Où sommes-nous

Allez-y en Malaisie, qu’y disaient

De toutes façons, c’est sur la route, nous n’avons pas le choix, alors allons-y Alonso ! Allons au bistro et fissa !

8 novembre. Aujourd’hui, nous reprenons pied sur le continent asiatique. Nous quittons l’île de Singapour et choisissons de traverser le pont le plus à l’ouest, pour rejoindre au plus vite la côte occidentale de la péninsule malaise. Après il n’y aura plus qu’à pédaler vers le nord, direction la maison. Ho là, pas si vite ! Ce pont est interdit aux piétons, aux cyclistes, à tout ce qui ne possède pas de moteur, on aime ce genre de point de règlement. Mais, ah ah, nous avons la parade. DSC02922Ipso facto, nous grimpons dans un camion, jetons nos vélos dans sa remorque déserte, enfin, hissons nos vélos (40 kg chacun tout de même) et c’est parti pour la traversée du pont ; en plus c’est gratos ! Comme on aime, on en redemande, une fois arrivés en Malaisie, nous nous enfilons comme cela 150 km d’autoroute à travers les plantations de palmiers et les nuages noirs, le tout en moins de trois heures s’il vous plait. Le vélo c’est vraiment un truc de faignants. Bon, toute bonne chose ayant une fin, nous nous extirpons du confort de la cabine climatisée et notre gentil chauffeur nous dépose, malgré lui, sur une bretelle et sous une pluie battante. Le pauvre n’y comprend rien. C’est que notre tour d’Asie à vélo, on veut le mériter quand même.  Trempés jusqu’à la moelle en moins d’une minute, nous finissons rapidement par prendre les choses avec hilarité. DSC02929Régulièrement aspergés par les gerbes d’une eau tiède et douteuse projetées par les voitures, nous traversons des palmeraies immenses dans une fraicheur agréable, avant de rejoindre la côte de l’océan indien. La pluie cesse et les habitants des villages que nous traversons sortent de leur abris. Nous retrouvons enfin le plaisir du cyclotouriste sinuant sur les petites routes de cambrousse entre les maisons traditionnelles.

Pour vous prouver que nous ne sommes pas encore complètement obnubilés par nos petites reines, voici les 10 bonnes raisons de faire du vélo sous la pluie :

  • On le dit bien, l’eau ça creuse et nous, on aime bien avoir une bonne raison de s’attabler ;
  • Se rafraîchir le crâne et le reste avec, il fait parfois 40° par ici ;
  • Profiter d’une douche tiède gratis ; c’est que c’est pas l’hôtel tous les soirs, non madame ;
  • Rouler sur des routes au trafic allégé, parce que des fois on a la chetron ça comme ;
  • Ne pas ramasser toutes les cochonneries dans les narines mas plutôt sur les jambes, on aime bien les pots d’échappements mais 5 minutes pas plus ;
  • Faire un nettoyage complet des vélos mais pas vraiment irréprochable, même si cela réserve quelques surprises, à suivre …. ;
  • Tester l’étanchéité des sacoches, merci Ortlieb ;
  • Justifier l’achat de nos magnifiques imperméables fluo ;
  • Apprécier le lendemain de retrouver sa chaîne entièrement rouillée ; on aime bien passer une plombe les mains dans le cambouis ;
  • Et surtout, sentir que c’est trop bon quand ça s’arrête, parce que mouillés, c’est bien, mais secs c’est trop mieux !!!

Du 9 au 11 novembre. Les jours suivants, nous profitons de l’ambiance petits villages de pêcheurs avec des maisons traditionnelles malaisiennes aux couleurs vives. DSC_0824Charme des routes tranquilles et des sourires à chaque scooter croisé, chaque maison rencontrée. Nous visitons rapidement la vieille Melaka (Malacca, vous savez le détroit), l’un des premiers comptoirs de la route des Indes, plutôt attirés par son quartier chinois plein de caractère que par ses anciennes constructions héritées des empires coloniaux.

