Où sommes-nous

“Same, same, but different”

Impossible de quitter le Myanmar sans évoquer la religion. Nous voici au pays des stupas, des bouddhas, des temples et autre pagodas.

Bagan

Evidemment, un endroit rêvé pour les marchands de camelote, vendeurs de pacotille ou artistes de la place du Tertre. Le pays des fous de Bouddha, mais de doux dingues. Du genre à lui construire des monuments de toutes tailles, de partout et dans les lieux les plus insolites. Il y a deux types de construction :

  • Baganles temples massifs renfermant souvent quatre bouddhas observant les directions cardinales ;
  • les stupas simples flèches de briques en forme de cloche effilée ne se distinguant pas par l’aspect général ni la couleur mais offrant une variété infinie de profils, de décorations et de nuances. BaganBach serait jaloux devant tant de variations. C’est simple, en deux bonnes semaines, nous avons du avaler plusieurs dizaines de milliers de stupas différents et bien sûr, pas deux pareils. Limite indigeste. 

DSC_0065Nous avons commencé par du lourd, sans jeu de mot : Kyatkhio, le rocher d’or. Pas un monstre le caillou ! Il étonne plutôt par sa situation en équilibre sur un soubassement, à la limite de la dégringolade, le tout perché au sommet d’une large montagne dominant les environs jusqu’à perte de vue. Certains disent même qu’il serait en lévitation, mouais, on est allé voir de près, on a des doutes ! Le site en lui-même est superbe offrant la vue sur le golfe du Bengale. La pavasse, elle, est recouverte d’une épaisse couche dorée qui le rend visible de très loin et d’une pile de rondelles très effilée, un stupa quoi.    Cessons de blasphémer. Ceci n’a rien d’inoubliable, heureusement que la vue compense. Ce qui l’est, en revanche, c’est l’ambiance qui se dégage du lieu, une des principales destinations de pèlerinage pour les bouddhistes du pays. DSC00442 Du coup tout est aménagé pour : – un sentier de 11km qui donne accès au site, mais la plupart des pèlerins préfèrent se tasser dans les pick-up grimpant par la route en une petite heure. Bouddha mérite des efforts mais pas n’importe lesquels, s’esquinter le croupion sur une banquette en bois sera bien assez pour lui. – Quantité de magasins, d’oratoires, de temples tapissent l’échine de la montagne. tout ce qui peut s’offrir à Bouddha se vend, on n’est jamais trop dévot. Mais pas seulement, le best-seller ici c’est la mitraillette en bambou et pas du 9 mm, non du gros calibre, plutôt 45. Ca va dérouiller sévère bande de petits jocrisses ! – DSC_0053Le clou, pour nous, reste l’arrivée au Kyatkhio. L’esplanade sous le rocher est quasi-déserte, incroyable ! Pourtant il y en a du monde là-haut, mais chacun fait ses emplettes, contente ses appétits pendant que, peinards, nous pouvons faire les andouilles au pied du rocher. Ca commence fort !

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Etape suivante dans le mysticisme, Bago. Là, on expédie, on fait dans le Bouddha-stage. Le plus grand stupa du Myanmar et même du monde, DSC00495allez hop c’est toujours ça de pris, le plus long bouddha couché de .. le plus long quoi (ne le dites pas trop fort, y en a un plus long, pas très loin d’ici), puis le jardin de bouddhas, la plus grande concentration de bouddhas assis, mouais pas très convaincant. DSC00517Tout cela en mobylette, clic-clac, c’est dans la boîte. A nos yeux, le plus stupéfiant est la visite du monastère de Bago où plus de 700 moines vivent en permanence (le deuxième plus grand … blabla). L’un d’eux, nous invite à assister à l’étude. Des centaines de jeunes moines accroupis dans une grande salle, en train de psalmodier sous la surveillance étroite de … Bouddha ! Assez spectaculaire.

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Au hasard de nos pérégrinations, nous croisons encore nombre de temples, monastères, stupas – on notera, au passage, le record de la plus grosse pile de briques du monde pour le stupa inachevé de Mingun. On cesse de prier une seconde et on applaudit des deux mains.

