Où sommes-nous

L’Indonésie en vrac

On a craint, redouté, pas aimé :

  • La chaleur… qui ne cède jamais la place à un instant de fraicheur pour une nuit reposante !
  • … et moite en plus : essayez de faire sécher du linge … même en plein cagnard, ça ne veut pas !
  • Des routes pentues, mais pentues… On n’a pas idée ! Que quelqu’un leur dise de faire des virages plutôt que de taper direct dans le relief !
  • Les moustiques… soit ils ne savent pas lire, soit notre “lotion haute protection zones tropicales et à risque” n’a de repoussant que son nom.
  • Les déchetteries improvisées à tous les coins de rues, un régal pour nous respiration haletantes.
  • Les averses diluviennes qui ont pour seul avantage d’être relativement régulières : de 14h à … plus ou moins. Adieu les plans romantiques sous le coucher de soleil tant convoités par Etienne !
  • Les réveils intempestifs à 5h du mat’, grâce à nos amis les coqs, poules, cochons et chiens, ainsi que par les indonésiens qui commencent déjà à s’affairer dans un calme disons tout relatif.
  • Le boucan !! Quand ce ne sont pas les klaxons, ce sont les karaokés : on a de la chance, ce soir ça fini plus tôt : 1h de mat’, car c’est dimanche !
  • L’océan … même ici l’eau est salée ! Les vélos en ont bien profité : chaînes et mécaniques rouillées à souhait.
  • Le prix de la Bintang, trois repas pour le prix d’une bière, faut pas déconner ! On est en carence.
  • Les cérémonies traditionnelles balinaises séduisantes de prime abord mais qui manquent vraiment d’authenticité.
  • La condition de la femme qui à encore bien besoin d’évoluer : comme dans tant de pays, c’est l’homme qui boit, fume et conduit, et bien sûr passe sa journée au café pendant que …. On ne parlemente qu’entre hommes et on s’adresse à l’homme, Manon à d’ailleurs beaucoup apprécié.
  • La compagnie de soufre laissant les forçats du Kawah Ijen dans des conditions de travail déplorables, l’un des pires métiers du monde !
  • Sur Bali, des tour-operator décomplexés exploitant le travail millénaire de terrassement des rizières réalisé par des paysans vivant dans la misère.

On retiendra malgré tout :

  • Les odeurs de kretek (cigarettes au clou de girofle), de nasi goreng, de menthe, de fleurs de frangipanier, de saté (brochettes de viande au BBC avec sa sauce aux cacahuètes), les odeur de riz quasi permanentes. 
  • Des “What is your name ?”, “Where are you going ?”, “How are you ?” des Indonésiens sur leur scooter qui n’ont même pas le temps d’entendre la réponse parce ce qu’ils sont déjà loin devant ! Le must : “How are you going ?”
  • La découverte d’une faune et d’une flore, terrestres, aquatiques, nouvelles, abondantes et multicolores.
  • Les paysages de rizières dessinant des courbes à l’infini.
  • La vision des scooters transportant : des empilements de 3, 4 ou 5 personnes dessus voire une chèvre en plus ou des chargements acrobatiques d’objets, de végétation en tout genre, bien plus volumineux que le véhicule et le conducteur rassemblés, mais à l’équilibre très ajusté.
  • Les bonbons kopiko au café qui nous auront accompagnés durant toute la traversée.
  • Quelques couchers ou levers de soleil inoubliables malgré tout ce qu’on raconte sur la mousson.
  • L’accueil en or que nous a réservé l’équipe des motivés de Bike to Work à travers tout le pays.
  • L’extrémité orientale de notre périple atteinte à Kuta Lombok, à 15 000 km de Lyon à vol d’oiseau.
  • L’inavouable : un McDo à Yogya (si si, véridique !), sous le coup d’un irrépressible besoin d’ingérer une nourriture plus familière… On s’en est mordu les doigts, surtout après avoir vu le Pizza Hut de l’étage supérieur. C’est promis, nous ne recommencerons plus !
  • Le volcan Mérapi qui aurait du commencer à s’énerver devant nos yeux, mais un ciel trop nuageux en a voulu autrement.
  • Le goût du poisson frais, pêché de nuit, une heure avant, à la lanterne et englouti sur la plage même.
  • Nos première plongées australes, flashi les coloris !
  • Les vapeurs asphyxiantes des volcans javanais dans des décors à couper le souffle !
  • Des sourires de partout partout partout … en ville, à la campagne encore plus.

Visages Indonésiens

Avec tout ça, on s’est vraiment régalé de la diversité des paysages, des cultures, des rencontres, des expériences. Et pourtant nous n’avons découvert qu’une si petite partie de ce pays gigantesque et varié. En 17 000 îles, il y a de quoi contenter tous les appétits !

Maintenant, direction la France, mais on n’est pas pressé.

La recette pour un bon séjour à Lombok

DSC02641 Difficulté : super facile !

