Où sommes-nous

Une journée en Cappadoce

Nous sommes passés en Cappadoce durant notre traversée d’est en ouest de la Turquie. Ce site nous a séduit par sa beauté et son histoire. Alors nous ne pouvons pas omettre de vous raconter comment s’est déroulé notre journée, un moment inoubliable à la découverte de cette région.

14 juin. Nous descendons du train à Kayzeri, il est quatre heures du matin et il pleut des cordes. Dans un petit troquet de la gare, nous patientons quelques temps espérant que la pluie cesse, et nous en profitons pour dormir un peu. Dix heures, la pluie n’a décidément pas l’air de se lasser de son humour de mauvais gout, nous quittons notre abris afin d’explorer les immenses flaques boueuses qui jalonnent la route… dix minutes plus tard nous sommes trempés.

Urgüp Peu à peu le ciel se découvre. Nous approchons d’Urgüp – première ville que l’on doit croiser en Cappadoce – par une petite route de campagne en hauteur qui aboutit à un point de vue panoramique extra sur le fameux site… et bien… il y a de quoi faire ! Avant de nous poser à un petit camping que nous avons déjà repéré, nous commençons par la visite d’Urgüp où nous retrouvons brutalement le tourisme de masse, les boissons et les dondurmas (glaces turques) deux fois plus chères, des hôtels de Demoiselles coifféescharme aménagés dans les grottes. A la sortie de la ville nous arrivons à prendre quelques clichés de nos premières cheminée de fée avant que le soleil ne disparaisse derrière un nuage menaçant et que le coin ne soit envahi par… par un groupe de chinois dont le bus vient d’arriver bien sûr ! Notre camping se trouve juste avant la ville de Göreme, qui est en quelques sortes le cœur de la Cappadoce. La tente est posée, nous nous préparons pour une petite nuit, demain la journée va être longue.

DSC_0687-2Vue du camping

En sortant de la tente, symphonie matutinale15 juin. Allez, c’est parti ! Il est 4h30, un minibus vient nous récupérer à la sortie du camping. Nous ne sommes pas DSC05832seuls : quatre belges et 7 chinois sont de la partie. Notre navette nous dépose au milieu d’un champs déjà envahi par des petits groupes de touristes photographiant leur montgolfière qui se gonfle tranquillement. Le jour s’est levé depuis un bon moment et les quelques ballons qui ont déjà pris leur envol sont déjà caressés par les premiers rayons de soleil. Puis vient notre tour. Edouardo, le cap’taine, nous briffe sur la sécurité Alors ... heureux ?puis nous fait monter à bord. Les ventilateurs qui avaient amorcé le gonflage sont relayés par des gerbes de flammes au dessus de la nacelle. Et nous décollons parmi des dizaines de montgolfières, égayant le ciel matinal de tâches multicolores. Magique ! Le cadre ? Ha, oui, on en oublierait presque ce cadre enchanteur dans lequel nous progressons au ralenti. Un peu plus d’une heure de vol qui nous en paraitra la moitié et nous amorçons la descente. La remorque attend que la nacelle se pose tout doucement. De sa taille impressionnante, le ballon se dégonfle et commence à vaciller, comme une flammèche qui s’éteint peu à peu. Le bruit sec d’un bouchon de champagne nous ramène à notre dure réalité… petite dégustation à 7 heures du matin, pourquoi pas ?

DSC05831

Dans la campagne de CappadoceNous enchainons sans attendre. Direction la vallée d’Ihlara. Nous avons laissé les vélos de côté et nous voici pour quelques heures sur notre nouveau bolide motorisé scooter… ça fatigue moins ! Toujours en DSC_0853Cappadoce, le paysage change un peu. Nous traversons des prairies et des champs cultivés à la main, puis nous parvenons à l’embouchure d’un long canyon bordé d’orgues basaltiques. Dans une paroi entre des pics rocheux tels des dents de requin, un monastère domine l’entrée de la vallée : DSC_0863-1un vrai labyrinthe reliant ces grands trous par de petits passages ou escaliers raides et exigus. Cuisines, églises, habitations, tout ce qui est nécessaire pour vivre en communauté. Allez, hop hop hop, il est grand temps de filer, le programme est encore chargé. Nous quittons les lieux après un petits tour dans des églises troglodytes du dixième siècle nichées dans les falaises de la vallée, avec de beaux restes de colonnes, de fresques peintes, très habilement enjolivées par de multiples graffitis et autres inscriptions gravées par les chers chérubins de notre temps.

