Où sommes-nous

Une journée en Cappadoce

Nous sommes passés en Cappadoce durant notre traversée d’est en ouest de la Turquie. Ce site nous a séduit par sa beauté et son histoire. Alors nous ne pouvons pas omettre de vous raconter comment s’est déroulé notre journée, un moment inoubliable à la découverte de cette région.

14 juin. Nous descendons du train à Kayzeri, il est quatre heures du matin et il pleut des cordes. Dans un petit troquet de la gare, nous patientons quelques temps espérant que la pluie cesse, et nous en profitons pour dormir un peu. Dix heures, la pluie n’a décidément pas l’air de se lasser de son humour de mauvais gout, nous quittons notre abris afin d’explorer les immenses flaques boueuses qui jalonnent la route… dix minutes plus tard nous sommes trempés.

Urgüp Peu à peu le ciel se découvre. Nous approchons d’Urgüp – première ville que l’on doit croiser en Cappadoce – par une petite route de campagne en hauteur qui aboutit à un point de vue panoramique extra sur le fameux site… et bien… il y a de quoi faire ! Avant de nous poser à un petit camping que nous avons déjà repéré, nous commençons par la visite d’Urgüp où nous retrouvons brutalement le tourisme de masse, les boissons et les dondurmas (glaces turques) deux fois plus chères, des hôtels de Demoiselles coifféescharme aménagés dans les grottes. A la sortie de la ville nous arrivons à prendre quelques clichés de nos premières cheminée de fée avant que le soleil ne disparaisse derrière un nuage menaçant et que le coin ne soit envahi par… par un groupe de chinois dont le bus vient d’arriver bien sûr ! Notre camping se trouve juste avant la ville de Göreme, qui est en quelques sortes le cœur de la Cappadoce. La tente est posée, nous nous préparons pour une petite nuit, demain la journée va être longue.

DSC_0687-2Vue du camping

En sortant de la tente, symphonie matutinale15 juin. Allez, c’est parti ! Il est 4h30, un minibus vient nous récupérer à la sortie du camping. Nous ne sommes pas DSC05832seuls : quatre belges et 7 chinois sont de la partie. Notre navette nous dépose au milieu d’un champs déjà envahi par des petits groupes de touristes photographiant leur montgolfière qui se gonfle tranquillement. Le jour s’est levé depuis un bon moment et les quelques ballons qui ont déjà pris leur envol sont déjà caressés par les premiers rayons de soleil. Puis vient notre tour. Edouardo, le cap’taine, nous briffe sur la sécurité Alors ... heureux ?puis nous fait monter à bord. Les ventilateurs qui avaient amorcé le gonflage sont relayés par des gerbes de flammes au dessus de la nacelle. Et nous décollons parmi des dizaines de montgolfières, égayant le ciel matinal de tâches multicolores. Magique ! Le cadre ? Ha, oui, on en oublierait presque ce cadre enchanteur dans lequel nous progressons au ralenti. Un peu plus d’une heure de vol qui nous en paraitra la moitié et nous amorçons la descente. La remorque attend que la nacelle se pose tout doucement. De sa taille impressionnante, le ballon se dégonfle et commence à vaciller, comme une flammèche qui s’éteint peu à peu. Le bruit sec d’un bouchon de champagne nous ramène à notre dure réalité… petite dégustation à 7 heures du matin, pourquoi pas ?

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Dans la campagne de CappadoceNous enchainons sans attendre. Direction la vallée d’Ihlara. Nous avons laissé les vélos de côté et nous voici pour quelques heures sur notre nouveau bolide motorisé scooter… ça fatigue moins ! Toujours en DSC_0853Cappadoce, le paysage change un peu. Nous traversons des prairies et des champs cultivés à la main, puis nous parvenons à l’embouchure d’un long canyon bordé d’orgues basaltiques. Dans une paroi entre des pics rocheux tels des dents de requin, un monastère domine l’entrée de la vallée : DSC_0863-1un vrai labyrinthe reliant ces grands trous par de petits passages ou escaliers raides et exigus. Cuisines, églises, habitations, tout ce qui est nécessaire pour vivre en communauté. Allez, hop hop hop, il est grand temps de filer, le programme est encore chargé. Nous quittons les lieux après un petits tour dans des églises troglodytes du dixième siècle nichées dans les falaises de la vallée, avec de beaux restes de colonnes, de fresques peintes, très habilement enjolivées par de multiples graffitis et autres inscriptions gravées par les chers chérubins de notre temps.

Citée souterraine de DerinkuyuAvant de rentrer à Göreme, nous nous attardons dans la cité souterraine de Derinkuyu : petit voyage dans les profondeurs froides de la terre. Le dos courbé, nous nous faufilons dans ces interminables galeries. A l’époque (VIème-VIIème siècle) pendant les temps de conflits, ces sept étages, creusés dans la roche autour d’un puits d’aération de 80 m, pouvaient abriter 10 000 personnes durant plusieurs mois d’affilée. A la surface nous retrouvons notre bonne température écrasante. Heu-reu-se-ment, nous pouvons acheter des glaces régulièrement sur notre parcourt pour nous rafraîchir.

DSC05859De retour à Göreme, nous retrouvons nos vélos… haaaaaa ! Et nous voici de nouveau lancés pour parcourir trois superbes vallée qui entourent la ville. il y en a pour tous les goûts : la vallée rose, avec ses orgues de sable de couleur rosée ou blanche ; un peu de portage et nous arrivons à la vallée rouge, Pigeonniersavec ses pigeonniers, ses églises et ses dents de sable de couleur (je vous l’donne en mille) rouge, et enfin un dernier tour dans la vallée de l’amouuuuur, et ses formations rocheuses … étranges mais spectaculaires !

Vallée de l'amour Vallée rose

DSC_0731-1Nous n’en avons pas encore terminé… l’apéro n’est pas pour tout de suite. Avant de rejoindre notre camping, la bonne route raide et à gros pavés passe devant le musée à ciel ouvert de Göreme… obligés de Musée de plein air de Göremefaire une halte juste avant la fermeture. Foule de touristes mise à part, nous y apprécions la fraicheur d’une superbe église récemment restaurée, et d’autres un peu esquintées, aux peintures saccagées par les Vandales, en particulier les visages des personnages.

Derrière un horizon aux pics acérés le soleil se couche tout doucement. Il est temps pour nous de regagner notre tente pour une nuit courte… demain départ aux aurores, nous quittons la Cappadoce.

DSC_0875Et là vous pensez tous : “Wouaaaaa, ils ont la forme ces jeunes, quand est-ce qu’ils vont s’arrêter ? Où puisent-ils toute cette DSC_0695énergie, c’est HALLU-CI-NANT !” etc, etc … Et bien vous n’avez pas tort. Alors reprenez l’ensemble des points forts de notre journée racontés ci-dessus, et ajoutez-y quelques détails qui, sans doute, vous rassureront sur cette fameuse force surhumaine qui nous anime : considérez cinq jours au lieu d’un, et répartissez-nos ballades. Ensuite, il suffit de combler avec de longues siestes au bord de la piscine du camping, des baignades, un repas crêpes, un repas frites et un resto pour goûter le Kebab-pot (spécialité du coin), des temps pour bouquiner, surfer sur internet, et mettre à jour de notre blog (qui est toujours en retard, d’ailleurs). Au final, vous obtenez quelques chose de bien plus reposant pour mieux apprécier cette magnifique région.

DSC_0881Il sait pas à qui il a affaire lui ?

