Où sommes-nous

Vive le vent

27 avril. Turkménistan. Après de longues journées passées à Tachkent (capitale d’Ouzbékistan) et de nombreuses visites au ambassades, nous sommes enfin en possession du précieux sésame qui nous autorise à nous présenter à la frontière turkmène. Nous possédons un visa de transit, cinq jours pas un de plus pour traverser le pays et entrer en Iran. Le Turkménistan est, paraît-il, le second pays le plus fermé au monde (après la Corée du nord), alors nous sommes très curieux de voir ce qui se passe dans cette zone du monde presque affranchie du tourisme.

Depuis la chute du communisme (même un peu plus) et jusqu’à 2006, le pays a été dirigé par l’égo-mégalo-autocrate Saparmurat Nyazov, qui a imposé sous sa domination un culte de la personnalité délirant et d’un narcissisme qui serait risible s’il n’était au détriment de son peuple. Après sa disparition, peu regrettée par la population, il a été remplacé par son bras droit et fils supposé qui s’est rapidement senti à l’aise dans le costume du père. Alors que revoilà le président, avec un beau stylo et du papier blanc, trop fort !Dès la frontière nous faisons connaissance avec lui, sa trombine est affiché de partout, dans toutes les tailles et toutes les situations, en particulier en statue grecque, stylo à la main, arborant cravate verte s’accordant avec la couleur fétiche du drapeau national. Ce n’est qu’un début.

En passant, une devinette : quel est le nom de ville qui apparait le plus souvent sur une carte du Turkménistan ? Si, si la question mérite vraiment d’être posée et la réponse se trouve un peu plus loin.

Bazar Zelyony à Turmenabat, gros succèsNotre rencontre avec la population turkmène est toute autre. A Turkmenabat, seconde ville du pays, les habitants nous accueillent avec de grands sourires emplis de curiosité. A la station-service, le pompiste nous offre l’essence pour le réchaud – il faut dire que le pays est l’un des plus riches au monde en hydrocarbures (3ème en gaz et 4ème en pétrole) et que l’essence y a un prix dérisoire – à l’entrée de la ville, une commerçante nous rattrape pour nous offrir une bouteille de yaourt puis au bazar nous sommes assaillis par les marchands et les badauds. Marchand de noixEn quelques minutes, c’est l’attroupement, une fois de plus les vélos sont la meilleure des mains tendues et on veut tout savoir de nous. Quelques mots pour se comprendre, oui nous arrivons d’Indonésie, un long voyage, un an, nous allons en France, destination difficile à situer pour certains mais toujours appréciée. L’appareil photo est lui aussi un formidable moyen de communiquer, chacun se prête volontiers au jeu des portraits. Unanimité de sourires, pouces tendus, Marchandes d'épices et de graines mots échangés sous cape en nous regardant, nous sommes l’objet d’une montagne de gentillesse, un déferlement de sympathie inattendu qui nous retient alors que le désert nous attend aux portes de la ville. Les sacoches remplies de quelques victuailles offertes, nous quittons le bazar en célébrités locales et débordant de joie, encouragés par les klaxons (amicaux cette fois, hein Boubou !) des automobilistes qui nous dépassent. Expérience rapide mais puissante, l’étranger est ici si rare qu’il est accueilli à bras ouverts. En voilà encore des leçons de vie.

Record explosé !A deux heures de l’après-midi, nous quittons donc Turkmenabat, à l’assaut du Karakum, vaste désert couvrant la majeure partie du Turkménistan. Dans cinq jours, nous devons avoir quitté le pays après avoir franchi quelques 500 km et tenté de faire un peu de tourisme. Alors il faut rouler et avaler les kilomètres de plat, de bitume, entourés de sable à perte de vue. Heureusement le ciel est avec nous, un large voile de brume couvre le soleil et la température est douce ; de plus, un sérieux vent de nord-est nous pousse vers notre objectif à vive allure si bien que nous avalons les kilomètres et les dunes plus rapidement que prévu. A peine le temps de s’arrêter pour serrer la pince aux dromadaires du coin. En fin de journée, le compteur lui même n’en revient pas : 159 km affichés. Record explosé et qui sera difficile à renouveler.

