Où sommes-nous

Retrouver la valeur des choses

Partir et voyager à vélo, c’est se donner le temps d’aller lentement, de porter sur notre environnement un regard différent, de visiter un pays avec ses attractions touristiques ainsi que le reste, souvent moins attirant, En approchant de la Cappadocemoins spectaculaire, moins charmant, mais qui est souvent plus proche de ce qui en fait sa réalité quotidienne. Ainsi, avant de pénétrer dans un lieu féérique, nous avons le temps de nous imprégner de ses abords, banlieues industrieuses et délaissées pour les grandes villes, Paysans du coinrues cernées de garages auto, un peu comme si le village duquel nous approchons n’avait pas encore lavé ses mains pleines de cambouis, décharges à ciel ouvert qui brûlent sur les bas-côtés de la route. DSC_0619Nous pouvons aussi nous imprégner de la campagne et de sa douceur, plus calme, moins tape-à-l’œil, que le spot mondial qu’elle recèle. Pas de cars de touristes, pas de baraques à souvenirs made in China, souvent des larges étendues cultivées, Dans les rues de Diyarbakırparfois couvertes de coquelicots si nous pédalons au bon moment. Nous traversons aussi tant de ces petits villages, où seule une mosquée pourrait faire figure d’attraction. Dans la campagne de CappadoceMais, bien souvent, l’intérêt n’est pas là, il se trouve dans les scènes que nous chapardons depuis nos selles, trois gosses qui tapent dans un ballon crevé, une femme qui transport son paquetage en longeant les murs des ruelles, Ekmek, du vrai pain, à nouveauun groupe d’hommes assis sur des petites chaises et partageant le thé, les boulangers qui préparent le pain et dont l’échoppe exhale un fumet tentateur, Entre Varzaqan et Kharvanala vue lointaine de silhouettes courbées sur les cultures, le capharnaüm matinal autour d’un marché, un môme campé sur son âne et qui d’un œil surveille son troupeau tandis que de l’autre, il vous observe passer, hilare bien qu’un peu dubitatif. Et tous ces sourires, tous ces Salam ou autre.

Hello MisterDans les rues de Diyarbakır

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Avant de se séparerIl y aussi le plaisir de croiser un-e autre cyclo qui bien sûr passe dans l’autre sens, de stopper sa course pour quelques instants ou un peu plus, apprendre qui elle ou il est, sa provenance et sa destination, un petit bout de son histoire, échanger deux trois infos utiles, quelques combines, se refiler des morceaux de cartes. Salut JérémieParfois, on trouve le temps de le partager, préparer le repas ensemble, boire une bière en terrasse, visiter le château du coin, apprendre à faire des crêpes en camping. Le temps d’espérer que la rencontre se fera à nouveau, un peu plus tard, dans un avenir semblable ou plus sédentaire. Là encore, la simplicité donne la saveur.

Compagnon de route éphémèreApprentis cyclistes

De temps en temps, nous retrouvons un peu de confort, un certain luxe. Lorsque on bouge tous les jours, on pose sa tente un peu comme cela chante, souvent avec bonheur, mais la toilette est des plus rudimentaires : Camping prés de Yowlagaldiun gant savonneux, quelques litres d’eau froide et on expédie. Alors comment décrire le bonheur de sentir l’eau brûlante de la douche alors qu’on vient de se faire rincer sur les derniers kilomètres ? Cette douche-là vaut tellement plus que les autres, ou plutôt, nous rappelle la chance que c’est de l’avoir à domicile. Comme de pouvoir entrer dans sa cuisine, ouvrir son frigo, y choisir les ingrédients pour le repas du soir. Se glisser dans les draps de son lit sans avoir à soufflerToilette, à l'abris des regards indiscrets dans le matelas pour ne pas sentir les cailloux dans le dos. Poser son postérieur sur le trône sans s’inquiéter de son hygiène intime, être assis plutôt qu’accroupi. S’assoir autour d’une table si possible en bonne compagnie. Bien plus que ça, pouvoir appeler ses amis et sa famille quand on veut pour se retrouver et passer du temps ensemble !