Une journée en Cappadoce

Nous sommes passés en Cappadoce durant notre traversée d’est en ouest de la Turquie. Ce site nous a séduit par sa beauté et son histoire. Alors nous ne pouvons pas omettre de vous raconter comment s’est déroulé notre journée, un moment inoubliable à la découverte de cette région.

14 juin. Nous descendons du train à Kayzeri, il est quatre heures du matin et il pleut des cordes. Dans un petit troquet de la gare, nous patientons quelques temps espérant que la pluie cesse, et nous en profitons pour dormir un peu. Dix heures, la pluie n’a décidément pas l’air de se lasser de son humour de mauvais gout, nous quittons notre abris afin d’explorer les immenses flaques boueuses qui jalonnent la route… dix minutes plus tard nous sommes trempés.

Urgüp Peu à peu le ciel se découvre. Nous approchons d’Urgüp – première ville que l’on doit croiser en Cappadoce – par une petite route de campagne en hauteur qui aboutit à un point de vue panoramique extra sur le fameux site… et bien… il y a de quoi faire ! Avant de nous poser à un petit camping que nous avons déjà repéré, nous commençons par la visite d’Urgüp où nous retrouvons brutalement le tourisme de masse, les boissons et les dondurmas (glaces turques) deux fois plus chères, des hôtels de Demoiselles coifféescharme aménagés dans les grottes. A la sortie de la ville nous arrivons à prendre quelques clichés de nos premières cheminée de fée avant que le soleil ne disparaisse derrière un nuage menaçant et que le coin ne soit envahi par… par un groupe de chinois dont le bus vient d’arriver bien sûr ! Notre camping se trouve juste avant la ville de Göreme, qui est en quelques sortes le cœur de la Cappadoce. La tente est posée, nous nous préparons pour une petite nuit, demain la journée va être longue.

DSC_0687-2Vue du camping

En sortant de la tente, symphonie matutinale15 juin. Allez, c’est parti ! Il est 4h30, un minibus vient nous récupérer à la sortie du camping. Nous ne sommes pas DSC05832seuls : quatre belges et 7 chinois sont de la partie. Notre navette nous dépose au milieu d’un champs déjà envahi par des petits groupes de touristes photographiant leur montgolfière qui se gonfle tranquillement. Le jour s’est levé depuis un bon moment et les quelques ballons qui ont déjà pris leur envol sont déjà caressés par les premiers rayons de soleil. Puis vient notre tour. Edouardo, le cap’taine, nous briffe sur la sécurité Alors ... heureux ?puis nous fait monter à bord. Les ventilateurs qui avaient amorcé le gonflage sont relayés par des gerbes de flammes au dessus de la nacelle. Et nous décollons parmi des dizaines de montgolfières, égayant le ciel matinal de tâches multicolores. Magique ! Le cadre ? Ha, oui, on en oublierait presque ce cadre enchanteur dans lequel nous progressons au ralenti. Un peu plus d’une heure de vol qui nous en paraitra la moitié et nous amorçons la descente. La remorque attend que la nacelle se pose tout doucement. De sa taille impressionnante, le ballon se dégonfle et commence à vaciller, comme une flammèche qui s’éteint peu à peu. Le bruit sec d’un bouchon de champagne nous ramène à notre dure réalité… petite dégustation à 7 heures du matin, pourquoi pas ?

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Dans la campagne de CappadoceNous enchainons sans attendre. Direction la vallée d’Ihlara. Nous avons laissé les vélos de côté et nous voici pour quelques heures sur notre nouveau bolide motorisé scooter… ça fatigue moins ! Toujours en DSC_0853Cappadoce, le paysage change un peu. Nous traversons des prairies et des champs cultivés à la main, puis nous parvenons à l’embouchure d’un long canyon bordé d’orgues basaltiques. Dans une paroi entre des pics rocheux tels des dents de requin, un monastère domine l’entrée de la vallée : DSC_0863-1un vrai labyrinthe reliant ces grands trous par de petits passages ou escaliers raides et exigus. Cuisines, églises, habitations, tout ce qui est nécessaire pour vivre en communauté. Allez, hop hop hop, il est grand temps de filer, le programme est encore chargé. Nous quittons les lieux après un petits tour dans des églises troglodytes du dixième siècle nichées dans les falaises de la vallée, avec de beaux restes de colonnes, de fresques peintes, très habilement enjolivées par de multiples graffitis et autres inscriptions gravées par les chers chérubins de notre temps.

Citée souterraine de DerinkuyuAvant de rentrer à Göreme, nous nous attardons dans la cité souterraine de Derinkuyu : petit voyage dans les profondeurs froides de la terre. Le dos courbé, nous nous faufilons dans ces interminables galeries. A l’époque (VIème-VIIème siècle) pendant les temps de conflits, ces sept étages, creusés dans la roche autour d’un puits d’aération de 80 m, pouvaient abriter 10 000 personnes durant plusieurs mois d’affilée. A la surface nous retrouvons notre bonne température écrasante. Heu-reu-se-ment, nous pouvons acheter des glaces régulièrement sur notre parcourt pour nous rafraîchir.

DSC05859De retour à Göreme, nous retrouvons nos vélos… haaaaaa ! Et nous voici de nouveau lancés pour parcourir trois superbes vallée qui entourent la ville. il y en a pour tous les goûts : la vallée rose, avec ses orgues de sable de couleur rosée ou blanche ; un peu de portage et nous arrivons à la vallée rouge, Pigeonniersavec ses pigeonniers, ses églises et ses dents de sable de couleur (je vous l’donne en mille) rouge, et enfin un dernier tour dans la vallée de l’amouuuuur, et ses formations rocheuses … étranges mais spectaculaires !

Vallée de l'amour Vallée rose

DSC_0731-1Nous n’en avons pas encore terminé… l’apéro n’est pas pour tout de suite. Avant de rejoindre notre camping, la bonne route raide et à gros pavés passe devant le musée à ciel ouvert de Göreme… obligés de Musée de plein air de Göremefaire une halte juste avant la fermeture. Foule de touristes mise à part, nous y apprécions la fraicheur d’une superbe église récemment restaurée, et d’autres un peu esquintées, aux peintures saccagées par les Vandales, en particulier les visages des personnages. 

Derrière un horizon aux pics acérés le soleil se couche tout doucement. Il est temps pour nous de regagner notre tente pour une nuit courte… demain départ aux aurores, nous quittons la Cappadoce.

DSC_0875Et là vous pensez tous : “Wouaaaaa, ils ont la forme ces jeunes, quand est-ce qu’ils vont s’arrêter ? Où puisent-ils toute cette DSC_0695énergie, c’est HALLU-CI-NANT !” etc, etc … Et bien vous n’avez pas tort. Alors reprenez l’ensemble des points forts de notre journée racontés ci-dessus, et ajoutez-y quelques détails qui, sans doute, vous rassureront sur cette fameuse force surhumaine qui nous anime : considérez cinq jours au lieu d’un, et répartissez-nos ballades. Ensuite, il suffit de combler avec de longues siestes au bord de la piscine du camping, des baignades, un repas crêpes, un repas frites et un resto pour goûter le Kebab-pot (spécialité du coin), des temps pour bouquiner, surfer sur internet, et mettre à jour de notre blog (qui est toujours en retard, d’ailleurs). Au final, vous obtenez quelques chose de bien plus reposant pour mieux apprécier cette magnifique région.

DSC_0881Il sait pas à qui il a affaire lui ?

