Où sommes-nous

Toujours plus au nord du Mekong

Vang Vieng, départ d'Olivier et Rachel, snif !12 janvier. Ca y est, Olivier et Rachel bouclent leur valises pour rentrer en France. Nous ne leur dirons surtout pas que le ciel s’est dégagé à partir de ce moment-là. Avec Marie-Jo et Bruno, nous sillonnons une dernière fois les vallées entre les pains de sucre de Vang Vieng avant de tailler au nord vers Luang Prabang.

Vang Vieng, balade en vélo-motoVang Vieng, balade en vélo-motoVang Vieng au coucher de soleil

En route pour Luang PrabangLa route pour y parvenir est superbe : les pitons rocheux laissent peu à peu la place à des montagnes plus imposantes et impressionnantes. La route se tortille sans relâche entre ces massifs acérés qui viennent déchirer l’écharpe nuageuse matinale … haaa, enfin des montagnes depuis trop longtemps disparues à notre vue !

En route pour Luang Prabang

14 janvier. Luang Prabang, ville classée au patrimoine de l’UNESCO. Elle fourmille de touristes et il est aisé d’en comprendre la raison. Blottie au confluent du Mékong et de Luang Prabangla Nam Khan entre de verdoyantes montagnes, elle est une destination du Laos incontournable : des berges paisibles, un vieux quartier très bien conservé avec des temples bouddhistes (et oui, encore), des ruelles calmes, de petites maisons serrées avantageusement restaurées en guesthouses ou boutiques à touristes, son marché de nuit … et ses buffets à volonté pour seulement 10.000 Kips (1€) ! Bien que la vieille ville soit exclusivement dédiée au tourisme, il est difficile de ne pas être sous le charme.

Luang PrabangLuang Prabang

Malheureusement, nous apprenons là une triste nouvelle nous amenant à décider un aller-retour en France de quelques jours. Ne nous en voulez pas si nous avons gardé cela pour nous, mais il put être difficile de repartir dans le cas contraire. Nous quittons donc Marie-Jo et Bruno précipitamment avant de revenir au même endroit la semaine suivante. Ces journées françaises nous ont procurées une sensation ambigüe d’ubiquité : d’un coté notre vie à travers notre voyage qui semble étirée dans le temps, une courte année si longue dans l’esprit, si chargée de souvenirs, et notre vie en France retrouvée avec l’impression de ne l’avoir jamais quittée, comme si le départ en août dernier était hier.

Muang NgoySentiment prévisible, notre retour au périple n’est pas très fluide. Bien que notre bout de chemin au nord du Laos nous offre de magnifiques paysages montagneux recouverts de jungle, notamment à Muang Ngoy, nous cherchons à atteindre assez rapidement la frontière chinoise. De Nong kiaw à PakmongChangement de végétation, changement de relief, changement de culture … nous avons besoin de changement et décidons de quitter l’Asie du sud-est pour nous remotiver.

26 janvier. Grâce à quelques coups de pédales et quelques bus, nous atteignons rapidement la frontière nord du Laos ; c’est l’entrée en Chine.

Alors … changement ou pas changement ?

Le double effet Vang-Vieng

Cette fois nous laissons la plume à Rachel et Olivier. Nous reviendrons plus tard ;)

11 janvier. Départ précipité de Vientiane car la capitale du Laos manque d’attrait, du moins si on n’y met pas le prix. Il nous reste trois jours tous ensemble, alors nous sautons dans un bus bondé, direction Vang-Vieng, petit patelin à quatre heures de route dans les montagnes au nord de la grande plaine de Vientiane. Dès que le bus s’enfonce dans des reliefs un peu accidentés, cela commence à nous plaire : de belles rizières, des montagnes imposantes dans une forêt luxuriante, bref des paysages de cartes postales. Nous nous sentons bien, la région est prometteuse.

Vang Vieng

Vang ViengLe premier effet Vang Vieng. Nous arrivons dans l’après-midi sous un soleil magnifique éclairant des falaises et des pics rocheux de toute beauté. Le coucher de soleil fait miroiter sur la rivière un panorama sublime. Cela est de bonne augure pour la randonnée du lendemain. Vang Vieng, jungle trip Malheureusement, ce n’est pas le cas : le crachin alterne avec une pluie franche durant toute la journée, la brume enserre les montagnes. Qu’à cela ne tienne, nous profitons d’une balade agréable quoique laborieuse (“Be carefull, slippery”). Les postérieurs et les crânes se souviendront des rochers sur le sol et des branches en travers du chemin !

Vang Vieng, Cancun de l'est Le deuxième effet Vang Vieng. A la lecture de cette description idyllique, vous devez penser que nous avons déniché là un vrai havre de paix, loin de la civilisation bruyante et anarchique. Nous l’avons cru nous aussi, une heure ou deux, pas plus. Nos doutes concernant la tranquillité apparente de cet endroit nous sont apparus lorsque nous avons croisé des hordes d’énergumènes débraillés, les cuisses et pectoraux à l’air, recouverts de messages sibyllins (on vous épargne les extraits). DSC01944Première pensée, en vrais vieux jeunes que nous sommes : “Tiens, des petits c… irrespectueux envers la population locale”. Graaaave erreur, ce sont des troupeaux de jeunes Anglais ou Néo-Zélandais déambulant très dénudés, qui s’expriment sous forme de vocalises gutturales et imbibées d’alcool du genre : “Beuuuuuaaaaaarrrg” juste par dessus votre épaule. En fait, tous ces jeunes post-pubères en mal de sensations fortes,  d’alcool ou de substances illicites se retrouvent dans ce bled pour laisser libre cours, en commun, à leur besoin d’affirmation du moi profond. Evidemment c’est un fait notoirement connu des voyageurs de la région, sauf de nous !

Ca égratigne un peu l’image d’écrin de verdure montagneux que nous avons eu en première approche, mais juste un peu. Ce lieu est tellement beau et nous partageons ces moments avant le dur retour en France pour nous et à leur bicyclettes pour les amoureux de l’autre bout du monde ! Espérons que dans le futur, Vang Vieng sache garder son attrait sans se transformer en un Cancun Laotien.

Vang Vieng