Où sommes-nous

Semaine à l’italienne

Après Sienne3 juillet. Sienne est derrière nous. La route qui nous mène maintenant à Florence traverse une campagne plus verte et viticole. DSC_1613Nous traversons les vastes étendues qui rendent la région célèbres pour ses vins, les Chianti. Florence, berceau de la renaissance en Italie: nous prenons un bon bain de touristes venant du monde entier, mais ça en vaut la peine. Après le petit café du matin dans un troquet du centre-ville, nous nous baladons entre le ponte Vecchio, la place du Palazzio Vecchio sous les regards de Neptune et David, puis la majestueuse cathédrale surmontée de sa coupole de Brunelleschi. Après un dernier coup d’œil su la porte du paradis, nous grimpons dans un train pour Pracchia.

Duomo de FlorenceDuomo de Florence, la coupole de Brunelleschi

Dans les Alpes ApuanesNotre itinéraire nous entraine dans les Alpes Apuanes et ses vertes vallées loin des masses touristiques où nous retrouvons les fraîcheur en même temps que les cols à franchir. Deux jours de tranquillité pendant lesquels Xavier découvre avec circonspection nos combines de bivouac : à Castiglione Di Garfagnana, nous trouvons, en plein milieu du village, un petit promontoire à l’abris des regards curieux et qui offre une vue panoramique sur les alentours, terrain de camping idéal, à la sauvage.DSC06076 Mais promis juré, on ne laisse pas de trace, tout est ingéré, digéré, consommé et emporté … enfin presque. Nous allons donc faire les emplettes en attendant le soir, l’occasion aussi de faire une petite séance de coiffure, d’installer la douche mobile (une bâche et une poche à eau tenue en l’air) et vive le camping ! Puis nous plantons les tentes sur les 10 m² d’herbe autour de nous, tandis que la pasta s’apprête à être dévorée avec une sauce au pesto.

Bivouac à Castiglione Di Garfagnana

Aux Cinque Terre, route dominant les cinq villages7 juillet. Dernier temps fort pour cette traversée italienne. Après une petite ascension, nous débouchons sur une route en corniche qui domine les Cinque Terre. Cinq villages bâtis à flanc de montagne, au milieu de vignes cultivées en terrasses, à la sueur des générations passées. ManarolaBien décidés à rester dans cet endroit magistral, les habitants ont sculpté le paysage et aménagé des kilomètres de coteaux plongeant directement dans la Méditerranée. Des routes tortueuses, parfois interdites aux véhicules, relient les villages les uns aux autres, et c’est le train qui devient le principal moyen d’aller et venir sur cette côte abrupte.

RiomaggioreManarola

ManarolaRiomaggiore

VernazzaRiomaggiore

RiomaggioreOn prend son ticket pour la journée … ou pas, puis on s’entasse dans la foule des touristes, tout le monde descend, tout le monde monte. On enchaîne les promenades à travers les villages pittoresques, alternant avec des baignades surpeuplées. Mais nous sommes sous le charme, au point de tenter le bivouac avec les mouettes, sur la via del amor… tout un programme.

Via del Amor juste avant Manarola, prochain lieu de bivouac

Compagnie de circonstanceVue de la via del Amor, avec la silhouette de Manarola

Via del Amor juste avant Manarola, lieu de bivouac

Dernière soirée italienne à Levanto, largement arrosée. Nous quittons Xavier le lendemain, sur un quai de gare comme quelques mois auparavant, onze exactement.

Un bon p'tit restoMerci le Chav’ pour cette bonne semaine. Nous voilà au pied des Alpes, la frontière est au bout de la vallée, France, nous re-voilà !Ca sent l'écurie

Toscane, lieu épique et moment hippique

Par Xav le Chav’

Avec le Xav, à ChiancianoItalia. Je ne dirai pas “une fois de plus l’Italie”, mais tout de même… Onze mois après avoir quitté nos deux compagnons de route sur le quai d’une gare des Dolomites, le lieu des retrouvailles est fixé en Toscane. Le pays reste le même mais les changements de paysage et de culture n’en sont pas moins marquants. Autant les Dolomites ressemblent à s’y méprendre aux Alpes autrichiennes, autant la Toscane symbolise à elle seule la Renaissance italienne et toutes ses richesses culturelles et patrimoniales.

Toscane30 juin. Chiusi. Ce n’est pas là que nous devions nous retrouver et pourtant… Le point de rencontre était prévu à Sienne, un peu plus au nord. Si tous les chemins mènent à Rome, il y en a au moins deux qui passent par Chiusi car c’est à la sortie de cette ville située en bordure sud-est de la Toscane que nous nous rencontrons finalement – et par le plus grand des hasards – avec un jour d’avance.

Toscane

ToscaneManon et Etienne m’avaient prévenu, leurs habitudes de camping ont bien changé depuis le temps des terrains trois étoiles avec piscine qui ont désormais laissé place aux bivouacs au milieu des champs, le long d’une route ou dans les parcs publics. Il va falloir s’habituer. Ce soir-là, notre choix se porte sur le bord d’une route de campagne ; nous planterons la tente sur quelques mètres carrés de verdure, derrière une station-service. Nettoyage au karcher“- Et comment on fait pour se doucher ? – Tu remplis pas trop la bassine et tu fais ça au gant de toilette, avec deux litres d’eau normalement c’est tout bon. – Euhhhh … OK, on va essayer.” Et bien non, je n’essaierai pas !! Enfin pas cette fois-ci. En effet, notre décrassage quotidien fut facilité ce soir-là par un instrument de nettoyage à haute pression cher à notre Président et dont nous tairons ici le nom d’usage (pas de publicité sur ce blog). Pour les curieux, sachez que cette méthode est finalement très écologique puisque ne consommant qu’une faible quantité d’eau ; la sensation restant bien sûr quelque peu différente de celle procurée par une douche classique (il faut souffrir pour être écolo).