Prix : très élevé…

Temps : 3 jours suffisent

Ingrédients :

  • un vélo et ses 5 sacoches
  • une moustiquaire
  • une bonne réserve de flotte
  • des tongs
  • une plage de sable blanc
  • du soleil
  • une grosse noix de coco
  • un jus de banane
  • 2 pailles
  • un appareil photo

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Cette recette, qui ne se veut pas innovante, sera une réussite seulement si vous suivez l’ordre des ingrédients ci-dessus. Tous ne sont pas indispensables mais chacun joue un rôle important dans le bon résultat de cette recette. S’il vous manque l’un d’eux, vous pourrez retenter l’expérience une prochaine fois.

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Une petite illustration animée vous permettra de faciliter votre compréhension des différentes étapes. Nous conseillons tout de même à tout personne en mal de vacances, ou en difficulté dans le cadre de son travail, de s’en tenir à ces premières lignes, et d’éviter de visionner le film qui suit.

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Précisons tout de même que pour nous offrir ce plat délicieux, nous avons déboursé des litres de sueur invraisemblables, la preuve en image :

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Némo à Bali

Qu’aurait été notre tour de Bali sans une visite ou deux des fonds marins : expérience nouvelle dans ce monde aux mille couleurs.

“Mettez les palmes une fois dans l’eau !  Si vous avez de l’eau dans le masque, soufflez par le nez ! N’oubliez pas de respirer ! Débouchez vous les oreilles en vous bouchant le nez ! Dans l’eau, “ça” veut dire “ok”, “ça” veut dire “ça va pas” ! Surtout ne paniquez pas tout va bien se passer!”DSC02175

Nous sommes sur la côte nord de Bali. Un bateau nous mène sur la plage de sable blanc de la petite île “Pulau Manganem”, non loin de là. Les consignes sont données, le matériel installé, nous pesons désormais le double de notre poids, prêts à partir.

Passé les premières minutes d’adaptation et quelques difficultés à respirer normalement (faut le faire), DSC02177nous commençons à apprécier l’univers qui nous entoure. Baignés dans une eau bleue et chaude à rendre envieux les habitués de la discipline, nous divaguons entre des poissons de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Nous atteignons bientôt un tombant formant un mur immergé de plusieurs dizaines de mètres et chargé d’algues, de coraux, de gorgones. Le tableau est superbe. Ce monde mystérieux perd tout d’un coup son coté effrayant.

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Tulamben  : la visite de l’épave du “Liberty” quelques jours plus tard, toujours dans le nord de l’île, nous comble tout autant. Le temps nous manque et notre niveau ne nous permet pas de descendre assez bas pour la découvrir dans sa totalité afin d’y trouver LE trésor enfoui que tout le monde cherche encore. Quelques images de l’histoire du Titanic (à une autre échelle) rend notre excursion encore plus palpitante. Nous finissons la plongée encerclés par un banc de poissons argentés, sensation d’être pris dans l’œil d’un cyclone.

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Deux sites vraiment superbes qui ne peuvent que satisfaire les amoureux de la plongée. Mais gardez-le pour vous car il y a déjà beaucoup de touristes. N’hésitez pas à choisir de petites agences qui souffrent de la grosse concurrence et sont malgré tout très compétentes.

pèle-mèle plongée

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Bali, grimpettes entre temples et rizières

Du 20 au 23 octobre. L’arrivée à Bali est pour nous synonyme de retour au voyage à vélo. DSC02169Nous grimpons avec bonheur sur les bicyclettes avec en prime une quarantaine de kilomètres d’asphalte neuve et quasi-plate. Le changement est radical, nous récoltons d’emblée des centaines de sourires et de “Hello Mister”. Vive le vélo ! En même temps, nous sommes plongés dans l’ambiance hindouiste de Bali par la profusion des temples qui bordent les routes. Dans chaque village un temple majeur, dans chaque maison un temple familial. DSC_0028Nous ne savons plus où donner des yeux. Ici, à gauche ! Là, sur la droite ! La tentation est grande de s’arrêter à chaque occasion pour prendre quelques photos, mais résistons ce ne serait pas raisonnable;)

