Où sommes-nous

Les Rhodopes, à la croisée des rencontres

DSC_0025-2Du 19 au 26 septembre. Nous voici repartis sur nos montures favorites, bien décidés à pédaler ferme, pour cette dernière semaine en Bulgarie. Celle-ci, nous allons la passer dans les Rhodopes, massif montagneux situé au sud de Rila, peuplé de lacs et parsemé de petits villages et dont les altitudes varient entre 600m en fond de vallée et presque 3000m au point culminant. Cette semaine va se montrer fertile en rencontres.

Dès le passage à Razlog, nous ressentons un changement d’atmosphère. Le pays est toujours aussi vert et gorgé d’eau – nous trouvons des fontaines à tous les carrefours -, mais nous voyons beaucoup de personnes travailler aux champs, femmes et hommes, avec des méthodes manuelles (fauchage, charrue, ramassage…). En Bulgarie les inégalités entre populations rurales et urbaines sont criantes. D’autre part, les clochers ont fait place a des minarets. De ce côté, l’explication est évidente et nous sera confirmée par Emile à Dospat, nous venons d’entrer en terre d’Islam. Dans cette région, la religion du Coran est pratiquée par la grande majorité des habitants.

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Cependant, la frontière n’est pas si nette qu’elle nous est apparue, dans de nombreux villages, se trouve une mosquée ainsi qu’une église. D’après tous les Bulgares avec qui nous pouvons en discuter, la religion ne pose pas de problèmes et n’est pas un instrument pour séparer les populations. On est avant tout Bulgare. De même, il existe quelques villages habités par une grande majorité de Turc, mais la cohabitation avec les Bulgares se fait naturellement. Cette situation est ancienne et ceci explique peut-être cela.

20 septembre. Après quelques journées à pédaler en franchissant de modestes cols pour reposer la mécanique, enfin nos jambes quoi (voir l’article Pédalage en stand by), nous arrivons à Velingrad, ville thermale, où nous sommes alpagués par un sympathique habitant du nom de Vasco, lui-même cyclotouriste de son état. Celui-ci s’occupe d’une organisation ayant en charge la protection d’un site naturel situé sur notre route. Cela tombe à merveille, Vasco nous recommande auprès des ses amis qui sont sur place.

Du 21 au 23 septembre. Nous voilà embarqués en direction de Tchateuma, petit groupe de maisons forestières sur la rive du lac Golyam Beglik.

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DSC_0094-1Nous sommes accueillis sur place par un groupe de jeunes baba-cool qui cohabitent de loin avec quelques bûcherons, mélange parfois surprenant. Mais leur hospitalité est sans pareil, nous sommes immédiatement mis à l’aise par de grandes platrées de frites maisons ainsi que de grandes rasades de bière. Ils nous offrent un lit pour la nuit, il ne nous en faut pas plus pour nous sentir à la maison et nous décidons derechef de modifier notre itinéraire futur pour passer un peu de temps dans ce petit coin de paradis. D’autant que leur petite cahute qui sert de cuisine est très conviviale.

DSC_0050-2 A l’extérieur

DSC01041A l’intérieur

Au matin, nous sommes réveillés avec délice par les rayons du soleil qui commencent à lécher la surface du lac et le bout de nos duvets.

DSC_0059 Vue de la maison

DSC_0082 Vue depuis la maison

DSC01053Au programme de la journée, restez ici, mais surement pas ne rien faire. Le contrat est établi: nous décidons de leur filer un coup de main, ils nous nourrissent. Le travail ne manque pas, il y en a pour tous les goûts. On commence par l’équipement: une laaarge blouse, des gants, un pulvérisateur dans une main, et le pinceau dans l’autre, Etienne est prêt pour peindre les cabanes au fond du jardin. La douche et les WC(qui servent déjà… sympa). DSC01054Un coin, une masse, et une hachette, Manon s’attaque de son coté à la fente de buches, sous le regard d’abord moqueur puis surpris d’Alexander.

En attendant, notre hôte nous prépare une bonne soupe lentilles/patates et sa petite sauce poivron/ail qui va bien caler nos estomacs. En temps normal, il s’en suivrait une petite sieste. Mais le temps et les bons moments passent trop vite, alors le repos sera pour plus tard.