Un bon p'tit déjUn aspect de leur vie quotidienne, qui lui n’a pas changé, reste l’alimentation. En plus de devoir apporter les nutriments, vitamines et autres acides gras essentiels, la nourriture consommée est C'est pas beau ça?avant tout une source indéniable de plaisir pour nos deux globe-trotteurs. Le retour en Italie n’a fait qu’accentuer leur côté épicurien : pâtes, pizzas, DSC06072charcuteries, fromages, salades, yaourts, glaces, fruits frais, vins toscans, cafés … tout y passe et pour le plus grand plaisir de nos papilles ! Notons au passage qu’un temps d’adaptation est parfois nécessaire pour pouvoir suivre le rythme imposé.

Un bon p'tit resto

Sienne3 juillet. Sienne. En italien Siena. Plus petite que son ancienne rivale florentine, Sienne reste un joyau de l’architecture médiévale dont l’apparence est restée pratiquement inchangée depuis le XVIème siècle. La densité de son centre historique est frappante : les rues étroites ainsi que les monuments grandioses s’enchaînent tour à tour au gré de nos pérégrinations. La fameuse piazza del campo – plus belle place de toute l’Italie selon certains – ne se dévoile qu’au tout dernier moment, laissant apparaître ses charmes au premier rang desquels son aspect caractéristique en forme de conque.

SienneSienneSienne, le Dumo

C’est ici que se déroule chaque année le palio, une course de chevaux montés à cru réunissant les meilleurs cavaliers des dix-sept quartiers de la ville. Par chance, l’épreuve a lieu le lendemain de notre arrivée et nous décidons de rester un peu plus pour mieux explorer cette cité et assister à cetSienne, aux couleurs du quartier événement hippique … nous ne le regretterons pas, bien au contraire. La course est prévue vers 19h30 mais une immense foule est attendue et c’est pourquoi nous prenons place derrière les barrières environ quatre heures avant le début de l’épreuve. Durant cette longue attente, Il campo se remplit petit à petit jusqu’à devenir complètement saturé et inaccessible à tous ceux restés en dehors.

DSC06045Le début des hostilités est précédé d’une grande – et très longue – parade qui voit se succéder les différentes représentations arborant les couleurs et les armes de chaque quartier. Enfin, les concurrents et leur monture font leur entrée dans cet hippodrome inattendu. Un grand silence se fait tandis qu’un speaker énumère la liste des quartiers concurrents.Sienne, défilé des quartiers peu de temps avant la course finale

Sienne, défilé des quartiers peu de temps avant la course finaleSienne, défilé des quartiers peu de temps avant la course finalePeut-être un futur champion, nerveux

Sienne, la course commence, la foule en furieLe départ est ensuite donné et les chevaux s’élancent à toute allure pour trois tours de piste. Pour les néophytes que nous sommes, la vitesse des chevaux au galop passant à moins d’un mètre de notre position nous impressionne fortement. L’hystérie des spectateurs est à son Le vainqueurcomble, l’adrénaline accumulée pendant toutes ces heures se décharge en l’espace de deux minutes. Au bout de deux tours, la moitié des chevaux ont perdu leur cavalier mais continuent quand même à courir et à influencer la suite de la course. Une fois la ligne d’arrivée franchie, les supporters du quartier vainqueur envahissent la piste et fêtent leur champion à grandes effusions de cris et même parfois de larmes. Nous naviguons tant bien que mal au milieu Le vainqueurde cette foule en délire, tandis qu’il nous faut rester sur nos gardes pour ne pas se faire renverser par les quelques purs-sangs égarés qui continuent à trotter de ci de là. La joie du gagnant en dit long sur l’importance que revêt cette course d’autant que celle-ci n’est pas sans risque, que ce soit pour les cavaliers ou pour leur monture.Après la victoireMalgré sa proximité, l’Italie réserve encore bien des surprises. Souhaitons que celles-ci se poursuivent jusqu’au bout de leur voyage.

Sur un quai de gare, 11 mois plus tard

Nem-route de Van à Diyarbakır

Par Michèle et Jacques

Ascension du Nemrut Daǧi de TatvanDans le sud-est de la Turquie, au nord de l’ancienne Mésopotamie, deux sommets portent le même nom de Nemrut. L’un est un formidable volcan, le Nemrut Gölü, culminant à 2900 mètres, dont le cratère contient un grand lac bleu, Bouge pas on revientet un plus petit aux eaux vertes car sa température plus élevée à cause de sources d’eau chaude, favorise le développement d’algues; il est situé sur la rive ouest de l’immense lac de Van. L’autre, le Nemrut Daǧi, est dominé par un immense tumulus abritant le mausolée du roi Antiochos 1er, encore un mégalo. Quelle idée de faire installer des statues de plusieurs tonnes là-haut ! Hélas, suite à un tremblement de terre, ces statues ont perdu la tête.

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Apéro à notre premier lieu de camping, sur la terrasse d'un hôtelC’est dans cette région que nous avons retrouvé Manon et Etienne en pleine forme malgré une entrée un peu rocailleuse en Turquie (voir l’article Une drôle d’entrée en matière). Quelle ne fut pas notre surprise de les voir en sortant de l’aéroport de Van, alors que nous avions rendez-vous au centre ville ! Et quel plaisir de les revoir après de longs mois de séparation.

Première visite : l'église de la sainte Croix, Akdamar, île sur le lac de Van

Une semaine avec eux, ce n’est pas de tout repos !