C’est sûr, tout n’est pas rose chez les cyclos. Il y a les galères, les incidents, les pneus crevés alors qu’on en a ras la casquette. Il y a ces montées interminables, ces routes vraiment dégueulasses Au moins un yak, ça ne crève pas !où il n’y a rien mais rien à voir, les camions infectes qui trimballent des yaourts sur des millions de kilomètres, les imbéciles qui veulent vous écrabouiller comme un vulgaire canidé. Il y a les regards suspects, les odeurs de poubelle, les nuits sur des terrains pourris. Puis aussi le quotidien qui des fois vous pèse en même temps que de penser à tout ceux que l’on sait laissés à la maison. Alors on lève le casque, on regarde la route un peu plus loin devant, on jette un œil sur la carte et on voit que la route n’est pas si longue. Alors profitons encore de ces derniers kilomètres de lenteur avant que tout ne s’accélère…On va là où il n'y a plus de neige

Les porteurs de cocarde

DSC_0059Nous voilà de retour en Turquie depuis quelques jours. En entrant dans ce pays, nous avons retrouvé ce qui fait la marque de tant de pays que nous avons traversés dont la Malaisie, la Chine, l’Ouzbékistan le Turkménistan et la Turquie : le drapeau. En Malaisie, planté au milieu des jardins avec ses bandes rouges et blanches, DSC_0095-1ses étoiles, on se croirait sur un autre continent, dans un autre pays. En Chine, dressé au sommet des édifices publics, dans les villages d’une autre culture, en terrain conquis, on est en pleine colonisation. DSC_0071En Ouzbékistan, au Turkménistan, affiché sur les véhicules, sur le moindre emblème, sur les affiches de propagande, tissant la trame colorée du pays, on est en dictature. En Turquie, hissé au plus haut, en plus grand, en plus large, en immense, arboré aussi fièrement que la moustache, on est en plein délire nationaliste.

Alors que revoilà le président, avec un beau stylo et du papier blanc, trop fort !

Partisans kurdes pour la campagne aux législativesCes porteurs de cocarde, fiers comme des coqs et brandissant les doigts de la victoire, finalement on en rencontre partout. Il paraît que, pendant ce temps là, dans les salles d’attente des cabinets médicaux français, on s’informe sur les tribulations des politiques délurés, on apprend que le petit Nicolas va donner un petit frère à son grand Jean. Est-ce pour consoler ce dernier de sa présidence avortée à l’EPAD ou pour préparer une autre présidence ? Argument de campagne d’un nouveau genre, jusque là inenvisageable pour nos présidents ayant passé l’âge d’engendrer quoi que ce soit de nouveau.

Quel est le juste milieu ? Nos démocraties vacillantes qui échouent à promouvoir l’intérêt collectif ou ces nations de demain qui agressent tous azimuts la culture et les particularismes ? Courtes interrogations dubitatives sur l’avenir de notre monde…

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Quand l’homme nous fait honte

11 avril. Noukous. Nous voici à l’ouest de l’Ouzbékistan, pas bien loin de la frontière turkmène, pas bien loin du Kazakhstan non plus, dans une région déjà très aride coincée entre les déserts : la Karakalpakie.

Nous prenons un véhicule et sommes secoués pendant deux cents kilomètres, à travers des terres brunes. L’objectif du jour, aller voir la mer. Oui en Ouzbékistan, il y a la mer, c’est écrit dans certains livres et, en cherchant bien, on peut même trouver des photos qui l’attestent. DSC_0002-2Alors nous roulons vers le nord jusqu’à atteindre Moynaq, petite bourgade qui, il n’y a pas si longtemps, florissait encore du commerce de la pêche. D’ailleurs les bateaux sont encore là. La mer, elle, s’est retirée, peut-être effrayée par la folie des hommes, ou juste par leur immense bêtise. Alors les navires flottent sur le sable sans être le moins du monde ballotés par DSC03710les bourrasques du vent. Si la mer revenait, ils resteraient cloués au fond, leur coques percées de tous côtés par la rouille. Nous ne pouvons qu’assister à ce spectacle désolant, peinant à réaliser l’ampleur du désastre.

