses églises, ses caravansérails… la plupart avec des murs faits de bandes de pierres noires volcaniques, peintes de motifs blancs. Dans les rues de DiyarbakırMais, il y a aussi, comme souvent dans les villes en pleine expansion, beaucoup de pauvres. Est-ce normal qu’une fillette d’à peine cinq ans traîne dans les rues à 11 heures du soir pour vous vendre un paquet de mouchoirs ? C’est une pauvreté extrême qui se dégage de cette ville.

DSC_0516“Hello ! What is your name ? Where do you come from ? Money, Money.” N’avons nous pas entendu ces quelques mots un millier de fois dans la semaine !

Un peu d’émotion au moment de la séparation. Nous rentrons sur Diyarbakır pour prendre l’avion, ils remontent à vélo au Nemrut (le 2ème) pour continuer leur périple. Même le ciel est triste : nous nous prenons un orage carabiné sur la route. Mais plus que quelques semaines, et ils seront de nouveau avec nous.

Merci Manon et Etienne pour cette semaine inoubliable.

2011-05-28 Turquie

Photos-souvenir farsis par-là

Y en a qui réclamaient de voir nos trombines sur les photos du voyage. Alors come l’Iran c’est bô, ben c’est gagné, ils vont être farcis !alboumphotos alboumphotos1 alboumphotos2alboumphotos3alboumphotos4alboumphotos5

Ca ira comme ça ? Ils nous ont vu maintenant ? Parce qu’on est bien mignon mais là ça suffa comme-ci ! Pour nous re-voir en peinture, z’attendrez qu’on soit de retour, na !

Un avant-goût d’éternité*

Par Biljana et Patrick

Samarkand, plus que toute autre ville de la route de la soie, évoque la légende des voyages au rythme lent des caravanes, les oasis inattendues, perdues de bleu, de sable et de fraîcheur. En voyageurs – touristes que nous fûmes pendant 2 jours à Samarkand – c’est au cours d’une déambulation rythmée par les explications de notre guide, Malika, que nous avons découvert cette ville suspendue entre passé et présent, entre aube et éternité.

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DSC_0274-1C’est aux premières lueurs du jour que nous découvrons Samarkand dans sa globalité, perchés comme des oiseaux migrateurs en haut du minaret de la Medersa d’Ulug Beg, sur la place du Registan. Samarkand émerge de la nuit. Inconfortablement installés sur notre perchoir, nous entrevoyons, à tour de rôle, la DSC_0319-1déclinaison des couleurs de l’aube sur les toits et les coupoles.

Le soleil apparaît rapidement sous la forme d’une grosse boule orangée, juste annoncée par un vent frais qui nous fait frissonner. Puis le disque orange laisse échapper des rayons lumineux qui viennent lécher le haut des medersa de la place et commencent à mettre en lumière le théâtre majestueux du Registan. Les trois monuments se font face comme des acteurs géants dont le jeu surprend par son élégance et son harmonie.DSC04333

DSC_0106Moment suspendu d’infini bien-être, tandis que le soleil continue sa lente caresse de la Medersa d‘Ulug Beg, et les étoiles chéries du Khan astronome illuminent la façade. Difficile d’imaginer qu’elles ont failli ne plus briller après le tremblement de terre de 1898 qui a en grande partie détruit le monument. Les grands travaux des annéesDSC04361 30 ont laissé la place à une restauration patiente. C’est dans la fraîche pénombre d’une des salles de la Medersa Chri Dor que nous assistons au minutieux travail des artisans pour reproduire la beauté des motifs ancestraux.

DSC_0144-2 Nos pas nous portent ensuite vers la Mosquée de Bibi Khanoum, que Tamerlan fit construire pour la 4ème de ses femmes, la plus aimée. La taille du monument devait être un hommage à son amour et témoigner de la force de ce sentiment à travers le temps. L’éternité de l’amour d’un couple se perpétue-t-elle à travers de telles réalisations architecturales ou plutôt au travers de ce qui se construit au jour le jour, avec le partage des bonheursDSC_0061-3 et des difficultés de la vie, les enfants qui naissent et qui grandissent ? C’est dans ce lieu qu’un couple d’éternels amoureux-voyageurs se tenant par la main raconte sa vie bien remplie, ses 72 enfants et petits-enfants et prédit à Manon et Etienne que 4 enfants viendront bientôt embellir leur jeune amour.

