Où sommes-nous

Tout par à veau l’eau dans les Tuvalet

Ou l’histoire presque véritable de l’invention du petit coin.

Difficile de quitter la Turquie sans un petit tour par l’arrière-cour. Et oui, ces fameuses toilettes turques, que faut-il en dire ? Ou plutôt que pouvons-nous en dire ? Et bien, au risque de vous décevoir, pas grand chose. Comment cela pas grand chose ? Trois fois rien. C’est à dire ? Peu de chose.

C’est tout de même le modèle standard des toilettes asiatiques ! C’est bien qu’il doit y avoir là-dessous quelque chose de valeur ? Vraiment ? Souhaitez-vous donc que nous soulevions le couvercle pour chasser avec application les trésors cachés ? Et bien, nous nous y emploierons avec vigueur. Asseyez vous confortablement et remontons ce cours d’eau qu’est l’histoire.

DSC_0280Voilà des décennies que les campagnes turques sont équipées de plaques de faïences percées d’un orifice et dans lesquelles sont incrustées deux empreintes de pas, de sorte qu’il est impossible manquer sa cible … théoriquement. Mais comme chacun sait, la théorie et la pratique n’ont jamais fait bon ménage, et qui dit ménage insuffisant dit propreté laissant à désirer.

DSC01271Et pourtant voilà déjà plusieurs siècles qu’au sommet de l’Etat on s’active pour solutionner cet épineux problème. A Istanbul, dans les ors des palais, on traite les dossiers les plus sombres. Et c’est dans le marbre que les fondements de politiques audacieux viennent inscrire leurs conclusions. On tente d’agir et de couper court aux luttes intestines qui secouent le pays.

DSC05588L’empire, pris dans les affres d’abominables congestions, a bloqué net la fuite en avant qui se propage. En démocratisant les sanitaires, il préserve le patrimoine. En effet, chaque pan de montagne est grignoté de toute part, d’un bout à l’autre du pays. C’est l’ère du petit coin troglodytique. Au grand dam des espèces animales qui peinent à se loger.

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Déjà en 1453 (lors de la chute de Constantinople), Mehmet le Grand, avait apporté l’idée novatrice : un ruisseau frayant son chemin dans un canal salvateur emportant avec lui tout déchet. Il l’imposa avec force en exécutant un coup d’épée magistral qui vint briser la chaîne gardant l’accès au Bosphore, lavant du même coup Istanbul de toutes ses impuretés. Mais le projet, quoique ingénieux, ne fait pas son chemin.

DSC_0998On eu put imaginer que ce complément au trou s’installe comme dans un fauteuil. Cependant il ne pouvait rivaliser avec l’invention initiale qui aurait du trouver immédiatement la pérennité : le siège. Mais décemment, les souverains d’alors aux patronymes désormais oubliés (appelons les Truc), ne pouvait accepter l’idée que l’inventeur Grec impose sur son sol le fondement de tout chose en un lieu au nom prédestiné pour innover dans le domaine des sanitaires : la cité d’Ephèse, Efes en Turc.

Voilà, vous savez tout, vous n’avez rien compris ? Alors je recommence, voilà des décennies que les campagnes turques…

Bah din don… ça tourne pas rond !

Après notre premier contact un peu douteux avec l’est de la Turquie, Etienne s’est juré de ne plus se faire avoir par l’une de ces bestioles poilues à grosses canines pendant nos coups de pédales. Pour cela, nous sommes restés dans un camping quelques jours afin de suivre un entraînement exigeant qui s’est avéré s’être déroulé à merveille …

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… nous attendons de mettre en pratique cette nouvelle technique de dissuasion sur nos cibles favorites, à moins qu’il ne soit temps d’envisager  sérieusement le rapatriement sanitaire.

Quand t’es dans le désert

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C’était la guerre des tranchées*

“Alors, c’était comment ?” Ca vous est tous arrivé d’entendre la question lorsque vous en reveniez. Au camping miteux l’été dernier, au fast-food minable de l’aire d’autoroute, au refuge-bivouac de la dernière rando, dans les vespasiennes du plateau de la Croix-Rousse. Ici, en Chine, le compte-rendu circonstancié s’impose, trois fois par jour, quel que soit l’endroit, lorsque vous êtes allé faire un tour au petit coin, aux cabinets, au WC, aux gogues, aux chiottes, aux toilettes quoi !