Chez nos hôtes du village du Nemrut, on a l'air chouette non ?En arrivant sur un site à visiter, il faut d’abord trouver un endroit où laisser les bicyclettes et les sacs, mais pas d’hôtel, c’est contraire à l’éthique du voyage. Et comme il y a peu de campings organisés dans cette région, on demande dans une mosquée, ou on squatte chez l’habitant. Une exception à Diyarbakir où on ne trouvait rien, on dort à l’hôtel (même qu’il y a la clim !!).

Nos hôtes du village du Nemrut

Pour aller d’un site à l’autre, il faut arriver à rentrer ces fichus vélos dans les minibus. Trois places, rien que ça !Mais, bon, les Turques sont gentils et très bien organisés, au moins pour les voyages, et tout se passe pour le mieux. Le téléphone turque n’a rien a envier au téléphone arabe, il fonctionne, et quand on arrive à une correspondance, on a l’impression que tout le monde sait déjà où nous devons aller, et nous montre le minibus suivant.

Descente du Nemrut, vue sur le lac de VanEt puis, il fait chaud dans ce pays, même si on s’est pris une orage avec de la grêle en atteignant le sommet du Nemrut (le 1er). Pas de grasse matinée possible quand le soleil vient taper sur la toile de tente dès 6 heures du matin, sauf pour Etienne. Mais avec la quantité de glaces qu’il avale dans la journée, ça doit être un vrai frigo là-dedans !

Saveurs kurdes

Ceux qui sont allergiques aux tomates et concombres (turques !!) devront choisir une autre destination, puisqu’ils sont systématiquement servis en salade avec le plat de résistance. Impossible d’y échapper.

Un repas mémorable à MardinSauf si on se permet d’aller dans un restaurant « chic » (merci), comme au Cercis Murat Konaǧi de Mardin. Alors c’est une explosion de parfums. Menthe, épices, cannelle (ah !! la crème !!), caramel (ah !! la glace !!) houmous, et diverses viandes cuisinées et arrosées d’ayran (yaourt), le thé final accompagné d’une liqueur (sans alcool) mais délicatement parfumée à la cannelle . Pour clore le tout, le serveur, vêtu d’une tenue princière, Un repas mémorable à Mardinnous rince les mains à l’eau de rose. La perfection. Il faut aussi poser le cadre : une belle terrasse avec vue plongeante sur la Mésopotamie, une douce température, un ciel pur, le chant du muezzin, une musique orientale très douce et eux. Comment ne pas trouver la vie belle !!!

La "mer" de Mésopotamie

Vue sur la MésopotamieMardin, ville médiévale du sud de la Turquie (35 km de la frontière syrienne) est accrochée à la pente d’un piton rocheux et dominée par une citadelle non-visitable car propriété de l’armée turque. Depuis la terrasse du restaurant précédent, on découvre une plaine immense qui paraît sans fin : la Mésopotamie. Bazar de MardinCurieuse sensation, on a l’impression que c’est la mer qui est au pied de cette montagne. Pas un arbre, pas une ombre. C’est écrasant. Est-ce le contraste avec la ville où de nombreuses ruelles étroites, sombres, souvent avec des escaliers, qui montent vers la citadelle, perpendiculairement à la rue principale ?

La disparition d’Hasankeyf

La forteresse d’Hasankeyf a été construite sur la falaise qui borde le Tigre. Elle est maintenant en ruine, même si des gens y vivaient encore il n’y a que 50 ans. Mais ils ont dû déménager vers la nouvelle ville, sur la rive du Tigre. C’est un site extraordinaire, car l’accès à la citadelle se fait par des rues taillées dans la falaise qui abritait quantité de maisons troglodytes.
HasankeyfUn pont, lui aussi en ruine, permettait de traversé le Tigre. Son arche centrale, d’une portée de 40 m, pouvait être retirée en cas d’invasion. Mais dépêchez-vous d’y aller, car la construction du barrage d’Ilısu devrait noyer une partie de ce joyau. On l’annonce pour les prochaines années bien qu’il soit très controversé, tant localement, car il devrait déplacer 60000 personnes, qu’internationalement, car il contrôle l’eau du Tigre qui passe ensuite en Syrie et en Irak.

Diyarbakır

On révise avant d'entrer dans la mosquée ?Sentiment mitigé sur cette ville. Bien sûr, c’est une ville fortifiée au patrimoine riche avec ses remparts, ses mosquées, ses églises, ses caravansérails… la plupart avec des murs faits de bandes de pierres noires volcaniques, peintes de motifs blancs. Dans les rues de DiyarbakırMais, il y a aussi, comme souvent dans les villes en pleine expansion, beaucoup de pauvres. Est-ce normal qu’une fillette d’à peine cinq ans traîne dans les rues à 11 heures du soir pour vous vendre un paquet de mouchoirs ? C’est une pauvreté extrême qui se dégage de cette ville.

DSC_0516“Hello ! What is your name ? Where do you come from ? Money, Money.” N’avons nous pas entendu ces quelques mots un millier de fois dans la semaine !

Un peu d’émotion au moment de la séparation. Nous rentrons sur Diyarbakır pour prendre l’avion, ils remontent à vélo au Nemrut (le 2ème) pour continuer leur périple. Même le ciel est triste : nous nous prenons un orage carabiné sur la route. Mais plus que quelques semaines, et ils seront de nouveau avec nous.

Merci Manon et Etienne pour cette semaine inoubliable.

2011-05-28 Turquie

Un avant-goût d’éternité*

Par Biljana et Patrick

Samarkand, plus que toute autre ville de la route de la soie, évoque la légende des voyages au rythme lent des caravanes, les oasis inattendues, perdues de bleu, de sable et de fraîcheur. En voyageurs – touristes que nous fûmes pendant 2 jours à Samarkand – c’est au cours d’une déambulation rythmée par les explications de notre guide, Malika, que nous avons découvert cette ville suspendue entre passé et présent, entre aube et éternité.

