Où sommes-nous

Au pays des yaourts et des monastères

En plein dans les clichés

Du 8 au 14 septembre

DSC_0044 A peine entrés en Bulgarie et nous voilà en plein dans les clichés. Nous croisons plusieurs charrettes attelées à des chevaux ou des ânes.  Puis nous posons la tente dans un champ à l’écart de la route et à 100 mètres de là, nous pouvons apercevoir un berger accoudé sur son bâton, en train de surveiller son troupeau de moutons. Image d’Epinal s’il en est.

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Comme à chaque passage de frontière nous voilà baignés dans une nouvelle culture (pas si différente ici), nouvelle langue, nouvelles habitudes. Cette fois nous mettons un peu plus de temps à nous accoutumer. Notre vocabulaire bulgare est au point zéro et nous peinons réellement à nous faire comprendre, si bien qu’au premier restaurant, les “pomfrit” (assez clair non ?) se métamorphosent en tranches de pain. C’est pas grave on aime bien aussi. Par contre, à chacune de nos demandes, fait suite un temps de doute, de flou. Conversation type au rayon traiteur (interprétée d’après la gestuelle) : “ -Vous voulez ce poivron ? –Oui. -Celui-là ? Oui,oui.” Et la voilà qui insiste en nous montrant. “–Ok, Ok. –Vous en voulez un ? –Oui. –Deux ? – Non, non (et la voilà qui nous en met deux)”. Alors c’est quoi l’entourloupe ? Une fois qu’on sait, tout se résout en un éclat de rire. En Bulgarie, pour faire “oui” de la tête on oscille de droite à gauche et pour faire “non” on hoche la tête de haut en bas. Evidemment, nous n’avons pas l’air bien clairs lorsqu’on on dit “Da” avec assurance en hochant la tête vigoureusement. Rassurez-vous, depuis que nous savons, cet embarras chronique a fait place à de larges sourires amicaux de la part des autochtones.

8 septembre. Nous nous dirigeons vers Sofia en faisant quelques circonvolutions. DSC00702La première d’entre elles doit nous conduire vers Belogradchik,  un site naturel assez exceptionnel fait d’une multitude de tours rocheuses ocres aux formes arrondies et prenant des parfois profils assimilables à des personnages. Ici c’est un peu le sport local, mais vous avez déjà tous fait la même chose avec les nuages.

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Au passage, trois erreurs à ne pas commettre dans la journée du cyclotouriste :

  • DSC_0002se lancer dans une ascension en fin d’après-midi après l’avoir passée à paresser et s’être enfilé un bière de 50cL ;
  • se charger comme des bourriques avant d’attaquer une ascension vers un lieu touristique ou l’on trouve tout le nécessaire pour bivouaquer ;
  • rouler dans une côte, soit à une vitesse inférieure à 10 km/h, en fin de journée, heure à laquelle pullulent les moucherons.

Toutes ces erreurs, qui sont pour vous des évidences, nous les avons conjuguées lors de la montée à Belogradchik-tchik-tchik, mercredi en fin de journée. Mais c’est pas grave, on le referait si nécessaire, rien que pour vous faire marrer et puis parce que la route et l’arrivée sur ce site haut perché étaient magnifique sous cette lumière de fin d’après-midi.

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10 septembre. Après quelques zones indu-striées et quelques kilomètres d’une proto-autoroute, la circonvolution suivante nous emmène à travers un parc national au nord de Sofia.DSC_0023-2 Sur une route en balcon, nous remontons le cours d’une rivière qui sinue dans un décor calcaire magnifique, décor qui rappelle les reliefs rencontrés dans les Portes de Fer (voir article à ce sujet). C’est, pour nous, l’occasion de retrouver des routes à la circulation allégée et dans un cadre paisible, mais, le pendant inévitable, de renouer avec une attention accrue sur la moindre parcelle de goudron. Les routes bulgares ne sont pas une sinécure, elles ressemblent plutôt à un de ces jeux vidéos de la première heure dans lequel, au volant d’un bolide, vous devez éviter les pièges tendus sous vos roues. A ce propos, une petite devinette : qu’évoque l’expression “Padam Padam” ? Réponse dans le prochain article.