Cependant, en quelques jours nous allons expérimenter les difficultés d’être cycliste sur une île volcanique et équatoriale. Le troisième jour sur place, nous traversons l’île du nord au sud en passant par Munduk et le lac Bratan situé à 1350 m d’altitude et point culminant de la journée. Sur le papier, rien d’insurmontable, 40 km et 1500m de dénivelées, nous avons déjà testé dans les Dolomites, ça doit passer. C’est sans compter sur la médiocrité de la carte combinée à un tracé des routes, disons, assez direct ! DSC_0095Comme dirait l’un de nos anciens gouvernants, “la route est droite, mais la pente est forte !” Ahh ça, on peut dire qu’elle est forte. Nous enchaînons les montées à 15% voire plus pendant cinq heures, le tout, sous une chaleur écrasante. Un effort infernal, en plein cagnard. L’épreuve est si rude que nous craquons tous les 500 mètres, engloutissons les litres d’eau avant de nous faire violence pour remonter sur les machines. Au milieu de l’ascension, un petit panneau sur la gauche de la route joue les sirènes : “Z Waterfall, 500m”. DSC02301Sans l’ombre d’une hésitation, nous reposons les organismes pendant deux heures, petite balade dans l’ombre et la fraîcheur des girofliers, des cacaoyers, des caféiers, des macadamiers … Qu’il est dur de renfourcher nos montures après cela ! Malgré tout, nous venons à bout du supplice, juste à temps pour voir les lacs … dans la brume et se faire saucer abondamment. Revoilà notre amie la mousson désormais rituelle, pour confirmer le côté équatorial de la balade. Nous pensions y échapper sur Bali, mais nous allons devoir l’intégrer dans notre programme. Heureusement le phénomène est assez régulier, ce qui permet de s’organiser, enfin en théorie.DSC02305Mais rassurez-vous, nous avons trouvé la parade. DSC_0289Si vous vous retrouvez coincés à la nuit tombante sous une pluie diluvienne, ne vous affolez pas, rejoignez le poste de police le plus proche. Ces chers fonctionnaires étant relativement peu occupés, ils vous accueilleront volontiers pour une petite nuit en cellule. Il s’agit bien sûr de ne pas être trop regardant sur la propreté des lieux.

Du 24 au 26 octobre. Le sud de Bali est une région très prospère, dotée d’une nature particulièrement généreuse. Il y a tellement d’eau qui coule des montagnes que tout pousse avec facilité, ce qui laisse aux Balinais beaucoup de temps pour se consacrer à la religion et à la fête. Nous pouvons donc visiter des temples magnifiques et croiser, tous les jours, des cérémonies traditionnelles, occasions pour les locaux de célébrer leurs divinités ou leurs ancêtres par des quantités monumentales d’offrandes (fruits, fleurs, poissons, viandes…).

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Chaque événement est un prétexte pour faire la fête, se réunir, danser, jouer de la musique et partager le repas ensemble. Invités à l’un de ces repas, nous assistons au sacrifice d’un cochon, une première pour chacun de nous deux. Image poignante ! L’île parait vivre dans un carnaval permanent, festival de couleurs, d’odeurs et de musiques.

Notre dernière escapade se déroule autour du mont Batur, où l’on retrouve la configuration du Bromo, volcan dans le volcan.DSC02471 Notre scooter nous emmène autour de ce cône sombre, dans une végétation luxuriante, où nous nous égarons dans de petits villages isolés du tourisme qui fait rage dans la majeure partie de Bali. Et ce n’est pas dommage ! Nous redescendons à travers les rizières qui recouvrent les pentes de tous les volcans de l’île. Imaginez des travailleurs coiffés de chapeaux chinois, de l’eau jusqu’au genoux et le dos courbé sur les plants de riz. Et bien, tout pareil. De vraies cartes postales !

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Impossible d’omettre un petit clin d’œil aux premiers copains que nous retrouvons depuis notre arrivée en Asie et cela complètement par hasard ! DSC_0742Dans un spectacle de Legong, danses traditionnelles à Ubud (genre de Katmandou local dévoyé par le tourisme), nous nous retrouvons assis juste à côté de Patricia et Aurélien, une bonne occasion pour aller boire un verre ensemble. Grosses bises les vacanciers.

Après une semaine passée dans ce kaléidoscope, nous fuyons l’agitation incessante de Bali pour sa paisible voisine, Lombok.

Sur un air de Java, un peu soufré

18 octobre. Coupons court à notre série noire de Yogya. Nous allons opter pour la solution de facilité avec le peu de temps qui nous reste à passer sur Java. A la sortie de la gare de Probolinggo, nous sommes attrapés par deux triporteurs. DSC_0071 Ils nous déposent devant la “tourist information”, rien d’autre qu’une agence pouvant effectivement donner des informations touristiques. Nous sautons sur l’occasion et acceptons le pack pour un tour de deux jours sur le Bromo et le Kawah Ijen, les deux volcans actifs et sites majeurs de l’île. Dans la précipitation, nous sautons l’étape négociation et payons le prix fort, dommage.

Nous empruntons une route sinueuse sous un ciel chargé et sombre, dont le terme nous offre un magnifique panorama se dévoile devant nos yeux : une immense caldera au milieu de laquelle se dresse le Bromo et ses acolytes, trois volcans dans un ancien volcan effondré. Malgré ses 2392m, le Bromo reste les plus petit des trois mais le seul en activité.DSC02035Quand on a testé, on y prend goût : réveil à 2h30 du matin. Après une petite heure de marche à la frontale, nous  faisons une halte au premier point de vue signalé. Une deuxième heure doit nous conduire vers un deuxième poste, d’où sont prises tous les clichés des cartes postales. Mais, mais … telles des fourmis e file indienne, nous apercevons le défilé des jeeps chargées de touristes qui traversent le fond de la caldera pour venir s’amasser vers notre objectif. Petit calcul rapide (que serions-nous sans les petits calculs ?), à vue de nez, cinq cents touristes s’élançant sur la piste, ce qui rappelle une chanson de l’ami Renaud. Dans l’instant, nous décidons de rester calés au premier point de vue : pas un chat à la ronde et une vue qui n’a presque rien à envier au second.