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DSC_0274-1C’est aux premières lueurs du jour que nous découvrons Samarkand dans sa globalité, perchés comme des oiseaux migrateurs en haut du minaret de la Medersa d’Ulug Beg, sur la place du Registan. Samarkand émerge de la nuit. Inconfortablement installés sur notre perchoir, nous entrevoyons, à tour de rôle, la DSC_0319-1déclinaison des couleurs de l’aube sur les toits et les coupoles.

Le soleil apparaît rapidement sous la forme d’une grosse boule orangée, juste annoncée par un vent frais qui nous fait frissonner. Puis le disque orange laisse échapper des rayons lumineux qui viennent lécher le haut des medersa de la place et commencent à mettre en lumière le théâtre majestueux du Registan. Les trois monuments se font face comme des acteurs géants dont le jeu surprend par son élégance et son harmonie.DSC04333

DSC_0106Moment suspendu d’infini bien-être, tandis que le soleil continue sa lente caresse de la Medersa d‘Ulug Beg, et les étoiles chéries du Khan astronome illuminent la façade. Difficile d’imaginer qu’elles ont failli ne plus briller après le tremblement de terre de 1898 qui a en grande partie détruit le monument. Les grands travaux des annéesDSC04361 30 ont laissé la place à une restauration patiente. C’est dans la fraîche pénombre d’une des salles de la Medersa Chri Dor que nous assistons au minutieux travail des artisans pour reproduire la beauté des motifs ancestraux.

DSC_0144-2 Nos pas nous portent ensuite vers la Mosquée de Bibi Khanoum, que Tamerlan fit construire pour la 4ème de ses femmes, la plus aimée. La taille du monument devait être un hommage à son amour et témoigner de la force de ce sentiment à travers le temps. L’éternité de l’amour d’un couple se perpétue-t-elle à travers de telles réalisations architecturales ou plutôt au travers de ce qui se construit au jour le jour, avec le partage des bonheursDSC_0061-3 et des difficultés de la vie, les enfants qui naissent et qui grandissent ? C’est dans ce lieu qu’un couple d’éternels amoureux-voyageurs se tenant par la main raconte sa vie bien remplie, ses 72 enfants et petits-enfants et prédit à Manon et Etienne que 4 enfants viendront bientôt embellir leur jeune amour.

DSC04372Voyageurs en quête de réponses, nous consultons le ciel de Samarkand, et nous cheminons vers l’Observatoire d’où Ulug Beg scrutait les étoiles cinq siècles auparavant. Seule une partie du cadran monumental – moyen de mesure de la course du soleil – a pu être restaurée, suite à son excavation par les Soviétiques au début du siècle. DSC_0205Comment un instrument d’observation du soleil a-t-il pu se retrouver enterré sous plusieurs mètres de terre ? Le temps qui passe a des ironies… En sortant de l’observatoire, c’est la morsure du soleil qui nous ramène à Samarkand, Belle du désert, écrasée de chaleur. Monter les escaliers raides qui mènent à la Nécropole de Shahi-Zinde nous demande des efforts. Il faut en compter les marches à l’aller, nous dit Malika, puis les compter à nouveau au retour. Si on ne trouve pas le même nombre, cela signifie que l’on a certainement pêché. Mais arrivés sur la dernière marche s’ouvre devant nous un étroit couloir bordé du bleu des mausolées qui se succèdent sur des dizaines de mètres. Etourdis par les motifs, par les variations de couleurs, DSC_0263-1qui rendent chaque mausolée unique, nous figeons sur nos yeux numériques le maximum d’images. Voyageurs curieux nous pénétrons sans frapper dans ces demeures des morts pour voler un peu de la beauté qui les enveloppe. Autour de nous, les guides expliquent les époques et les détails architecturaux des monuments, mais que sait-on de ceux qui reposent là ? Rien du tout, parfois même pas leur nom.

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Dans la mosquée, la prière soudain nous interrompt dans notre avidité touristique et nous nous retirons sur la pointe des pieds. C’est dans le cimetière attenant à la nécropole que nous nous posons enfin, savourant le calme et la fraîcheur du lieu. Mausolées prestigieux et tombes actuelles anonymes se mêlent à tout jamais dans l’éternité et les portraits gravés dans le marbre nous regardent tranquillement.

Notre déambulation dans Samarkand, guidée par la gentillesse de Malika, se termine dans l’éblouissement de la nécropole resplendissant au soleil devant nos yeux et la fraîcheur de ce havre de paix. Peu importe si le nombre de marches au retour n’est pas identique, nous avons eu nous aussi « un avant-goût d’éternité ».

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* Un avant-goût d’éternité : Qualificatif employé par Mitterrand pour décrire sa promenade à travers la nécropole de Shahi-Zinde peu de temps avant la fin de son deuxième mandat.

Quand l’homme nous fait honte

11 avril. Noukous. Nous voici à l’ouest de l’Ouzbékistan, pas bien loin de la frontière turkmène, pas bien loin du Kazakhstan non plus, dans une région déjà très aride coincée entre les déserts : la Karakalpakie.

Nous prenons un véhicule et sommes secoués pendant deux cents kilomètres, à travers des terres brunes. L’objectif du jour, aller voir la mer. Oui en Ouzbékistan, il y a la mer, c’est écrit dans certains livres et, en cherchant bien, on peut même trouver des photos qui l’attestent. DSC_0002-2Alors nous roulons vers le nord jusqu’à atteindre Moynaq, petite bourgade qui, il n’y a pas si longtemps, florissait encore du commerce de la pêche. D’ailleurs les bateaux sont encore là. La mer, elle, s’est retirée, peut-être effrayée par la folie des hommes, ou juste par leur immense bêtise. Alors les navires flottent sur le sable sans être le moins du monde ballotés par DSC03710les bourrasques du vent. Si la mer revenait, ils resteraient cloués au fond, leur coques percées de tous côtés par la rouille. Nous ne pouvons qu’assister à ce spectacle désolant, peinant à réaliser l’ampleur du désastre.