Ces premiers jours sur la péninsule sont aussi l’occasion pour nous de faire quelques nouvelles expériences culinaires. Nous mettons un pied dans le grand pays voisin qu’est l’Inde en goûtant à sa cuisine traditionnelle. La communauté indienne est très fortement représentée à Singapour comme en Malaisie. Chaque ville possède ses temples hindous et inévitablement des petits restaurants qui font notre bonheur. Au menu, rotis, thosais, naans, genres des variations locales de la crêpe et nasi biryani dont nous nous régalons quotidiennement.

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Du 12 au 16 novembre. Escale de quelques jours à Kuala Lumpur. Nous en retiendrons les “fried ice cream”, terrible, un terrain de jeu idéal pourDSC_0921 les soirées karaoké (désolés, pas de preuve à l’appui…), et les deux tours Pétronas immenses sculptures de fer et de verre, 88 étages et 420 m de haut, by night c’est encore mieux (là encore, vous vous contenterez des photos de jours). Sinon la ville en elle-même nous a peu charmés, comblant avec difficulté les cinq jours que nous avions devant nous pour permettre à nos chers visas birmans de se préparer.

Du 17 au 22 novembre. Un petit coup d’accélérateur en bus nous fait gagner quelques jours de pédalage pour rejoindre deux des îles au nord de la péninsule malaisienne. Précisons tout de suite que ce n’est pas du tout par flemme ou par lassitude du voyage (pas encore) que nous écourtons un peu notre passage en Malaisie, mais nous avons décidé de privilégier notre prochaine destination enfin confirmée : le Myanmar. Nous traversons donc Penang, puis Langkawi. Ces deux îles nous ravissent chacune à leur manière.

La première nous emmène sur des petites routes escarpées et paumées au milieu de la jungle. Ambiance tropicale : des oiseaux invisibles et des cigales tiennent les voix principales de cette cacophonie inhabituelle, une végétation gorgée d’eau et envahissante, nous donnant un air plus frais et plus agréable, surtout dans les cotes où, fait étrange, la vitesse de nos bolides diminue au point que tout vent disparait et que la chaleur du soleil torride prend lourdement le dessus.

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Ajoutez à cela quelques plages de sable blanc nous permettant d’admirer les tortues de mer (jamais vues), profiter d’une eau bleue (pas aussi bleue que sur les photos de pub, c’est un scandale!), admirer les couleurs flamboyantes du ciel lors d’un coucher de soleil, … et n’avoir d’autre soucis que de profiter du temps qui s’écoule doucement. Malgré son urbanisation importante sur une partie de ses côtes nous profitons d’un magnifique tour de vélo et d’une super balade dans la jungle. Pas de quoi se prendre non plus pour Indiana Jones.

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Langkawi, la deuxième île nous emballe encore plus. Le tourisme de masse l’a déjà atteinte elle aussi, mais il est plus facile à contourner. Nous sommes charmés par son relief tourmenté fait de pics multiples toujours luxuriants, de plages spectaculaires et préservées ainsi que de formations géologiques particulières. Par endroit, des falaises karstiques, telles des lames acérées, tombent à pic dans la mer.

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Des dizaines d’îlots recouverts de végétation semblent parsemés au large des côtes, un peu partout sur l’horizon, formant parfois des canaux bordés de mangroves. Nous vous recommandons la visite de cette petite île, certes touristique, mais idéale pour un séjour de détente dans une nature belle et apaisante.

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DSC_0728Une dernière journée de vélo pour profiter de la verte campagne malaisienne (qui ne ressemble en rien à celle, verte aussi, que vous connaissez en France), pédaler entre rizières, cocotier, papayers et petits villages tranquilles. Nous rejoignons dans la journée la frontière thaïlandaise, grimpons dans un train pour nous réveiller le lendemain dans un univers complètement différent : Bangkok.

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