Photos-souvenir farsis par-là

Y en a qui réclamaient de voir nos trombines sur les photos du voyage. Alors come l’Iran c’est bô, ben c’est gagné, ils vont être farcis !alboumphotos alboumphotos1 alboumphotos2alboumphotos3alboumphotos4alboumphotos5

Ca ira comme ça ? Ils nous ont vu maintenant ? Parce qu’on est bien mignon mais là ça suffa comme-ci ! Pour nous re-voir en peinture, z’attendrez qu’on soit de retour, na !

Welcome to Iran

Comme le disent les Roulmaloute, reprenant Léo Ferré parlant de la mort, Iran, “le mot seul jette un froid aussitôt qu’il est dit !”. Dictature théocratique extrémiste gouvernée par des mollahs fanatiques et où règles et interdits sont nombreux, bafouant souvent le respect de la personne en particulier de la femme (le port du voile obligatoire, les bras et jambes couvertes, vélo réservé aux hommes, alcool et jeux d’argent prohibés, impossibilité pour les jeunes de faire la fête en public, discothèques inexistantes, conversion d’un musulman à une autre religion passible de la peine de mort … la liste est encore longue). Pourtant, tous les voyageurs que nous avons croisés et qui ont visité ce pays avant nous sont unanimes : “Il faut aller en Iran, vous y serez accueillis comme nul part ailleurs”.

Sur la route vers le caravansérail Rubat SharafSur la route vers le caravansérail Rubat Sharaf

C‘est avec beaucoup de curiosité que nous avons rencontré ce peuple iranien très souvent éloigné de son gouvernement et des préjugés qui ont cours à l’extérieur du pays. Voici un florilège des moments les plus délicieux qui nous ont été donnés à vivre dans ce pays au raffinement particulier.

Art de vivre à l’iranienne.

1er mai. Premiers tours de roue dans l’est du pays

Caravansérail Rubat SharafLe premier soir passé en Iran, nous nous écartons de la route pour rejoindre le caravansérail Rubat-Sharaf. Nous sommes seuls pour  visiter cet ancien lieu symbolique de l’accueil des voyageurs. L’atmosphère est propice à remonter au temps des caravanes de la routes de la soie. C,aravansérai Rubat Sharaf, on est seul, on laisse tomber les artificesAlors nous plantons la tente aux abords de l’édifice pour profiter nous aussi de l’accueil persan. Le lendemain, alors que nous nous faisons rincer à la recherche d’un endroit pour nous abriter, nous sommes interpellés par des jeunes adultes du villages qui nous emmènent chez eux pour nous offrir le couvert et le gîte pour la nuit. Nous voilà au milieu d’une famille iranienne, débordant de bonne humeur et de générosité.

La famille au complet

Le jour suivant, notre arrivée à Mashhad se fait en fanfare : tout d’abord un gars en scooter vient à notre niveau puis s’excuse pour nous tendre un paquet. Pas le temps de lui dire merci que le voilà parti dans l’autre sens, il vient de nous offrir des friandises et des boissons fraîches au moment où l’envie s’en faisait sentir, le pied ! Puis la fête continue lorsque nous croisons un groupe de cyclistes locaux, photos, accolades, invitations répétées. Merci pour le sandwich, on reviendraVient le moment de s’acquitter de notre repas pris dans un fastfood du coin, mais ce ne sera pas possible, nous bénéficions encore du statut d’invités. DSC_0055Vient la rencontre avec Ali qui nous offre des sodas, nous paie l’internet puis nous emmène chez son ami glacier, bien vu Ali, on dirait qu’il nous a cernés. Avant de se quitter il nous accompagne dans la ville à la recherche de nos hôtes Saeed et Tayebbe, Nos premières Bastaniesce même Saeed qui n’hésitera pas à prendre un jour de congé pour nous faire visiter sa ville, nous faire goûter à nos premières bastani saffron (glaces au safran), nous présenter à la famille au grand complet puis se lever quatre heures avant le boulot pour nous suivre jusqu’à la gare, au cas où … il a bien fait car une crevaison aurait pu nous coûter le départ du train.

 

8 mai. Escapade au centre du pays

Shiraz, Bagh-e Naranjestan fondé au 19ème, salle de réception puis résidence du gouverneur sous les QadjarsUn soir à Shiraz, nous suivons les cohortes d’Iraniens venus réciter quelques vers d’Hafez ou Saadi dans les jardins fleuris qui commémorent les grands poètes Iraniens. Puis nous faisons un bond en arrière de 2500 ans en traversant les ruines de Persépolis, la magistrale capitale perse de Darius le Grand.

DSC_0266Persépolis édifiée sous le règne de Darius 1er le Grand vers 518 av. JC, vestiges de l'Empire achéménide (550-330 av. JC)DSC_0255

DSC_0514Puis à Yazd, nous nous suivons la piste des tours du vent, larges édifices venus apporter un peu d’air frais dans les vastes demeures en torchis de la plus vieille cité du monde, un système de climatisation ingénieux  et écologique indispensable dans cette ville du désert ou la chaleur du midi vous étouffe. Les lumières du soir se goûtent sur la place Chakhmaq.

 Yazd, ensemble Amir Chakhmaq, façade à trois étages

DSC_0788Lors d’une journée dans la “moitié du monde” à Esfahan (Ispahan), nous nous perdons dans les allées interminables du Bazar-e Bozorg, puis nous pénétrons sur la majestueuse place de l’Imam avant de nous imprégner de la fraîcheur d’une mosquée (mosquée Jameh, de Sheik Lotfollah ou de l’Imam) et parcourir les jardins des madrasas ornées de mosaïques pluri-centenaires. Avant le crépuscule, nous nous dirigeons vers le marchand de glaces traditionnelles pour déguster une bastani saffron et admirer le coucher de soleil qui illumine la place.

Esfahan, mosquée Jameh aux styles qui se sont succédés du 11ème au 18ème siècle

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Esfahan, dôme de la mosquée Sheikh Lotfollah, édifiée début 17ème s sous Shah Abbas 1erEsfahan, place de l'Imam vue du palais d'Ali Qapu

Esfahan, place de l'Imam vue du palais d'Ali Qapu

Esfahan, place de l'Imam

Quittant Abyaneh, nous nous retrouvons en milieu de journée à faire la fête dans un mini-bus d’étudiants transformé en disco-mobile, l’autoradio hurle une techno orientale qui entraîne les jeunes gens à danser d’un bout à l’autre du trajet.

DSC05095Voilà comment cette jeunesse débordante d’énergie trouve des moyens et des lieux pour s’amuser. En fin d’après-midi, à Kashan, nous entrons dans le Bagh-e-Fin, de magnifiques jardins arrosés de fontaines. C’est le lieu de la promenade dominicale (ici, le vendredi) et l’endroit est bondé, mais l’atmosphère est douce et les iraniens se ruent sur les délices glacés que vous connaissez, alors pourquoi ne pas en faire autant.

Kashan, Bagh-e Tarikhi-ye Fin, avec des étudiantesUn groupe de collégiennes nous aperçoit et c’est l’agitation générale, nous croulons sous les questions formulées dans un anglais digne de Cambridge. Nous sommes assaillis par les photographes en herbe armées de portables dernier cri (même si l’embargo retarde un peu les avancées high-tech).

Kashan, Bagh-e Tarikhi-ye Fin, avec des étudiantesKashan, Bagh-e Tarikhi-ye Fin, avec des étudiantes (très favorables au voile)

Si on regarde du bon point de vue, ce voile n’est pas si visible … presque caché, non ?

Kashan, kalian, thé et petits gâteaux ... ça ira ?Le soir venant, nous prenons place dans une maison de thé pour fumer un Qalyan (narguilé) en sirotant un choy, et déguster son cortège de petits gâteaux, nous prenons notre pied à vivre à l’iranienne, à l’aise dans nos costumes d’épicuriens.