Et c'est pas des histoiresMais oùkiva ?

Forteresse de 2500 ans, Blabla-QalaLe lendemain, après une nouvelle journée avec gros kilométrage, nous posons notre tente au milieu du site historique de Merv – ancien carrefour majeur des routes commerciales – entre des remparts vieux de 2500 ans. Personne aux alentours, un petit coin d’herbe fraîche, le coucher de soleil, pur instant de bonheur.

On n'est-y pas beau ?DSC_0296

Encore un peu de propagade, ça faisait longtemps29 avril. Mary. Nous entrons dans une des principales villes du pays. Ici, nous pouvons admirer l’œuvre de Nyazov autoproclamé Turkmenbachy, le guide des Turkmènes : pas de publicités mais des affiches gigantesques placardées dans les rues montrant le leader du pays en bienfaiteur de l’Humanité. Quelques bâtiments officiels sont aussi bien visibles : Pas peu fier de lui l'imbécile (Nyazov)d’énormes constructions en marbre blanc, du clinquant, du mégalo, de l’exorbitant (du Bouygues aussi, vive la France) qui devrait ravir la population. Ici c’est comme cela qu’on investit pour le futur du pays, l’éducation, la santé, l’emploi, c’est de la politique de bas-étage. Mary, tout en marbre en blancQuand on pense que ce pays devrait être prospère grâce aux énormes ressources pétrolifères dont il dispose, on a envie d’étrangler ces hommes sans vergogne qui volent les peuples plutôt que de les gouverner. Sans parler de l’état des routes ! Le principal axe de communication du pays est une route goudronnée mais dans un état lamentable. Et quand on est cycliste, on trouve ça révoltant. C’est important l’état des routes, non ?

 Regardez-moi, je suis le président Berdimuhamedow, je sais tout faireCa c'est le prédécesseur, Turkmenmachin, sur tous les timbres

MiragesNous poursuivons donc notre chevauchée héroïque à travers le Turkménistan en se faisant secouer par le macadam en forme de tôle ondulée, mais qu’importe puisque le vent nous porte toujours. Cependant, toutes les bonnes choses ont une fin et, le lendemain, la punition tombe : nous devons avaler 100 km d’une asphalte défoncée, dans le désert, avec le vent de face. Dur … dur … dur. Il faut encaisser. Vents de sableOn se passe le baladeur, on chante, on souffle, on fait une pause … on recommence à pédaler, on a chaud, on crache le sable des bourrasques, on a chaud, on fait une pause … allez on fait une sieste, On se protège, on se protègeça c’est une idée, mais avec le vent et le sable on se retrouve enterré alors on dépoussière, on remonte sur les vélos, on a chaud, on se plaint, si si on se plaint faut bien s’occuper et on avance, on avance. Puis le soir approche avec la douceur, les belles lumières et les kilomètres alignés au compteur. Sur la route en direction de Sarahs (frontière avec l'Iran)Ca, c’est fait ! Nous voilà enfin à Sarahs, la frontière iranienne que nous passerons le lendemain. Quatre jours et près de 500 km. Fini la traversée du désert turkmène, pas mécontents, mais on est prêts à recommencer … dès que le vent soufflera … dans le bon sens !

 

Nyazov, c'est surtout le nom du président précédent, pas mégalo du toutRéponse de la devinette :

Parmi les noms de villes les plus fréquents, on trouve Turkmenbashi, Saparmurat, mais c’est Nyazov ou encore Saparmurat Nyazov qui remporte la palme. Rien que sur notre carte, partielle, on peut trouver ce nom 4 fois et c’est sans compter les petits villages qui n’y figurent pas. A quand les villes françaises au nom de Nicolas, ou Sarkozy ou les deux c’est encore mieux !

Melting-pot givré

Un mélange saisissant.

