Où sommes-nous

Tout par à veau l’eau dans les Tuvalet

Ou l’histoire presque véritable de l’invention du petit coin.

Difficile de quitter la Turquie sans un petit tour par l’arrière-cour. Et oui, ces fameuses toilettes turques, que faut-il en dire ? Ou plutôt que pouvons-nous en dire ? Et bien, au risque de vous décevoir, pas grand chose. Comment cela pas grand chose ? Trois fois rien. C’est à dire ? Peu de chose.

C’est tout de même le modèle standard des toilettes asiatiques ! C’est bien qu’il doit y avoir là-dessous quelque chose de valeur ? Vraiment ? Souhaitez-vous donc que nous soulevions le couvercle pour chasser avec application les trésors cachés ? Et bien, nous nous y emploierons avec vigueur. Asseyez vous confortablement et remontons ce cours d’eau qu’est l’histoire.

DSC_0280Voilà des décennies que les campagnes turques sont équipées de plaques de faïences percées d’un orifice et dans lesquelles sont incrustées deux empreintes de pas, de sorte qu’il est impossible manquer sa cible … théoriquement. Mais comme chacun sait, la théorie et la pratique n’ont jamais fait bon ménage, et qui dit ménage insuffisant dit propreté laissant à désirer.

DSC01271Et pourtant voilà déjà plusieurs siècles qu’au sommet de l’Etat on s’active pour solutionner cet épineux problème. A Istanbul, dans les ors des palais, on traite les dossiers les plus sombres. Et c’est dans le marbre que les fondements de politiques audacieux viennent inscrire leurs conclusions. On tente d’agir et de couper court aux luttes intestines qui secouent le pays.

DSC05588L’empire, pris dans les affres d’abominables congestions, a bloqué net la fuite en avant qui se propage. En démocratisant les sanitaires, il préserve le patrimoine. En effet, chaque pan de montagne est grignoté de toute part, d’un bout à l’autre du pays. C’est l’ère du petit coin troglodytique. Au grand dam des espèces animales qui peinent à se loger.

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Déjà en 1453 (lors de la chute de Constantinople), Mehmet le Grand, avait apporté l’idée novatrice : un ruisseau frayant son chemin dans un canal salvateur emportant avec lui tout déchet. Il l’imposa avec force en exécutant un coup d’épée magistral qui vint briser la chaîne gardant l’accès au Bosphore, lavant du même coup Istanbul de toutes ses impuretés. Mais le projet, quoique ingénieux, ne fait pas son chemin.

DSC_0998On eu put imaginer que ce complément au trou s’installe comme dans un fauteuil. Cependant il ne pouvait rivaliser avec l’invention initiale qui aurait du trouver immédiatement la pérennité : le siège. Mais décemment, les souverains d’alors aux patronymes désormais oubliés (appelons les Truc), ne pouvait accepter l’idée que l’inventeur Grec impose sur son sol le fondement de tout chose en un lieu au nom prédestiné pour innover dans le domaine des sanitaires : la cité d’Ephèse, Efes en Turc.

Voilà, vous savez tout, vous n’avez rien compris ? Alors je recommence, voilà des décennies que les campagnes turques…

Bah din don… ça tourne pas rond !

Après notre premier contact un peu douteux avec l’est de la Turquie, Etienne s’est juré de ne plus se faire avoir par l’une de ces bestioles poilues à grosses canines pendant nos coups de pédales. Pour cela, nous sommes restés dans un camping quelques jours afin de suivre un entraînement exigeant qui s’est avéré s’être déroulé à merveille …

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… nous attendons de mettre en pratique cette nouvelle technique de dissuasion sur nos cibles favorites, à moins qu’il ne soit temps d’envisager  sérieusement le rapatriement sanitaire.

“How are you going ?”

DSC_0061Voyager à vélo en Indonésie et en Malaisie, c’est rencontrer en permanence des locaux qui nous croisent et cherchent à échanger quelques mots, histoire de faire connaissance, de tailler une bavette. Avant de quitter la Malaisie-Indonésie, nous ne résistons pas au plaisir de vous faire partager une de ces conversation type que nous avons eu sur nos bicyclettes, parfois en plein pédalage.

Pour vous aider un peu à suivre tout, ça on vous redonne le contexte.

Le gars arrive en scooter à notre niveau et hurle pour se faire entendre :

Local : – Hello Mister (adressé à Etienne ou Manon, pas de différence ici), how are you going ?