Citée souterraine de DerinkuyuAvant de rentrer à Göreme, nous nous attardons dans la cité souterraine de Derinkuyu : petit voyage dans les profondeurs froides de la terre. Le dos courbé, nous nous faufilons dans ces interminables galeries. A l’époque (VIème-VIIème siècle) pendant les temps de conflits, ces sept étages, creusés dans la roche autour d’un puits d’aération de 80 m, pouvaient abriter 10 000 personnes durant plusieurs mois d’affilée. A la surface nous retrouvons notre bonne température écrasante. Heu-reu-se-ment, nous pouvons acheter des glaces régulièrement sur notre parcourt pour nous rafraîchir.

DSC05859De retour à Göreme, nous retrouvons nos vélos… haaaaaa ! Et nous voici de nouveau lancés pour parcourir trois superbes vallée qui entourent la ville. il y en a pour tous les goûts : la vallée rose, avec ses orgues de sable de couleur rosée ou blanche ; un peu de portage et nous arrivons à la vallée rouge, Pigeonniersavec ses pigeonniers, ses églises et ses dents de sable de couleur (je vous l’donne en mille) rouge, et enfin un dernier tour dans la vallée de l’amouuuuur, et ses formations rocheuses … étranges mais spectaculaires !

Vallée de l'amour Vallée rose

DSC_0731-1Nous n’en avons pas encore terminé… l’apéro n’est pas pour tout de suite. Avant de rejoindre notre camping, la bonne route raide et à gros pavés passe devant le musée à ciel ouvert de Göreme… obligés de Musée de plein air de Göremefaire une halte juste avant la fermeture. Foule de touristes mise à part, nous y apprécions la fraicheur d’une superbe église récemment restaurée, et d’autres un peu esquintées, aux peintures saccagées par les Vandales, en particulier les visages des personnages.

Derrière un horizon aux pics acérés le soleil se couche tout doucement. Il est temps pour nous de regagner notre tente pour une nuit courte… demain départ aux aurores, nous quittons la Cappadoce.

DSC_0875Et là vous pensez tous : “Wouaaaaa, ils ont la forme ces jeunes, quand est-ce qu’ils vont s’arrêter ? Où puisent-ils toute cette DSC_0695énergie, c’est HALLU-CI-NANT !” etc, etc … Et bien vous n’avez pas tort. Alors reprenez l’ensemble des points forts de notre journée racontés ci-dessus, et ajoutez-y quelques détails qui, sans doute, vous rassureront sur cette fameuse force surhumaine qui nous anime : considérez cinq jours au lieu d’un, et répartissez-nos ballades. Ensuite, il suffit de combler avec de longues siestes au bord de la piscine du camping, des baignades, un repas crêpes, un repas frites et un resto pour goûter le Kebab-pot (spécialité du coin), des temps pour bouquiner, surfer sur internet, et mettre à jour de notre blog (qui est toujours en retard, d’ailleurs). Au final, vous obtenez quelques chose de bien plus reposant pour mieux apprécier cette magnifique région.

DSC_0881Il sait pas à qui il a affaire lui ?

Une journée en Cappadoce

Nous sommes passés en Cappadoce durant notre traversée d’est en ouest de la Turquie. Ce site nous a séduit par sa beauté et son histoire. Alors nous ne pouvons pas omettre de vous raconter comment s’est déroulé notre journée, un moment inoubliable à la découverte de cette région.

14 juin. Nous descendons du train à Kayzeri, il est quatre heures du matin et il pleut des cordes. Dans un petit troquet de la gare, nous patientons quelques temps espérant que la pluie cesse, et nous en profitons pour dormir un peu. Dix heures, la pluie n’a décidément pas l’air de se lasser de son humour de mauvais gout, nous quittons notre abris afin d’explorer les immenses flaques boueuses qui jalonnent la route… dix minutes plus tard nous sommes trempés.

Urgüp Peu à peu le ciel se découvre. Nous approchons d’Urgüp – première ville que l’on doit croiser en Cappadoce – par une petite route de campagne en hauteur qui aboutit à un point de vue panoramique extra sur le fameux site… et bien… il y a de quoi faire ! Avant de nous poser à un petit camping que nous avons déjà repéré, nous commençons par la visite d’Urgüp où nous retrouvons brutalement le tourisme de masse, les boissons et les dondurmas (glaces turques) deux fois plus chères, des hôtels de Demoiselles coifféescharme aménagés dans les grottes. A la sortie de la ville nous arrivons à prendre quelques clichés de nos premières cheminée de fée avant que le soleil ne disparaisse derrière un nuage menaçant et que le coin ne soit envahi par… par un groupe de chinois dont le bus vient d’arriver bien sûr ! Notre camping se trouve juste avant la ville de Göreme, qui est en quelques sortes le cœur de la Cappadoce. La tente est posée, nous nous préparons pour une petite nuit, demain la journée va être longue.