C’est dans les années soixante, à l’ère soviétique, que l’économie de la contrée a été entièrement dévolue à la culture du coton afin de lui faire faire un “grand bon en avant”. Le détail qui tue est que cette plante est particulièrement gourmande en eau. L’Amou-Darya, un des cours d’eau majeurs de l’Asie centrale, a vu son cours entièrement spolié pour être déversé alentours dans des champs arides, exposés aux soleil, où l’évaporation absorbait une partie considérable des ressources en eau. Du point de vue économique, la production de coton a augmenté de 20 malheureux % tandis que la quantité d’eau prélevée dans la rivière doublait. Pendant ce temps le port de Moynaq déclinait, la salinité de la mer augmentait, les poissons se faisaient rares. Et la mer entamait son recul.

Après une nuit passée à Moynaq, nous quittons le village au lever du soleil. A partir de là, nous avançons sur des zones recouvertes par la mer, il n’y a pas plus de cinquante ans. Nous traversons d’immenses étendues désertes avec quelques derricks pour seuls point de mire.

Sur la piste pour la mer d'Aral, puits de gaz et de pétroleSur la piste pour la mer d'Aral

Deux heures plus tard, nous prenons pied sur le plateau d’Ustyurt, une large falaise qui se développeSur la piste pour la mer d'Aral, plateau d'Ustyurt sur des centaines de kilomètres, autrefois la rive occidentale de la mer. Nous longeons son extrémité, dominant une plaine désertique. Le regard s’y perd en cherchant une trace d’eau. Mais toujours pas de mer. Nous patientons encore deux heures, ballotés par les cahots de la piste, lorsque la voiture stoppe. Mer, mer, je vois la mer. Enfin : la mer d’Aral !

On quitte la mer, déjà...

Nous voilà face à un paysage d’une beauté stupéfiante en même qu’un désastre écologique parmi les plus évidents. En cinquante ans, la mer a baissé de 16 m. Sur ces reliefs quasi-plats (du côté est), cela signifie un recul d’environ 200 km ! Son alimentation a été divisée par 10, sa surface par 5,5 et son volume par 10. L’industrie de la pêche a disparu complètement au tout début des années 80.

Sur la piste pour la mer d'Aral

DSC_0095De cette vaste mer qui s’étendait à l’origine sur plus de 400 km, il ne reste que deux bassins, un petit au nord, dont le niveau est stabilisé par des mesures prises par le Kazakhstan, et le plus grand au sud, sans doute voué à la disparition. A cette disparition tragique s’ajoute quantité de problèmes qui DSC_0097en découlent : disparition d’espèces maritimes (les poissons ont quasiment disparu) ou terrestres (35 espèces encore présentes sur 173 anciennement), pollution des sols liée aux pesticides employés dans la culture du coton, changement climatique directement lié à la catastrophe (nombre moyen annuel de jours sans pluie passé de 30 à 135), cohorte de problèmes sanitaires majeurs Sur la plage de la mer d'Aral(en Karakalpakie, un bébé sur dix meurt des suites de problèmes liés au désastre), perte de fertilité de la quasi-totalité des terres environnantes. Les soviétiques n’en sont pas restés là, des laboratoires de produits chimiques abandonnés au moment de l’effondrement de l’URSS viennent maintenant contaminer les terres environnantes sur des centaines de kilomètres.

Bref, un joyeux tableau dont l’industrie et la politique humaine savent nous réjouir quotidiennement. Ouvrez le poste, régalez-vous, il n’y en a plus pour longtemps…

Moynaq, histoire de la mer d'Aral

Moynaq, histoire de la mer d'Aral

Offre spéciale !!

Vous voulez couper avec le turbin, avec le quotidien, oublier vos soucis ? Vous rêvez d’évasion vers un pays riche de sa culture, de son histoire, fertile en expériences. Notre équipe (Biljana, Patrick, Etienne et Manon) s’est réunie ces dernières semaines pour tester et vous proposer 15 jours de vacances inoubliables et dépaysantes.DSC_0354

Ne réfléchissez plus : videz votre frigo, abandonnez les mioches aux grands-parents, bouclez les valoches et claquez la porte, maison, boulot, bagnole, oubliez tout ! Laissez vous guider par votre envie du moment : fermez les yeux et plongez dans vos plus beaux rêves d’enfants, de rêves de princes et de princesses, de palais des mille-et-une nuits, de caravanes, d’habits étincelants, de douceur, d’oasis et de ciels parsemés d’étoiles. Vous y êtes ? Alors, soyez les bienvenus dans ce pays magique de la route de la soie, nommé :

Ouzbekistan

patrickVous débutez votre épopée à l’ouest du pays. Un tapis volant vous emmène survoler l’immensité désertique du Qyzyl-Qum avant de se poser à Nukus. Là, prenez le temps de découvrir l’exceptionnelle caverne d’Ali-Baba réunie par Savitsky ; 40 000 pièces allant du patrimoine archéologique aux toiles des peintres d’avant-garde récoltées pendant l’ère soviétique.

Pour satisfaire vos désirs de grands espaces et d’émotions, vous partez 200 km au nord. La route est longue, fatigante, mais saisissante. EtienneVous restez ébahis devant le spectacle désolant des bateaux qui rouillent au bord de la piste, abandonnés sur les sables déserté par la mer. Vous longez ensuite le plateau d’Ustyurt, admirant ses formations géologiques surprenantes, jusqu’aux eaux de la mer d’Aral. Imprimez ce paysages fascinant, vous faite peut-être partie des derniers témoins de son existence.