Les petites routes bulgares offrent également de nombreuses rencontres. Au détour d’un virage, à la sortie d’un village, on peut se retrouver nez à nez avec un sympathique molosse qui montre une envie irrépressible de faire la connaissance de vos sacoches voire de vos mollet autant que l’est la votre de lui balancer un coup de taloche. Nous avons, depuis, résolument adopté la stratégie de ces cabots : montrer les dents, aboyer et pédaler. Pour l’instant, ça passe, mais nous sommes décidés, nous allons très vite nous trouver un ustensile performant, un bon vieux bâton de bois.

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A Ceripiski, nous faisons notre première visite d’un monastère orthodoxe, havre de paix situé sur la berge et à l’évidence une halte traditionnelle pour les circuits touristiques de la région (comme la plupart des grands monastères vraisemblablement). Ces petites pauses sont toujours très appréciables pour et nous y goutons avec plaisir.

Cap sur la capitale : Sofia !

Les Portes de Fer (Le long du Danube suite et fin)

Du 4 au 6 septembre

Nous approchons des Portes de Fer (gorges du Danube) et en même temps de la frontière roumaine. A de multiples reprises raisonnent des airs d’accordéon, nous entrons dans la Serbie populaire et paysanne et les mélanges de populations sont visibles à l’œil nu.

4 septembre. Peut-être avions-nous trop fanfaronné les jours précédents, toujours est-il qu’aujourd’hui le compteur fait la tête. La moyenne chute. Départ tardif, puis nous voilà pris dans le meilleur des traquenards, une fête de village à Veliko Gradiste.

DSC00623A peine arrivés, nous sommes alpagués par des sourires amicaux et des propositions multiples : bière, soupes, grillades. Nous ne tardons pas à nous retrouver attablés, alors que nous avons parcouru depuis le matin 20 malheureux kilomètres. Et le redécollage risque de se faire attendre. Notre hôte nous le fait nettement comprendre par un geste du pouce en travers de la gorge : pas question de décamper avant d’avoir fait honneur.

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Alors nous allons nous y atteler avec le plus grand des bonheurs pendant qu’un groupe d’enivrés donne un récital de chansons traditionnelles accompagnés par l’inévitable accordéon (qui n’est vraiment pas un instrument pour les … comme le chantent avec ironie les Ogres de Barback).

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Nous sommes rapidement à pied d’œuvre alternant de grandes lampées de bière avec des cuillérées de soupe poissonneuse dont les arêtes nous restent un peu en travers … de la gorge ; mais, ici, on ne fait pas la fine bouche. DSC_0023-1Après quelques heures, nous tentons une échappée, mais le moment est le plus mal venu. Voilà le méchouis qui vient à point pour régaler les papilles de tous les convives, difficile d’y renoncer ! Le tout, copieusement arrosé de bière comme il se doit, si bien que nous finissons par apprécier les grandes accolades affectueuses (pour ne pas dire plus) de notre ami et les harmonies approximatives de la chorale locale. Disons clairement qu’on se régale et qu’on ne boude pas notre plaisir. “Brate !”

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DSC_0062Le retour sur la selle – quelque part toujours un peu douloureux, mais on ne vous dira pas où – était cette fois si tardif qu’il ne s’est pas prolongé bien longtemps. Nous avons très vite dégoté un petit terrain de camping de rêve au bord du Danube, face à la forteresse de Golubac.

Préparation du bivouac-popote. Mais ce soir on saute l’apéro. Eh, faut pas croire, on sait rester sobre aussi !

DSC00656 Les jours suivant cette aventure, nous roulons sur les berges du Danube. Celui-ci nous offre son profil le plus escarpé et de somptueux panorama entre la ville de Donji Milanovac et le barrage des Djerdap où se trouve un poste frontière avec la Roumanie. Dans cet étranglement, appelé “Portes de Fer”, le Danube se resserre en un défilé de 150 mètres de largeur (après avoir atteint en amont jusqu’à 2 km) qui rappelle par ses calcaires abruptes et délités certaines Calanques. DSC_0024-1 “Et c’est beau, bon allez on s’casse !” Non, c’est vraiment chouette et nous ne sommes pas mécontents de retrouver un peu de relief, d’autant que les côtes n’ont rien avoir avec les montées interminables des cols dolomitiques.