De retour à Téhéran, nous retrouvons nos vélos garés dans notre petit hôtel. Le proprio est derrière son comptoir en train d’étudier le français. Dans un mois il doit aller sur Paris et passer un entretien afin de pouvoir émigrer au Québec. Téhéran, sur le toit de notre hôtel Mashhad, avec Jérome et Noémie, deux cyclistes français, à déguster la bère interditeC’est le cas de nombreux jeunes Iraniens qui cherchent à quitter leur pays pour les Etats-Unis ou le Canada. Lui nous demande quelques ficelles et nous poursuivons la soirée sur le toit de l’hôtel,  une “bonne” bière à la main. Bonne dans le fait d’enfreindre l’une de leurs nombreuses lois pourries, car son goût insipide et son prix exorbitant auraient détourné bien des assoiffés.

 

18 mai. Traversée des montagnes, entre Caspienne et Kurdistan.

Prés de Rasht, dur dur pour planter la tente...

Nous quittons Téhéran pour retrouver la mer Caspienne. Voilà deux jours que nous longeons la côte qui borde une immense zone marécageuse transformée en rizières, un petit retour en Asie du sud–est auquel nous ne nous attendions pas et qui complique nettement le plantage de tente. Un matin, nous avons à peine parcouru une trentaine de bornes qu’un gars nous fonce dessus en mobylette à toute allure pour nous éviter au dernier moment. Une bonne gueulante pour tenter de nous soulager de cette frayeur mais sans succès. C’est alors qu’une voiture s’arrête devant nous, le conducteur venant s’excuser pour le comportement inadmissible de son compatriote dont il a été témoin. Voilà Yaser. Il sait que nous sommes dans les parages, car des connaissances à lui nous ayant vu pédaler sur la route l’ont prévenu de notre existence. DSC05212Yaser est donc à notre recherche depuis la veille au soir, il a parcouru plus de 100 km pour nous retrouver. Il nous propose de venir prendre le petit déjeuner chez lui. Il n’a pas besoin de beaucoup insister pour que nous acceptions. Arrivés chez lui, un couple de polonais est déjà présent, et nous comprenons rapidement que nous sommes tombés dans une auberge espagnole. Il n’en faut pas plus pour stopper nette notre progression. Tacitement, nous prenons rapidement la décision de rester une nuit, puis une deuxième, le temps de faire le tour de sa famille, de participer aux cours d’anglais de Yaser.

Repas chez Yaser

Sur la route entre Astara et Ardabil, le vendredi, les bas côtés de la route sont envahis pour pic-niquerEtant enfin montés sur nos bicyclettes, échappant de justesse à la tentation de confire dans le confort de sa maison, nous attaquons une longue ascension en direction d’Ardabil. Mais le jour est vraiment mal choisi, nous sommes vendredi, jour de repos pour les iraniens. Les espaces verts longeant les routes sont envahis par les nombreuses familles en goguette pour un déjeuner sur l’herbe. La route est du même coup encombrés de bagnoles. DSC_0369Mais, mais … nous nous trouvons propulsés tels de vraies stars du peloton, encouragés (voire exaspérés) par les klaxons, photographiés sous toutes les coutures, harcelés par les invitations, réconfortés par les friandises tendues à travers les fenêtres ouvertes des véhicules. Au sommet, un routier nus attends pour nous offrir de l’eau fraîche et se propose de nous escorter pour la traversée du tunnel, tous feux allumer pour éclairer la route. Sympa, mais on vous raconte pas les décibels ! Oui, on fait les difficiles.

Lors des pauses casse-croute, nous trouvons toujours un petit troquet sympathique où se rassasier d’un P1020035dizi, spécialité du pays consistant à déguster le jus de la viande cuisinée absorbé entièrement par du pain trempé dedans, puis la viande et sa garniture de pois-chiche-patates, écrasés au pilon. Nous réitérons les réponses désormais rituelles : “Français, depuis l’Indonésie, à vélo, enfin pas toujours. Mariés ? vouivoui. Chrétiens ? Ben non. musulmans, juifs, bouddhistes ? Non, plus. Ben quoi alors ? Ben rien”. Pas toujours évident à comprendre, mais pas l’ombre d’un reproche, ici c’est l’Iran, on est à l’aise, chacun ses opinions tant que ça reste entre nous. “Bon les gars (c’est sûr qu’on n’y croise pas des donzelles dans les bistroquets), c’est pas tout ça, mais comme on vous l’a dit, on n’est pas d’ici, et puis le camping on préfère faire ça hors de la ville”. Ben tiens, en voilà une drôle d’idée, parlons-en.

Dix kilomètres plus loin nous nous esquivons dans la cambrousse, un coin d’herbe au poil devant un paysage d’enfer. On est peinard. Vite dit ! Deux gars en mob rappliquent et nous indiquent sans équivoque que dormir ici, ce n’est pas possible. Tchador, no ! (Précision, tchador désigne aussi bien la tente de camping que le voile noir horrible couvrant les femmes et sensé nous préserver de pensées impures, nous les hommes pas foutus de nous tenir à carreau – nous, on a choisi le tchador version Quechua, c’est bien plus classe). Route vers Meshgin ShahrDonc pas question de planter la tente ici. Pourquoi, pourquoi ? Cela reste un mystère, et le pouce passé sur la gorge laisse libre cours à l’imagination. Mais que nenni, ils sont coriaces les p’tits Frenchies, ils ont trouvé un super spot de camping et ils veulent y rester. Il ne va quand même pas nous égorger celui-là ! Alors nous insistons, puis nous jouons notre joker, l’appel à un ami, un jeune iranien francophone rencontré dans le bled précédent. Nous comptons sur lui pour nous aider à traduire la conversation. Mais voilà qu’il s’en mêle en nous suppliant de revenir à la ville pour dormir chez lui plutôt que dans la campagne ou le danger rôde. Ben voyons, c’est connu, les loubards adorent se promener dans la campagne pendant la nuit ! Mais rien à faire, voilà notre ami qui rapplique en taxi. Meshgin Shahr, ancienne forteresse, avec Soheyl et son amiC’est un complot ou quoi ? Nouvelle proposition : venir camper dans le parc public, sous la surveillance des policiers, nous seront en sécurité. Quelle charmante idée ! Merci bien, mais les parcs publics on a testé, ça sent mauvais, c’est bruyant et pour se faire un brin de toilette, c’est pas vraiment le coin tranquille. Alors on reste là et puis c’est tout. On risque quoi ? A la sortie de Meshgin Shahe dans des prairies TRES dangereuses ... on a le gout du risque, nous !De se faire réveiller par une brebis égarée ? Après une demi-heure de palabres, nous parvenons à gagner notre ticket pour la nuit en échange de la promesse d’un coup de fil rassurant le lendemain. Tout le monde plie bagage, et nous pouvons enfin nous consacrer à notre bivouac de rêve. Jusqu’au lendemain, nous avons eu beau chercher, nous n’avons pas trouvé les dangereux malfaiteurs qui devaient nous faire la peau. Ah l’hospitalité je vous jure ma p’tite dame, y a des jours où on se la mettrait bien dans la poche.

Que penser du gugusse qui nous a réveillé en pleine nuit, m’obligeant à me retrouver en tenue d’Adam devant son fusil de chasse dans une main et une assiette de pastèque juteuse dans l’autre. Que son sourire et ses excuses répétées ont vite rabattu mon clapet de râleur !