DSC04372Voyageurs en quête de réponses, nous consultons le ciel de Samarkand, et nous cheminons vers l’Observatoire d’où Ulug Beg scrutait les étoiles cinq siècles auparavant. Seule une partie du cadran monumental – moyen de mesure de la course du soleil – a pu être restaurée, suite à son excavation par les Soviétiques au début du siècle. DSC_0205Comment un instrument d’observation du soleil a-t-il pu se retrouver enterré sous plusieurs mètres de terre ? Le temps qui passe a des ironies… En sortant de l’observatoire, c’est la morsure du soleil qui nous ramène à Samarkand, Belle du désert, écrasée de chaleur. Monter les escaliers raides qui mènent à la Nécropole de Shahi-Zinde nous demande des efforts. Il faut en compter les marches à l’aller, nous dit Malika, puis les compter à nouveau au retour. Si on ne trouve pas le même nombre, cela signifie que l’on a certainement pêché. Mais arrivés sur la dernière marche s’ouvre devant nous un étroit couloir bordé du bleu des mausolées qui se succèdent sur des dizaines de mètres. Etourdis par les motifs, par les variations de couleurs, DSC_0263-1qui rendent chaque mausolée unique, nous figeons sur nos yeux numériques le maximum d’images. Voyageurs curieux nous pénétrons sans frapper dans ces demeures des morts pour voler un peu de la beauté qui les enveloppe. Autour de nous, les guides expliquent les époques et les détails architecturaux des monuments, mais que sait-on de ceux qui reposent là ? Rien du tout, parfois même pas leur nom.

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Dans la mosquée, la prière soudain nous interrompt dans notre avidité touristique et nous nous retirons sur la pointe des pieds. C’est dans le cimetière attenant à la nécropole que nous nous posons enfin, savourant le calme et la fraîcheur du lieu. Mausolées prestigieux et tombes actuelles anonymes se mêlent à tout jamais dans l’éternité et les portraits gravés dans le marbre nous regardent tranquillement.

Notre déambulation dans Samarkand, guidée par la gentillesse de Malika, se termine dans l’éblouissement de la nécropole resplendissant au soleil devant nos yeux et la fraîcheur de ce havre de paix. Peu importe si le nombre de marches au retour n’est pas identique, nous avons eu nous aussi « un avant-goût d’éternité ».

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* Un avant-goût d’éternité : Qualificatif employé par Mitterrand pour décrire sa promenade à travers la nécropole de Shahi-Zinde peu de temps avant la fin de son deuxième mandat.

Offre spéciale !!

Vous voulez couper avec le turbin, avec le quotidien, oublier vos soucis ? Vous rêvez d’évasion vers un pays riche de sa culture, de son histoire, fertile en expériences. Notre équipe (Biljana, Patrick, Etienne et Manon) s’est réunie ces dernières semaines pour tester et vous proposer 15 jours de vacances inoubliables et dépaysantes.DSC_0354

Ne réfléchissez plus : videz votre frigo, abandonnez les mioches aux grands-parents, bouclez les valoches et claquez la porte, maison, boulot, bagnole, oubliez tout ! Laissez vous guider par votre envie du moment : fermez les yeux et plongez dans vos plus beaux rêves d’enfants, de rêves de princes et de princesses, de palais des mille-et-une nuits, de caravanes, d’habits étincelants, de douceur, d’oasis et de ciels parsemés d’étoiles. Vous y êtes ? Alors, soyez les bienvenus dans ce pays magique de la route de la soie, nommé :

Ouzbekistan

patrickVous débutez votre épopée à l’ouest du pays. Un tapis volant vous emmène survoler l’immensité désertique du Qyzyl-Qum avant de se poser à Nukus. Là, prenez le temps de découvrir l’exceptionnelle caverne d’Ali-Baba réunie par Savitsky ; 40 000 pièces allant du patrimoine archéologique aux toiles des peintres d’avant-garde récoltées pendant l’ère soviétique.