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DSC_0199Le moment du lever de soleil et les couleurs qui l’accompagnent ont beau se répéter quotidiennement, cela reste toujours un instant saisissant, aujourd’hui magnifié par le décor qui se révèle sous nos pieds. La brume matinale semble se déverser dans la vallée à travers les rizières qui la bordent. En redescendant de notre perchoir, nous nous immergeons dans cette brume qui s’avère être le nuage soufré échappé du Bromo. Sensation acre que de sentir ces vapeurs venir se loger dans les bronches. C’est pourtant le lot quotidien des habitants de la région.

DSC_0268Retour un court instant au niveau de la mer dans la chaleur moite du pays ; on ne s’y habitue toujours pas. La destination suivante est le massif volcanique situé à l’extrême est de Java et qui s’atteint à l’aide d’une route dévastée par les pluies. La végétation parait de plus en plus fournie : bambous, palmiers, plantations de cafés, fleurs exotiques en tout genre.

20 octobre. Au petit matin, nous commençons l’ascension du Kawah Ijen, volcan encore en activité rendu célèbre grâce à Nicolas Hulot. L’endroit est d’ailleurs infesté de Français. Un large sentier rejoint la lèvre du cratère puis redescend à l’intérieur de la bouche béante qui crache d’épaisses fumées jaunes. DSC02116Des porteurs remontent le sentier d’un pas lent pour assurer le bon équilibre de leurs charges écrasantes : 80kg de blocs de souffre qui sont minutieusement répartis dans deux paniers reliés par une latte en bambou reposant sur leurs épaules déformées. Nous longeons leur chemin de croix, aux appels des “Photo, photo Mister” des forçats en quête d’une clope ou de quelques roupies.

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Au fond du trou, un lac aux eaux vertes et laiteuses donne une note de fraîcheur à la solfatare, machine infernale qui rejette ses richesses toxiques à proximité. L’idée que des hommes travaillent ici chaque jour avec un simple foulard sur le nez est terrifiante. Rudesse de la tâche, air irrespirable, espérance de vie limitée, sans doute une des pires conditions qui soit. C’est sur cette expérience humaine marquante que nous quittons l’île de Java.DSC02156

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Cap vers Bali, l’île des temples, des cérémonies, l’île aux mille couleurs. Nous allons côtoyer du touriste en masse.

Un nasi en Asie

Nasi Goreng traduction Riz frit. 

Plantons le décor. Une gargote blafarde, un tantinet crassouillonne et grand ouverte sur la rue ou bien un chariot roulant à son emplacement habituel éclairé d’une ampoule aveuglante. Quelques banquettes sommaires pour s’installer ainsi qu’un grand verre d’ “es the” fait maison pour patienter.

DSC01806Passons la commande : “Tolong, Dua Nasi Goreng !” (Deux nasi goreng s’il vous plaît !”). Voici le plat indonésien le plus répandu dans tout l’archipel et la seule préparation culinaire locale qui vous assure de récolter une assiette appétissante où que ce soit.

 

DSC01798Le cuistot au piano connait sa partition sur le bout des doigts. Tout se passe entre le wok et la planche à découper. Pour instruments, hachoir de boucher sur la planche et louche à tout faire ainsi qu’un petit torchon où s’essuyer les mains entre chaque étape.

 

DSC_0375Observons. Pour commencer, une petite omelette battue à même la louche avant d’être saisie sur le métal brûlant. Découpez quelques morceaux de poulet ou autre beignets de viande. Des épices bien choisies pour enflammer la poêle. Emincez finement des légumes variés. Arrosez copieusement de condiments,  le tout, en enchaînant les gestes, tel un pianiste, avec précision et virtuosité. Les aliments virevoltent entre les deux extrémités du plan de travail, entraînés par les mains expertes.

 

DSC_0372Pendant tout ce temps, n’ayez de cesse de brasser le riz qui dore sur le feu, ni de raviver la flamme du brasier. Puis versez la préparation dans l’assiette à servir dans l’instant.

Régalez-vous !DSC_0382Nasi et Mie goreng

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Yogya, looose-control

“Quand on pense à Java”, c’est à ses monuments inscrits au patrimoine de l’Humanité et à ses énormes volcans formant la ceinture de feu sur la côte sud de l’île. Enfin, maintenant qu’on a vu tout ça, on y pense.

Du 14 au 17 octobre. Centre de Java. Nous débarquons à la gare de Yogjakarta (prononcer Djogdja), avec nos vélo emballés dans de larges boîtes en carton, nos dix sacoches en plus et la petite guitare dans son étui doré par la couverture de survie qui l’entoure. Il ne manque plus que la Peugeot 504 et nous partons pour le bled. Mais nous nous contentons de descendre du train, épreuve que nous ne réussissons qu’avec l’aide des porteurs de la gare. Grâce au réseau BiketoWork, nous sommes attendus par Pakjo, qui bien sûr est venu nous chercher avec … son vélo. Mais il a du bon sens et trouve la solution, nous chargeons les deux vélos sur … un autre vélo, enfin sur un triporteur, puis chacun d’entre nous fait de même et nous voilà calés à l’avant de ces tricycles, poussés à travers Yogya par de pauvres équilibristes perchés sur des selles trop hautes pour leurs courtes jambes.