Sur la piste pour la mer d'AralDANS la mer d'Aral

DSC_0199Puis vous partez vous perdre dans le désert du Qyzyl-Qum à la recherche des surprenantes ruines des cinquante forteresses des anciens rois (du IVème siècle av. JC au XIVème siècle ap. JC).Manon Faites une halte dans la charmante et délicieuse Khiva, important carrefour des routes de la soie. Déambulez dans ses rues calmes, entre mosquées et medersas, admirez les fines décorations en céramiques, buvez aux fontaines rafraichissantes, grimpez au sommet de ses minarets pour profiter du soleil couchant, et terminez votre excursion par un repas délicat assorti de plats traditionnels, et d’une partie d’échec.

KhivaKhiva

DSC_0262Gagnez ensuite Boukhara et ses pittoresques ruelles en terre battue. Flânez entre les bazars et les immenses medersas surmontées de splendides coupoles bleu turquoise. Prenez le temps de découvrir le travail de ses artisans : céramique, tissage, ferronnerie. BiljanaPendant les heures chaudes de l’après-midi, accordez-vous une bonne pinte de bière rafraîchissante sur une terrasse ombragée. Poursuivez votre visite avec une promenade sur les remparts, afin de profiter des lumières de fin de journée. Retournez alors à votre chambre d’hôte pour y passer une des mille-et-une nuits.

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Dans la vallée d'UrumDes envies de verdure, de solitude ? Nous avons ce qu’il vous faut. Pour vous, une escapade nature dans les monts Nuratau. Si désert rime avec hostilité et calme oppressant, l’oasis d’Hurum rime avec douceur de vivre et calme apaisant. Prenez le temps de vous ressourcer dans ce havre de paix, un petit village aux robustes maisons de pierres, niché dans une vallée verdoyante. Lassez-vous bercer par le gazouillement des oiseaux et la caresses des hautes herbes.

Déjeuner sur l'herbe

DSC_0280-3Point d’orgue de votre voyage. Vous ne pouvez manquer le coup de foudre pour la perle de l’Asie centrale, la somptueuse, l’exceptionnelle, l’incontournable Samarkand. Faite joyau par Timur le sanglant, Samarkand vous ravira par ses splendeurs historiques et ses merveilles d’architectures. Coupole de la medersa Cher-DorSommet de l’art des majoliques, perfection des perspectives, profusion de nuances azurées, traversez la ville ancienne par la rue de Tachkent, depuis la majestueuse place du Registan, jusqu’à DSC_0147l’émouvante allée des mausolées. En bonus, enivrez-vous des saveurs sucrées des nectars de la fabrique viticole Hovrenko, ou bien, laissez les lueurs du soleil levant vous envelopper, perché au sommet d’un minaret.

Place du Registan

Restez suspendu, la tête dans les nuages, vos soucis sont loin, loin, rêvez encore …

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Toujours plus au nord du Mekong

Vang Vieng, départ d'Olivier et Rachel, snif !12 janvier. Ca y est, Olivier et Rachel bouclent leur valises pour rentrer en France. Nous ne leur dirons surtout pas que le ciel s’est dégagé à partir de ce moment-là. Avec Marie-Jo et Bruno, nous sillonnons une dernière fois les vallées entre les pains de sucre de Vang Vieng avant de tailler au nord vers Luang Prabang.

Vang Vieng, balade en vélo-motoVang Vieng, balade en vélo-motoVang Vieng au coucher de soleil

En route pour Luang PrabangLa route pour y parvenir est superbe : les pitons rocheux laissent peu à peu la place à des montagnes plus imposantes et impressionnantes. La route se tortille sans relâche entre ces massifs acérés qui viennent déchirer l’écharpe nuageuse matinale … haaa, enfin des montagnes depuis trop longtemps disparues à notre vue !

En route pour Luang Prabang

14 janvier. Luang Prabang, ville classée au patrimoine de l’UNESCO. Elle fourmille de touristes et il est aisé d’en comprendre la raison. Blottie au confluent du Mékong et de Luang Prabangla Nam Khan entre de verdoyantes montagnes, elle est une destination du Laos incontournable : des berges paisibles, un vieux quartier très bien conservé avec des temples bouddhistes (et oui, encore), des ruelles calmes, de petites maisons serrées avantageusement restaurées en guesthouses ou boutiques à touristes, son marché de nuit … et ses buffets à volonté pour seulement 10.000 Kips (1€) ! Bien que la vieille ville soit exclusivement dédiée au tourisme, il est difficile de ne pas être sous le charme.

Luang PrabangLuang Prabang

Malheureusement, nous apprenons là une triste nouvelle nous amenant à décider un aller-retour en France de quelques jours. Ne nous en voulez pas si nous avons gardé cela pour nous, mais il put être difficile de repartir dans le cas contraire. Nous quittons donc Marie-Jo et Bruno précipitamment avant de revenir au même endroit la semaine suivante. Ces journées françaises nous ont procurées une sensation ambigüe d’ubiquité : d’un coté notre vie à travers notre voyage qui semble étirée dans le temps, une courte année si longue dans l’esprit, si chargée de souvenirs, et notre vie en France retrouvée avec l’impression de ne l’avoir jamais quittée, comme si le départ en août dernier était hier.

Muang NgoySentiment prévisible, notre retour au périple n’est pas très fluide. Bien que notre bout de chemin au nord du Laos nous offre de magnifiques paysages montagneux recouverts de jungle, notamment à Muang Ngoy, nous cherchons à atteindre assez rapidement la frontière chinoise. De Nong kiaw à PakmongChangement de végétation, changement de relief, changement de culture … nous avons besoin de changement et décidons de quitter l’Asie du sud-est pour nous remotiver.