Pour satisfaire vos désirs de grands espaces et d’émotions, vous partez 200 km au nord. La route est longue, fatigante, mais saisissante. EtienneVous restez ébahis devant le spectacle désolant des bateaux qui rouillent au bord de la piste, abandonnés sur les sables déserté par la mer. Vous longez ensuite le plateau d’Ustyurt, admirant ses formations géologiques surprenantes, jusqu’aux eaux de la mer d’Aral. Imprimez ce paysages fascinant, vous faite peut-être partie des derniers témoins de son existence.

Sur la piste pour la mer d'AralDANS la mer d'Aral

DSC_0199Puis vous partez vous perdre dans le désert du Qyzyl-Qum à la recherche des surprenantes ruines des cinquante forteresses des anciens rois (du IVème siècle av. JC au XIVème siècle ap. JC).Manon Faites une halte dans la charmante et délicieuse Khiva, important carrefour des routes de la soie. Déambulez dans ses rues calmes, entre mosquées et medersas, admirez les fines décorations en céramiques, buvez aux fontaines rafraichissantes, grimpez au sommet de ses minarets pour profiter du soleil couchant, et terminez votre excursion par un repas délicat assorti de plats traditionnels, et d’une partie d’échec.

KhivaKhiva

DSC_0262Gagnez ensuite Boukhara et ses pittoresques ruelles en terre battue. Flânez entre les bazars et les immenses medersas surmontées de splendides coupoles bleu turquoise. Prenez le temps de découvrir le travail de ses artisans : céramique, tissage, ferronnerie. BiljanaPendant les heures chaudes de l’après-midi, accordez-vous une bonne pinte de bière rafraîchissante sur une terrasse ombragée. Poursuivez votre visite avec une promenade sur les remparts, afin de profiter des lumières de fin de journée. Retournez alors à votre chambre d’hôte pour y passer une des mille-et-une nuits.

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Dans la vallée d'UrumDes envies de verdure, de solitude ? Nous avons ce qu’il vous faut. Pour vous, une escapade nature dans les monts Nuratau. Si désert rime avec hostilité et calme oppressant, l’oasis d’Hurum rime avec douceur de vivre et calme apaisant. Prenez le temps de vous ressourcer dans ce havre de paix, un petit village aux robustes maisons de pierres, niché dans une vallée verdoyante. Lassez-vous bercer par le gazouillement des oiseaux et la caresses des hautes herbes.

Déjeuner sur l'herbe

DSC_0280-3Point d’orgue de votre voyage. Vous ne pouvez manquer le coup de foudre pour la perle de l’Asie centrale, la somptueuse, l’exceptionnelle, l’incontournable Samarkand. Faite joyau par Timur le sanglant, Samarkand vous ravira par ses splendeurs historiques et ses merveilles d’architectures. Coupole de la medersa Cher-DorSommet de l’art des majoliques, perfection des perspectives, profusion de nuances azurées, traversez la ville ancienne par la rue de Tachkent, depuis la majestueuse place du Registan, jusqu’à DSC_0147l’émouvante allée des mausolées. En bonus, enivrez-vous des saveurs sucrées des nectars de la fabrique viticole Hovrenko, ou bien, laissez les lueurs du soleil levant vous envelopper, perché au sommet d’un minaret.

Place du Registan

Restez suspendu, la tête dans les nuages, vos soucis sont loin, loin, rêvez encore …

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Trilogie en Kashgarie, partie 2

Rhouch, rhouch ! Laissez passer, laissez passer !

Marché aux bestiaux de Kashgar6 mars. 11 heures. Nous suivons le flot des charrettes, des tracteurs, des attelages aux remorques chargées de bêtes. Tous convergent vers un capharnaüm grouillant : Marché aux bestiaux de Kashgarle marché aux bestiaux de Kashgar. Chaque dimanche s’y retrouvent tous les paysans et négociants de la région venus pour marchander tout ce qui a quatre pattes et produit du lait. On y trouve aussi les bouchers de la ville venu s’approvisionner en viande fraiche et grasse.