DSC_0105-1La dernière étape, le must, se trouve à Bagan, stupaland. Une large plaine déforestée au bord de l’Ayeyarwady où se concentrent plus de 4000 pagodas (bâtiment religieux, essentiellement des stupas). La forêt a vraisemblablement disparu du fait de la quantité de bois nécessaire pour alimenter les fours à briques. C’est que les stupas, ça ne pousse pas tout seul ! L’endroit est spectaculaire surtout au coucher du soleil … paraît-il … car sur les trois jours passés sur place, BaganBuddha ne nous accordera pas une fois sa clémence. Nuages et pluies quasi tout le temps, mais comme nous pouvons louer des vélos, nous nous en foutons, nous sommes heureux, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il nei… Hého! Ça ne va pas? nous ne sommes pas en Europe ! Non mais… A vélo sur les pistes à la terre ocre, les visites deviennent un vrai jeu : trouver les plus belles peintures, la pagode la plus haute, la  plus ancienne, celle offrant la plus meilleure vue.  Bagan, "Same same but different "   Nous nous amusons aussi avec les vendeurs de pacotille : “c’est joli, c’est pas cher, c’est moi qui l’ai fait !”. C’est surtout invraisemblable la quantité de trucs potentiellement vendables aux touristes. Evidemment d’une pagode à l’autre les vendeurs ont tous les mêmes articles à vendre, à un détail près : “Same, same, but différent !” Nous voyons bien que ce sont les mêmes qui ont bâti les stupas! Nous passons de belles journées dans ce site exceptionnel où nous grimpons sur des dizaines de ces monuments de briques, sans oublier, à chaque fois, d’ôter nos claquettes. BaganRespect Buddha! Tes fanatiques sont capables de grandes choses et nous en ont mis plein la vue!

Quelques jours plus tard, nous quittons le Myanmar avec l’image du Schwedagon, l’immense stupa de Yangon, recouvert d’or et d’un nombre invraisemblable de joyaux. Mais avec l’idée que ces dépenses démesurées, en l’honneur du vénérable feraient un peu de bien si elles était en partie consacrées à la santé et l’éducation des Birmans. Ce peuple adorable mériterait sans doute un peu du soin qu’il accorde à ce cher Bouddha.

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Bali, grimpettes entre temples et rizières

Du 20 au 23 octobre. L’arrivée à Bali est pour nous synonyme de retour au voyage à vélo. DSC02169Nous grimpons avec bonheur sur les bicyclettes avec en prime une quarantaine de kilomètres d’asphalte neuve et quasi-plate. Le changement est radical, nous récoltons d’emblée des centaines de sourires et de “Hello Mister”. Vive le vélo ! En même temps, nous sommes plongés dans l’ambiance hindouiste de Bali par la profusion des temples qui bordent les routes. Dans chaque village un temple majeur, dans chaque maison un temple familial. DSC_0028Nous ne savons plus où donner des yeux. Ici, à gauche ! Là, sur la droite ! La tentation est grande de s’arrêter à chaque occasion pour prendre quelques photos, mais résistons ce ne serait pas raisonnable;)