WC publicsToilette, c’est qu’ils en mériteraient une monumentale de toilette ! Le pauvre Hercule n’y pourrait pas grand chose. C’est que tout voyage à travers cet univers fabuleux qu’est la Chine se double d’une expérience sensitive inoubliable pouvant laisser à celui qui la vit l’impression Toilettes publiques, vus de dehorsd’en rapporter des histoires d’ancien combattant. Surtout si vous y êtes arrivés à pied… Il y a sans doute un peu de vrai là dedans et seuls ceux qui l’ont partagée saisiront toute l’intensité, voire la “profondeur” d’un simple aller-retour aux commodités. Alors, armez-vous d’un pince nez, jetons-nous y avec prudence.

Les toilettes chinoises ... Une demi-douzaine de box s’alignent, séparés par de petites cloisons à hauteur du bassin. Point de porte, ou bien très rarement. D’un rapide coup d’œil circulaire, prenez la mesure des choses. Constatez l’étendue des dégâts. Eventuellement, adressez un signe de la tête aux quelques occupants occupés qui vous regardent, dubitatifs. Puis faites votre choix dans la précipitation, l’odeur nauséabonde n’engage pas à une pesante réflexion. Approchez-Toilettes publiques, vus de dedansvous de l’orifice en serpentant entre les immondices qui en jonchent le pourtour. Puis, dégrafez vous atours cette fois sans retenue, la pudeur n’est pas de mise, voyons ! Chacun s’observe de façon débonnaire. Il est temps d’oser l’accroupissement en maintenant un équilibre subtil quant à la hauteur de votre postérieur, afin de ne pas trop vous approcher des reliefs incertains qui vous encerclent, mais également de ne pas y laisser votre part. Pour la suite, on vous laisse faire, on ne va pas non plus vous tenir la main !

Dans la position précaire qui est la votre, tentez d’extraire de votre poche le mince rouleau de papier qui s’y calfeutre. Il se planque car lui non plus n’a rien fait pour mériter ça. Fouillez un peu mieux, vous ne l’avez pas oublié quand même ? Sinon, point de rémission. Sur la route vers le Lac LuguOuf, sauvé ! Maintenez votre position exténuante, il s’agit de ne pas craquer maintenant ; la vue plongeante qui vous est offerte devrait vous suffire à motiver. L’effort tétanise vos cuisses, reprenez votre respiration, houlala … par la bouche, pas par le nez malheureux. Terminez votre affaire du mieux possible puis fuyez à larges enjambées sans oublier de vous reboutonner et sans passer par la case lavabos qui sont déjà obstrués de mégots, de papiers souillés et d’eau crasseuse. La neige au dehors fera bien l’affaire. Quittez au plus vite cet enfer puis inspirez une grande bouffée d’air “pur” (ça reste la Chine tout de même), reprenez vos esprits, tout va bien, vous voilà hors d’atteinte, sauvés, le danger s’éloigne. “Alors, c’était comment ?”

 

PS : Sur les photos, on vous a épargné, un peu de décence dans ce monde de brutes.

* “C’était la guerre des tranchées” : Titre emprunté à Jacques Tardi, une BD à lire absolument.

POUET, POUET, POUET !

14 février. Jinchuan, province du Sichuan. Tranquillement assis dans une chambre d’un petit hôtel, nous pouvons entendre les bruits de la rue, ou plutôt les klaxons qui retentissent en permanence et déchirent les voix qui portent. Si l’on patiente en regardant sa montre, DSC_0098-1moins d’une minutez suffit à entendre déjà une dizaine de coups d’ “avertisseur sonore”. Pour avertir de quoi, la plupart du temps on se le demande, mais sonore, OUI BEAUCOUP !!!!