26 février. Urümqi, Urumchi, Wulumuchi, Wulumuqi, Wushi ou comme il vous plaira. Nous descendons du train en provenance de Chengdu, avec, dans nos bagages, tout un univers : les faciès ronds au yeux bridés, pour chapeaux, des casquettes communistes, une langue omniprésente et inaccessible aux idéogrammes indéchiffrables, les temples multicolores, les toits de tuiles, un monde de discipline, de compétition, une cuisine faite de nouilles, de soupes, de riz, une religion omniprésente le bouddhisme, un culte de Mao encore bien présent …

Vue sur UrümqiL’énorme pas de géant accompli grâce au train nous propulse aux confins de cet univers dans une ville devenant le creuset d’un melting-pot fascinant. Urumqi est la capitale d’une immense province, la plus grande par la taille, la plus occidentale du pays, essentiellement un immense désert traversé par les Routes de la Soie : le Xinjiang, la “Nouvelle Frontière”. Ancienne cité-étape de ces routes, Urumqi se trouve enlisée entre des zones désertiques impitoyables, torrides Toute la ville est gelée, des agents armés de pelles un peu partoutl’été comme la dépression de Turpan où le thermomètre peu monter à presque 50°C et glaciales l’hiver comme les Tian Shan, massif où le thermomètre descend allégrement sous les -50°C. Urumqi possède d’ailleurs une particularité géographique assez remarquable. Elle est la ville la plus … réponse plus bas.

By night, ambiance givréeAmateurs que nous sommes, nous y débarquons saisis par un froid sibérien, légèrement habillés, comme nous l’étions au départ. Mais ce sont aussi des odeurs de brochettes de mouton qui nous accueillent et cela résonne comme un son nouveau. En quelques jours nous nous ouvrons à une autre culture. Loin des idées reçues, cette une ville, dont le nom signifie “pâturage idyllique”, est d’une modernité étonnante.  La ruée vers l’or noir en a fait une citée en plein essor, Urümqi, parc publiclargement développée, peuplée de buildings et largement colonisée par les populations de la chine orientale. Mais nous ne sommes pas loin du grand frère russe et le plan de la ville en porte l’empreinte : de larges avenues encadrées de buildings staliniens, une architecture moscovite, des parcs publics où l’ont peut s’adonner aux joies du patinage sur les lacs gelés.

Pourtant elle reste la capitale du Xinjiang, terre des Ouïgours, dont la langue fait le mélange du turc, du russe, du mongol, du chinois, En Français, en Ouigour ou en Chinois ?du kirghiz, de l’ouzbek, de l’ourdou, et de l’arabe. Après avoir été écrite dans l’alphabet latin, elle se calligraphie maintenant avec l’alphabet arabe. On compte en turc ou presque, Bière se dit Pive comme en bulgare, Bonjour se dit “Asalamu aleykum”… Nous tendons l’oreille et les paroles se font plus gutturales,Les pains ouigours, au sésame, aux oigons, ou aux graines de pavos rocailleuses. Sur les enseignes apparaissent alphabets arabes, cyrilliques, idéogrammes chinois. Carrefour, notre enseigne nationale, en est témoin. Les faciès sont multiples, turques, russes, persans ; des visages cuivrés, des yeux ouverts, la moustache est de retour en même temps que des voiles, des toques, des chapkas, des calots musulmans ; dans les rues, les devantures chinoises garnies de baozi alternentLe pulao (riz pilaf), spécialité ouïgoure avec les étals des boulangers ouïgours débordant de pains ronds au cumin ; le mouton est cuisiné à toutes les sauces, garni de riz pilaf ; sur les trottoirs, dans un froid de canard (ou de mouton), les étalages captivent avec leurs dizaines de variétés de raisins secs de noix, des dates, des figues séchées, des pistaches par monceaux ; des minarets apparaissent derrière les tours.

Le pain et son dévoreurUne bonne partie de la population d'Urümqi est OuigourMarrons chauds, maïs, ou patates chaudes... de quoi se réchauffer les papilles par -15°

Loin de nous l’idée de rejeter ce que nous avons vécu peu de temps avant en Chine, au contraire, ce mélange est plein de saveurs, nous offrant mille variations de visages, d’odeurs, de goûts, une multitude de couleurs allant d’une extrémité à l’autre de la palette asiatique et nous sommes plus que conquis par ce mélange. Quel amusement que de voir des couples chinois danser un genre de mazurka sur des vocalises orientales aux rythmes technoïdes. Quel plaisir de voir les inscriptions déclinées dans toutes ces écritures, se laisser saliver avant de choisir le type de cuisine désiré allant d’un boui-boui à l’autre.