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Nous avons vraiment échangé la casquette du cyclotouriste contre le bob du touriste-promené. DSC_0026-1Mais sous l’impulsion de Pakjo, fou de vélo, nous montons les bicyclettes le soir même et partons pour une virée dans Yogya by night. Quel bonheur de sentir à nouveau le cuir des selles sous nous fesses ! Nous déambulons à travers les vieux quartiers entourant les différents palais de la vieille capitale de royaumes javanais. La balade est un enchantement, le séjour s’annonce plutôt bien.

Ville à l’histoire multi-centenaire, entourée de plusieurs monuments et temples de renommée mondiale et baignée dans un environnement naturel très riche, Yogya possède de nombreuses ressources touristiques et culturelles. Nous comptons bien exploiter au mieux les trois jours à passer ici pour en profiter pleinement. Mais dès le lendemain, tout se corse !

Situation initiale : comme points clés, nous avons décidé de visiter les temples de Prambanan et de Borobudur et d’assister aux effusions du volcan Merapi, le plus actif de toute l’île ; tous ces sites s’éparpillant à quelques dizaines de kilomètres du centre de la ville. Elément déclencheur : Pakjo, en bon directeur de l’office du tourisme (ça c’est du contact valable), nous fait quelques suggestions quant à la façon d’employer notre temps et nous propose d’autres centres d’intérêts. En bon cycliste, il nous sort également ses cartes de la région. Voyons maintenant la succession des péripéties.

Le jour suivant notre arrivée, nous attaquons de façon matinale par la location d’un scooter ; ici, la circulation est moins débridée qu’à Jakarta, mais il faut quand même garder les yeux grands ouverts, garde son calme et se faufiler dans les interstices laissés libres par le flot des deux roues qui parait ne jamais s’arrêter. Ça roule jusqu’à Prambanan. Nous arrivons avant la foule des touristes et partons à l’assaut des six tours spectaculaires qui forment le principal temple du site.DSC01924C’est un véritable jeu que d’y grimper, de décoder les représentations hindouistes, puis de circuler sur les différents plateaux de ces pyramides sculptées et maintes fois rebâties en raison des tremblements de terre successifs. Le dernier en date (en 2006), a causé des dégâts importants et des armées de tailleurs s’activent aux abords. Seule déception la grisaille persistante qui gâche un peu les photos.

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Sur les conseils de notre hôte, nous embrayons sans tarder en direction de Kaliurang, point de vue imprenable sur le Merapi, pour profiter sur place d’un coucher de soleil inoubliable, suivi du spectacle des émissions rougeoyantes du monstre. Ça c’est dans le texte ; en guise de soirée mémorable, nous récoltons une averse monumentale pendant le trajet en scooter. C’est la mousson … en fin d’après midi, impensable de voir un coucher de soleil ou quoi que ce soit du genre. Et ça dure ! Nous sommes trempés comme des soupes, gelés jusqu’au os, demi-tour, on rentre au bercail.

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Raté pour le Mérapi au soleil couchant ! Qu’à cela ne tienne, nous allons retenter le coup … le matin, mais dans le sens inverse : visions nocturnes puis lever de soleil.

DSC_0200 Le lendemain donc, après un sommeil des plus courts – soirée en goguette pour une fête de quartier traditionnelle – nous nous levons en pleine nuit, grimpons sur les scooters. Nous profitons alors des rares heures où les rues sont désertes, plaisir inestimable de rouler en ligne droite sans garder les mains crispées sur les poignées de freins. Après une heure de croisière, nous arrivons au parking, une fois de plus frigorifiés. De là nous sommes sensés randonner une heure avant d’atteindre le point de vue. Armés de nos lampes frontales, nous empruntons un excellent chemin. DSC01943Puis nous tombons sur le point de vue après une bonne rando de … deux minutes. Résultat, nous avons une heure d’avance sur l’horaire, il fait nuit noire et ça caille ! Petite inquiétude, nous n’apercevons aucune lueur venant de ce qui nous semble être le volcan, tout juste un large cône élevé qui se dessine en ombres chinoises. Par contre il parait se situer bien proche de nous, on en frissonne. Entêtés, nous patientons pour profiter de l’inénarrable lever de soleil. Et c’est beau … euh, perso, j’ai pas du bien regarder parce que je me souviens pas. Au petit jour, nous apercevons enfin le Merapi, qui s’avère être beaucoup plus éloigné que prévu, en retrait derrière un petit cône de verdure, résidu volcanique nettement moins impressionnant à la lumière du jour. DSC_0249Le Merapi, lui, a la cime prise dans les nuages et de coulées de lave ou autres productions magmatiques, point du tout. Là c’est vraiment grillé pour notre panorama-spectacle ! On déclare forfait, il est 5 heures, on a sommeil, on s’casse ! Notre matinée est tout juste sauvée par la rencontre de quelques singes chapardeurs qui réussissent à nous donner le sourire.