Replaçons-nous quelques jours en avant et en milieu de journée. Nous sommes quelque part autour de la frontière entre le Yunnan et le Sichuan – deux magnifiques provinces au sud-ouest de la Chine – en train de pédaler sur des routes sinuant au fond DSC_0098-1de profondes vallées encadrées par des pans montagneux massifs. POUET ! Excusez-moi, je viens de me faire doubler. Les routes sont tantôt roulantes de bonne qualité, tantôt abruptes, chaotiques, voire terriblement casse-pattes. DSC_0098-1Et nous avançons sur notre petit bonhomme de POUET ! Ah tiens, un camion cette fois, difficile de ne pas le voir, mais des fois que, il vaut mieux qu’il klaxonne un petit, heuu… un gros coup, les camions n’ont que des énooormes klaxons. Donc, nous progressons DSC_0098-1en direction du nord-est, ce qui est plutôt sympa parce qu POUET ! Ouaaaais, cDSC_0098-1’est bon on t’a vu, on t’entend, pédaler ne rend pas sourd ! POUET ! C’est bon je me tais. Je disais, que c’est plutôt DSC_0098-1agréable car les vents dominants sont manifestement à peu près POUET ! C’est bon, m… t’es en ligne droite, y a personne en face, la voie de gauche est aussi déserte que le Taklamakan, t’as qu’à passer, je m’en tape que tu me DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1prévienne, je vais bien le voir de toutes façons ! POUET, POUET, POUET ! Ca, ça s’appelle un mini-van, c’est le genre de taxi collectif local, ça transporte plein de monde partout, même des olibrius avec des vélos qu’en ont ras le bol de se faire klaxonner et qui font du DSC_0098-1stop, et ça klaxonne en moyenne cinq fois plus que DSC_0098-1tout autre véhi POUET ! Merci ! Je disais donc … ah oui POUET ! Non, pas exactement. Donc qu’on a bien le vent dans ledosetquec’estsuperagréablepourpédaleratDSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1tentionyauncamionquiarrivetoutlemondeledoigtdansloreille POUET, POUET, POUET ! Aaaaaaaahh mais ils sont maaaaaalades de klaxonner comme ça, mais achetez vous un cerveau, qui tu veux prévenir ?, Moi ? Tu penses que je vais me jeter sous tes roues quand je te croise ? P…… . Pardon, mais ça soulage. Bon, on va essayer de DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1finir notre petite discussion quand même ! POUET, POUET, POUET !DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1 Malades, malades je te POUET, POUET, POUET ! Et moi aussi je te pouet pouet pouet ! Avec ma trompette jaune j’ai l’air de quoi ! D’une trompette, merci d’y avoir pensé, DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1vous allez pas vous y mettre vous aussi ! POUET, POUET, POUET ! Si ? POUET ! Ah bon alors, bon ben j’ai plus qu’à descendre de ma bicyclette et faire du stop, raz-le-bol de ce pays de malades ! Allez merci, bonsoir !

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Ah, une dernière chose :

POUET !

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Massage Thaaaaaaïïïïïïïïïlandais

19 décembre. Bangkok. Près de l’hôtel, une petite rue tranquille bordée de gargottes où déguster des Pad Thaï. Nous déambulons en compagnie d’Aude et Manou qui nous ont rejoint il y a deux jours pour passer les vacances de Noël. Nous nous sentons encore plus près de la maison !

Sur la droite, une vitre coulisse et quelques Thaïlandaises nous hèlent : “Massache, massache ? C’est bon, c’est pas cher !”. Depuis que nous avons posé le pied sur le sol asiatique, nous n’avons pas encore cédé à la tentation de confier nos cuirs endoloris à des mains expertes, mais cette fois, c’est parti pour le grand frisson. Et puisque nous y sommes en Thaïlande, c’est parti pour une heure de massage Thaïlandais.

Massages Thaï Effaçons d’emblée tous les fantasmes ou clichés douteux, le massage thaïlandais c’est un truc de costaud, pas pour les sensibles de l’épiderme, les chatouilleux invertébrés ou les moelleux de tout poil. Ca va rouler du muscle, planter du coude dans les chairs, étirer du tendon, écarter, faire craquer de l’articulation. Avouons-le, au moment d’y passer, j’ai rechigné tout autant que mes congénères. On nous avait dressé un tel portrait de la séance ! Et, pauvres de nous, nos réticences se sont vues rapidement justifiées.