A cet instant, tout un univers qui s’ouvre à nous. Nous regardons désormais vers l’ouest, en direction de notre Orient, des pays des Mille-et-une-nuits…

Ah oui, la devinette, on ne va pas vous laisser mariner jusqu’au prochain article ! Déjà que vous avez fait l’effort de lire celui-ci complètement. Et bien, Urumqi est l’endroit le plus continental qui soit, autrement dit, elle est la ville la plus éloignée d’un océan à 2250 km de ??? Et bien c’est la devinette suivante, à vos claviers ;)

Une autre ! Une autre !

Bon d’accord …

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… tentez de trouver le nom de ce chat qui nous a bien fait marrer dans une guesthouse d’Urümqi.

Tien-tien et Manou au Sichuan

10 février. Luding. Nous voici donc en selle. Le temps est maussade et ce début de vallée qui doit nous donner accès au Sichuan tibétain n’est vraiment pas très plaisant. Si l’article précédent vous a dépeint un tableau peu reluisant de notre passage ici, il convient de vous livrer les quelques trésors que nous y avons amassé.

En chemin vers Kangding, une "petite" famille d'accueilDont acte. Nous nous échappons de cette “zôôône” et empruntons un chemin de traverse pour monter vers Kangding. En route, nous sommes hébergés par une grande famille. Une adresse très chaleureuse, idéale pour goûter les pates de poulet au piment et la soupe sucrée d’œufs pochés en guise de petit déjeuner. Nous repartons, l’estomac quelque peu brassé, mais nous engrangeons les dénivelées à mesure que nous perdons des degrés Celsius. Partagés entre le froid de plus en plus mordant et l’effort source de transpiration, nous finissons notre ascension avec bonnet, gants, écharpes aux extrémités et T-shirt détrempé sur le dos. Un vrai bonheur, de quoi attraper la mort comme on dirait dans les chaumières.

La ville de Kangding n’est pas particulièrement charmante, mais nous y sentons se rapprocher le Tibet. Nous n’y trouvons pas Tintin mais le reste y est : quelques maisons traditionnelles, des drapeaux à prière s’effilochant sur toutes les montagnes alentours et deux monastères imposants perchés aux abords de la ville. En pénétrant dans le temple Jingang…. nos yeux s’écarquillent et nous nous empressons de faire tourner les moulins à prière. Un bâtiment massif trône devant une large cour sous un ciel rayé par les drapeaux multicolores.

Temple JingangTemple JingangPrès du temple Jingang

Il renferme en son sein … un bouddha, entouré de décorations à profusion. Nous ne boudons pas notre plaisir à déambuler dans les coursives, mais l’endroit est étrangement calme, comme déserté. Seule une vieille femme maintient activement la rotation d’un gros moulin, creusant inlassablement le sillon qui l’entoure tout en l’accompagnant de prières.

Dans le coeur du monastèreNous poursuivons nos découvertes au monastère Nanwu, principale lamaserie de la région. Guidés par un murmure grave et régulier, nous pénétrons au cœur de l’édifice. Un moine nous invite à pousser la porte, puis il soulève une large tenture et nous introduit dans la pièce centrale du monastère. Une atmosphère solennelle nous enveloppe et nous transporte dans nos Mesdames et messieurs, le gong !bande-dessinées d’enfance. Osant à peine, nous sommes encouragés par les sourires et les signes de tête. A pas de velours, nous longeons les murs et prenons place discrètement sur quelques cousins. Au centre, les moines sont réunis en une large assemblée. Il portent les Moine Gelugpabonnets jaunes typique de la secte des Gelugpa, le principal courant du bouddhisme tibétain. Le gong vient rythmer les prières monocordes qui résonnent, psalmodiées par les voix graves des moines et soutenues par le son de la corne. Un dernier coup annonce la fin de la cérémonie. Tout le monde se précipite à l’extérieur pour se distraire, se sustenter, les jeunes plaisantent et se prêtent aux portraits, les téléphones mobiles sortent des robes. Cet univers de sacré n’est pas, lui non plus, épargné par la modernité.