C’est dans les années soixante, à l’ère soviétique, que l’économie de la contrée a été entièrement dévolue à la culture du coton afin de lui faire faire un “grand bon en avant”. Le détail qui tue est que cette plante est particulièrement gourmande en eau. L’Amou-Darya, un des cours d’eau majeurs de l’Asie centrale, a vu son cours entièrement spolié pour être déversé alentours dans des champs arides, exposés aux soleil, où l’évaporation absorbait une partie considérable des ressources en eau. Du point de vue économique, la production de coton a augmenté de 20 malheureux % tandis que la quantité d’eau prélevée dans la rivière doublait. Pendant ce temps le port de Moynaq déclinait, la salinité de la mer augmentait, les poissons se faisaient rares. Et la mer entamait son recul.

Après une nuit passée à Moynaq, nous quittons le village au lever du soleil. A partir de là, nous avançons sur des zones recouvertes par la mer, il n’y a pas plus de cinquante ans. Nous traversons d’immenses étendues désertes avec quelques derricks pour seuls point de mire.

Sur la piste pour la mer d'Aral, puits de gaz et de pétroleSur la piste pour la mer d'Aral

Deux heures plus tard, nous prenons pied sur le plateau d’Ustyurt, une large falaise qui se développeSur la piste pour la mer d'Aral, plateau d'Ustyurt sur des centaines de kilomètres, autrefois la rive occidentale de la mer. Nous longeons son extrémité, dominant une plaine désertique. Le regard s’y perd en cherchant une trace d’eau. Mais toujours pas de mer. Nous patientons encore deux heures, ballotés par les cahots de la piste, lorsque la voiture stoppe. Mer, mer, je vois la mer. Enfin : la mer d’Aral !

On quitte la mer, déjà...

Nous voilà face à un paysage d’une beauté stupéfiante en même qu’un désastre écologique parmi les plus évidents. En cinquante ans, la mer a baissé de 16 m. Sur ces reliefs quasi-plats (du côté est), cela signifie un recul d’environ 200 km ! Son alimentation a été divisée par 10, sa surface par 5,5 et son volume par 10. L’industrie de la pêche a disparu complètement au tout début des années 80.

Sur la piste pour la mer d'Aral

DSC_0095De cette vaste mer qui s’étendait à l’origine sur plus de 400 km, il ne reste que deux bassins, un petit au nord, dont le niveau est stabilisé par des mesures prises par le Kazakhstan, et le plus grand au sud, sans doute voué à la disparition. A cette disparition tragique s’ajoute quantité de problèmes qui DSC_0097en découlent : disparition d’espèces maritimes (les poissons ont quasiment disparu) ou terrestres (35 espèces encore présentes sur 173 anciennement), pollution des sols liée aux pesticides employés dans la culture du coton, changement climatique directement lié à la catastrophe (nombre moyen annuel de jours sans pluie passé de 30 à 135), cohorte de problèmes sanitaires majeurs Sur la plage de la mer d'Aral(en Karakalpakie, un bébé sur dix meurt des suites de problèmes liés au désastre), perte de fertilité de la quasi-totalité des terres environnantes. Les soviétiques n’en sont pas restés là, des laboratoires de produits chimiques abandonnés au moment de l’effondrement de l’URSS viennent maintenant contaminer les terres environnantes sur des centaines de kilomètres.

Bref, un joyeux tableau dont l’industrie et la politique humaine savent nous réjouir quotidiennement. Ouvrez le poste, régalez-vous, il n’y en a plus pour longtemps…

Moynaq, histoire de la mer d'Aral

Moynaq, histoire de la mer d'Aral

Ouvrez les frontières

Traverser l’Asie Centrale, c’est se plonger dans une foultitude de démarches alambiquées et aux saveurs mille fois renouvelées. L’occasion pour nous de pousser un petit coup de gueule.

Après être sortis de la jungle des visas, empochant successivement et avec succès chacun des tampons indispensables à la poursuite du voyage, nous pouvons nous réjouir d’être en possession d’un passeport français et européen. Dans les pays que nous avons traversés, cet aspect a toujours été une source d’interrogation voire d’envie de la part des locaux. Etre chinois signifie dépenser des sommes faramineuses en passe-droit, autorisations et autres bakchichs afin d’obtenir le précieux document qui vous ouvrira les portes du pays voisin, peut-être le suivant, moyennant de nouveaux subsides. Etre Turkmène ou Iranien impose quasiment de renoncer à tous espoir de voyage à l’étranger. Ou, là encore, il vous en coûtera plusieurs mois de salaires et des montagnes de patience et de ruses. Que dire des milliers de clandestins qui se pressent à nos portes, fuyant guerres, famines, désastres dans lesquelles nos “belles” démocraties ont souvent une lourde responsabilité.