Petite séance de massage Thaï?Une fois allongé sur la table de massage, plus question de protester, me voilà livré au savoir-faire de la masseuse. Le petit massage de pieds délicieux au début, ne vous y fiez pas, c’est pour m’attendrir. Rapidement, voilà ma peau qui se décolle des muscles, puis une paire de pouces se plante dans ma chaire en des points hautement sensibles. Dur de réprimer quelques gestes de crispation. “Ok, is good ? Yes, no problem !” Tu parles, je suis remonté comme un ressort, tendu jusqu’à l’extrémité du poil ! T’en as voulu du massache ? Tu va être bien reçu ! Viennent ensuite les “prises de karaté”, de quoi se démettre une épaule ou se luxer le fémur. Mais la voilà qui monte debout sur la planche, qui m’empoigne la jambe pour tirer, étirer et tirer !

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J’exagère ? Un peu ? Beaucoup ? Mouais, un peu beaucoup, c’est vrai. Le premières sensations sont certes crispantes mais elles cèdent vite la place à un délassement profond, une grande sensation de bien-être. Je m’abandonne langoureusement aux manipulations expertes, oubliant les secondes qui défilent au cadran de l’horloge. Le temps s’étire comme chacune des parties de mon corps. DSC01277Une heure plus tard, mes muscles ayant traversé tous les stades de la tension extrême au relâchement le plus total, la masseuse me “relâche” dans un état de grande relaxation, m’offrant un petit thé en guise de retour à la situation de bipède. Difficile de descendre de la planche, non parce que je suis bloqué, mais j’enchaînerais bien directement par une nouvelle séance. Il ne reste plus qu’à comparer avec les massages des autres pays de la région, par pur esprit scientifique ;)

“How are you going ?”

DSC_0061Voyager à vélo en Indonésie et en Malaisie, c’est rencontrer en permanence des locaux qui nous croisent et cherchent à échanger quelques mots, histoire de faire connaissance, de tailler une bavette. Avant de quitter la Malaisie-Indonésie, nous ne résistons pas au plaisir de vous faire partager une de ces conversation type que nous avons eu sur nos bicyclettes, parfois en plein pédalage.

Pour vous aider un peu à suivre tout, ça on vous redonne le contexte.

Le gars arrive en scooter à notre niveau et hurle pour se faire entendre :

Local : – Hello Mister (adressé à Etienne ou Manon, pas de différence ici), how are you going ?

A ce moment, deux options, soit le gars est à pied ou s’arrête et la conversation peut continuer, soit il continue sa route sur son scoot’ sans aucune idée de notre réponse, c’était juste pour demander, s’intéresser, dire bonjour, sympa !

Suite :

DSC_0654VPLV : – Hello, I’m fine to the moon, thank you.

L : – Hoooow, and where are you come from ?

VPLV : – I’m here and I come from France. (Il faut s’accrocher pour comprendre ce qu’ils veulent savoir)

L : – Hooooow, Zidane (ou Platini pour les anciens), very good ! And where do you go ?

VPLV : – I go to France, by bicycle, very long way.

L : – Hooooooow, very long, and where do you go ?

(Je répond quoi là ?)

VPLV : – I go to … (le bled suivant qu’ils connaissent).

L : – Haa ! Very nice ! Good, good.

Dur pour eux d’imaginer qu’on va se balader à vélo jusqu’en France, si des fois ils connaissent, la France … ils connaissent au moins les bleus même si on n’en est pas fier. Le foot ici, c’est une ouverture sur le monde.

 

DSC02666Sur une petite route isolée, avec une seule option rouler droit devant. Le gars nous pointe l’extrémité de la route pendant que nous avançons :

L : – You go there ?

Difficile de résister à l’ironie

VPLV : – No, I go to the other side, but I forgot my brain.