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Pourtant, la journée ne fait que commencer et nous réserve encore bien des surprises. Plutôt que de rentrer, nous filons plein sud pour visiter Imogiri, un ancien cimetière royal, site unique en son genre, d’après notre guide local. DSC_0293En effet, c’est unique, ce n’est ouvert au public que deux matinées par semaine et coup de bol, c’est pas aujourd’hui, c’aurait été trop facile. Nous prenons quand même le temps de faire le tour du site car faute de visite, il fait beau – traduisez, il ne pleut pas – alors après deux heures de scooter, on va quand même se dérouiller les jambes. DSC_0309On commence vraiment à s’encroûter ! Sur le retour, nous avons enfin un peu de chance, nous retrouvons le quartier de la vieille ville, un peu par hasard, et pouvons visiter son cimetière royal et quelques riches habitations à la décoration intéressante.

Mais attendez, ce n’est pas fini. Des fois, on croit sortir son pied d’une bouse sans voir qu’on vient de poser le deuxième dans une autre bouse… C’est maintenant le début de l’après-midi et cette fois le coup de pompe est sévère. Il convient de se reposer car ce soir, c’est la grande fête annuelle de Yogya, événement à ne rater sous aucun prétexte, défilés de chars, feux d’artifice et tous les habitants de la ville au rendez-vous. Cette fois c’est du solide, Pakjo n’est pas le seul à nous avoir mis la puce à l’oreille alors nous avons confiance. Nous retournons donc chez lui pour nous accorder une sieste réparatrice. Les montres sont réglées, nous tombons comme des masses. A 21h, Manon se réveille, panique à bord, ça fait deux heures que nous devrions déjà être dans les rues. Nous giclons du lit et sortons pour constater les dégâts. C’est la ruée à l’extérieur, chaque ruelle est bondée et nous ramons désespérément à contre sens. DSC_0360 Une fois dans Malioboro, l’artère principale, nous guettons les animations, mais … c’est fini … en fait, chacun rentre chez soi et nous nous retrouvons coincés dans une horde de gens et de scooters, complètement désabusés. Très grosse déception qui s’accentue lorsque nous repassons dans nos têtes le film de la journée. Nous avons beau nous dire que le voyage est extraordinaire, il est parfois difficile de relativiser.

Sous le coup, perdus au milieu de la foule, nous ne faisons pas long feu, de quoi rallonger la liste des boulettes. Rapidement de retour à la maison, nous n’aurons droit qu’au bruits de pétard du feu d’artifice tirés quelques minutes plus tard et nous ne verrons rien des différents spectacles qui se déroulent au palais du roi de Yogyakarta. On les accumule !

Mais demain est un autre jour, tiens, parlons-en ! Au programme de ce troisième jour, nous avons inscrit la visite du temple de Borobudur, le plus fameux de toute l’Indonésie. Mais plutôt que d’y aller en bus, on va la jouer écolo suivant la proposition de Pakjo de nous y emmener à vélo, accompagnés de quelque uns de ses amis. Départ prévu en début d’après-midi. D’ici là, repos, cartes postales et balade pépère dans le centre. Peu avant le rendez-vous, que va-t-il se passer ? Allez vous commencez à connaître la région. Et oui, c’est l’après-midi donc, mousson oblige, il se met à pleuvoir, à verse ! Merci Popeye tu nous la copiera ta balade.

Nous décidons cette fois de prendre le taureau par les cornes. Sans attendre, nous grimpons dans un bus, puis, après quelques circonvolutions, nous posons le pied à Borobudur sous un ciel chargé mais sans pluie et pouvons dépenser nos 15$ chacun pour entrer. Il n’est pas trop tard, nous avons encore suffisamment de temps pour profiter du site. Heureusement, ce monument vaut le détour, une large construction pyramidale surmontée de plusieurs dizaines de cloches qui renferment des Buddhas observant avec sérénité toutes les directions alentours.

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C’est un vrai défi d’y faire des photos sans que n’apparaisse un touriste Indonésien dessus. Très nombreux sur le site, il donnent le sentiment d’y venir avec une seul intention : rapporter La photo preuve de leur présence sur place, ou plutôt Les photos, multipliant les combinaisons à l’infini. Une vraie mise à l’épreuve pour le photographe soucieux de la virginité de ses clichés. Vous voyez de qui on parle. Le truc : faire le tour du monument, dont la façade arrière est quasi-désertée. On respire !DSC02012

Reste une dernière épreuve à affronter sur le chemin du retour. Nous quittons les lieux à la fermeture et là surprise, plus de bus. Soit c’est taxi (très cher), soit il faut négocier avec les locaux habitués à la situation et qui attendent les pigeons gentiment. Nous optons pour la deuxième option et nous arriverons finalement dans la nuit à Yogya après un peu de moto, de bus local bondé puis de taxi, le tout en payant plus cher que l’option numéro un. Bien joué !