A ce moment, deux options, soit le gars est à pied ou s’arrête et la conversation peut continuer, soit il continue sa route sur son scoot’ sans aucune idée de notre réponse, c’était juste pour demander, s’intéresser, dire bonjour, sympa !

Suite :

DSC_0654VPLV : – Hello, I’m fine to the moon, thank you.

L : – Hoooow, and where are you come from ?

VPLV : – I’m here and I come from France. (Il faut s’accrocher pour comprendre ce qu’ils veulent savoir)

L : – Hooooow, Zidane (ou Platini pour les anciens), very good ! And where do you go ?

VPLV : – I go to France, by bicycle, very long way.

L : – Hooooooow, very long, and where do you go ?

(Je répond quoi là ?)

VPLV : – I go to … (le bled suivant qu’ils connaissent).

L : – Haa ! Very nice ! Good, good.

Dur pour eux d’imaginer qu’on va se balader à vélo jusqu’en France, si des fois ils connaissent, la France … ils connaissent au moins les bleus même si on n’en est pas fier. Le foot ici, c’est une ouverture sur le monde.

 

DSC02666Sur une petite route isolée, avec une seule option rouler droit devant. Le gars nous pointe l’extrémité de la route pendant que nous avançons :

L : – You go there ?

Difficile de résister à l’ironie

VPLV : – No, I go to the other side, but I forgot my brain.

 

Arrivée de nuit dans un petit village pour se poser enfin après une bonne dose de kilomètres. On cherche un “terrain de camping”. Un gars nous approche (ou plutôt dix), questions rituelles, puis la discussion se poursuit :

DSC_0100L : – How many days stay here ?

VPLV : – Only tonight, I just arrive.

L : – Where do you stay ?

VPLV : – I don’t know, I just arrive, I want to camp here, is it possible ?

L : Hooooow, and where do you go ?

VPLV : – I stay here, bicycle finished for today, where can I sleep please ?

L : – Hooooooooow, but where do you go ?

 

DSC02969Au hasard des conversations, quelques questions qui nous surprennent toujours mais traduisent la surprise des locaux de nous voir ici avec nos bicyclettes :

L : – And if you’re flat ?

VLPL : – I repair.

L : Hooow, and if you’re tired ?

VPLP : – I sleep ! Ahh, do you have an idea where I can sleep ? (pas cons les VPLV, maintenant on sait saisir la moindre occasion)

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Pour conclure, pardonnons leur anglais souvent sommaire et le notre approximatif, mais on aimerait bien vous y voir vous, sans google translate !! Ces petites conversations échangées plusieurs fois par jours traduisent surtout une énorme curiosité à notre égard et beaucoup de gentillesse, elles ont souvent été l’occasion pour nous de se faire aider pour trouver un coin pour crécher, parfois être invité à manger, dormir ou au moins demander notre route. Ces échanges quotidiens sont parmi les meilleurs moments passés en compagnie de ces populations ultra souriantes et vraiment très sympathiques. Une bonne leçon !

On a retrouvé Renaud Séchan

Si, si !

Et même qu’il a fait une rechute ; d’après ses dires, il a tout plaqué, cela fait dix ans qu’il a pour seule occupation de venir boire des bières dans la Taverne de Frans … désolé pour tous les fans de vous apprendre la triste vérité si brutalement.

Il nous parait invraisemblable qu’il remonte un jour sur scène, c’est peut-être mieux ainsi.

DSC00376Précision : le mec en noir au milieu, il ne fait pas que boire des bières, il a déjà remis ses fesses sur une selle de vélo ! Que les choses soit claires ! Tatatin !

La phrase du jour

- En italien “piano” signifie “le plan”…

- Ha oui, et c’est pour ça que quand on dit “on y va piano piano”, en fait c’est pareil que “on y va plan plan” ? (Vince)

Y’en a marre de pédaler !

Bon le vélo, c’est trop dur !

Et puis tout d’abord on a la Twingo de Marie-Jo, alors y a pas de raisons de se fatiguer, les copains ils font du vélo s’ils veulent, moi je plie bagages et je range tout à l’intérieur.

Non ceci n’a rien à voir avec la voiture-balai ou une quelconque lanterne rouge, c’est juste que voilà. Pas besoin de se justifier quand même. On a dit qu’on partait à vélo, mais on n’a pas dit qu’on allait pédaler dessus, avec 22 kg de bagages, 16 kg de vélo et 79 kg pour le bestiau … vous savez comptez, cela fait 117 kg (et sans bouffe sans eau … et là je pense qu’il va falloir rajouter).

Non je ne lâche pas l’affaire, promis, je vais essayer de monter sur le vélo ;)