DSC_0687-2Vue du camping

En sortant de la tente, symphonie matutinale15 juin. Allez, c’est parti ! Il est 4h30, un minibus vient nous récupérer à la sortie du camping. Nous ne sommes pas DSC05832seuls : quatre belges et 7 chinois sont de la partie. Notre navette nous dépose au milieu d’un champs déjà envahi par des petits groupes de touristes photographiant leur montgolfière qui se gonfle tranquillement. Le jour s’est levé depuis un bon moment et les quelques ballons qui ont déjà pris leur envol sont déjà caressés par les premiers rayons de soleil. Puis vient notre tour. Edouardo, le cap’taine, nous briffe sur la sécurité Alors ... heureux ?puis nous fait monter à bord. Les ventilateurs qui avaient amorcé le gonflage sont relayés par des gerbes de flammes au dessus de la nacelle. Et nous décollons parmi des dizaines de montgolfières, égayant le ciel matinal de tâches multicolores. Magique ! Le cadre ? Ha, oui, on en oublierait presque ce cadre enchanteur dans lequel nous progressons au ralenti. Un peu plus d’une heure de vol qui nous en paraitra la moitié et nous amorçons la descente. La remorque attend que la nacelle se pose tout doucement. De sa taille impressionnante, le ballon se dégonfle et commence à vaciller, comme une flammèche qui s’éteint peu à peu. Le bruit sec d’un bouchon de champagne nous ramène à notre dure réalité… petite dégustation à 7 heures du matin, pourquoi pas ?

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Dans la campagne de CappadoceNous enchainons sans attendre. Direction la vallée d’Ihlara. Nous avons laissé les vélos de côté et nous voici pour quelques heures sur notre nouveau bolide motorisé scooter… ça fatigue moins ! Toujours en DSC_0853Cappadoce, le paysage change un peu. Nous traversons des prairies et des champs cultivés à la main, puis nous parvenons à l’embouchure d’un long canyon bordé d’orgues basaltiques. Dans une paroi entre des pics rocheux tels des dents de requin, un monastère domine l’entrée de la vallée : DSC_0863-1un vrai labyrinthe reliant ces grands trous par de petits passages ou escaliers raides et exigus. Cuisines, églises, habitations, tout ce qui est nécessaire pour vivre en communauté. Allez, hop hop hop, il est grand temps de filer, le programme est encore chargé. Nous quittons les lieux après un petits tour dans des églises troglodytes du dixième siècle nichées dans les falaises de la vallée, avec de beaux restes de colonnes, de fresques peintes, très habilement enjolivées par de multiples graffitis et autres inscriptions gravées par les chers chérubins de notre temps.

Citée souterraine de DerinkuyuAvant de rentrer à Göreme, nous nous attardons dans la cité souterraine de Derinkuyu : petit voyage dans les profondeurs froides de la terre. Le dos courbé, nous nous faufilons dans ces interminables galeries. A l’époque (VIème-VIIème siècle) pendant les temps de conflits, ces sept étages, creusés dans la roche autour d’un puits d’aération de 80 m, pouvaient abriter 10 000 personnes durant plusieurs mois d’affilée. A la surface nous retrouvons notre bonne température écrasante. Heu-reu-se-ment, nous pouvons acheter des glaces régulièrement sur notre parcourt pour nous rafraîchir.

DSC05859De retour à Göreme, nous retrouvons nos vélos… haaaaaa ! Et nous voici de nouveau lancés pour parcourir trois superbes vallée qui entourent la ville. il y en a pour tous les goûts : la vallée rose, avec ses orgues de sable de couleur rosée ou blanche ; un peu de portage et nous arrivons à la vallée rouge, Pigeonniersavec ses pigeonniers, ses églises et ses dents de sable de couleur (je vous l’donne en mille) rouge, et enfin un dernier tour dans la vallée de l’amouuuuur, et ses formations rocheuses … étranges mais spectaculaires !

Vallée de l'amour Vallée rose

DSC_0731-1Nous n’en avons pas encore terminé… l’apéro n’est pas pour tout de suite. Avant de rejoindre notre camping, la bonne route raide et à gros pavés passe devant le musée à ciel ouvert de Göreme… obligés de Musée de plein air de Göremefaire une halte juste avant la fermeture. Foule de touristes mise à part, nous y apprécions la fraicheur d’une superbe église récemment restaurée, et d’autres un peu esquintées, aux peintures saccagées par les Vandales, en particulier les visages des personnages. 