 

Arrivée de nuit dans un petit village pour se poser enfin après une bonne dose de kilomètres. On cherche un “terrain de camping”. Un gars nous approche (ou plutôt dix), questions rituelles, puis la discussion se poursuit :

DSC_0100L : – How many days stay here ?

VPLV : – Only tonight, I just arrive.

L : – Where do you stay ?

VPLV : – I don’t know, I just arrive, I want to camp here, is it possible ?

L : Hooooow, and where do you go ?

VPLV : – I stay here, bicycle finished for today, where can I sleep please ?

L : – Hooooooooow, but where do you go ?

 

DSC02969Au hasard des conversations, quelques questions qui nous surprennent toujours mais traduisent la surprise des locaux de nous voir ici avec nos bicyclettes :

L : – And if you’re flat ?

VLPL : – I repair.

L : Hooow, and if you’re tired ?

VPLP : – I sleep ! Ahh, do you have an idea where I can sleep ? (pas cons les VPLV, maintenant on sait saisir la moindre occasion)

DSC_0152   

Pour conclure, pardonnons leur anglais souvent sommaire et le notre approximatif, mais on aimerait bien vous y voir vous, sans google translate !! Ces petites conversations échangées plusieurs fois par jours traduisent surtout une énorme curiosité à notre égard et beaucoup de gentillesse, elles ont souvent été l’occasion pour nous de se faire aider pour trouver un coin pour crécher, parfois être invité à manger, dormir ou au moins demander notre route. Ces échanges quotidiens sont parmi les meilleurs moments passés en compagnie de ces populations ultra souriantes et vraiment très sympathiques. Une bonne leçon !

Le couple, ça roule

Mais oui !!! Tout va bien !!! Certains sembles inquiets ? Tout va bien !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Nous levons enfin un coin du voile sur nos petites habitudes. Vous pensez sans doute que nous avons pris chacun les nôtres dans le déroulement de la journée ? Enumérons quelques unes d’entre elles et essayez de deviner par vous-même avant de regarder la réponse … encore un petit jeu ! Cool !

Lui

Elle

Garde la carte sous les yeux

Souvent

N’a pas le droit ;)

Mitraille de photos

Si vous nous avez bien suivi, vous devriez le savoir

Patiente pendant que les photos se prennent

Bonne déduction

Se prend tous les nids de poule sur la route

C’est pas sa faute

Installe la tente pendant que la popote se prépare

Quand ça lui chante

Elle n’a pas le choix

Fait la popote pendant que la tente se monte

Il n’a pas le choix

Quand ça lui chante

Prévoit la tablette de choc’ dans la tente

Pas un pour…

…rattraper l’autre

Fait la vaisselle

“Ca fait longtemps, c’est ça ?”

“C’est toi, cette fois?”

Martèle le clavier en faisant des articles

C’est ça être claveciniste !

Squate l’ordi pour regarder sa boîte mail

“Je me dépêche, j’ai bientôt fini !”

“Là je tombe de sommeil…je verrai plus tard, merci…”

Perd du poids et prend du muscle au fils des jours

Lui ça marche, et pourtant il ne fait pas plus de vélo qu’elle !

Des muscles, peut-être…

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On pète la forme !

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Enfin presque tout le temps ! Y a quand même des moments rudes …

Yogya, looose-control

“Quand on pense à Java”, c’est à ses monuments inscrits au patrimoine de l’Humanité et à ses énormes volcans formant la ceinture de feu sur la côte sud de l’île. Enfin, maintenant qu’on a vu tout ça, on y pense.

Du 14 au 17 octobre. Centre de Java. Nous débarquons à la gare de Yogjakarta (prononcer Djogdja), avec nos vélo emballés dans de larges boîtes en carton, nos dix sacoches en plus et la petite guitare dans son étui doré par la couverture de survie qui l’entoure. Il ne manque plus que la Peugeot 504 et nous partons pour le bled. Mais nous nous contentons de descendre du train, épreuve que nous ne réussissons qu’avec l’aide des porteurs de la gare. Grâce au réseau BiketoWork, nous sommes attendus par Pakjo, qui bien sûr est venu nous chercher avec … son vélo. Mais il a du bon sens et trouve la solution, nous chargeons les deux vélos sur … un autre vélo, enfin sur un triporteur, puis chacun d’entre nous fait de même et nous voilà calés à l’avant de ces tricycles, poussés à travers Yogya par de pauvres équilibristes perchés sur des selles trop hautes pour leurs courtes jambes.