Nous enfilons chacun un gilet de sauvetage, puis nous embarquons tous les trois sur un magnifique canoë. Nous voilà partis au grés des vaguelettes du lac pour une petite heure de balade. Nous sommes entourés de forêts de sapin à perte de vue. DSC_0096La saison estivale est terminée et les berges du lac sont désertes. Seul un pêcheur immobile attend patiemment, ainsi que quelques cormorans qui survolent le lac. De retour à la “maison”, nous enchaînons avec un petit parcours d’accro-branche installé à proximité… juste au dessus de la niche du gros chien fou de nos amis! Les installations nous interrogent sur leur fiabilité, mais le parcourt a l’air sympa et nous décidons d’en profiter avec un petit nœud au ventre. Il n’est pas très tard mais le soleil n’est plus bien chaud, et surtout l’eau de la chauffée durant la journée ne pas pas nous attendre bien longtemps.

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Le soir, Alexander, notre compagnon d’aventures du moment, nous mitonne une soupe roborative, de quoi se sentir au chaud pour la soirée en admirant les magnifiques lumières du soleil couchant. DSC_0069-1Les discussions sont très chaleureuses malgré quelques difficultés à se comprendre. Alexander a un anglais très gestuel mais, heureusement, sa bonhomie communicative lui permet de transmettre ses sentiments sans détour.

Le lendemain, la mise en route est relativement longue ; une fois de plus, il est difficile de quitter un endroit où nous nous sommes sentis autant à notre aise. De plus, nous devons déplorer la première crevaison du voyage, gageons que ce soit la dernière. DSC01115Nous reprenons la route sur un chemin plus que chaotique, suivi d’une route à l’image du réseau bulgare. De grandes sections roulantes qui alternent avec des zones au bitume craquelé et parsemé de larges bassines comme autant de pièges à contourner. A Dospat, nous retrouvons Emile (merci les motards), bulgare musulman ayant à son arc nombre de langues européennes, et avec qui nous évoquons les relations entre les différentes composantes de la population bulgare. D’après lui, comme d’après tous les Bulgares que nous rencontrons, la situation est très apaisée et tout le monde semble cohabiter dans la paix. Une longue histoire de mélange qui permet de gommer les tensions sans effacer les différences.

DSC_0030-3Du 24 au 27 septembre. La dernière partie du périple nous conduit à travers des montagnes calcaires au reliefs modérés. Nous y croisons la route de quelques jeunes écoliers avant de découvrir les grottes de Yagodina et de Trigrad, spectaculaires pars leurs formations séculaires et leurs dimensions. Puis nous entamons une grande descente en direction de Plovdiv, la deuxième ville du pays. Au détour d’un virage, nous faisons une halte au monastère de Bogorodichno où nous faisons une rencontre des plus touchantes. Dans ce lieu, au calme typique des lieux de cultes, vit le Père Antim. Celui-ci est habitué à recevoir la visite de nombreux amis de passage et semble réputé pour son ouverture et son humanisme. A peine entrés, il nous suggère avec insistance de rester avec ses amis pour partager le repas. Difficile de refuser, il est tout juste midi et nous venons de pédaler durant un bon moment, mais surtout, son visage affable et accueillant élimine les doutes subsistants quant au chemin qu’il nous reste à parcourir (nous devons prendre le train le lendemain à Plovdiv). Nous nous attablons donc avec un plaisir non dissimulé pour engloutir, après le bénédicité rituel, quelques kebapche (saucisses de viandes hachées mélangées) accompagnées d’olives et de tomates désormais habituelles ainsi que de grandes gorgées de rakia fait maison, apéritif traditionnel assez costaud à base de raisin. Nous sommes vite calés, mais ce n’est qu’un début. Les plats arrivent sur la table lentement mais avec une régularité à toute épreuve. Pèle-mêle, ce sont du poissons grillé, des fruits, des piments, de la friture… et un nombre considérable de bouteilles de vin qui s’enchaînent. Notre hôte semble vouloir saluer la présence de Français à sa table en égrenant les cépages bulgares comme les perles d’un chapelet. DSC_0081-2Evidemment, il est de notre devoir de faire honneur. Si bien qu’à 19h nous sommes toujours à table, grisés par la douceur de l’endroit et les nombreux toasts portés à la santé d’on ne sait qui, car nous trinquons à chaque visiteur arrivant à la table. En effet, Père Antim reçoit de nombreuses visites tout au long de la journée et chaque nouvel arrivant prend sa place autour de la table commune qui est, à présent, achalandée comme une boutique stambouliote. C’est à ce moment que nous rendons les armes, dans un état de douce euphorie. Mais hors de question de quitter les lieux, nous allons simplement prendre nos quartiers dans le monastère. Père Antim nous aménage une petite pièce où nous allons sombrer dans les bras de Morphée sans attendre.