Elément de résolution : enfin ! Nous filons à la gare illico-presto, achetons immédiatement deux billets de train pour Probolinggo, départ la nuit même. Nous avons tout juste le temps de rentrer, s’arroser d’un seau d’eau fraîche (mandi = douche locale), empaqueter nos vélos et jeter tout notre bazar dans trois cyclo-porteurs dans le sens inverse.

Lundi 18 octobre, 01:30. Situation finale : le train entre en gare avec une heure de retard. Nous nous calons dans des sièges confortables, basculés au maximum. Bouchons dans les oreilles, plaid sur les genoux. Nous roulons en direction des majestueux volcans à l’est de Java et la nuit va nous apporter de nouvelles pages blanches à écrire.

Que s’est-il passé avec notre cher Pakjo ? Difficile de le blâmer pour tous ces ratés ; nous avons quand même passé chez lui trois jours durant lesquels il s’est montré toujours prévenant et nous devons reconnaître un certain manque de bon sens quant à notre organisation. Surement beaucoup d’incompréhension… Ça fait aussi partie du voyage ;)

Jakarta, dans la moiteur des traffic jam

Du 8 au 13 octobre.

8 octobre. Arrivés dans la chaleur moite de l’après-midi, un peu embrumés par le “jet lag”, l’excitation est tempérée et fait place à une curiosité tranquille. Nous avons quitté Ankara sous la pluie et trouvons Jakarta dans le même état. A la sortie de l’aéroport, l’odeur des kreteks, cigarette parsemées de clous de girofle, nous saisit. Manon a l’impression d’entrer dans un pays qu’elle connait déjà grâce aux souvenirs de voyage, odeurs et images, ramenés par parents vingt-cinq ans plus tôt. Le comité d’accueil habituel : les taxis qui offrent bien sûr un “good, cheaper price” mais bien plus cher que les bus. Alors ça les fait bien marrer de nous entendre dire qu’on va prendre le bus avec tout notre bazar et nos deux grandes boîtes en carton, piteux écrins pour nos bicyclettes. En fait, nous trouvons, ravis, les larges soutes des bus des bus locaux et nous embarquons dans la grisaille du soir tombant.

Nous quittons lentement la zone ; chaque véhicule tente de se frayer un chemin dans l’enchevêtrement en forme d’entonnoir qui se dirige vers le centre de Jakarta. Dans le car, c’est ambiance karaoké avec l’ami Demis et son inoubliable “Rain & Tears”, plutôt de circonstance : Rain pour le climat, Tears pour la musique, une série de super tubes indonésiens passés en boucle cinq ou six fois. On peut dire que le trafic est dense : trois heures et demi pour environ 25 km. Circuler en vélo dans cette jungle parait une hérésie.

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Après s’être fait escroquer par un taxi, lot commun du pigeon européen dans un lieu touristique, nous arrivons enfin à la maison du vélo, Rumah Sepeda en bahasa Indonesia. C’est ici qu’une bande de fous du vélo est installée ; l’organisation Bike to Work (B2W) a pour vocation de pousser les habitants de Jakarta à utiliser leur vélo pour aller au boulot. Réellement novateur et courageux de leur part quand on sait ce que signifie circuler à Jakarta aux horaires de travail. DSC_0110En tout cas nous sommes attendus et cette bande d’utopiste nous fait un accueil de rois. Nous sommes parmi les premiers voyageurs à vélo à être accueillis ici et apparemment on va jouer aux célébrités locales pendant quelques jours. Enfin, pas de quoi pavoiser non plus, mais au moins tout les cyclistes du coin nous connaissent, d’autant qu’une pipelette ne s’est pas privée pour raconter que c’est notre “Honeymoon”, et apparemment, ça leur plait. En tout cas, ce sera pour nous l’occasion de faire connaissance avec un paquet d’Indonésiens bien sympas. Thanks a lot B2W !

Les premiers jours, la chaleur nous accable et le décalage horaire ainsi qu’une fatigue accumulée pendant le voyage en avion bloquent toute velléité de s’extraire de la paresse dans laquelle nous sommes. En même temps que nous nous laissons aller dans une moiteur constante, il nous tarde de remonter sur le vélo pour découvrir le cœur du pays. Nous passons nos soirées à Rumah Sepeda, où nous croisons un nombre important d’adhérents de B2W. Et c’est pour nous pain béni, car nous pouvons glaner au fil des discussions suffisamment d’informations pour établir le planning des journées à venir.

DSC01791Dimanche 10 octobre. Cet après-midi, les membres de B2W nous emmènent dans un bar branché où se déroule une manifestation contre le global warming. Ils y participent naturellement en tant que promoteurs du vélo dans une ville sur-poluée par le trafic des véhicules à moteur. L’événement se déroule le 10.10.10 date symbolique, chose à laquelle les Indonésiens semblent accorder beaucoup d’importance. Mais cela ressemble plutôt à un joyeux mélange des genres où l’on trouve aussi bien des associations agissant concrètement contre le réchauffement climatique qu’un créateur de mode surfant sur la vague “green”.