Cependant, en quelques jours nous allons expérimenter les difficultés d’être cycliste sur une île volcanique et équatoriale. Le troisième jour sur place, nous traversons l’île du nord au sud en passant par Munduk et le lac Bratan situé à 1350 m d’altitude et point culminant de la journée. Sur le papier, rien d’insurmontable, 40 km et 1500m de dénivelées, nous avons déjà testé dans les Dolomites, ça doit passer. C’est sans compter sur la médiocrité de la carte combinée à un tracé des routes, disons, assez direct ! DSC_0095Comme dirait l’un de nos anciens gouvernants, “la route est droite, mais la pente est forte !” Ahh ça, on peut dire qu’elle est forte. Nous enchaînons les montées à 15% voire plus pendant cinq heures, le tout, sous une chaleur écrasante. Un effort infernal, en plein cagnard. L’épreuve est si rude que nous craquons tous les 500 mètres, engloutissons les litres d’eau avant de nous faire violence pour remonter sur les machines. Au milieu de l’ascension, un petit panneau sur la gauche de la route joue les sirènes : “Z Waterfall, 500m”. DSC02301Sans l’ombre d’une hésitation, nous reposons les organismes pendant deux heures, petite balade dans l’ombre et la fraîcheur des girofliers, des cacaoyers, des caféiers, des macadamiers … Qu’il est dur de renfourcher nos montures après cela ! Malgré tout, nous venons à bout du supplice, juste à temps pour voir les lacs … dans la brume et se faire saucer abondamment. Revoilà notre amie la mousson désormais rituelle, pour confirmer le côté équatorial de la balade. Nous pensions y échapper sur Bali, mais nous allons devoir l’intégrer dans notre programme. Heureusement le phénomène est assez régulier, ce qui permet de s’organiser, enfin en théorie.DSC02305Mais rassurez-vous, nous avons trouvé la parade. DSC_0289Si vous vous retrouvez coincés à la nuit tombante sous une pluie diluvienne, ne vous affolez pas, rejoignez le poste de police le plus proche. Ces chers fonctionnaires étant relativement peu occupés, ils vous accueilleront volontiers pour une petite nuit en cellule. Il s’agit bien sûr de ne pas être trop regardant sur la propreté des lieux.

Du 24 au 26 octobre. Le sud de Bali est une région très prospère, dotée d’une nature particulièrement généreuse. Il y a tellement d’eau qui coule des montagnes que tout pousse avec facilité, ce qui laisse aux Balinais beaucoup de temps pour se consacrer à la religion et à la fête. Nous pouvons donc visiter des temples magnifiques et croiser, tous les jours, des cérémonies traditionnelles, occasions pour les locaux de célébrer leurs divinités ou leurs ancêtres par des quantités monumentales d’offrandes (fruits, fleurs, poissons, viandes…).

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Chaque événement est un prétexte pour faire la fête, se réunir, danser, jouer de la musique et partager le repas ensemble. Invités à l’un de ces repas, nous assistons au sacrifice d’un cochon, une première pour chacun de nous deux. Image poignante ! L’île parait vivre dans un carnaval permanent, festival de couleurs, d’odeurs et de musiques.

Notre dernière escapade se déroule autour du mont Batur, où l’on retrouve la configuration du Bromo, volcan dans le volcan.DSC02471 Notre scooter nous emmène autour de ce cône sombre, dans une végétation luxuriante, où nous nous égarons dans de petits villages isolés du tourisme qui fait rage dans la majeure partie de Bali. Et ce n’est pas dommage ! Nous redescendons à travers les rizières qui recouvrent les pentes de tous les volcans de l’île. Imaginez des travailleurs coiffés de chapeaux chinois, de l’eau jusqu’au genoux et le dos courbé sur les plants de riz. Et bien, tout pareil. De vraies cartes postales !

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Impossible d’omettre un petit clin d’œil aux premiers copains que nous retrouvons depuis notre arrivée en Asie et cela complètement par hasard ! DSC_0742Dans un spectacle de Legong, danses traditionnelles à Ubud (genre de Katmandou local dévoyé par le tourisme), nous nous retrouvons assis juste à côté de Patricia et Aurélien, une bonne occasion pour aller boire un verre ensemble. Grosses bises les vacanciers.

Après une semaine passée dans ce kaléidoscope, nous fuyons l’agitation incessante de Bali pour sa paisible voisine, Lombok.

Yogya, looose-control

“Quand on pense à Java”, c’est à ses monuments inscrits au patrimoine de l’Humanité et à ses énormes volcans formant la ceinture de feu sur la côte sud de l’île. Enfin, maintenant qu’on a vu tout ça, on y pense.