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Marché aux bestiaux de Kashgar, cordonnierNous entrons dans la zone périphérique, alléchés par les odeurs de viande grillée. Nous circulons entre les étals des rémouleurs, des cordonniers, des barbiers. Sur une piste déjà bien foulée par les bottes et les sabots, nous nous mêlons à la foule pour pénétrer au cœur du bazar. Ici, c’est “pousse-toi de là que je m’y mette”, Marché aux bestiaux de Kashgaril faut avancer au pas de course pour ne pas nous faire piétiner et ne pas compter sur les avertissements des conducteurs de charrettes. Ca gueule de partout ; il en arrive de toutes parts et pas seulement des tendres : des taureaux, des vaches, des chèvres, des ânes, des moutonsTâtage de cul de différentes races, des chameaux, chacun tentant de gagner la parcelle qui lui est réservée, mené par son propriétaire. Il faut passer à tout prix. Bêtes et propriétaires s’entremêlent, attendant de faire affaire ; on brasse du billet, on discute les prix, on se raconte les dernières nouvelles du village en petit comité. Les acheteurs potentiels vérifient la marchandise : état de la dentition, densité “postérieure”. Observage de dentitionDans un coin du marché, des dizaines de boules de laine s’alignent et passent une par une entre les mains de “coiffeurs” armés de paires de ciseaux puis en DSC03043ressortent toutes nues (on se croirait dans un dessin animé). Dans ce salmigondis, le va-et-vient permanent des bêtes à vendre et des bêtes vendues maintient une intensité impressionnante.

Marché aux bestiaux de KashgarMarché aux bestiaux de KashgarBrochette de culs tondus

Marché aux bestiaux de Kashgar, chachliksTelles de petites fourmis désemparées, nous nous perchons sur un terre plein nous permettant de contempler la scène d’en haut. Le tableau est saisissant de vie et d’authenticité. Nous avons le sentiment d’être parachuté à une autre époque. Sur un coté du marché, un alignement de tables et de chaises permet à qui veut de se sustenter : chachliks (brochettes traditionnelles), pains fourrés à la viande de mouton, laghman (pâtes étirées), portions de pastèque, soupes en tout genre… tout ce qu’il faut pour conclure de bonnes affaires !

Marché aux bestiaux de KashgarEtals de nourriture : pains à la viande de mouton, gras mais savoureuxRiz, pain et mouton

Un peu plus loin, l’humeur est au “jeu”. Attirés par des attroupements nous nous approchons et nous glissons entre les spectateurs. Contrairement aux Ouïgours agglutinés en cercle ou perchés sur les installations proches pour Marché aux bestiaux de Kashgar, combats de chiensmieux apprécier le show, nous sommes légèrement refroidis : deux chiens type pitbull (j’y connais rien) s’affrontent en duel, encouragés par leurs maîtres à l’affût de leur moindre mouvement. La foule autour s’excite à la tournure du combat, les paris vont bon train, chacun encourage son poulain. Les deux bêtes s’amochent sévèrement, la tête DSC_0518ensanglantée, ils ont la permission de cesser leur duel. Un peu plus loin, déjà un nouveau cercle se crée autour de deux autres victimes, tandis que le nôtre se défait rapidement, laissant apparaître les derniers échanges de billets pariés. Un peu de cruauté en guise de distraction…

Nous quittons le marché aux bêtes de Kashgar brassés et transportés par ce mélange intense de couleurs, d’odeurs, d’impressions. En à peine deux heures écoulées, nous avons le sentiment d’avoir fait un voyage à part entière.

 

Au fait, le chat de la guesthouse d’Urumqi, comment s’appelait-il ?

Pas Indien, pas Elisabeth, pas Adolph, mais presque, c’était le Hitler Cat, c’est malin, pauvre bête !