DSC_0829Kangding est à 2600m ; le lendemain au réveil, partagés entre stupeur et excitation, nous découvrons les rues couvertes d’une mince couche de neige. Il nous faut faire 20 km d’une descente “rafraichissante”. Nous nous calfeutrons : doudounes, gore-tex, moufles et cagoules. Echaudés par quelques glissades passées, nous effectuons nos premiers coups de pédales sur la neige. A peine sortis de la ville, la routes est à nouveau sèche et à peine plus bas, la fraîcheur bien supportable. Pas de quoi fouetter un chien en définitive.

13 février. Danba. C’est pour nous le deuxième pont avec la culture tibétaine. Après un arrêt au poste de soudure local (c’est ça d’être un lourd), nous circulons dans les montagnes environnantes. Une jolie balade à travers les villages traditionnels qui se composent de solides bâtisses ; de vraies petites forteresses assorties de leurs tours de guet, des maisons au toits plats et crénelés, bâties avec des pierres massives, chacune soigneusement ornée de boiseries peintes en de multiples couleurs.

Tours de guet de SuopoFenêtre tibétaineDSC_0857

On sent qu’elles sont conçues pour tenir le siège face à l’hiver rigoureux. Dans une guesthouse, on nous offre le couvert. Le lendemain, quittant la ville, nous sommes surpris par une procession : toute la panoplie des costumes tibétains défile devant nous, au pas. Quelle en est la raison ? Mystère, mais nous sommes ravis de cette profusion de chapeaux, de fourrures, de broderies, de colifichets.

Procession tibétaineProcession tibétaineProcession tibétaineProcession tibétaine

Sur la route vers JinchuanNous roulons encore quelques jours, allant de chortens (stupas tibétains) en temples, stoppant dans des villes où nous faisons, à chaque fois, office d’attraction locale. Le dialogue s’établit toujours difficilement mais surtout avec la jeunesse Sur la route vers Ma Erkangqui s’essaie alors aux bribes d’anglais étudiées. Ou bien, nous rencontrons une professeur d’Anglais dont le niveau (pas vraiment meilleur que le notre) et l’accent à couper au couteau nous causent quelques difficultés. Et pourtant, ici, elle a clairement sa place, affichant une maîtrise de la langue de Shakespeare bien supérieure à la moyenne.

C’est là que nous vivons nos premières tribulations avec la police chinoise. Sur la route, un demi-tour nous est imposé pour cause d’enregistrement obligatoire au village précédent. Revenir en arrière, difficile à accepter pour le cycliste, mais la manoeuvre est de courte distance et le fonctionnaire se fait largement pardonner par la suite en nous offrant un roboratif repas de midi. Et oui, on ne se refait pas. Le soir même, à Ma Erkang, c’est la fin des réjouissances, la police locale nous fait tourner en bourrique pendant des heures pour tenter de nous trouver un hôtel à chaque fois bien trop onéreux. Nous ne sommes pas des touristes chinois que diable !Même en hiver il y a de quoi se nourrir Une fois débarrassés de leur encombrante compagnie, nous trouvons ce qu’il nous faut en moins de dix minutes. Mais ce n’est pas finit. Le lendemain, nous avons de nouveau à faire à eux car nous devons prolonger nos visas. Peine perdu, LE fonctionnaire en charge ne travaille pas ce jour là, il suffit de revenir le lendemain et de patienter une petite semaine. Quand on connait le charme bétonnesque de la ville, on forme vite le projet de déguerpir pour aller se faire prolonger ailleurs ! Mais, mais, mais … il nous rattrapent peu avant de partir : il faut se faire … enregistrer avant de partir. DSC02618OK, photocopies, blabla, allez, on se tire. Ah oui mais non ! Quoi encore ? Pas possible de prendre la route jusqu’à Chengdu, elle va être fermée dans deux jours, donc il faut attendre la réouverture, c’est à dire … mi-avril !!! QUOI !!!!! Ou bien, prendre le bus … ah bon, ben on va plutôt rester deux mois à Ma Erkang à faire connaissance avec la police locale et tailler le bout de gras trempé dans une soupe de nouilles. Allez, jette ton vélo dans la soute, ON SE CASSE !