Du 14 au 17 octobre. Centre de Java. Nous débarquons à la gare de Yogjakarta (prononcer Djogdja), avec nos vélo emballés dans de larges boîtes en carton, nos dix sacoches en plus et la petite guitare dans son étui doré par la couverture de survie qui l’entoure. Il ne manque plus que la Peugeot 504 et nous partons pour le bled. Mais nous nous contentons de descendre du train, épreuve que nous ne réussissons qu’avec l’aide des porteurs de la gare. Grâce au réseau BiketoWork, nous sommes attendus par Pakjo, qui bien sûr est venu nous chercher avec … son vélo. Mais il a du bon sens et trouve la solution, nous chargeons les deux vélos sur … un autre vélo, enfin sur un triporteur, puis chacun d’entre nous fait de même et nous voilà calés à l’avant de ces tricycles, poussés à travers Yogya par de pauvres équilibristes perchés sur des selles trop hautes pour leurs courtes jambes.

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Nous avons vraiment échangé la casquette du cyclotouriste contre le bob du touriste-promené. DSC_0026-1Mais sous l’impulsion de Pakjo, fou de vélo, nous montons les bicyclettes le soir même et partons pour une virée dans Yogya by night. Quel bonheur de sentir à nouveau le cuir des selles sous nous fesses ! Nous déambulons à travers les vieux quartiers entourant les différents palais de la vieille capitale de royaumes javanais. La balade est un enchantement, le séjour s’annonce plutôt bien.

Ville à l’histoire multi-centenaire, entourée de plusieurs monuments et temples de renommée mondiale et baignée dans un environnement naturel très riche, Yogya possède de nombreuses ressources touristiques et culturelles. Nous comptons bien exploiter au mieux les trois jours à passer ici pour en profiter pleinement. Mais dès le lendemain, tout se corse !

Situation initiale : comme points clés, nous avons décidé de visiter les temples de Prambanan et de Borobudur et d’assister aux effusions du volcan Merapi, le plus actif de toute l’île ; tous ces sites s’éparpillant à quelques dizaines de kilomètres du centre de la ville. Elément déclencheur : Pakjo, en bon directeur de l’office du tourisme (ça c’est du contact valable), nous fait quelques suggestions quant à la façon d’employer notre temps et nous propose d’autres centres d’intérêts. En bon cycliste, il nous sort également ses cartes de la région. Voyons maintenant la succession des péripéties.

Le jour suivant notre arrivée, nous attaquons de façon matinale par la location d’un scooter ; ici, la circulation est moins débridée qu’à Jakarta, mais il faut quand même garder les yeux grands ouverts, garde son calme et se faufiler dans les interstices laissés libres par le flot des deux roues qui parait ne jamais s’arrêter. Ça roule jusqu’à Prambanan. Nous arrivons avant la foule des touristes et partons à l’assaut des six tours spectaculaires qui forment le principal temple du site.DSC01924C’est un véritable jeu que d’y grimper, de décoder les représentations hindouistes, puis de circuler sur les différents plateaux de ces pyramides sculptées et maintes fois rebâties en raison des tremblements de terre successifs. Le dernier en date (en 2006), a causé des dégâts importants et des armées de tailleurs s’activent aux abords. Seule déception la grisaille persistante qui gâche un peu les photos.

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Sur les conseils de notre hôte, nous embrayons sans tarder en direction de Kaliurang, point de vue imprenable sur le Merapi, pour profiter sur place d’un coucher de soleil inoubliable, suivi du spectacle des émissions rougeoyantes du monstre. Ça c’est dans le texte ; en guise de soirée mémorable, nous récoltons une averse monumentale pendant le trajet en scooter. C’est la mousson … en fin d’après midi, impensable de voir un coucher de soleil ou quoi que ce soit du genre. Et ça dure ! Nous sommes trempés comme des soupes, gelés jusqu’au os, demi-tour, on rentre au bercail.

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Raté pour le Mérapi au soleil couchant ! Qu’à cela ne tienne, nous allons retenter le coup … le matin, mais dans le sens inverse : visions nocturnes puis lever de soleil.