Alors que penser d’une frontière ? N’est-elle pas le plus sûr moyen pour les puissants d’assoir leur domination ? De part et d’autres de ces lignes pas si virtuelles, les différences entre les peuples sont souvent très ténues.

C’est toujours un moment de culpabilité lorsqu’on nous demande comment nous pouvons voyager aussi facilement. Nous réalisons alors l’injustice criante dons nous bénéficions. Nous pouvons nous rendre où bon nous semble (ou presque), mais nous refusons l’accès à notre pays à la quasi-totalité du monde (on exagère un peu, d’accord). On entend d’ici les pourfendeurs de bons sentiments : “On ne peut tout de même pas accueillir toute la misère du monde, il faut bien que l’on se protège, et le terrorisme tu y as pensé ?”. Se protéger de quoi ? La France est le paradis sur terre ? Partout nous sommes accueillis à bras ouverts et célébrés parce que Français. Partout, si on le souhaite nous pouvons émigrer, et dans le confort en plus, ce qui est tout sauf réciproque. De plus, la France ne s’est pas gênée pour aller piller nombre de pays dans le monde et y laisser souffler les vents de la misère. Sans doute les bienfaits de la colonisation. Et puis quoi, il s’agit de céder un peu de notre richesse ? Ne serait-il pas un peu normal de partager le gâteau ? Si ce fameux gâteau n’était pas spolié par quelques nations, on peut se demander quelle serait la place des terroristes d’opinions et si les émigrants ne seraient pas moins nombreux à frapper à nos portes. Lorsqu’on naît quelque part, on ne s’en déracine pas pour des raisons farfelues.

Alors autant laisser la place à cet ivoirien porte-parole des opprimés de l’Afrique noire, Tiken jah Fakoly.

Ouvrez les frontières.

 

Ouvrez les frontières

Vous venez chaque année, l’été comme l’hiver

Et nous on vous reçoit toujours les bras ouverts

Vous êtes ici chez vous, après tout peu importe

On veut partir, alors ouvrez nous la porte.

 

Ouvrez les frontières

Du Cap à Gibraltar, nous sommes des milliers,

A vouloir comme vous venir sans rendez-vous

Nous voulons voyager et aussi travailler

Mais nous on vous a pas refusé vos visas.

 

Ouvrez les frontières

Nous aussi on veut connaître la chance d’étudier

La chance de voir nos rêves se réaliser

Avoir un bon métier, pouvoir voyager, connaître c’que vous appelez liberté

On veut que nos familles, ne manquent plus de rien,

On veut avoir cette vie où l’on mange à sa faim

On veut quitter cette misère quotidienne pour de bon

On veut partir d’ici, car nous sommes tous en train de péter les plombs.

 

Ouvrez les frontières

Y’a plus une goutte d’eau, pour remplir notre seau

Ni même une goutte de pluie, tout au fond du puits

Quand le ventre est vide sur le chemin de l’école,

Un beau jour il décide de prendre son envol.

 

Ouvrez les frontières, laissez nous passer

Ouvrez la porte, ici on étouffe,

On est pleins à vouloir du rêve occidental

Ouvrez la porte ici la jeunesse s’essouffle

Ne crois tu pas que pour nous c’est vital

 

Ouvrez les frontières, laissez nous passer

Vous avez pris nos plages et leurs sables dorés

Mis l’animal en cage et tari nos forêts

Qu’est ce qu’il nous reste quand on a les mains vides

On se prépare au voyage et on se jette dans l’eau vive

Ouvrez les frontières, laissez nous passer.

POUET, POUET, POUET !

14 février. Jinchuan, province du Sichuan. Tranquillement assis dans une chambre d’un petit hôtel, nous pouvons entendre les bruits de la rue, ou plutôt les klaxons qui retentissent en permanence et déchirent les voix qui portent. Si l’on patiente en regardant sa montre, DSC_0098-1moins d’une minutez suffit à entendre déjà une dizaine de coups d’ “avertisseur sonore”. Pour avertir de quoi, la plupart du temps on se le demande, mais sonore, OUI BEAUCOUP !!!!