Le lendemain, nous nous réveillons lorsque les premiers rayons de soleil éclairent le monastère. Nous sommes attendus par notre hôte à la table du petit déjeuner avec le lait de chèvre de la ferme et un petit café sympathique. DSC_0085 Cette fois, il n’y a plus personne pour traduire les paroles du Père ni les nôtres, mais la chaleur de son regard et la bonté qui émanent de cet homme nous touchent profondément. Au moment de le quitter, il nous dépose dans les bras une cargaison de paquets remplis de victuailles. Quelle générosité ! Nous avons passé avec lui une petite journée et nous voilà repartant comblés. C’est Noël avant l’heure ! Nous sommes rêveurs, sa chaleur est si communicative, lui qui mène une vie des plus simples. Son image et les moments passés auprès de lui resteront à coup sûr un viatique inestimable pour la suite de notre voyage.

DSC_0115 27 septembre. Plovdiv. Dernière escale bulgare avant de monter dans le train et de tirer encore plus à l’est. Nous passons un après-midi à flâner dans la vieille ville, à travers des ruelles encadrées d’anciennes maisons aux couleurs vives et tout en poussant nos attelages, comme des malheureux, sur de bons gros pavés mal jointés et clairement impraticables pour nous. DSC_0174En fin de soirée, nous voilà installés dans une couchette du Balkan Ekspress, ayant pour nouvelle destination cette grande cité si fertile pour l’imaginaire,

Istanbul.

Pédalage en stand by

15 septembre. Nous voilà partis de Sofia, dans un bon bol de pots d’échappement. L’unique route qui conduit dans les Rodop, massif montagneux au sud de la Bulgarie, nous fait profiter d’un trafic dense et bruyant. DSC_0072Sans tarder, nous rejoignons une section de la route en plein chantier, ce qui oblige les véhicules à suivre un contournement d’une dizaine de kilomètres. Mais à vélo, nous pouvons rejoindre sans difficulté l’autre coté de la zone de travaux, 150 m plus loin, et voici une route à 2 voies qui s’ouvre à nous … rien qu’à nous !

16 septembre. Cinquante kilomètres et une nuit plus tard, nous entamons notre grande ascension de la journée. Nous suivons une gorge verdoyante ponctuée de petits estancos vendant du miel, du miel ou du miel. Les maisons des villages sont faites de briques ou de moellons, comme inachevées, mais la vigne est toujours présente et bien soignée …

DSC00973Nous arrivons enfin devant l’entrée de ce site que l’on nous a tant recommandé : le monastère de Rila. Dans un cadre montagneux, se dresse cet imposant et somptueux édifice fondé au Xème siècle. Au centre, une église orthodoxe aux voutes extérieures ornées de peintures aux couleurs vives, relatant la vie du Christ et autres scènes bibliques. Autour, en forme de trapèze, des bâtisses blanches sur trois étages faites d’arcades peintes, servent à l’hébergement et à la vie des moines. DSC_0163Il n’y a pas beaucoup de visiteurs, des fontaines issues des sources avoisinantes coulent à différents endroits du monastère, la végétation est soignée. Baignés dans cette ambiance reposante, nous sommes en admiration devant ce joyau de la foi orthodoxe. Ca va mitrailler … et les photos vont être difficiles à sélectionner!