Derrière un horizon aux pics acérés le soleil se couche tout doucement. Il est temps pour nous de regagner notre tente pour une nuit courte… demain départ aux aurores, nous quittons la Cappadoce.

DSC_0875Et là vous pensez tous : “Wouaaaaa, ils ont la forme ces jeunes, quand est-ce qu’ils vont s’arrêter ? Où puisent-ils toute cette DSC_0695énergie, c’est HALLU-CI-NANT !” etc, etc … Et bien vous n’avez pas tort. Alors reprenez l’ensemble des points forts de notre journée racontés ci-dessus, et ajoutez-y quelques détails qui, sans doute, vous rassureront sur cette fameuse force surhumaine qui nous anime : considérez cinq jours au lieu d’un, et répartissez-nos ballades. Ensuite, il suffit de combler avec de longues siestes au bord de la piscine du camping, des baignades, un repas crêpes, un repas frites et un resto pour goûter le Kebab-pot (spécialité du coin), des temps pour bouquiner, surfer sur internet, et mettre à jour de notre blog (qui est toujours en retard, d’ailleurs). Au final, vous obtenez quelques chose de bien plus reposant pour mieux apprécier cette magnifique région.

DSC_0881Il sait pas à qui il a affaire lui ?

Çay, çay ?

La montagne et le verre de thé.

Préambule. Depuis que nous sommes entrés en Chine, un mot est devenu rituel et persistant malgré les langues différentes, mandarin, ouïgour, turc, farsi … Et pas question de l’oublier : Choy ou chay, le thé !

Dernier repas avant les séparations11 juin. Karadut, sud du Nemrut Daǧi. Plein de gros mimis lancés à la volée alors que la voiture s’éloigne emportant Michèle et Jacques vers la France un peu plus rapidement que nous. Nous voilà à l’entrée de la dernière ligne droite, traverser la Turquie, un bout de Grèce, un bout d’Italie, et puis, et puis le retour… 

C’est le bazar autour des vélos. Nous venons de vider les sacoches pour ne garder que l’essentiel et rentrer légers. Fini la gore-tex, et autres bricoles devenues inutiles, nous nous sentons prêts à décoller, mais il faut tout empaqueter, comme chaque jour avant de quitter le campement. Camping à l'auberge, le luxe !Le matos de camping dans une sacoche arrière, les vêtements et l’ordi dans l’autre. A l’avant la popote, le réchaud, les victuailles en quantité toujours deux fois supérieurs au nécessaire … on ne sait jamais, des fois qu’il faille pédaler 200 km sans croiser un troquet, la Turquie est développée, oui mais bon, nous craquons systématiquement une fois devant les présentoirs de l’épicier. Résultat, il va encore falloir traîner les cacahuètes pour l’apéro sur une étape de plus, on finira bien par les avaler ; les friandises, c’est toujours utile pendant l’effort alors deux kilos ce n’est pas de trop !

Aprés 2 heures de route à 13,5% de moyenneAllez, on se bouge et on range, il est plus que temps de filer. C’est du gros qui nous attend, l’ascension du Nemrut Daǧi avec traversée du sommet. A peine retardés par l’averse de grêle qui s’abat sur le camping, Des fois on se demande s'ils ne sont pas un peu zinzins !nous attaquons la montée sous un ciel clément. A l’instar des iraniennes, il s’est voilé de nuages pour nous permettre de supporter la chaleur. Les pentes sont démentes : 11 à 12 % de moyenne sur Des comme ça on en fait pas tous les jours12 km avec quelques côtes à 18 % si ce n’est plus. Mais après une semaine sans pédaler et avec nos sacoches allégées, nous nous acquittons de la tâche plus facilement que prévu. Le gros morceau est au sommet : On pousse, on pousse et on souffleun sentier empierré et raide comme tout permet de terminer l’ascension avant de basculer de l’autre côté du sommet. Il faut pousser les vélos un par un et soulever la roue avant à chaque marche, tâche éreintante qui aurait été interminable sans l’aide de touristes turques de passage.