Nous sommes un peu dubitatifs surtout quant au devenir des dizaines de tracts distribués sans impact vraisemblable, en tout cas on se demande bien ce qu’on va faire du petit sac qui nous a été gentiment remis et contenant une foule de documents incompréhensibles pour nous puisque rédigés en Indonésien. Le mouvement vert existe ici et il n’y a pas de raison pour que des profiteurs en tout genres ne s’en emparent ! Cela fait malheureusement parti du lot.

Retour de nuit. Faire du vélo à Jakarta, on n’aurait pas osé, alors de nuit, impensable ! Heureusement nous avons une escorte  de premier ordre. Nous sommes une dizaine de vélos de B2W à rentrer à la maison, un long serpent se frayant un chemin dans une circulation complètement débridée sans être totalement anarchique. DSC_0081Le principe, ne pas s’écarter de plus de 20 cm du bord gauche de la route (ah, oui, ici le trafic est en sens inverse de quoi corser encore un peu l’affaire), ni de la roue avant de son prédécesseur, (sans quoi le cordon est coupé et un autre véhicule tentera de s’immiscer), tout en se préparant à crisper les poings autour des poignées de freins. Heureusement, tout le monde roule à la même allure, voitures, motos, bajaj (tricycles à moteurs) et vélos, et la vitesse est peu élevée. Nous arrivons donc sans encombre à Rumah Sepeda. Le vélo a ceci de bon qu’il amène un peu d’air, ce qui n’est pas un luxe, car même la nuit ne parvient pas à nous apporter une fraîcheur convoitée.

Mardi 12 octobre. Ce matin nous parvenons enfin à nous extirper du lit de façon matinale. Nous prenons le Trans-Jakarta pour descendre vers Kota Tua, littéralement la vieille ville de Jakarta, résidu de la colonisation hollandaise au XIXème siècle. Première épreuve, localiser le terminal des bus et trouver la zone d’accès au bus voulu, avec quelques sourires et quelques “Tolong” (“s’il vous plait”), nous y parvenons sans trop de peine. Les Indonésiens sont très souriants toujours prêts à rendre service et ponctuer nos phrase d’un “ya, ya, no problem”, même s’ils n’ont rien compris. Très vite, nous pouvons observer qu’ils sont également dotés d’un calme à toute épreuve. Ici, il va falloir mettre de côté tout accès de colère et s’interdire de hausser le ton, c’est très impoli.

DSC01829Tout juste descendus, nous montons au sommet de la tour du Monas, monument national, une tour de marbre de 132 mètres, appelée la dernière érection de Soekarno par les habitants de Jakarta. Ceux-ci ont le chic pour trouver des surnoms sympathiques aux différents monuments aussi laids que ridicules qui truffent les principales artères de la capitale. Puis nous grimpons dans un bajaj  pour s’enfoncer dans la puanteur des pots d’échappements.

Très vite, le tricycle est pris dans les embouteillages inextricables qui bloquent le centre ville.

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DSC_0035Dernière solution, finir à pied les derniers mètres qui conduisent au fronton de mer. Nous nous retrouvons sur le port, mais pas genre port de plaisance, plutôt quai de débarquement avec les dockers qui triment pour faire transiter des milliers de tonnes de marchandises chaque jour, dans un vacarme épouvantable et des odeurs qu’on ne cherchera pas à vous décrire.

DSC_0060Nous nous échappons en longeant un canal ressemblant plus à un égout qu’à une source des Alpes. Nous naviguons alors dans une sorte de bidonville, coincé entre le port, l’autoroute et la voie ferrée, mais contrairement à ce qu’on peut imaginer, l’endroit est tranquille en même temps que très habité. De nombreuses petites habitations s’enchaînent, chacune laissant apparaître un poste de télévision toujours allumé et des visages souriants. En cette fin d’après-midi, beaucoup d’enfants jouent dans des bacs d’eau propre amenée par les canalisations. DSC_0044Dès qu’ils aperçoivent nos têtes de touristes, il se précipitent vers nous en criant “foto, foto”. C’est à chaque fois le même rituel. Nous accédons à la demande : prise de photo, puis visualisation sur le petit écran d’appareil photo, puis une volée d’éclats de rire presque compulsifs qui s’échappe de la marmaille avant de nous laisser continuer notre chemin sous les “Hello Mister”. Moments simples mais toujours enchanteurs.

DSC01865Bref aperçu de cette métropole fourmillante et embouteillée au possible. Mais toujours pas de vélo au programme. Le temps nous fait défaut, incroyable non, lorsque on part pour un an, visa trop court, île immense. Après mûre réflexion, nous nous lançons dans une grande traversée de Java en train, à travers les immenses plaines rizicoles. Enfin du mouvement et de la verdure !

Semoga Bike2Work Indonesia Selalu Jaya !!!

Traffic jam = embouteillages