Replaçons-nous quelques jours en avant et en milieu de journée. Nous sommes quelque part autour de la frontière entre le Yunnan et le Sichuan – deux magnifiques provinces au sud-ouest de la Chine – en train de pédaler sur des routes sinuant au fond DSC_0098-1de profondes vallées encadrées par des pans montagneux massifs. POUET ! Excusez-moi, je viens de me faire doubler. Les routes sont tantôt roulantes de bonne qualité, tantôt abruptes, chaotiques, voire terriblement casse-pattes. DSC_0098-1Et nous avançons sur notre petit bonhomme de POUET ! Ah tiens, un camion cette fois, difficile de ne pas le voir, mais des fois que, il vaut mieux qu’il klaxonne un petit, heuu… un gros coup, les camions n’ont que des énooormes klaxons. Donc, nous progressons DSC_0098-1en direction du nord-est, ce qui est plutôt sympa parce qu POUET ! Ouaaaais, cDSC_0098-1’est bon on t’a vu, on t’entend, pédaler ne rend pas sourd ! POUET ! C’est bon je me tais. Je disais, que c’est plutôt DSC_0098-1agréable car les vents dominants sont manifestement à peu près POUET ! C’est bon, m… t’es en ligne droite, y a personne en face, la voie de gauche est aussi déserte que le Taklamakan, t’as qu’à passer, je m’en tape que tu me DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1prévienne, je vais bien le voir de toutes façons ! POUET, POUET, POUET ! Ca, ça s’appelle un mini-van, c’est le genre de taxi collectif local, ça transporte plein de monde partout, même des olibrius avec des vélos qu’en ont ras le bol de se faire klaxonner et qui font du DSC_0098-1stop, et ça klaxonne en moyenne cinq fois plus que DSC_0098-1tout autre véhi POUET ! Merci ! Je disais donc … ah oui POUET ! Non, pas exactement. Donc qu’on a bien le vent dans ledosetquec’estsuperagréablepourpédaleratDSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1tentionyauncamionquiarrivetoutlemondeledoigtdansloreille POUET, POUET, POUET ! Aaaaaaaahh mais ils sont maaaaaalades de klaxonner comme ça, mais achetez vous un cerveau, qui tu veux prévenir ?, Moi ? Tu penses que je vais me jeter sous tes roues quand je te croise ? P…… . Pardon, mais ça soulage. Bon, on va essayer de DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1finir notre petite discussion quand même ! POUET, POUET, POUET !DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1 Malades, malades je te POUET, POUET, POUET ! Et moi aussi je te pouet pouet pouet ! Avec ma trompette jaune j’ai l’air de quoi ! D’une trompette, merci d’y avoir pensé, DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1DSC_0098-1vous allez pas vous y mettre vous aussi ! POUET, POUET, POUET ! Si ? POUET ! Ah bon alors, bon ben j’ai plus qu’à descendre de ma bicyclette et faire du stop, raz-le-bol de ce pays de malades ! Allez merci, bonsoir !

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Ah, une dernière chose :

POUET !

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Silence radio … on revient au micro

Durant ces dernières semaines, nous avons largement délaissé votre blog préféré … si on ose le dire. Pardonnez-nous, c’était la trêve hivernale ou trêve des confiseurs. En la matière nous avons été gâté par les visites lors des fêtes : amis et famille tous chargé de paquets savoureux, de quoi nous engourdir un peu les doigts. Nous sommes sincèrement désolés de vous avoir oublié, mais vous aussi, nous le savons, vous avez été pris par famille et amis durant ces fêtes de fin d’année. Alors avant qu’il ne soit trop tard :

Nous vous souhaitons une très belle année 2011

avec du beau temps, de belles rencontres et le vent dans le dos !

Nouvelle année à Siem Reap

Nous voilà en Chine, foi de VPLV, nous allons faire tout notre possible pour contourner la grande muraille électronique chinoise. Notre blog est inaccessible vu d’ici. Un nouveau challenge à relever ! Pour les prochains articles, nous ferons un retour en arrière sur notre traversée en Asie du sud-est en laissant parfois la plume à nos compagnons de route.