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L’après-midi avance vite. En quelques minutes, au vu de la carte des environs, nous concoctons un circuit de randonnée pour les deux journées à venir. Nous nous équipons pour passer la nuit dans les hauteurs du coin. Mais pas de sac à dos ! Pas de problème: prenez une sacoche avant de vélo, enlevez les petits bitoniaux qui finirons par vous gêner dans le dos, fixez une écharpe en guise de ceinture ventrale autour de la base de la sacoche et de votre taille, puis un tendeur finira de sangler la partie haute à vos épaules. Vous êtes prêts pour marcher deux jours avec cet attirail. Il y a 700m de dénivelée à faire pour arriver à la cabane où nous avons décidé de passer la nuit. DSC_0269 Le soleil nous fait le plaisir d’attendre que nous sortions du sous-bois. Les couleurs se dorent peu à peu. Nous tombons avec bonheur sur une foison de fruits de bois en bordure de sentier … groseilles, framboises et myrtilles dont nous ferons notre dessert. Enfin, nous arrivons à notre fameuse hutte de bois. L’extérieur est plein de détritus, comme de nombreux endroits en Bulgarie (comportement post-communiste parait-il, mais très consumériste également), mais l’intérieur est bien équipé: poêle, matelas, couvertures, tables et bancs. Tout est là, on est aux anges. On est juste bien, heureux d’être là.

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17 septembre. Départ au petit matin, 6h00, le programme de la journée est ambitieux d’après les personnes rencontrées la veille. Très vite, le soleil laisse une frange orangée à l’horizon. Nous entamons notre croisière sur un sentier assez bien tracé. Le paysage qui nous entoure se dévoile peu à peu dans des couleurs chaudes. Avant d’atteindre la crête, les premiers rayons de soleil viennent se refléter dans un petit lac. Le spectacle mérite une pause.DSC00895

Bon … déjà 20 mn de retard sur notre l’horaire de la journée! Nous atteignons ensuite la crête pour découvrir un panorama splendide que nous pourrons apprécier pendant une bonne partie de la journée.

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Un peu trop escarpé par endroits, nous dévions de notre itinéraire initial pour un sentier en contrebas des crêtes. Une heure de retard! … Aarggh! Pourrons-nous respecter notre programme de la journée où devrons-nous le raccourcir? DSC_0327Pressons le pas. Un peu de pression re-booste les troupes. Nous croisons de petits lacs de montagne aux eaux d’un bleu si pur qu’il donne envie de la boire ou d’y nager… pas chiches! Allez… nous nous autorisons 15 mn de pause pour grignoter – le fait de porter notre matos nuit et bouffe nous a fait étonnamment diminuer nos rations alimentaires – avant de reprendre notre course. DSC00930Nous avons bien trouvé quelques victuailles à cueillir, de petits champignons magiques réputés dans la région, des psylos pour les connaisseurs. Mais, notre objectif n’est pas encore à portée de nos mollets, alors nous évitons. Le paysage est moins escarpé par la suite, mais n’en demeure pas moins vaste et apaisant. Une heure plus tard, les jambes commencent à se faire un peu lourdes.

Nous arrivons enfin à notre but convoité : un promontoire, à l’extrémité de notre arête, offrant une vue dont on nous a fait tant d’éloges, que nous craignons la déception… nous avançons, tête baissée, repoussant la l’instant de révélation au maximum. De toute façon, le temps et les guiboles nous manquent pour aller plus loin, après, c’est la redescente. DSC_0366 Notre regard se lève enfin sur un ensemble somptueux de lacs bleus 500 m plus bas. Nous profitons de la vue une demi-heure durant. Avant de rebrousser chemin – 3h30 et 1500 m de descente nous attendent (aïe! … les jambes!) -, nous nous imprégnons une dernière fois de tout ce qui nous entoure… Ca va… on a encore le temps d’en profiter, car le chemin de retour est long… assez long… très long… trop long!! D’autant que notre rythme de course, imposé par les douleurs dans les jambes, diminue peu à peu. La fin n’arrive jamais. “Ils” l’ont coupée pour rajouter un bout de chemin, c’est sûr! Georges Brassens a beau faire ce qu’il peut pour nous faire oublier notre interminable chemin, mais en vain. 18h30, nous arrivons. Exténués! Résultat des courses: 2700 mètres D+ et 3000 mètres D- en 26 heures…et des courbatures pendant 4 jours! VIVE LE VELO!!!