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Nous avons vraiment échangé la casquette du cyclotouriste contre le bob du touriste-promené. DSC_0026-1Mais sous l’impulsion de Pakjo, fou de vélo, nous montons les bicyclettes le soir même et partons pour une virée dans Yogya by night. Quel bonheur de sentir à nouveau le cuir des selles sous nous fesses ! Nous déambulons à travers les vieux quartiers entourant les différents palais de la vieille capitale de royaumes javanais. La balade est un enchantement, le séjour s’annonce plutôt bien.

Ville à l’histoire multi-centenaire, entourée de plusieurs monuments et temples de renommée mondiale et baignée dans un environnement naturel très riche, Yogya possède de nombreuses ressources touristiques et culturelles. Nous comptons bien exploiter au mieux les trois jours à passer ici pour en profiter pleinement. Mais dès le lendemain, tout se corse !

Situation initiale : comme points clés, nous avons décidé de visiter les temples de Prambanan et de Borobudur et d’assister aux effusions du volcan Merapi, le plus actif de toute l’île ; tous ces sites s’éparpillant à quelques dizaines de kilomètres du centre de la ville. Elément déclencheur : Pakjo, en bon directeur de l’office du tourisme (ça c’est du contact valable), nous fait quelques suggestions quant à la façon d’employer notre temps et nous propose d’autres centres d’intérêts. En bon cycliste, il nous sort également ses cartes de la région. Voyons maintenant la succession des péripéties.

Le jour suivant notre arrivée, nous attaquons de façon matinale par la location d’un scooter ; ici, la circulation est moins débridée qu’à Jakarta, mais il faut quand même garder les yeux grands ouverts, garde son calme et se faufiler dans les interstices laissés libres par le flot des deux roues qui parait ne jamais s’arrêter. Ça roule jusqu’à Prambanan. Nous arrivons avant la foule des touristes et partons à l’assaut des six tours spectaculaires qui forment le principal temple du site.DSC01924C’est un véritable jeu que d’y grimper, de décoder les représentations hindouistes, puis de circuler sur les différents plateaux de ces pyramides sculptées et maintes fois rebâties en raison des tremblements de terre successifs. Le dernier en date (en 2006), a causé des dégâts importants et des armées de tailleurs s’activent aux abords. Seule déception la grisaille persistante qui gâche un peu les photos.

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Sur les conseils de notre hôte, nous embrayons sans tarder en direction de Kaliurang, point de vue imprenable sur le Merapi, pour profiter sur place d’un coucher de soleil inoubliable, suivi du spectacle des émissions rougeoyantes du monstre. Ça c’est dans le texte ; en guise de soirée mémorable, nous récoltons une averse monumentale pendant le trajet en scooter. C’est la mousson … en fin d’après midi, impensable de voir un coucher de soleil ou quoi que ce soit du genre. Et ça dure ! Nous sommes trempés comme des soupes, gelés jusqu’au os, demi-tour, on rentre au bercail.

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Raté pour le Mérapi au soleil couchant ! Qu’à cela ne tienne, nous allons retenter le coup … le matin, mais dans le sens inverse : visions nocturnes puis lever de soleil.