Dégats du tremblement de terre de 2008Bon, la fin de cette aventure Sichuanesque nous laisse un peu sur notre faim. Calés dans le car, roulant vers Chengdu, nous ruminons nos envies de revenir pédaler vers ces hauteurs. Peu à peu, nous nous prenons à apprécier le départ précipité : la route que nous devions emprunter et qui défile sous nos yeux est défoncée, et la vallée complètement chamboulée par le tremblement de terre dévastateur de 2008. Ils n’avaient peut-être pas tort ces messieurs de la police …

Pour conclure, nous passons une semaine au chaud, à Chengdu, chez Dhane Blue un couchsurfer patenté et en compagnie de Margo et Ben, deux autres cyclotouristes, à se faire des gueuletons d’enfer : petit déj’ gargantuesques,Alentours de Chengdu pour une balade à vélo avec Margo et Ben repas crêpes, pizzas maisons, chili con carne… et à faire un peu de vélo et quelques messages sur le blog pour vous. Quand même ! Dernier fait d’arme dans la région, acheter des billets de train pour nous et nos vélo à destination d’Urumqi, dans le grand nord-ouest. Et là c’est du lourd ! Mais … patience … éhéh …

 

Au fait, la devinette ?? Dans la bonne souplette (voir un petit tour en cuisine), il y avait :

C'est quoi ?Alors ?Et oui ! Ca vous dit de ronger les ongles ?

Et oui, ce sont des pattes de poulet, ils adorent ça les chinois, mais pas nous !

 

PS : Manou pardonne nous ce petit emprunt en titre d’article ;)

Un petit tour en cuisine

Petit déjeuner à Ning Lang : noodle soup et baoziMatin. Froid. Vélo. On se caille. Nous avançons le nez blotti dans l’écharpe. Voici une petite heure que nous pédalons vers le prochain patelin où nous pourrons nous arrêter pour le premier calage de bide de la journée. Quelques maisons en rondins de bois surmontées de tuiles grises ponctuent la route, de vrais jeux de construction type chalets suisses Jeujura. Gargotte à raviolisEnfin un village ; à l’odeur du feu de bois, l’idée de nous retrouver assis à ingurgiter le petit déjeuner nous mets l’eau à la bouche. Les gargotes se succèdent, arborant, de larges devantures ouvertes sur la route. Nos choisissons avec soin celle offrant l’ensoleillement maximal. “Petit déjeuner” en Chinois du Yunnan se traduit par soupe de nouilles ou de raviolis, pimentée Baozi, petits fourrés à la viandeà souhait. En bon touristes respectueux des coutumes locales, nous appliquons scrupuleusement cette pratique. Dans un coin de la cuisine, nos regards focalisent immédiatement sur d’immenses gamelles fumantes et des empilements de paniers en bambou, où cuisent à la vapeur des baozi, délicieux petits pains farcis de légumes ou de viande. Combien ? Le plateau ma p’tite dame : 6. Séance Soupe de nouilles ou de raviolistenante, nous calons nos fessiers sur les mini-tabourets en plastique, le soleil arrosant notre visage. Dans la rue, les passants vaquent au ralenti, comme si le froid engourdissait leur motivation. Une soupe fumante vient à nous, sa vapeur envahissant notre visage, son odeur pénétrant nos narines, son bouillon chaud et gras ne tardant pas à réchauffer nos papilles et nos intestins. De quoi affronter le vent froid et saisissant. De quoi faire de cette obligation quotidienne, un rituel attendu.