DSC_0570-1Loshan, sur la route entre Qazvin et Rasht

Incroyable, cet Iran est un pays hors du commun, bourré de contradictions mais dont le peuple, en premier lieu, en fait peut-être le pays le plus extraordinaire pour un touriste, quel qu’il soit. Nous étions impatients de goûter à l’hospitalité perse et ce fut une expérience au-delà de ce que nous pouvions imaginer, dépassant parfois ce que nous pouvions accepter, notre besoin d’intimité finissant par reprendre le dessus. Ce fut une énorme bouffée de générosité ; lors de ces rencontres, chacun d’entre eux se fit un devoir de se plier en quatre pour nous accueillir … en “bon iranien”.

Un avant-goût d’éternité*

Par Biljana et Patrick

Samarkand, plus que toute autre ville de la route de la soie, évoque la légende des voyages au rythme lent des caravanes, les oasis inattendues, perdues de bleu, de sable et de fraîcheur. En voyageurs – touristes que nous fûmes pendant 2 jours à Samarkand – c’est au cours d’une déambulation rythmée par les explications de notre guide, Malika, que nous avons découvert cette ville suspendue entre passé et présent, entre aube et éternité.

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DSC_0274-1C’est aux premières lueurs du jour que nous découvrons Samarkand dans sa globalité, perchés comme des oiseaux migrateurs en haut du minaret de la Medersa d’Ulug Beg, sur la place du Registan. Samarkand émerge de la nuit. Inconfortablement installés sur notre perchoir, nous entrevoyons, à tour de rôle, la DSC_0319-1déclinaison des couleurs de l’aube sur les toits et les coupoles.

Le soleil apparaît rapidement sous la forme d’une grosse boule orangée, juste annoncée par un vent frais qui nous fait frissonner. Puis le disque orange laisse échapper des rayons lumineux qui viennent lécher le haut des medersa de la place et commencent à mettre en lumière le théâtre majestueux du Registan. Les trois monuments se font face comme des acteurs géants dont le jeu surprend par son élégance et son harmonie.DSC04333

DSC_0106Moment suspendu d’infini bien-être, tandis que le soleil continue sa lente caresse de la Medersa d‘Ulug Beg, et les étoiles chéries du Khan astronome illuminent la façade. Difficile d’imaginer qu’elles ont failli ne plus briller après le tremblement de terre de 1898 qui a en grande partie détruit le monument. Les grands travaux des annéesDSC04361 30 ont laissé la place à une restauration patiente. C’est dans la fraîche pénombre d’une des salles de la Medersa Chri Dor que nous assistons au minutieux travail des artisans pour reproduire la beauté des motifs ancestraux.

DSC_0144-2 Nos pas nous portent ensuite vers la Mosquée de Bibi Khanoum, que Tamerlan fit construire pour la 4ème de ses femmes, la plus aimée. La taille du monument devait être un hommage à son amour et témoigner de la force de ce sentiment à travers le temps. L’éternité de l’amour d’un couple se perpétue-t-elle à travers de telles réalisations architecturales ou plutôt au travers de ce qui se construit au jour le jour, avec le partage des bonheursDSC_0061-3 et des difficultés de la vie, les enfants qui naissent et qui grandissent ? C’est dans ce lieu qu’un couple d’éternels amoureux-voyageurs se tenant par la main raconte sa vie bien remplie, ses 72 enfants et petits-enfants et prédit à Manon et Etienne que 4 enfants viendront bientôt embellir leur jeune amour.

DSC04372Voyageurs en quête de réponses, nous consultons le ciel de Samarkand, et nous cheminons vers l’Observatoire d’où Ulug Beg scrutait les étoiles cinq siècles auparavant. Seule une partie du cadran monumental – moyen de mesure de la course du soleil – a pu être restaurée, suite à son excavation par les Soviétiques au début du siècle. DSC_0205Comment un instrument d’observation du soleil a-t-il pu se retrouver enterré sous plusieurs mètres de terre ? Le temps qui passe a des ironies… En sortant de l’observatoire, c’est la morsure du soleil qui nous ramène à Samarkand, Belle du désert, écrasée de chaleur. Monter les escaliers raides qui mènent à la Nécropole de Shahi-Zinde nous demande des efforts. Il faut en compter les marches à l’aller, nous dit Malika, puis les compter à nouveau au retour. Si on ne trouve pas le même nombre, cela signifie que l’on a certainement pêché. Mais arrivés sur la dernière marche s’ouvre devant nous un étroit couloir bordé du bleu des mausolées qui se succèdent sur des dizaines de mètres. Etourdis par les motifs, par les variations de couleurs, DSC_0263-1qui rendent chaque mausolée unique, nous figeons sur nos yeux numériques le maximum d’images. Voyageurs curieux nous pénétrons sans frapper dans ces demeures des morts pour voler un peu de la beauté qui les enveloppe. Autour de nous, les guides expliquent les époques et les détails architecturaux des monuments, mais que sait-on de ceux qui reposent là ? Rien du tout, parfois même pas leur nom.

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Dans la mosquée, la prière soudain nous interrompt dans notre avidité touristique et nous nous retirons sur la pointe des pieds. C’est dans le cimetière attenant à la nécropole que nous nous posons enfin, savourant le calme et la fraîcheur du lieu. Mausolées prestigieux et tombes actuelles anonymes se mêlent à tout jamais dans l’éternité et les portraits gravés dans le marbre nous regardent tranquillement.

Notre déambulation dans Samarkand, guidée par la gentillesse de Malika, se termine dans l’éblouissement de la nécropole resplendissant au soleil devant nos yeux et la fraîcheur de ce havre de paix. Peu importe si le nombre de marches au retour n’est pas identique, nous avons eu nous aussi « un avant-goût d’éternité ».

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* Un avant-goût d’éternité : Qualificatif employé par Mitterrand pour décrire sa promenade à travers la nécropole de Shahi-Zinde peu de temps avant la fin de son deuxième mandat.

Pris dans la tourmente

14 mars. Enfin nous entrons au Kirghizstan ; cela fait deux jours que nous évoluons dans le jour blanc. Le site autour de nous est magnifique … nous a-t-on dit, mais nous ne voyons rien. Alors nous avançons… pour avancer. La température descend à grande vitesse à mesure que nous prenons de l’altitude. Nous avons sorti les doudounes, les écharpes et les "moumoutes" : des sortes de guêtres en peau de mouton que nous avons bricolé avant de partir de Kashgar.Erkech-Tam, frontière sino-kirghize

Peu à peu, le voile blanc s’efface et laisse apparaître un paysage splendide ; le moral remonte. Etienne est presque débarrassé de ses problèmes gastro-intestinaux,Erkech-Tam, frontière sino-kirghize il peut enfin  profiter de ce qui nous entoure. D’après un Kirghize du poste frontière, la route à venir est mauvaise, en particulier pour des vélos. Bah… c’est sans doute difficile pour un cycliste de base… mais pas pour nous… hum. Nous roulons sur un bitume impeccable… jusqu’ici, tout va bien. Nous essayons de profiter au mieux de cette partie. Mais le plaisir est de courte durée, après une petite dizaine de kilomètres, une piste infâme, caillouteuse et peu à peu enneigée prend le relais.

Col d'Erkech-Tam, on pousse, on poussePassage du col d'Erkech-Tam

Nous espérons que cela ne dure pas. Mais c’est long. C’est là que nous commençons à souffrir. Plus nous avançons, plus la route devant nous se dévoile, interminable. Les quelques camions qui nous doublent réapparaissent au loin, après une demi-heure, et sous l’apparence de fourmis à peine perceptible à l’œil nu … enfin surtout le mien. Un bon petit vent de face vient s’ajouter au tableau pour corser un peu l’affaire. En peu de temps, nous sommes convaincus qu’il nous sera impossible d’atteindre le patelin prévu pour le soir, et difficile de passer le col avant la nuit.