DSC_0200 Le lendemain donc, après un sommeil des plus courts – soirée en goguette pour une fête de quartier traditionnelle – nous nous levons en pleine nuit, grimpons sur les scooters. Nous profitons alors des rares heures où les rues sont désertes, plaisir inestimable de rouler en ligne droite sans garder les mains crispées sur les poignées de freins. Après une heure de croisière, nous arrivons au parking, une fois de plus frigorifiés. De là nous sommes sensés randonner une heure avant d’atteindre le point de vue. Armés de nos lampes frontales, nous empruntons un excellent chemin. DSC01943Puis nous tombons sur le point de vue après une bonne rando de … deux minutes. Résultat, nous avons une heure d’avance sur l’horaire, il fait nuit noire et ça caille ! Petite inquiétude, nous n’apercevons aucune lueur venant de ce qui nous semble être le volcan, tout juste un large cône élevé qui se dessine en ombres chinoises. Par contre il parait se situer bien proche de nous, on en frissonne. Entêtés, nous patientons pour profiter de l’inénarrable lever de soleil. Et c’est beau … euh, perso, j’ai pas du bien regarder parce que je me souviens pas. Au petit jour, nous apercevons enfin le Merapi, qui s’avère être beaucoup plus éloigné que prévu, en retrait derrière un petit cône de verdure, résidu volcanique nettement moins impressionnant à la lumière du jour. DSC_0249Le Merapi, lui, a la cime prise dans les nuages et de coulées de lave ou autres productions magmatiques, point du tout. Là c’est vraiment grillé pour notre panorama-spectacle ! On déclare forfait, il est 5 heures, on a sommeil, on s’casse ! Notre matinée est tout juste sauvée par la rencontre de quelques singes chapardeurs qui réussissent à nous donner le sourire.

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Pourtant, la journée ne fait que commencer et nous réserve encore bien des surprises. Plutôt que de rentrer, nous filons plein sud pour visiter Imogiri, un ancien cimetière royal, site unique en son genre, d’après notre guide local. DSC_0293En effet, c’est unique, ce n’est ouvert au public que deux matinées par semaine et coup de bol, c’est pas aujourd’hui, c’aurait été trop facile. Nous prenons quand même le temps de faire le tour du site car faute de visite, il fait beau – traduisez, il ne pleut pas – alors après deux heures de scooter, on va quand même se dérouiller les jambes. DSC_0309On commence vraiment à s’encroûter ! Sur le retour, nous avons enfin un peu de chance, nous retrouvons le quartier de la vieille ville, un peu par hasard, et pouvons visiter son cimetière royal et quelques riches habitations à la décoration intéressante.

Mais attendez, ce n’est pas fini. Des fois, on croit sortir son pied d’une bouse sans voir qu’on vient de poser le deuxième dans une autre bouse… C’est maintenant le début de l’après-midi et cette fois le coup de pompe est sévère. Il convient de se reposer car ce soir, c’est la grande fête annuelle de Yogya, événement à ne rater sous aucun prétexte, défilés de chars, feux d’artifice et tous les habitants de la ville au rendez-vous. Cette fois c’est du solide, Pakjo n’est pas le seul à nous avoir mis la puce à l’oreille alors nous avons confiance. Nous retournons donc chez lui pour nous accorder une sieste réparatrice. Les montres sont réglées, nous tombons comme des masses. A 21h, Manon se réveille, panique à bord, ça fait deux heures que nous devrions déjà être dans les rues. Nous giclons du lit et sortons pour constater les dégâts. C’est la ruée à l’extérieur, chaque ruelle est bondée et nous ramons désespérément à contre sens. DSC_0360 Une fois dans Malioboro, l’artère principale, nous guettons les animations, mais … c’est fini … en fait, chacun rentre chez soi et nous nous retrouvons coincés dans une horde de gens et de scooters, complètement désabusés. Très grosse déception qui s’accentue lorsque nous repassons dans nos têtes le film de la journée. Nous avons beau nous dire que le voyage est extraordinaire, il est parfois difficile de relativiser.

Sous le coup, perdus au milieu de la foule, nous ne faisons pas long feu, de quoi rallonger la liste des boulettes. Rapidement de retour à la maison, nous n’aurons droit qu’au bruits de pétard du feu d’artifice tirés quelques minutes plus tard et nous ne verrons rien des différents spectacles qui se déroulent au palais du roi de Yogyakarta. On les accumule !

Mais demain est un autre jour, tiens, parlons-en ! Au programme de ce troisième jour, nous avons inscrit la visite du temple de Borobudur, le plus fameux de toute l’Indonésie. Mais plutôt que d’y aller en bus, on va la jouer écolo suivant la proposition de Pakjo de nous y emmener à vélo, accompagnés de quelque uns de ses amis. Départ prévu en début d’après-midi. D’ici là, repos, cartes postales et balade pépère dans le centre. Peu avant le rendez-vous, que va-t-il se passer ? Allez vous commencez à connaître la région. Et oui, c’est l’après-midi donc, mousson oblige, il se met à pleuvoir, à verse ! Merci Popeye tu nous la copiera ta balade.