DSC_0717Un peu plus tard, c’est la pause de midi qui se fait attendre. Avant de nous asseoir, un petit tour en cuisine s’impose pour tenter de décrire ce que nous voulons déguster. D’immenses wok sont installés le long d’un mur. Sous chacun d’eux, d’énormes braséros carburent plein pot au charbon et de larges traces noires et poisseuses couvrent le mur jusqu’au plafond. A proximité, une grande étagère croule sous une belle panoplie de légumes. Tomates, oignons, patates, épinards, choux et autres feuilles vertes en tous genres, piments rouges ou verts aux multiples tailles, gingembres, aulx et autres racines ou bulbes. Dans un coin de la pièce, une poiscaille fraiche s’ébat gaiement dans un aquarium, attendant son dernier voyage dans l’assiette d’un futur client. Enfin, saucisses, jambons, viandes séchées couenneuses suspendus au-dessus des fourneaux finissent d’achever ce tableau arcimboldesque.

Resto à YanyuanDSC02616

Les clients autour de nous, tous Chinois, nous observent avec curiosité et s’amusent de nous voir les imiter. Ils n’hésitent pas à nous interroger dans une langue qui nous reste parfaitement absconse, mais une question revient souvent, notre provenance. “Fa-Gua” (France), terme qui vient ensuite ponctuer leurs discussions ; nous sommes manifestement le sujet de conversation pendant quelques minutes. A l’écart, certains s’attroupent autour de nos montures, détaillant les spécificités de nos machines : sacoches, compteurs, carte routière accrochée au guidon (qui semble souvent relever du casse-tête chinois), avec une mention spéciale pour les sonnettes dont la trompette jaune ! Les voilà occupés jusqu’à notre départ.

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DSC02624Nous sommes installés autour d’une large table ronde. Les chinois ont pour habitude de commander plusieurs plats et de les partager entre tous les convives, et, plutôt que d’exécuter des contorsions pour pincer entre leurs baguettes le grain de riz gisant dans une assiette à l’autre bout de la table, DSC02549il leur suffit de faire tourner – noooon, pas les serviettes !!! – un large plateau de verre rotatif permettant à chacun de se servir sans solliciter ses voisins ! Pour notre part, nous ne sommes que deux, mais le nombre de plats a tendance à bien s’accumuler sur notre plateau de verre : bœuf ou poulet au poivron, juliennes de pommes de terres poêlées, épinard ou chou au wok ou en soupe, raviolis fris, omelette variées ; ces mets “délicatement” pimentés, évidement accompagnés de riz blanc… à volonté.

Au bord du lac Lugu, le repas du soirGargotte à raviolisEt voilà le travail !

Après de tels festins, croyez-nous, c’est un supplice de repartir sur nos vélos le ventre blindé ! Maaaaais on s’y fait !

Pour finir, une petite devinette … Quoikonamangé dans cette petite souplette ?

C'est quoi ?

Jeux pour tous à Sing à pour

Singapour nous est apparu comme un grand parc d’attraction, très riche et bien propre. Alors, pas d’histoires, nous allons vous faire partager notre petit tour à Singapour en jouant. On commence par les enfants parce qu’on aime beaucoup les enfants, puis par les parents, parce qu’on a aussi envie de vous faire marrer !

DSC_0216Pour les enfants de 3 à 333 ans

  • Au détour des chemins, il est possible de prendre des photos rigolotes. Essayez de reconnaître ce que l’on voit sur la photo à droite.

 

  • Au jardin botanique de Singapour, il y a une partie consacrée spécialement aux orchidées, essayez de retrouver Manon & Etienne sur le pèle-mêle ci-dessous.

 orchidées

  • DSC_0233A Singapour, on a très souvent le nez en l’air pour regarder les immeubles qui viennent gratter le ciel avec leurs antenne. Et de temps en temps il s’y passe de drôles de choses. Regardez bien cet énorme immeuble, il y a deux points noirs sur la façade. Qu’est ce que cela peut bien être ?

     

  • A Singapour, il y a un zoo extraordinaire, un des plus beaux du monde et les animaux n’ont pas l’air trop mal traités. Nous y avons rencontré plein de bêtes que vous connaissez, au moins dans les livres. Essayez de les reconnaître. Attention, des fois il n’y a qu’un détail !

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  • DSC_0311Mais que font tous ces gens ?
    • Ils écoutent sagement la maîtresse qui répète la leçon d’Anglais ;
    • Ils font la queue pour acheter des glaces ;
    • Ils regardent leur copain qui tient l’appareil photo pour leur tirer le portrait ;
    • Ils tiennent solidement la rambarde pour ne pas tomber dans l’eau.