26 janvier. Grâce à quelques coups de pédales et quelques bus, nous atteignons rapidement la frontière nord du Laos ; c’est l’entrée en Chine.

Alors … changement ou pas changement ?

Le double effet Vang-Vieng

Cette fois nous laissons la plume à Rachel et Olivier. Nous reviendrons plus tard ;)

11 janvier. Départ précipité de Vientiane car la capitale du Laos manque d’attrait, du moins si on n’y met pas le prix. Il nous reste trois jours tous ensemble, alors nous sautons dans un bus bondé, direction Vang-Vieng, petit patelin à quatre heures de route dans les montagnes au nord de la grande plaine de Vientiane. Dès que le bus s’enfonce dans des reliefs un peu accidentés, cela commence à nous plaire : de belles rizières, des montagnes imposantes dans une forêt luxuriante, bref des paysages de cartes postales. Nous nous sentons bien, la région est prometteuse.

Vang Vieng

Vang ViengLe premier effet Vang Vieng. Nous arrivons dans l’après-midi sous un soleil magnifique éclairant des falaises et des pics rocheux de toute beauté. Le coucher de soleil fait miroiter sur la rivière un panorama sublime. Cela est de bonne augure pour la randonnée du lendemain. Vang Vieng, jungle trip Malheureusement, ce n’est pas le cas : le crachin alterne avec une pluie franche durant toute la journée, la brume enserre les montagnes. Qu’à cela ne tienne, nous profitons d’une balade agréable quoique laborieuse (“Be carefull, slippery”). Les postérieurs et les crânes se souviendront des rochers sur le sol et des branches en travers du chemin !

Vang Vieng, Cancun de l'est Le deuxième effet Vang Vieng. A la lecture de cette description idyllique, vous devez penser que nous avons déniché là un vrai havre de paix, loin de la civilisation bruyante et anarchique. Nous l’avons cru nous aussi, une heure ou deux, pas plus. Nos doutes concernant la tranquillité apparente de cet endroit nous sont apparus lorsque nous avons croisé des hordes d’énergumènes débraillés, les cuisses et pectoraux à l’air, recouverts de messages sibyllins (on vous épargne les extraits). DSC01944Première pensée, en vrais vieux jeunes que nous sommes : “Tiens, des petits c… irrespectueux envers la population locale”. Graaaave erreur, ce sont des troupeaux de jeunes Anglais ou Néo-Zélandais déambulant très dénudés, qui s’expriment sous forme de vocalises gutturales et imbibées d’alcool du genre : “Beuuuuuaaaaaarrrg” juste par dessus votre épaule. En fait, tous ces jeunes post-pubères en mal de sensations fortes,  d’alcool ou de substances illicites se retrouvent dans ce bled pour laisser libre cours, en commun, à leur besoin d’affirmation du moi profond. Evidemment c’est un fait notoirement connu des voyageurs de la région, sauf de nous !

Ca égratigne un peu l’image d’écrin de verdure montagneux que nous avons eu en première approche, mais juste un peu. Ce lieu est tellement beau et nous partageons ces moments avant le dur retour en France pour nous et à leur bicyclettes pour les amoureux de l’autre bout du monde ! Espérons que dans le futur, Vang Vieng sache garder son attrait sans se transformer en un Cancun Laotien.

Vang Vieng

Au Cambodge en famille, par Marie-Jo

Pour cet article, nous laissons la plume à Marie-Jo.

Manon & Etienne partent un an. Cela risque d’être long pour nous alors nous décidons vite de profiter de l’occasion pour les rejoindre à mi-parcours. Ce sera pour nous, Olivier, Rachel, Nicole, Marie-Annick, Bruno et moi, un grand voyage. Le rendez-vous a été fixé à Siem Reap, ville inconnue de nous tous avant que Manon & Etienne nous disent que c’est la ville de séjour de tous les touristes qui visitent Angkor.

DSCN6936 28 décembre. Arrivée au petit aéroport de Siem Reap, premières impressions : Manon & Etienne nous attendent, bronzés, en pleine forme ; grand soleil, des arbres en fleurs, de nouvelles odeurs. Trois tuk-tuk nous emmènent dans une guesthouse confortable et accueillante à huit dollars la nuit. Nous sommes d’emblée dans un autre monde. Seules les guirlandes électriques et les sapins de Noël qui décorent les magasins et les hôtels nous rappellent que nous sommes à la fin décembre et qu’en France, c’est toujours l’hiver.

Les trois premiers jours sont consacrés à la visite d’Angkor, glorieuse capitale de l’empire Khmer pendant 500 ans. Deux millions de visiteurs par an. Nous essayons d’ éviter la foule. Ce ne sera pas possible pour les temples les plus visités comme celui d’Angkor Vat, mais l’émerveillement devant tant de beauté et de talent artistique nous fait vite oublier que nous ne sommes pas seuls.

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DSC01506Seuls les chinois et les japonais qui prennent systématiquement la pose devant tous les monuments nous agacent un peu. Nous découvrons aussi sur le site d’Angkor des centaines d’enfants qui nous assaillent avec des cartes postales, des livres ou des foulards à vendre. Difficile de résister. Nous finissons par leur acheter quelques bricoles.

PSE : distribution de riz aux familles en compensationQuelques jours plus tard nous retrouvons cette situation à Phnom Penh et nous apprendrons par quelques associations de défense des enfants qu’il ne faut surtout pas encourager ces pratiques. Ces associations se battent pour les sortir des rues et les scolariser. Pour cela il faut aussi “dédommager” les parents de ce manque à gagner en leur donnant de l’argent et du riz. Il s’agit bel et bien d’une situation d’exploitation des enfants avec maltraitance possible en cas de gain insuffisant.