On vous embrasse, restez fidèle à la lecture.

Joyeux Noël

25 décembre. Phnom Penh. Cambodge. Tout est dans la vidéo !

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En espérant que vous avez passé de bonnes fêtes, nous pensons très fort à vous tous et vous remercions vraiment énormément pour tous vos messages. Nous en avons tellement reçu depuis notre départ et nous espérons que ça va continuer !

PS : Grâce à une fort sympathique bande de Français en mission humanitaire au Cambodge, nous avons passé un vrai Noël, dans la joie et la bonne humeur et même avec du pain, du bon vin, du fromage, du saumon et du champagne ! Alors nous vous rassurons, tout va bien. En fait, il ne manquait que vous. Vous nous manquez beaucoup !

“Sorry, we follow our regulation”

ou Les joies de la bureaucratie.

ou Comment apprendre à la boucler en trois leçons.

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Première leçon. Achetez un billet d’avion chez Air Asia. N’oubliez pas, au moment de la réservation de payer le supplément de 300.000IRP (30 euros environ) pour le surplus de bagages occasionné par votre vélo. Présentez vous à l’enregistrement deux heures avant le vol, comme d’habitude. Puis attendez patiemment que l’on vous réclame le supplément pour les équipements sportifs (pas les chaînes à neige, le vélo !), et oui, le vélo, ce n’est pas un surplus de bagages, c’est un équipement sportif, donc catégorie à part. Le montant ? 300.000IRP. Expliquez calmement que vous avez déjà versé exactement cette somme pour le surpoids. Réponse : “Sorry, we follow our regulation”. Gardez votre sang-froid (et vindiou, c’est pas facile), tentez toutes les stratégies, faites usage de pédagogie, gesticulez, prenez à témoin le reste du monde, pleurez, roulez-vous par terre. Réponse : “Sorry, we follow our regulation”. Cinq minutes avant l’embarquement, crachez les biftons, au risque de monter dans l’avion sans votre vélo. Merci Unfair Asia.

Deuxième leçon. Présentez vous à l’ambassade du Myanmar à Singapour muni de tous les documents nécessaires à l’obtention d’un visa birman. Saluez poliment le fonctionnaire de service, chaleureux comme une climatisation singapourienne. Tentez de décrypter les borborygmes d’anglais qu’il vous déverse et déterminez les pièces manquant à votre dossier. Absentez-vous une demi-heure afin de procéder à l’établissement des susdites pièces, puis revenez au guichet pour les fournir, toujours en se montrant aimable et souriant (et vindiou, c’est pas facile). Tentez de nouveau de décrypter les borborygmes d’anglais que votre interlocuteur vous déverse. Faites usage de pédagogie, prenez à témoin le reste du monde, geignez, chougnez, expliquez que votre dossier est complet et que sa demande est insensée. Réponse : “Sorry, we follow our regulation”. Renoncez à obtenir les pseudo-pièces manquant à votre dossier en acceptant que votre tête ne lui revienne pas. Retenir les bordées d’insultes qui obstruent votre gorge puis déguerpir, bredouille.