Vue à l'est, au loin le bassin de l'Euphrate

Terrasse estMais au sommet, nous pouvons souffler, la vue sur les alentours est fantastique et la lumière du soir magnifie les massifs hiérarques de pierre qui nous regardent passer sans sourciller. Le vent froid nous pousse dans la descente sans tarder. DSC_0712-1Alors que nos sacoches sont garnies comme un caddie sortant du prisunic, nous craquons pour le souper proposé à l’auberge juste en-dessous. Voilà comment on se retrouve à trimballer un melon sur des kilomètres. Mais nous ne crachons pas dans la soupe de lentilles brûlante.

12 juin. Çayköy, au nord du Nemrut Daǧi. Nous venons, au terme d’une magnifique journée de vélo, de traverser des zones montagneuses qui longent l’Euphrate. Un village perduA midi, nous avons fait la pause dans un camping situé sur un point haut. Le jeune qui bosse là attend désespérément les clients qui ne viennent pas. Avec nous c’est râpé, cette fois nous avons sorti le pique-nique des sacoches, il était temps de manger les tomates avant les avaries. Cela ne l’empêche pas de nous offrir le thé, idéal avant la sieste au soleil.

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Avant d’arriver dans la plaine, il reste un dernier col à franchir, une longue ascension que nous décidons de couper en deux. Ca c'est pas faux, mais ça dure un peu plus que 150m !Au pied de la montée, nous tentons de faire le plein à la station-service… il faut bien alimenter le réchaud, pour ce qui est des jambes, nous nous en sommes occupés peu avant. Si la pompe est vide, le samovar est plein, alors nous acceptons les verres de thé que nous offre le pompiste. Un ou deux sucres, puis on tourne, on tourne, on souffle pour faire refroidir le liquide fumant avant de s’y brûler les lèvres. Une fois le verre vide, on est resservi immédiatement, jusqu’à plus soif. La discussion est limitée, notre turc plafonnant aux “Tesshekür” (merci) et “Güzel” (c’est bon).

Puis nous nous remettons en route. Toujours difficile de repartir lorsque la fin de journée approche, pourtant, on trouve la motivation dans les dénivelées que l’on sait épargnées pour le lendemain. Hello MisterEtape rituelle de la fin de journée : trouver de l’eau pour remplir les poches qui nous servent de réserve pour la douche et la popote du soir. En Turquie, ce n’est pas un soucis, l’eau est potable et dans ces montagnes il y a des sources de partout. Sur le bord de la route une ferme se dresse avant que la route ne s’engages dans des pentes plus raides. Le paysan nous offre l’eau claire qui coule à son tuyau, par contre il ne comprend pas notre demande de planter la tente sur une terrasse herbeuse qui entoure sa maison. Tant pis, il faut poursuivre et trouver un autre terrain.

Mais la montagne est trop abrupte et plus aucun endroit ne se prête au camping hormis le macadam. Très peu pour nous. Ce genre de situation est si fréquent que nous en ferions une loi si elle n’existait déjà. C'est jouliiiiMais comme toute loi a ses exceptions, nous trouvons l’exemple pour nous contredire : une piste plonge dans la pente et nous offre quelques dizaines de mètres plus bas un petit carré d’herbe sympathique. Alors que nous attaquons le plantage de tente, un type sort de la caravane qui est à côté et sur le terrain duquel nous empiétons. “Tchador ? Tamam !” (Tente ? C’est bon !) Ouf ! “Chay ?” Pourquoi pas ? Le gars qui nous gratifie d’un large sourire est garde forestier et passe une bonne partie de son temps à se balader dans le coin. Un çay ?Il est visiblement heureux de nous accueillir dans son abri et nous vidons le samovar en sa compagnie tandis qu’il apprécie de me voir apte à rouler une cigarette avec le tabac qu’il m’offre. Du vrai tabac de cow-boy, du genre à ne pas taxer une clope deux fois de suite (mes victimes sauront à l’avenir comment se prémunir de mes chapardages chroniques). Mais nous apprécions ces instants précieux et simples en même temps, il font la particularité d’une journée qui pourrait ressembler à tant d’autres. Notre homme veut discuter alors nous échangeons des bribes d’idées au moyen d’un petit dictionnaire. Les sujets rituels reviennent parmi d’autres : enfants, élections nationales, métier …

Le lendemain matin, alors que nous ne le voyons que quelques instants, notre rencontre se ponctue par un dernier plaisir, il nous invite à déjeuner à sa table : du pain, des olives, du beurre et du fromage … sans oublier le chay !