DSC_0098Cette mendicité omniprésente dans les grandes villes du Cambodge nous interroge. Les deux associations que nous avons rencontrées (“Pour un Sourire d’Enfant” et “Child Save”) et qui gèrent chacune près de 2000 enfants peuvent redonner de l’espoir. Mais le phénomène a l’air de s’étendre, alors que les 4X4 flambants neufs prolifèrent dans le pays. Ce genre d’inégalités nous révolte mais nous gardons un sentiment d’impuissance.

Le Cambodge est en fait un pays qui a du mal à se relever d’une longue période de guerre suivie d’une tragédie ou la folie et la cruauté ont atteint l’inimaginable. Entre 1975 et 1979, les Khmers rouges ont exterminé, directement en torturant et assassinant et indirectement par la déportation et le travail forcé, plus de deux millions de leurs concitoyens, le tiers de la population cambodgienne à l’époque. Pour tous les gens de notre génération, cette histoire est très présente dans nos mémoires : une longue guerre menée par les Français, puis les Américains ; les Américains mis au ban de l’opinion mondiale perdant la guerre au Viet-Nam et au Cambodge ; les Khmers Rouges entrent dans Phnom Penh. Suivra ensuite la désillusion pour les gens de gauche en Europe, une inquiétude grandissante sur ce qui se passe à l’intérieur du pays désormais fermé à tous les étrangers. Les témoignages des rares Cambodgiens qui ont réussi à franchir les frontières sont alarmants. L’évidence est arrivée lors de la libération du pays par les troupes vietnamiennes : les Khmers Rouges ont commis dans leur propre pays une abomination, un auto-génocide.

Phnom Penh, S21 ou Tuol SlengPhnom Penh, S21 ou Tuol SlengPhnom Penh, S21 ou Tuol Sleng, "Ne pas rire"

Après Siem Reap, notre passage à Phnom Penh devait obligatoirement comporter une visite du musée du génocide : S21, un ancien lycée que les Khmers Rouges avaient transformé en centre de torture. La visite fut rude mais nécessaire. “Plus jamais ça” avait-on dit après la découverte des camps de concentration nazis. Ce ne fut malheureusement pas le cas, il faut toujours garder à l’esprit que les êtres humains sont capables du pire.

Nous voulons rester optimistes, le Cambodge peut se relever en s’appuyant sur l’activité touristique, une des principales ressources du pays. Nous avons été touchés par ce peuple attachant, au passé prestigieux, puis douloureux qui peine à se reconstruire.

Nouvel an familial à Siem Reap

En voilà une belle bande de touristes ;)

Massage Thaaaaaaïïïïïïïïïlandais

19 décembre. Bangkok. Près de l’hôtel, une petite rue tranquille bordée de gargottes où déguster des Pad Thaï. Nous déambulons en compagnie d’Aude et Manou qui nous ont rejoint il y a deux jours pour passer les vacances de Noël. Nous nous sentons encore plus près de la maison !

Sur la droite, une vitre coulisse et quelques Thaïlandaises nous hèlent : “Massache, massache ? C’est bon, c’est pas cher !”. Depuis que nous avons posé le pied sur le sol asiatique, nous n’avons pas encore cédé à la tentation de confier nos cuirs endoloris à des mains expertes, mais cette fois, c’est parti pour le grand frisson. Et puisque nous y sommes en Thaïlande, c’est parti pour une heure de massage Thaïlandais.

Massages Thaï Effaçons d’emblée tous les fantasmes ou clichés douteux, le massage thaïlandais c’est un truc de costaud, pas pour les sensibles de l’épiderme, les chatouilleux invertébrés ou les moelleux de tout poil. Ca va rouler du muscle, planter du coude dans les chairs, étirer du tendon, écarter, faire craquer de l’articulation. Avouons-le, au moment d’y passer, j’ai rechigné tout autant que mes congénères. On nous avait dressé un tel portrait de la séance ! Et, pauvres de nous, nos réticences se sont vues rapidement justifiées.

Petite séance de massage Thaï?Une fois allongé sur la table de massage, plus question de protester, me voilà livré au savoir-faire de la masseuse. Le petit massage de pieds délicieux au début, ne vous y fiez pas, c’est pour m’attendrir. Rapidement, voilà ma peau qui se décolle des muscles, puis une paire de pouces se plante dans ma chaire en des points hautement sensibles. Dur de réprimer quelques gestes de crispation. “Ok, is good ? Yes, no problem !” Tu parles, je suis remonté comme un ressort, tendu jusqu’à l’extrémité du poil ! T’en as voulu du massache ? Tu va être bien reçu ! Viennent ensuite les “prises de karaté”, de quoi se démettre une épaule ou se luxer le fémur. Mais la voilà qui monte debout sur la planche, qui m’empoigne la jambe pour tirer, étirer et tirer !

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J’exagère ? Un peu ? Beaucoup ? Mouais, un peu beaucoup, c’est vrai. Le premières sensations sont certes crispantes mais elles cèdent vite la place à un délassement profond, une grande sensation de bien-être. Je m’abandonne langoureusement aux manipulations expertes, oubliant les secondes qui défilent au cadran de l’horloge. Le temps s’étire comme chacune des parties de mon corps. DSC01277Une heure plus tard, mes muscles ayant traversé tous les stades de la tension extrême au relâchement le plus total, la masseuse me “relâche” dans un état de grande relaxation, m’offrant un petit thé en guise de retour à la situation de bipède. Difficile de descendre de la planche, non parce que je suis bloqué, mais j’enchaînerais bien directement par une nouvelle séance. Il ne reste plus qu’à comparer avec les massages des autres pays de la région, par pur esprit scientifique ;)