Troisième leçon. Partez pour une balade à vélo dans Kuala Lumpur par une belle journée ensoleillée. Après de nombreuses circonvolutions dans une circulation agitée, repérez enfin un banc à l’ombre, dans l’unique parc sympathique, au pied des tours Petronas. Répondez à l’appel de l’agent chargé de surveiller les quinze mètres carrés autour de lui et qui vous intime l’ordre de déposer le véhicule avant de pénétrer dans l’enceinte végétée. Proposez-lui de circuler à pied en poussant le véhicule susdit tout en arborant un sourire obséquieux. Réponse désormais attendue : “Sorry, we follow our regulation”. Déposez votre moyen de locomotion en montrant votre coopération et dissimulant votre exaspération. Courrez vers le centre du parc où se trouve le joli bassin qui vous aimante depuis le début de cette matinée à la chaleur écrasante. Juste avant de chatouiller l’eau de vos orteils, apprenez par l’agent chargé de surveiller les quinze centimètres d’eau autour d’elle, que l’accès est réservé aux craque-nains ou éventuellement à leurs accompagnateurs. Etonnez-vous, bondissez, offusquez-vous, discutez, faites usage de pédagogie, gesticulez, prenez à témoin le reste du monde, kidnappez un des mioches trainant dans les parages. Réponse au combien frustrante : “Sorry, we follow our regulation”. Décidez finalement de quitter les lieux, récupérer votre vélo et rentrer à la maison. Cherchez votre vélo, cherchez le encore, retenez une sueur froide, ne cédez pas à la panique (et vindiou, c’est pas facile), vous vous êtes fait tirer votre vélo et plus d’agent ! Aspirez une grande bouffée d’air, puis soufflez en le voyant arriver cent mètres au loin, un large sourire barrant son visage. Laissez-vous dire, sans perdre patience, que votre engin n’était pas dans le périmètre autorisé et qu’il a été déplacé. Rejoignez-le afin de l’attacher, de préférence autour d’un poteau. Laissez-vous dire par un nouvel agent que le poteau ne fait pas partie du périmètre et qu’il convient de déplacer votre vélo de vingt centimètres afin de se mettre en conformité avec le règlement. Expliquez qu’il vous est indispensable de l’attacher autour d’un point fixe, discutez, faites usage de pédagogie, étonnez-vous, bondissez, offusquez-vous, gesticulez, prenez à témoin le reste du monde, pleurez, roulez vous par terre, appelez la police ! Réponse désormais insupportable : “Sorry, we follow our regulation”.

Laissez-vous allez, insultez copieusement l’agent et tous les autres avec. De toute façon, ils ne sont pas près de vous revoir. “Sorry, we follow our impulsion” !

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Direction le Myanmar, le pays de Buddha et des stupas pour une cure de zénitude !

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PS : Et dire que ce n’est que le début !

Le pigeon voyageur et les singes chapardeurs d’Ulu Watu

2 novembre. Journée d’attente à Denpasar, avant le départ pour Singapour. Libérés des vélos, nous profitons de ce dernier jour à Bali pour nous rendre au sud de l’île, au temple d’Ulu Watu. Un des monuments importants de l’hindouisme balinais bâti au-dessus d’un a-pic rocheux d’une centaine de mètres. En bas, les rouleaux viennent se fracasser sur la paroi abrupte. L’endroit est magnifique, offrant contrastes entre la mer bleu azur et la roche noir, entre le grondement du ressac et le calme du temple, entre la verticalité de la falaise et l’immensité de l’océan qui s’ouvre. Décrit comme cela, rien à redire, même les touristes se font discrets. Alors, qu’est ce qui cloche ?

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Une fois de plus, la combinaison d’un tourisme excessif et de la cupidité humaine. Une bande de singes habite les lieux, sans doute depuis belle lurette. De petits singes, pas vraiment impressionnants, à peine 50 cm de haut ; les plus jeunes d’entre eux seraient même attendrissants, “mignons” diraient certaines. Sauf qu’il ont une fâcheuse tendance à vouloir attraper tout ce qui dépasse du touriste, mais nous sommes prévenus, pancartes, mises en garde orales à l’entrée. Bref, nous ne risquons pas de nous faire avoir, nous sommes avertis. Nous nous approchons prudemment du groupe de singes quand  l’un d’entre eux saute d’un arbre par surprise, se retrouvant sur le cou de Manon et lui attrapant la chevelure. In extremis, elle parvient à s’extirper de la prise sans perdre quoi que ce soit dans la bataille. Aucune griffure, pas de bobos, juste une belle frayeur. Nous regroupons nos affaires et gagnons une situation mieux protégée, pas question de se faire avoir une deuxième fois.

La deuxième fois, ce sera pour les japonaises de service qui se pointent alors. Malgré les avertissements, elles sont complètement gagas devant les petits quadrumanes. Il faut avouer que c’est facile, pourtant, nous ne sommes pas vraiment des amis des bêtes. Comme vous l’imaginez, se produit alors l’inévitable, un petit malin a fait discrètement le tour des touristes, grimpe sur une barrière, puis se projette sur sa victime lui ôtant son couvre-chef, un chapeau de paille bon marché. La propriétaire ne semble pas s’inquiéter outre mesure de cette perte, au contraire elle s’en amuse beaucoup engrangeant force clichés au passage. Une bonne histoire à raconter au retour (pour nous aussi d’ailleurs).