Col d'Erkech-Tam

Après une montée harassante, alternant piste mauvaise ou portions enneigées à pousser le vélo, nous atteignons enfin le col. Col d'Erkech-TamLe spectacle est superbe, immense, blanc, silencieux, et désert. Mais ce moment de réjouissance est assez bref : le ciel se couvre et il commence à se faire tard. Nous sommes à 3800 m d’altitude, tout est blanc autour de nous, pas un village à l’horizon qui est pourtant vaste. L’inquiétude nous gagne. Où allons nous installer la tente ? Miraculeusement, deux minutes plus Col d'Erkech-Tam, dans l'abri-camiontard, nous croisons un camion posé sur le bord de la route, un genre d’estafette installée à demeure et qui héberge des gars s’occupant de la maintenance des chasse-neige. Ils nous hébergent à la bonne franquette, nous évitant une nuit assez mouvementée.

A Sari-Tash, chez Chyrmashbek TurdakunovLe lendemain, c’est en chasse-neige que nous rejoignons Sari-Tash, où nous allons passer deux jours, au chaud, chez des locaux très sympas … qui nous ont finalement présenté la facture avant de partir ! Un peu surpris, mais apparemment c’est d’usage courant pour les Kirghizes de proposer le gites et le couvert contre quelques ronds. Une fois prévenu, ça passe mieux.

A Sari-Tash, chez Chyrmashbek Turdakunov

Sur la route du col de Taldik Ashuu18 mars. Nous quittons Sari-Tash sous un grand ciel bleu, bien requinqués, le moral au beau fixe. Nous franchissons un col sur une route complètement enneigée, mais le décor est grandiose, c’est un pur régal. Nous nous délectons d’une descente dans une ambiance sibérienne, la conduite est Ak Bosogosportive et nous nous adonnons même aux joies de la glissade, deux pour Etienne, deux pour moi, deux partout la balle au centre. Le repas de midi nous est offert par une famille chez qui l’ambiance est à la fête. C’est le jour de repos et la maison fourmille d’amis et de parents venus des quatre coins du pays. La félicité qui se dégage du lieu nous gagne et nous repartons le cœur léger.

Col de Taldik Ashuu

Nous roulons en direction de Osh, la deuxième ville du pays. Trois jours de vélo dans le beau temps et En route vers Kichi-Karakoldes paysages somptueux qui se renouvellent sans cesse : montagnes, vallées, formations rocheuses aux couleurs et formes variées, souvent enneigées. Par contre, la route réapparait sous la neige fondue, sous forme d’une mélasse assez indigeste pour les mécaniques. HuuuuuuuNous sinuons sur une piste cabossée et boueuse, tentant d’éviter les flaques, la neige, les zones bosselées ; Suis ici, suis icila roue avant joue l’essuie-glace, tandis que la roue arrière tente de prendre son indépendance. Comme le froid reste bien présent, tout ce qui est visqueux, une fois pris dans les rouages, se met à durcir. Alors le dérailleur cède à l’immobilisme, les vitesses ne répondent plus, c’est le gel des transmissions. Les freins se caparaçonnent sous une croute de boue durcie. De quoi occuper la soirée à nettoyer les vélos au marteau-piqueur.

En route vers Kichi-KarakolVallée de Kichi-KarakolVallée de Kichi-Karakol

Vallée de Kichi-Karakol

Mais pas de quoi nous gâcher le plaisir. Peu à peu nous redescendons dans des vallées plus hospitalières. Nous traversons des villages rustiques, chaque maisons est une ferme,Près de Sopu-Korgon avec son lot de moutons, de vaches et de chevaux qui paissent égarés dans les alpages environnant, parfois sur la route, gardés par des de fiers cavaliers. Nous avons l’impression d’avoir reculé dans le temps. La pauvreté du Kirghizstan est manifeste, et les conditions climatiques y sont rudes, avec sont quota d’alcooliques notoires. Mais, les gens sont chaleureux, hospitaliers et généreux. Tous ne font pas payer à la sortie, loin de là.

Près de Sopu-KorgonPrès de Sopu-KorgonPrès de Sopu-Korgon

A Gülchö, nous faisons une rencontre mémorable. Après nous être offert le luxe d’une douche chaude aux banya (bains publics à la russe avec sauna),Stade de Gülchö, bivouac ou pas bivouac ? nous nous mettons en quête d’un carré de verdure pour planter la tente. Notre choix s’arrête sur le terrain de football du stade municipal. Après quelques discussions avec les gardiens, ceux-ci nous installent dans le local de l’enceinte sportive. Puis ils insistent lourdement pour nous inviter à manger, nous offrant un repas copieux qui n’est pas arrosé que d’eau fraiche. Bivouac au local du stadioum !!!Nous n’en avalons d’ailleurs pas une seule goutte. Nos deux artistes s’hydratent quotidiennement à la vodka et il est clair qu’ils ont de l’avance sur nous. Après avoir largement contribué à siffler la bouteille, l’un d’eux nous raccompagne à notre local … ou l’inverse, c’est à s’y méprendre.

Rahhhhhhh, la Baltika !20 mars. Nous entrons dans Osh et trouvons soudainement le printemps devant nos roues avec un plaisir intense : douceur de l’air retrouvé, braseros distillant leurs odeurs de chachliks (brochettes) à travers les terrasses en plein air. Une bière pajalsta !

Trilogie en Kashgarie, partie 3

A nous les grands espaces.

8 mars. Ca y est, c’est aujourd’hui qu’on fout le camp … pourtant, il fait bleu se matin, après une semaine de grisaille … et les Roulemaloute nous l’ont bien dit : “Le truc con, serait de quitter Kashgar sans aller voir le lac Karakol … Non, ce n’est pas qu’un lac, il est au pied du Muztagata, ce qui change tout.” Et c’est vrai qu’on a bien envi de le voir ce lac entourés de sommets de plus de 7000m.

En route pour le lac KarakulAprès quelques tergiversations, nous planquons tout le matos dans la consigne de l’hôtel, puis nous sautons dans un bus. Si on omet les gougnafiers de Chinois qui crachent, qui grognent, qui fument, le trajet est grandiose, de bout en bout ! Au terme d’une immense ligne droite, des montagnes énormes se dessinent en toile de fond, émergeant peu à peu de l’atmosphère troublée. En route pour le lac KarakulPuis la route s’enfonce et serpente entre les massifs qui se dressent autour de nous. Nous jouons à l’essuie-glace avec la vitre du camion : “Vas-y ouvre – photo – Ferme – Vas-y ouvre – photo – Ferme …”. DSC_0313Le ciel est maintenant épuré de la pollution de Kashgar, d’un bleu vif, délimitant avec netteté les sommets qui nous dominent de plusieurs milliers de mètres. Et plus le bus progresse, plus les couleurs se font variées, renforcées par le blanc éclatant de la neige. Nous piaffons de ne pas pouvoir nous arrêter pour mieux profiter de la vue. Un peu plus loin, Sur la route entre Karakul et Kashgarc’est un paysage de dunes qui apparaît, saisissant, surréaliste à cette altitude ; pendant un temps nous sommes transportés dans le sud de la Bolivie (où nous étions il y a deux ans). Encore après, nous arrivons enfin au lac tant convoité : recouvert de glace, mais cerné de yaks, paisibles et entouré par le Kongur Shan et le Muztagata. Deux géants de plus de 7000m sur lesquels coulent d’énormes glaciers.