Nem-route de Van à Diyarbakır

Par Michèle et Jacques

Ascension du Nemrut Daǧi de TatvanDans le sud-est de la Turquie, au nord de l’ancienne Mésopotamie, deux sommets portent le même nom de Nemrut. L’un est un formidable volcan, le Nemrut Gölü, culminant à 2900 mètres, dont le cratère contient un grand lac bleu, Bouge pas on revientet un plus petit aux eaux vertes car sa température plus élevée à cause de sources d’eau chaude, favorise le développement d’algues; il est situé sur la rive ouest de l’immense lac de Van. L’autre, le Nemrut Daǧi, est dominé par un immense tumulus abritant le mausolée du roi Antiochos 1er, encore un mégalo. Quelle idée de faire installer des statues de plusieurs tonnes là-haut ! Hélas, suite à un tremblement de terre, ces statues ont perdu la tête.

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Apéro à notre premier lieu de camping, sur la terrasse d'un hôtelC’est dans cette région que nous avons retrouvé Manon et Etienne en pleine forme malgré une entrée un peu rocailleuse en Turquie (voir l’article Une drôle d’entrée en matière). Quelle ne fut pas notre surprise de les voir en sortant de l’aéroport de Van, alors que nous avions rendez-vous au centre ville ! Et quel plaisir de les revoir après de longs mois de séparation.

Première visite : l'église de la sainte Croix, Akdamar, île sur le lac de Van

Une semaine avec eux, ce n’est pas de tout repos !

Chez nos hôtes du village du Nemrut, on a l'air chouette non ?En arrivant sur un site à visiter, il faut d’abord trouver un endroit où laisser les bicyclettes et les sacs, mais pas d’hôtel, c’est contraire à l’éthique du voyage. Et comme il y a peu de campings organisés dans cette région, on demande dans une mosquée, ou on squatte chez l’habitant. Une exception à Diyarbakir où on ne trouvait rien, on dort à l’hôtel (même qu’il y a la clim !!).

Nos hôtes du village du Nemrut

Pour aller d’un site à l’autre, il faut arriver à rentrer ces fichus vélos dans les minibus. Trois places, rien que ça !Mais, bon, les Turques sont gentils et très bien organisés, au moins pour les voyages, et tout se passe pour le mieux. Le téléphone turque n’a rien a envier au téléphone arabe, il fonctionne, et quand on arrive à une correspondance, on a l’impression que tout le monde sait déjà où nous devons aller, et nous montre le minibus suivant.

Descente du Nemrut, vue sur le lac de VanEt puis, il fait chaud dans ce pays, même si on s’est pris une orage avec de la grêle en atteignant le sommet du Nemrut (le 1er). Pas de grasse matinée possible quand le soleil vient taper sur la toile de tente dès 6 heures du matin, sauf pour Etienne. Mais avec la quantité de glaces qu’il avale dans la journée, ça doit être un vrai frigo là-dedans !

Saveurs kurdes

Ceux qui sont allergiques aux tomates et concombres (turques !!) devront choisir une autre destination, puisqu’ils sont systématiquement servis en salade avec le plat de résistance. Impossible d’y échapper.

Un repas mémorable à MardinSauf si on se permet d’aller dans un restaurant « chic » (merci), comme au Cercis Murat Konaǧi de Mardin. Alors c’est une explosion de parfums. Menthe, épices, cannelle (ah !! la crème !!), caramel (ah !! la glace !!) houmous, et diverses viandes cuisinées et arrosées d’ayran (yaourt), le thé final accompagné d’une liqueur (sans alcool) mais délicatement parfumée à la cannelle . Pour clore le tout, le serveur, vêtu d’une tenue princière, Un repas mémorable à Mardinnous rince les mains à l’eau de rose. La perfection. Il faut aussi poser le cadre : une belle terrasse avec vue plongeante sur la Mésopotamie, une douce température, un ciel pur, le chant du muezzin, une musique orientale très douce et eux. Comment ne pas trouver la vie belle !!!

La "mer" de Mésopotamie

Vue sur la MésopotamieMardin, ville médiévale du sud de la Turquie (35 km de la frontière syrienne) est accrochée à la pente d’un piton rocheux et dominée par une citadelle non-visitable car propriété de l’armée turque. Depuis la terrasse du restaurant précédent, on découvre une plaine immense qui paraît sans fin : la Mésopotamie. Bazar de MardinCurieuse sensation, on a l’impression que c’est la mer qui est au pied de cette montagne. Pas un arbre, pas une ombre. C’est écrasant. Est-ce le contraste avec la ville où de nombreuses ruelles étroites, sombres, souvent avec des escaliers, qui montent vers la citadelle, perpendiculairement à la rue principale ?