 

Voilà, c’est tout pour les bambins, pour l’instant, nous attendons vos réponses avec impatience. Une carte postale pour chaque participant, c’est promis !

Les réponses d’ici la semaine prochaine.

 

DSC_0216Pour les parents de 18 à 108 ans

  • Maintenant que vous avez reconnu que c’est un régime, mais alors un super régime, aux oubliettes les slim fast et weight watcher, essayez de deviner le nombre de bananes qui le composent !

 

  • Qu’y a-t-il dans ces centaines de cargos ancrés au large et qui font la richesse de Singapour ?

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    • Des roues de vélo pour les cyclistes crevés ;
    • Des durians, le fruit qui pue dont raffolent les habitants des pays du coin ;
    • Des milliers de dollars en billets à blanchir dans des banques pas très clean ;
    • Des glaces de tous les parfums, là, il y a de la demande, on vous le garantit !

 

  • Quel produit alimentaire est trop sale pour Singapour au point d’en être interdit ?

 

  • Singapour est une de ces grandes villes asiatiques où des centaines de gratte-ciel se dressent avec des architectures parfois originales.

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Qu’ont-ils été fourrer au sommet de ces trois tours ?

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  • Et sur ces photos, qui reconnaissez-vous ? Allez, ne mentez pas, on sait que vous pensez à quelqu’un, alors osez, balancez !

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  • Pour finir, une question à la con : mâle ou femelle, à vous de deviner !

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Un grand merci pour avoir joué avec nous. Vous on ne sait pas, mais nous, on s’est bien amusé. Cette fois, une carte postale pour les réponses qui nous feront le plus marrer. Allez, à bientôt pour un nouveau jeu encore plus rigolo !!

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Merci à Claire, Christophe et Pheng qui nous ont accueillis dans cette grande ville.

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Maintenant que nous avons mis pied sur le continent, il ne nous reste plus qu’à pédaler quelques milliers de kilomètres pour vous rejoindre.

Saya Mathematica Guru

Vu le succès du dernier jeu, il vous tardait de voir arriver le suivant. Alléluia, le jeu nouveau est arrivé !

Aujourd’hui, on apprend à compter ! Voici une photo du temple de Borobudur que vous connaissez désormais, après l’avoir visité en notre compagnie. La devinette est la suivante.

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En vous aidant de ce simple cliché pris d’un des quatre coins du plateau supérieur, déterminez, avec la plus grande précision possible, le nombres de stupas présents sur ce site faisant partie du patrimoine mondial de l’Humanité classé à l’UNESCO (excepté le stupa central).

Vous pouvez, bien sûr, aller consulter les autres photos sur l’album en ligne.

Nous faisons confiance à votre rectitude morale pour ne pas vous limiter à googliser cette question et nous comptons sur votre goût des chiffres pour déterminer la réponse grâce aux performances de vos cellules grises et à votre sens de l’observation infaillible.

Cependant, corsons un peu le tout : nous attendons la réponse en Bahasa Indonesia, dans la langue indonésienne.

Facile, non ? Et super rigolo ? On vous l’avait bien dit que vous alliez bien vous marrer en jouant avec nous ! Allez, nous attendons vos réponses aux plus vite. Une carte postale à la réponse la plus proche de la vérité.

Stupa = cloches de pierres renfermant chacune un Buddha

Quelle est la marque de cette voiture ?

On joue encore, mais à reconnaître une marque de voiture.

Bonus : quelle est la plaque du pays et la province ?

Indice : ne vous laissez pas avoir par la première impression.

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Réponse dans une semaine!

A qui appartient cette chambre ?

Aujourd’hui, nous vous proposons un petit jeu. Il s’agit d’associer à chacun de ces intérieurs traditionnels slaves (exposés au musée de Zrenjanin) la nationalité qui lui correspond.

Au choix : Hongrie, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie (l’un est de trop).

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Bon courage à tous les participants, réponse dans une semaine.

Promis, la prochaine fois, on fera plus facile et plus rigolo.