Nous décidons cette fois de prendre le taureau par les cornes. Sans attendre, nous grimpons dans un bus, puis, après quelques circonvolutions, nous posons le pied à Borobudur sous un ciel chargé mais sans pluie et pouvons dépenser nos 15$ chacun pour entrer. Il n’est pas trop tard, nous avons encore suffisamment de temps pour profiter du site. Heureusement, ce monument vaut le détour, une large construction pyramidale surmontée de plusieurs dizaines de cloches qui renferment des Buddhas observant avec sérénité toutes les directions alentours.

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C’est un vrai défi d’y faire des photos sans que n’apparaisse un touriste Indonésien dessus. Très nombreux sur le site, il donnent le sentiment d’y venir avec une seul intention : rapporter La photo preuve de leur présence sur place, ou plutôt Les photos, multipliant les combinaisons à l’infini. Une vraie mise à l’épreuve pour le photographe soucieux de la virginité de ses clichés. Vous voyez de qui on parle. Le truc : faire le tour du monument, dont la façade arrière est quasi-désertée. On respire !DSC02012

Reste une dernière épreuve à affronter sur le chemin du retour. Nous quittons les lieux à la fermeture et là surprise, plus de bus. Soit c’est taxi (très cher), soit il faut négocier avec les locaux habitués à la situation et qui attendent les pigeons gentiment. Nous optons pour la deuxième option et nous arriverons finalement dans la nuit à Yogya après un peu de moto, de bus local bondé puis de taxi, le tout en payant plus cher que l’option numéro un. Bien joué !

Elément de résolution : enfin ! Nous filons à la gare illico-presto, achetons immédiatement deux billets de train pour Probolinggo, départ la nuit même. Nous avons tout juste le temps de rentrer, s’arroser d’un seau d’eau fraîche (mandi = douche locale), empaqueter nos vélos et jeter tout notre bazar dans trois cyclo-porteurs dans le sens inverse.

Lundi 18 octobre, 01:30. Situation finale : le train entre en gare avec une heure de retard. Nous nous calons dans des sièges confortables, basculés au maximum. Bouchons dans les oreilles, plaid sur les genoux. Nous roulons en direction des majestueux volcans à l’est de Java et la nuit va nous apporter de nouvelles pages blanches à écrire.

Que s’est-il passé avec notre cher Pakjo ? Difficile de le blâmer pour tous ces ratés ; nous avons quand même passé chez lui trois jours durant lesquels il s’est montré toujours prévenant et nous devons reconnaître un certain manque de bon sens quant à notre organisation. Surement beaucoup d’incompréhension… Ça fait aussi partie du voyage ;)

On y peint, on y peint

Vous l’attendiez tou-te-s, voici le premier article sur les cabinets !

C’est à Golyam Beglik, superbe lac des Rhodopes et lieu d’une riche biodiversité, que nous avons fait la première trouvaille en la matière. Ici, une bande de doux-dingues tentent d’éduquer les touristes à l’écologie et ont, entre autre, installé des toilettes écologiques pour préserver cet endroit sensible des méfaits dus à nos productions quotidiennes.

Ces toilettes faites de bois (pas comme nous) et flambant neuves méritaient une protection. Nous nous sommes donc attelés durant une matinée à les recouvrir d’une couche protectrice d’un joli vert. Et on n’est pas peu fier d’avoir apporté notre petit caillou à leur édifice. Visez un peu, c’est y pas mignon ?

  • Avant :DSC01050
  • Pendant : DSC01052 DSC01053

        Admirez le coup de poignet, tout au vaporisateur.

  • Après : On a oublié la photo d’après, mais on a fini le job, malgré quelques senteurs pas toujours printanières, parce qu’elles avaient déjà servi tout l’été ces charmantes toilettes et même aux bûcherons …