La disparition d’Hasankeyf

La forteresse d’Hasankeyf a été construite sur la falaise qui borde le Tigre. Elle est maintenant en ruine, même si des gens y vivaient encore il n’y a que 50 ans. Mais ils ont dû déménager vers la nouvelle ville, sur la rive du Tigre. C’est un site extraordinaire, car l’accès à la citadelle se fait par des rues taillées dans la falaise qui abritait quantité de maisons troglodytes.
HasankeyfUn pont, lui aussi en ruine, permettait de traversé le Tigre. Son arche centrale, d’une portée de 40 m, pouvait être retirée en cas d’invasion. Mais dépêchez-vous d’y aller, car la construction du barrage d’Ilısu devrait noyer une partie de ce joyau. On l’annonce pour les prochaines années bien qu’il soit très controversé, tant localement, car il devrait déplacer 60000 personnes, qu’internationalement, car il contrôle l’eau du Tigre qui passe ensuite en Syrie et en Irak.

Diyarbakır

On révise avant d'entrer dans la mosquée ?Sentiment mitigé sur cette ville. Bien sûr, c’est une ville fortifiée au patrimoine riche avec ses remparts, ses mosquées, ses églises, ses caravansérails… la plupart avec des murs faits de bandes de pierres noires volcaniques, peintes de motifs blancs. Dans les rues de DiyarbakırMais, il y a aussi, comme souvent dans les villes en pleine expansion, beaucoup de pauvres. Est-ce normal qu’une fillette d’à peine cinq ans traîne dans les rues à 11 heures du soir pour vous vendre un paquet de mouchoirs ? C’est une pauvreté extrême qui se dégage de cette ville.

DSC_0516“Hello ! What is your name ? Where do you come from ? Money, Money.” N’avons nous pas entendu ces quelques mots un millier de fois dans la semaine !

Un peu d’émotion au moment de la séparation. Nous rentrons sur Diyarbakır pour prendre l’avion, ils remontent à vélo au Nemrut (le 2ème) pour continuer leur périple. Même le ciel est triste : nous nous prenons un orage carabiné sur la route. Mais plus que quelques semaines, et ils seront de nouveau avec nous.

Merci Manon et Etienne pour cette semaine inoubliable.

2011-05-28 Turquie

Bah din don… ça tourne pas rond !

Après notre premier contact un peu douteux avec l’est de la Turquie, Etienne s’est juré de ne plus se faire avoir par l’une de ces bestioles poilues à grosses canines pendant nos coups de pédales. Pour cela, nous sommes restés dans un camping quelques jours afin de suivre un entraînement exigeant qui s’est avéré s’être déroulé à merveille …

2011-05-28 Anatolie

2011-05-28 Anatolie1

2011-05-28 Anatolie2

… nous attendons de mettre en pratique cette nouvelle technique de dissuasion sur nos cibles favorites, à moins qu’il ne soit temps d’envisager  sérieusement le rapatriement sanitaire.

Une drôle d’entrée en matière

1er juin. Doǧubayazit. Nous sommes en Turquie depuis trois jours. Aujourd’hui, lorsque nous nous réveillons, tout est réuni pour faire une magnifique journée de vélo : il fait un temps superbe, le ciel est bleu et nous révèle la silhouette parfaite du mont Ararat, le géant de neige qui domine les centaines de kilomètres à la rondeCampagne, sur fond d'Ararat ; la région n’a rien à envier à nos alpages : de vases étendues verdoyantes bordées de collines à la pierre volcanique colorée ; la route est bonne, peu fréquentée et la température est agréable. Il ne reste qu’à grimper sur les pentes du col qui nous fait face. Quel est le grain de sable qui vient gripper une machine si bien huilée ? En peu de temps, quelques événements nous donnent envie de fuir l’endroit aussi vite que possible.

Nous avons à peine débuté l’ascension qu’un bruit retentit sur la chaussée. Village pas coolA une cinquantaine de mètres, trois gosses gardent un troupeau de moutons, ou devraient. Leur occupation est en fait centrée sur leurs frondes et les voilà en train de nous lancer des cailloux gros comme le point et avec une précision étonnante. Descendre de vélo et brailler suffit à les faire décamper. Nous poursuivons notre chemin sur le goudron fondu qui vient engluer nos pneus tandis que les camions roulant à vive allure nous doublent en faisant retentir les célèbres klaxons de bonjour.