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Puis vient le tour des européennes, les femmes étant manifestement les proies favorites de nos chers cousins. Mêmes conditions, même effet, cette fois c’est une paire de lunettes de vue qui y passe, et le vol se fait sans délicatesse : la monture déformée, un verre perdu. Un peu plus tard, c’est une petite fille qui y laisse sa paire de tongs. Et la liste doit s’allonger pendant que nous palabrons.

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Alors couronnons le tout. Un endroit relativement touristique, un lieu de culte important pour les Balinais (qui subissent les mêmes désagréments), comme se fait-il que ces menus forfaits ne soient pas déjà réglés. Il est sans doute aisé pour les gens du coin de faire déguerpir une bande de singes. “Impossible, c’est un endroit sacré, pas touche aux animaux”, nous a justifié un des gars du coin, le lance-pierres à la ceinture. Mouais… nous savons bien que la manne financière que représente le tourisme est un appât trop fameux pour interdire quelques arrangements avec les règles, mêmes sacrées. La réponse, telle que nous l’avons observée, nous a été servie sans attendre. Dans les secondes qui suivent chaque délit, un local posté dans les parages se pointe avec quelques fruits ou cacahuètes à la main servant de monnaie d’échange pour le singe, de la monnaie de singe ça s’appelle;). Il récupère alors l’objet subtilisé avec une grande facilité : l’animal se montrant soudainement bien plus docile, il ouvre une large bouche et laisse tomber sa proie.

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Puis vient la phase de négociation. L’objet est rendu à son propriétaire en échange d’un petit pourboire, il faut bien payer la nourriture ! Ah oui, mais là ce n’est pas assez : “More, more”, jusqu’au prix final fixé par le sauveur. Une somme rondelette que crachent gentiment les pigeons arnaqués. L’affaire nous apparait clairement. Cette bande de gugusses peu scrupuleux élève et dresse les singes au vu et su de tous. Les cages sont à deux pas et des restes de nourritures jonchent le sol avec abondance. Nos petits compagnons obéissent fidèlement à leurs maîtres qui peuvent prospérer grâce à ce commerce crapuleux mais juteux. Renseignements pris, cette pratique scandaleuse est connue des habitants du coin, preuve que le système doit être largement rentable.

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Nous quittons les lieux pas mécontents d’avoir assisté à ce cirque tout en ayant échappé de justesse à l’arnaque !

La morale ? Un pigeon averti en vaut deux ! T’as beau savoir, tu vas cracher double ;)

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Fini les vacances …

Ca y est ! Les vacances se terminent (voire sont terminées) et déjà chacun pense à la reprise, aux courses de rentrées, aux occupations habituelles. Il y a bien encore quelques odeurs de barbecue pour faire durer l’été, mais on le sait la douceur de l’été et la langueur des vacances commencent à sentir le roussi.

Pour nous aussi c’est la fin des congés estivaux, mais pour la première fois, pas de reprise, on enchaîne avec le congé sabbatique. Tentons de définir le sentiment qui est le notre en ce dernier dimanche d’été. On ne peut s’empêcher de penser à vous tous et à l’atmosphère mélange d’inquiétude, d’amertume et d’excitation liée à la reprise du turbin. DSC00429Et pourtant, nous avons beau avoir la tête dans le guidon depuis plusieurs semaines, impossible de nous imaginer plonger dans le rythme des cadences effrénées, de l’agitation quotidienne. Nous voilà déjà bien ancrés dans le voyage, la tête tournée vers l’Est et nos prochaines haltes (Roumanie, Bulgarie, Istanbul), inscrits dans un quotidien nouveau et si vite assimilé (vélo, manger, de l’eau, laver, rêvasser, observer, dormir …) et dans l’attente des découvertes et des rencontres à venir.

Ici, il est impossible de saisir que les écoliers vont s’en retourner à l’école et les travailleurs au boulot, mais peut-être n’avons-nous pas les yeux pour le voir …

Alors beaucoup de courage à tou-te-s et si les vacances vous manquent, faites une pause, venez prendre des nouvelles de nous et nous donner des vôtres.