DSC_0200 Le lendemain donc, après un sommeil des plus courts – soirée en goguette pour une fête de quartier traditionnelle – nous nous levons en pleine nuit, grimpons sur les scooters. Nous profitons alors des rares heures où les rues sont désertes, plaisir inestimable de rouler en ligne droite sans garder les mains crispées sur les poignées de freins. Après une heure de croisière, nous arrivons au parking, une fois de plus frigorifiés. De là nous sommes sensés randonner une heure avant d’atteindre le point de vue. Armés de nos lampes frontales, nous empruntons un excellent chemin. DSC01943Puis nous tombons sur le point de vue après une bonne rando de … deux minutes. Résultat, nous avons une heure d’avance sur l’horaire, il fait nuit noire et ça caille ! Petite inquiétude, nous n’apercevons aucune lueur venant de ce qui nous semble être le volcan, tout juste un large cône élevé qui se dessine en ombres chinoises. Par contre il parait se situer bien proche de nous, on en frissonne. Entêtés, nous patientons pour profiter de l’inénarrable lever de soleil. Et c’est beau … euh, perso, j’ai pas du bien regarder parce que je me souviens pas. Au petit jour, nous apercevons enfin le Merapi, qui s’avère être beaucoup plus éloigné que prévu, en retrait derrière un petit cône de verdure, résidu volcanique nettement moins impressionnant à la lumière du jour. DSC_0249Le Merapi, lui, a la cime prise dans les nuages et de coulées de lave ou autres productions magmatiques, point du tout. Là c’est vraiment grillé pour notre panorama-spectacle ! On déclare forfait, il est 5 heures, on a sommeil, on s’casse ! Notre matinée est tout juste sauvée par la rencontre de quelques singes chapardeurs qui réussissent à nous donner le sourire.

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Pourtant, la journée ne fait que commencer et nous réserve encore bien des surprises. Plutôt que de rentrer, nous filons plein sud pour visiter Imogiri, un ancien cimetière royal, site unique en son genre, d’après notre guide local. DSC_0293En effet, c’est unique, ce n’est ouvert au public que deux matinées par semaine et coup de bol, c’est pas aujourd’hui, c’aurait été trop facile. Nous prenons quand même le temps de faire le tour du site car faute de visite, il fait beau – traduisez, il ne pleut pas – alors après deux heures de scooter, on va quand même se dérouiller les jambes. DSC_0309On commence vraiment à s’encroûter ! Sur le retour, nous avons enfin un peu de chance, nous retrouvons le quartier de la vieille ville, un peu par hasard, et pouvons visiter son cimetière royal et quelques riches habitations à la décoration intéressante.

Mais attendez, ce n’est pas fini. Des fois, on croit sortir son pied d’une bouse sans voir qu’on vient de poser le deuxième dans une autre bouse… C’est maintenant le début de l’après-midi et cette fois le coup de pompe est sévère. Il convient de se reposer car ce soir, c’est la grande fête annuelle de Yogya, événement à ne rater sous aucun prétexte, défilés de chars, feux d’artifice et tous les habitants de la ville au rendez-vous. Cette fois c’est du solide, Pakjo n’est pas le seul à nous avoir mis la puce à l’oreille alors nous avons confiance. Nous retournons donc chez lui pour nous accorder une sieste réparatrice. Les montres sont réglées, nous tombons comme des masses. A 21h, Manon se réveille, panique à bord, ça fait deux heures que nous devrions déjà être dans les rues. Nous giclons du lit et sortons pour constater les dégâts. C’est la ruée à l’extérieur, chaque ruelle est bondée et nous ramons désespérément à contre sens. DSC_0360 Une fois dans Malioboro, l’artère principale, nous guettons les animations, mais … c’est fini … en fait, chacun rentre chez soi et nous nous retrouvons coincés dans une horde de gens et de scooters, complètement désabusés. Très grosse déception qui s’accentue lorsque nous repassons dans nos têtes le film de la journée. Nous avons beau nous dire que le voyage est extraordinaire, il est parfois difficile de relativiser.