DSC_0323-1Autour du lac Karakul, vue depuis le poste de police

Autour du lac Karakul C’est parti pour la balade sur la plage, enfin frisquet quand même la fin d’après-midi, nous sommes tout de même à 3600m d’altitude, alors le pull autour du coup, on oublie, on va plutôt enfiler le bonnet, les moufles et la doudoune ; là, voilà, maintenant on peut se Les yaks de Karakulconsacrer à la lumière de fin de journée et engranger quelques centaines de photos. Ca va être sympa à trier tout ça ! Allez, ce n’est qu’une fois. C’est bien joli tout ça, mais où qu’on va dormir ce soir ? En arrivant, Un tour de moto a Karakul, pour une nuit chez l'habitantnous sommes vu proposé de passer la nuit chez l’habitant, avec repas local et thé au beurre de yak et nuit sur les tapis près du poêle alimenté à la bouse de yak. C’est sans compter sur l’intervention de la police locale qui nous fait gentiment mais très fermement comprendre que Chez l'habitantce ne sera pas possible. Pourquoi ? Parce que, c’est comme ça t’en a des questions toi ! Et m… ! Il ont le don ceux là ! Il n’y a plus qu’à faire du stop sur la route, où plus un véhicule ne circule. Alors, on discute avec le flic, DSC_0353on gesticule, on fait du cinéma, on plaisante (tout ça en chinois, qu’est ce que vous croyez) et puis on finit par arriver à se faire payer le trajet gratos jusqu’à la ville suivante où on avait l’intention d’aller le lendemain. Bien vu l’autruche !

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Nous nous retrouvons à scruter les cimes enneigées au moment du coucher de soleil depuis la cabine d’un camion au son de musiques locales braillées par l’autoradio. Au chaud ! On est bien, finalement plutôt content de l’affaire. Notre excursion se conclue le lendemain par un petit tour dans la ville de Tashkorgan, elle aussi située entre de superbes massifs. Allez on rentre à Kashgar, un coup de stop, encore gratos ; ça c’est goupillé, bien joué Gaston ! On s’est vraiment régalé de bout en bout.

TashkorganDSC_0233

Vive Kashgar, nous remontons sur les bicyclettes satisfaits. Cap à l’ouest, encore et toujours.

Trilogie en Kashgarie, partie 2

Rhouch, rhouch ! Laissez passer, laissez passer !

Marché aux bestiaux de Kashgar6 mars. 11 heures. Nous suivons le flot des charrettes, des tracteurs, des attelages aux remorques chargées de bêtes. Tous convergent vers un capharnaüm grouillant : Marché aux bestiaux de Kashgarle marché aux bestiaux de Kashgar. Chaque dimanche s’y retrouvent tous les paysans et négociants de la région venus pour marchander tout ce qui a quatre pattes et produit du lait. On y trouve aussi les bouchers de la ville venu s’approvisionner en viande fraiche et grasse.

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Marché aux bestiaux de Kashgar, cordonnierNous entrons dans la zone périphérique, alléchés par les odeurs de viande grillée. Nous circulons entre les étals des rémouleurs, des cordonniers, des barbiers. Sur une piste déjà bien foulée par les bottes et les sabots, nous nous mêlons à la foule pour pénétrer au cœur du bazar. Ici, c’est “pousse-toi de là que je m’y mette”, Marché aux bestiaux de Kashgaril faut avancer au pas de course pour ne pas nous faire piétiner et ne pas compter sur les avertissements des conducteurs de charrettes. Ca gueule de partout ; il en arrive de toutes parts et pas seulement des tendres : des taureaux, des vaches, des chèvres, des ânes, des moutonsTâtage de cul de différentes races, des chameaux, chacun tentant de gagner la parcelle qui lui est réservée, mené par son propriétaire. Il faut passer à tout prix. Bêtes et propriétaires s’entremêlent, attendant de faire affaire ; on brasse du billet, on discute les prix, on se raconte les dernières nouvelles du village en petit comité. Les acheteurs potentiels vérifient la marchandise : état de la dentition, densité “postérieure”. Observage de dentitionDans un coin du marché, des dizaines de boules de laine s’alignent et passent une par une entre les mains de “coiffeurs” armés de paires de ciseaux puis en DSC03043ressortent toutes nues (on se croirait dans un dessin animé). Dans ce salmigondis, le va-et-vient permanent des bêtes à vendre et des bêtes vendues maintient une intensité impressionnante.

Marché aux bestiaux de KashgarMarché aux bestiaux de KashgarBrochette de culs tondus

Marché aux bestiaux de Kashgar, chachliksTelles de petites fourmis désemparées, nous nous perchons sur un terre plein nous permettant de contempler la scène d’en haut. Le tableau est saisissant de vie et d’authenticité. Nous avons le sentiment d’être parachuté à une autre époque. Sur un coté du marché, un alignement de tables et de chaises permet à qui veut de se sustenter : chachliks (brochettes traditionnelles), pains fourrés à la viande de mouton, laghman (pâtes étirées), portions de pastèque, soupes en tout genre… tout ce qu’il faut pour conclure de bonnes affaires !

Marché aux bestiaux de KashgarEtals de nourriture : pains à la viande de mouton, gras mais savoureuxRiz, pain et mouton

Un peu plus loin, l’humeur est au “jeu”. Attirés par des attroupements nous nous approchons et nous glissons entre les spectateurs. Contrairement aux Ouïgours agglutinés en cercle ou perchés sur les installations proches pour Marché aux bestiaux de Kashgar, combats de chiensmieux apprécier le show, nous sommes légèrement refroidis : deux chiens type pitbull (j’y connais rien) s’affrontent en duel, encouragés par leurs maîtres à l’affût de leur moindre mouvement. La foule autour s’excite à la tournure du combat, les paris vont bon train, chacun encourage son poulain. Les deux bêtes s’amochent sévèrement, la tête DSC_0518ensanglantée, ils ont la permission de cesser leur duel. Un peu plus loin, déjà un nouveau cercle se crée autour de deux autres victimes, tandis que le nôtre se défait rapidement, laissant apparaître les derniers échanges de billets pariés. Un peu de cruauté en guise de distraction…

Nous quittons le marché aux bêtes de Kashgar brassés et transportés par ce mélange intense de couleurs, d’odeurs, d’impressions. En à peine deux heures écoulées, nous avons le sentiment d’avoir fait un voyage à part entière.

 

Au fait, le chat de la guesthouse d’Urumqi, comment s’appelait-il ?

Pas Indien, pas Elisabeth, pas Adolph, mais presque, c’était le Hitler Cat, c’est malin, pauvre bête !

Trilogie en Kashgarie, partie 1

Nous voilà arrivé dans cette région mythique pour le cyclotouriste. Kashgar, installée entre les massifs des Tian Shan et des Pamir, sise au bord du Taklamakan, immense désert terriblement inhospitalier. Kashgar, cité millénaire à la croisée des routes de la Soie. Ici, les cyclo se retrouvent, venant d’est ou d’ouest, parfois du sud, souvent au terme ou au commencement d’épopées héroïques : la traversée d’un désert plat, aride et interminable, le franchissement de massifs par des cols aux altitudes invraisemblables.

Pour nous, ce sera le départ d’une bonne tranche d’aventure. Mais avant cela, nous nous sommes payés trois bonnes portions de dépaysement. Du rafraichissant, de l’odorant, de l’émerveillant !