Un peu plus loin, d’autres gamins nous interpellent par de sympathiques “hello, hello” ponctués par des “money, money”, fait qui avait complètement disparu depuis l’Asie du sud-est. Manon apprécie la caillasse jetée sur ses sacoches après son passage, dans le dos évidemment, c’est tellement plus facile. Au moment de traverser un village, trois gros molosses l’encerclent, des Sales cabots, kangalskangals, chiens de troupeau réputés pour leur agressivité. Unique solution, descendre du vélo puis s’éloigner en marchant à côté. Nous remettons ça avec des gosses qui nous attendent sur le bord de la route, les mains recroquevillées sur des pierres. Je leur fais lâcher, mais ce n’est pas assez. Lorsque Manon passe à leur niveau, ils réclament des sous, des cigarettes, lui chipent le torchon qui sèche sur le porte-bagage avant de l’arroser d’un jet de graviers, le tout sous la bienveillance des parents complètement indifférents à nos vitupérations. On adore !

DSC_0013Couronnons la montée avec le plus affreux. Au moment de doubler un camion arrêté sur le bas côté, Manon a tout le loisir d’observer le conducteur qui en est descendu pour se livrer à des occupations obscènes ostensiblement. Où sommes-nous tombés ? Nous peinons à croire que ce soit la règle générale et pourtant, en moins d’une heure, nous venons de faire une sinistre moisson d’échanges avec les locaux. Heureusement, nous croisons trois gones souriants et enthousiastes de nous voir passer. Fin de la montée, peinard !Puis un camion nous double lentement, juste de quoi attraper les poignées à l’arrière de la remorque et se faire emmener sur les deux derniers kilomètres du col. Au sommet le chauffeur nous offre une bouteille de coca et son large sourire. Il fallait bien ça pour nous remonter le moral et profiter de la vue magnifique qui nous entoure.

Col Tendurek Geçidi, 2644 m

Que se passe-t-il ici, est-ce le hasard qui “s’emmêle”, faut-il attribuer ces démonstrations d’hostilité aux tensions entre Kurdes et Turcs ou plus simplement au manque d’éducation de ces gosses qui grandissent entre eux en gardant les troupeaux ?

Descente du col, les coulées de lave pétrifiées

Faut-il décrire la suite de la journée ? Peut-être, car il reste quelques couleuvres à avaler. La descente mémorable entre les coulées de lave pétrifiées nous fait presque oublier les mésaventures de la matinée. Mais à Çaldıran, bourgade animée, les embûches réapparaissent. Nous y faisons quelques achats pour les repas à venir ; au moment de payer, le primeur a remplacé deux belles tomates, choisies par nos soins, par deux vertes sûrement insipides. Drôle de commerce ! Peut-être est-il de mèche avec la bande de jeunes qui tourne autour de nos bicyclettes. Quelques secondes d’inattention et lorsque nous remontons en selle c’est mon compteur qui a disparu. Les “sauvageons” (J’aimerais bien voir Chevènement conserver son sang-froid à ce moment !) ont filé et nous ne reverrons plus leurs trombines. Terminons prestement pour quitter ce bled ; nous faisons le plein d’eau chez un bistrotier. Le môme qui nous a montré le robinet réclame ensuite cinq liras (2,5€). Il lâche rapidement l’affaire devant ma tête exaspérée. “Tamam, tamam” (“C’est bon, c’est bon”). Allez on s’casse !

Quelques dix kilomètres plus loin, nous sommes surpris par un énorme mâtin qui surgit de derrière une maison. Je me crispe sur les freins, mauvaise idée ! Manon, postée juste derrière moi, ne peut m’éviter et fait une belle cabriole sur le goudron. Je fulmine contre cet imbécile de clébard ou plutôt contre ses imbéciles de maîtres qui ne sont pas foutus de lui apprendre à distinguer un gentil cycliste d’un dangereux brigand. Heureusement, rien de cassé, la famille s’attroupe et l’un des mioches lance à la cantonade “Money, money”. Je bondis, tandis que le père essaie de me tempérer avec son visage rigolard en m’expliquant que ce n’est qu’un enfant et qu’il faut le comprendre. Ben voyons, son enfant réclame de l’argent et il trouve ça normal l’animal ! Allez, on s’casse !

Chutes de MuradiyeCamping à Muradiye

La fin de journée approche et ce n’est pas dommage, nous espérons en rester là pour les emmerdements. Juste un petit bonus pour se régaler. Au moment où nous trouvons le lieu de camping, assez sympa, la roue de madame est à plat. Chouette, un peu de bricolage, rien de tel pour se décrisper les zygomatiques ! Il y a des jours, on préférerait se trouver dans les embouteillages, en route pour le turbin, … euh, pas sûr !

PREUVE !!!