Sous le coup, perdus au milieu de la foule, nous ne faisons pas long feu, de quoi rallonger la liste des boulettes. Rapidement de retour à la maison, nous n’aurons droit qu’au bruits de pétard du feu d’artifice tirés quelques minutes plus tard et nous ne verrons rien des différents spectacles qui se déroulent au palais du roi de Yogyakarta. On les accumule !

Mais demain est un autre jour, tiens, parlons-en ! Au programme de ce troisième jour, nous avons inscrit la visite du temple de Borobudur, le plus fameux de toute l’Indonésie. Mais plutôt que d’y aller en bus, on va la jouer écolo suivant la proposition de Pakjo de nous y emmener à vélo, accompagnés de quelque uns de ses amis. Départ prévu en début d’après-midi. D’ici là, repos, cartes postales et balade pépère dans le centre. Peu avant le rendez-vous, que va-t-il se passer ? Allez vous commencez à connaître la région. Et oui, c’est l’après-midi donc, mousson oblige, il se met à pleuvoir, à verse ! Merci Popeye tu nous la copiera ta balade.

Nous décidons cette fois de prendre le taureau par les cornes. Sans attendre, nous grimpons dans un bus, puis, après quelques circonvolutions, nous posons le pied à Borobudur sous un ciel chargé mais sans pluie et pouvons dépenser nos 15$ chacun pour entrer. Il n’est pas trop tard, nous avons encore suffisamment de temps pour profiter du site. Heureusement, ce monument vaut le détour, une large construction pyramidale surmontée de plusieurs dizaines de cloches qui renferment des Buddhas observant avec sérénité toutes les directions alentours.

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C’est un vrai défi d’y faire des photos sans que n’apparaisse un touriste Indonésien dessus. Très nombreux sur le site, il donnent le sentiment d’y venir avec une seul intention : rapporter La photo preuve de leur présence sur place, ou plutôt Les photos, multipliant les combinaisons à l’infini. Une vraie mise à l’épreuve pour le photographe soucieux de la virginité de ses clichés. Vous voyez de qui on parle. Le truc : faire le tour du monument, dont la façade arrière est quasi-désertée. On respire !DSC02012

Reste une dernière épreuve à affronter sur le chemin du retour. Nous quittons les lieux à la fermeture et là surprise, plus de bus. Soit c’est taxi (très cher), soit il faut négocier avec les locaux habitués à la situation et qui attendent les pigeons gentiment. Nous optons pour la deuxième option et nous arriverons finalement dans la nuit à Yogya après un peu de moto, de bus local bondé puis de taxi, le tout en payant plus cher que l’option numéro un. Bien joué !

Elément de résolution : enfin ! Nous filons à la gare illico-presto, achetons immédiatement deux billets de train pour Probolinggo, départ la nuit même. Nous avons tout juste le temps de rentrer, s’arroser d’un seau d’eau fraîche (mandi = douche locale), empaqueter nos vélos et jeter tout notre bazar dans trois cyclo-porteurs dans le sens inverse.

Lundi 18 octobre, 01:30. Situation finale : le train entre en gare avec une heure de retard. Nous nous calons dans des sièges confortables, basculés au maximum. Bouchons dans les oreilles, plaid sur les genoux. Nous roulons en direction des majestueux volcans à l’est de Java et la nuit va nous apporter de nouvelles pages blanches à écrire.

Que s’est-il passé avec notre cher Pakjo ? Difficile de le blâmer pour tous ces ratés ; nous avons quand même passé chez lui trois jours durant lesquels il s’est montré toujours prévenant et nous devons reconnaître un certain manque de bon sens quant à notre organisation. Surement beaucoup d’incompréhension… Ça fait aussi partie du voyage ;)

Trempés … jusqu’aux os de la moelle épinière

DSC_1021 Aujourd’hui, nous avons visité une région de vergers superbe … dans le brouillard et sous la pluie. Résultat, ce soir, on se retrouve dans une petite auberge, au sec et au chaud (contrepèterie belge). Bien fait !

Alors on part visiter Bolzano avant de se taper una pizze. Bizàtous !