Les aventuriers de l’arche perdue.

5 mars. Les rues sont encore calmes, plongées dans la nuit, et pourtant il est 9 heures du matin, mais Beijing time et Pékin est bien loin. En heure locale, il serait plutôt 7 heures, Xinjiang time. Les boulangers remplissent les fours de charbon jusqu’à la gueule, il faut que la chaleur tienne la journée. Quatre petits pains dans le sac, nous grimponsDSC_0439 dans la voiture, “c’est parti mon kiki !” Aujourd’hui nous partons en balade avec l’intention de découvrir l’arche de Shipton, vraisemblablement la plus haute du monde, qui nous a été vantée par Jamie, écrivain auto-stoppeur croisé quelques jours plus tôt à Urumqi en compagnie de Danilo, voyageur allemand. Nous sommes tous les quatre accompagnés par Iman, guide local. Une journée pleine de rebondissements nous attend.

DSC_0463 (2)La première interrogation survient lorsque nous quittons la route principale pour 18 km d’une piste s’échappant vers les montagnes enneigées. Nous apprenons là que notre véhicule n’est pas un 4×4. Il en a pourtant la forme, la taille, les pneus, un genre de 4×4 canada-dry avec … seulement deux roues motrices à l’arrière, le pire pour rouler sur la neige. Mais le chauffeur a des chaînes … mais pas vraiment l’intention de les mettre. Après plantage, poussage, nous nous montrons convaincants. Expédition pour l'arche perdueNous enfilons les chaînes, c’est reparti mon kiki. Rapidement la progression se complique, et les quelques bergers croisés sont assez dissuasifs par leurs indications, et le temps tourne : il est midi passé mais nous nous enfonçons toujours plus avant vers les montagnes jusqu’à buter vers un troupeau de chèvres.

Expédition pour l'arche perdueAprès un temps de réflexion, nous décidons de poursuivre à pied. Il semble que seuls quatre kilomètres nous séparent de l’extrémité de la piste, après quoi quatre autres kilomètres restent à parcourir dans la neige pour atteindre notre but. A confirmer. Nous parcourons la première section en moins d’une heure et, encouragés par ce rythme rapide, nous attaquons la suite confiants. Il faut alors faire une trace dans 40 cm d’une neige assez légère. Apparemment, l’objectif se rapproche et nous sommes toujours dans le Expédition pour l'arche perduetemps. Mais marcher dans la neige fraîche ce n’est pas la même histoire, cela fatigue son petit monde, et la montre tourne. Cependant, nous sommes sur le bon itinéraire, suivis par un local qui confirme depuis l’arrière. Le relief s’accentue autour de nous ; peu à peu, les vallées se resserrent, un vrai décor de cinéma se dévoile sous nos yeux. Cependant, l’épaisseur de neige augmente, dépassant désormais nos genoux. Il est bientôt 16h, plus que temps de faire demi-tour pour retrouver la voiture. Pourtant nous sentons que nous touchons au but.Expédition pour l'arche perdue

Expédition pour l'arche perdueAu fond d’une gorge … des échelles à moitié couvertes de neige. C’est là que le local de l’étape nous gratifie de la surprise du chef. Après avoir marché deux heures derrière nous qui faisions la trace, il nous double pour se poster au pied des DSC03004échelles et réclamer … 20 Yuans (2 euros) par personne, car ces échelles lui “appartiennent”. Comme la montagne sans doute ! Le genre d’intervention qu’on adore. La tournée sera finalement pour notre guide. Nous poursuivons avec impatience. Les échelles alternent avec des goulets étroits gavés de neige dans lesquels il fautMême s'il faut ramper, on y arrivera se contorsionner ou ramper pour éviter de s’enfoncer jusqu’au épaules. Nous nous arrachons encore une demi-heure, puis nous débouchons dans un cul-de-sac. Mais la récompense se tient à notre gauche ; fermant le vallon, se dresse l’arche tant convoitée. Nous tenons notre trophée et, avec lui, le billet de retour.

L'arche de Shipton

DSC_0566 (2)Après quelques congratulations respectives, nous faisons le chemin inverse déjà bien entamés par l’aller. En fin de journée, nous parvenons à la voiture, les pieds un peu … humides. Nous grimpons dans le véhicule, heureux de nous serrer au chaud et de sombrer dans les limbes de la fatigue. Best regards, Mister Shipton, nous l’avons trouvé votre arche.

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L’arche de Shipton cache une histoire digne des vrais récits d’alpinisme. Pour en savoir plus, un peu de lecture.

Le double effet Vang-Vieng

Cette fois nous laissons la plume à Rachel et Olivier. Nous reviendrons plus tard ;)

11 janvier. Départ précipité de Vientiane car la capitale du Laos manque d’attrait, du moins si on n’y met pas le prix. Il nous reste trois jours tous ensemble, alors nous sautons dans un bus bondé, direction Vang-Vieng, petit patelin à quatre heures de route dans les montagnes au nord de la grande plaine de Vientiane. Dès que le bus s’enfonce dans des reliefs un peu accidentés, cela commence à nous plaire : de belles rizières, des montagnes imposantes dans une forêt luxuriante, bref des paysages de cartes postales. Nous nous sentons bien, la région est prometteuse.

Vang Vieng

Vang ViengLe premier effet Vang Vieng. Nous arrivons dans l’après-midi sous un soleil magnifique éclairant des falaises et des pics rocheux de toute beauté. Le coucher de soleil fait miroiter sur la rivière un panorama sublime. Cela est de bonne augure pour la randonnée du lendemain. Vang Vieng, jungle trip Malheureusement, ce n’est pas le cas : le crachin alterne avec une pluie franche durant toute la journée, la brume enserre les montagnes. Qu’à cela ne tienne, nous profitons d’une balade agréable quoique laborieuse (“Be carefull, slippery”). Les postérieurs et les crânes se souviendront des rochers sur le sol et des branches en travers du chemin !

Vang Vieng, Cancun de l'est Le deuxième effet Vang Vieng. A la lecture de cette description idyllique, vous devez penser que nous avons déniché là un vrai havre de paix, loin de la civilisation bruyante et anarchique. Nous l’avons cru nous aussi, une heure ou deux, pas plus. Nos doutes concernant la tranquillité apparente de cet endroit nous sont apparus lorsque nous avons croisé des hordes d’énergumènes débraillés, les cuisses et pectoraux à l’air, recouverts de messages sibyllins (on vous épargne les extraits). DSC01944Première pensée, en vrais vieux jeunes que nous sommes : “Tiens, des petits c… irrespectueux envers la population locale”. Graaaave erreur, ce sont des troupeaux de jeunes Anglais ou Néo-Zélandais déambulant très dénudés, qui s’expriment sous forme de vocalises gutturales et imbibées d’alcool du genre : “Beuuuuuaaaaaarrrg” juste par dessus votre épaule. En fait, tous ces jeunes post-pubères en mal de sensations fortes,  d’alcool ou de substances illicites se retrouvent dans ce bled pour laisser libre cours, en commun, à leur besoin d’affirmation du moi profond. Evidemment c’est un fait notoirement connu des voyageurs de la région, sauf de nous !

Ca égratigne un peu l’image d’écrin de verdure montagneux que nous avons eu en première approche, mais juste un peu. Ce lieu est tellement beau et nous partageons ces moments avant le dur retour en France pour nous et à leur bicyclettes pour les amoureux de l’autre bout du monde ! Espérons que dans le futur, Vang Vieng sache garder son attrait sans se transformer en un Cancun Laotien.

Vang Vieng