6 septembre. Nuit agitée à Donji Milanovac où, tente calée derrière un buisson en plein village, Etienne n’a de cesse de crier après les chiens errants qui grognent autour du bivouac pendant une bonne partie de la nuit, jusqu’à ce que, excédé, il se décide à sortir de la tente, partir à la chasse, armé d’une sandale, et courir au milieu de la rue en tenue d’Adam pour les faire fuir à l’aide du projectile qu’il va inévitablement égarer dans un jardin voisin. Après quoi nous profiterons de la fin de la nuit dans un calme mérité. Nan mais ! Nos amis les bêtes … (Pour ceux qui connaissent la chanson des Joyeux Urbains, “Achète un chien” elle n’a pas cessé de raisonner dans ma tête. Merci bien !)

Le lendemain est l’occasion d’une incursion inoubliable en terre roumaine. Nous traversons l’énorme barrage des Djerdap (au delà duquel se trouve la Roumanie) en quête d’un market pour y dépenser les Lei que Michèle, Jacques et les Renard nous ont laissé en Autriche. Et il y a une somme ! Orgie d’achat dans un bouiboui cracra, suivie d’un p’tit resto pour finir par un retour en Serbie sous les yeux goguenards des douaniers serbes. DSC_0027 Peut-être connaissez-vous l’histoire du gars qui passe la frontière tous les jours à vélo avec un sac de sable sur l’épaule et qui, une fois à la retraire, révèle au douanier qu’il trafiquait des bicyclettes. Mais toute ressemblance entre cette histoire et notre séjour n’est que le fruit de votre imagination débordante. Nous terminons cette journée mémorable en fuyant les zones industrielles en aval du barrage et mettons, ici, un point final à notre longue descente au fil du Danube.

Direction la Bulgarie. A nous les yaourts !

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Srecan Put

On a retrouvé Renaud Séchan

Si, si !

Et même qu’il a fait une rechute ; d’après ses dires, il a tout plaqué, cela fait dix ans qu’il a pour seule occupation de venir boire des bières dans la Taverne de Frans … désolé pour tous les fans de vous apprendre la triste vérité si brutalement.

Il nous parait invraisemblable qu’il remonte un jour sur scène, c’est peut-être mieux ainsi.

DSC00376Précision : le mec en noir au milieu, il ne fait pas que boire des bières, il a déjà remis ses fesses sur une selle de vélo ! Que les choses soit claires ! Tatatin !

Le baromètre du couple n°1

Le couple n’a pas encore expérimenté son train train (traino traino) à deux. Des éléments perturbateurs viennent fausser un peu les données. Ceci est donc à prendre en compte dans les données qui vont suivre.

Elle : assez calme, râle quand même un peu de temps en temps (toujours à bon escient), se plaint pas trop sauf quand elle se brûle les cuisses de bon matin avec son bol de thé.

Lui : parle toujours autant même si la tête est plus reposée (rien d’autre à penser qu’à elle … et à l’itinéraire car c’est lui qui gère ça). Par contre il est très doué dans l’art de la vocifération. Pas contre elle mais contre la pluie et le vent de face dans nos montées de cols.

De grands moments de réflexion sont possibles tous les jours (à chaque ascension de col) pour créer de nouveaux projets d’avenir (je pense qu’ils seront très changeants suivant l’humeur du moment …).

 

DSC00185 N’allez pas imaginer quoique ce soit, cet air maussade nous vient de la pluie quasi incessante depuis 3 jours et qui nous empêche d’apprécier le site superbe qui nous entoure.

La phrase du jour

- En italien “piano” signifie “le plan”…

- Ha oui, et c’est pour ça que quand on dit “on y va piano piano”, en fait c’est pareil que “on y va plan plan” ? (Vince)