18 septembre. Le lendemain, essayant de dissimuler notre déambulation brinquebalante, nous captons les premiers rayons du soleil sur le monastère encore endormi. Etienne a trouvé le bon argument pour faire valoir une nouvelle rafale de photos du site. Sympa le travail de sélection (exemple: passer 10 minutes à choisir entre deux ou trois photos identiques). Mais les touristes arrivent en vague, il est temps de décamper.

Le retour est en descente sur 25 km… et c’est pas dommage! Nous n’en concéderons pas beaucoup plus aujourd’hui. Il est des jours où il fait laisser son corps dicter ses raisons. DSC01002 Au passage, petite dégustation de yaourt au lait de chèvre dans une petite ferme du coin. Les jours qui viennent, direction le sud pour entamer quelques nouveaux cols… et se refaire une santé!

Sofia, les parcs, les joueurs d’échecs

13 septembre. Nous arrivons à Sofia, grande métropole aux abords esquintés, il va falloir s’y habituer, comme à ces moments de tension sur le vélo lors des entrées dans les grandes villes. Nous devons slalomer entre les taxis, les bus, les chauffards, les rails qui déforment la route, les pavés, les trous, les bassines, se boucher les narines sans lâcher le guidon et suivre du regard les panneaux de direction sans lâcher le rétroviseur. Les yeux ne savent plus où donner de la tête. Dans ces moments, le “Padam Padam” résonne dans les oreilles. Non ce n’est pas un air d’Edith Piaf bien connu, non ce n’est pas le bruit du train corail sur la voie ferrée, c’est le bruit du vélo secoué par les cassures qui strient le bitume avec une constance déconcertante.

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Un petit coup de labyrinthe pour retrouver la gare centrale, acheter nos billets de train Plovdiv-Istanbul et admirer l’architecture communiste et post-communiste.

DSC_0105 Enfin, nous voilà dans le centre de la capitale. Nous apprécions la fraîcheur des grands parcs qui parsèment la ville. Autre cliché, nous pouvons, ici, observer en de maints endroits des parties d’échec endiablées qui attirent parfois une cohorte de spectateurs.

Après une sieste appréciable, nous allons rejoindre les colocataires avec qui nous avons pris contact sur Sophia grâce à couchsurfing. Nous testons, pour la première fois et avec bonheur, cette façon de rencontrer des personnes prêtes à offrir leur canapé pour une nuit ou deux. Ici, il est facile de se comprendre, d’autant que deux des quatre collocs sont Lyonnais. Un hasard fort sympathique. Partis de France en voiture il y a plus d’un an, ils sont eux-même de passage, mais de façon prolongée, avec l’idée de rejoindre la Mongolie. Grâce à Julietta, Mathieu, Maxime et Ivan, nous passons deux jours reposants à Sofia, découvrons les spécialités  culinaires locales (poivrons farcis-panés, préparation à base d’aubergines, mastika…), pouvons parler de la vie bulgare et débuter dans notre pratique de cette langue qui jusqu’alors nous était hermétique : “Etna Choumeschko, Dva Zagorka. Merci !” (bières locales).

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Julietta, Mathieu, Maxime et Balletringue … leur chienne.

14 septembre. Le lendemain, nous nous offrons un Sofia-express : visite du musée d’Histoire, tour à vélo dans les quartiers excentrés en passant par le périphérique local. Au détour d’un virage, Etienne s’est retrouvé nez à nez avec un 4×4 sans qu’aucun des deux n’ait le temps de réagir. Le drame a été évité de justesse grâce à l’intervention in extremis de l’accompagnateur intimant au conducteur du véhicule de stopper net sa voiturette électrique. Frayeur de l’enfant qui a cru voir Etienne s’aplatir sur lui. Mais ce dernier a mi pied à terre roue contre pare-choc juste avant de basculer sur le jouet à l’intérieur duquel était installé l’enfant. Nous avons poursuivis notre traversée du parc public sans encombre.

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Le plus agréable aura été la visite en fin d’après-midi, au soleil couchant, du centre de Sofia et de ses principales églises, suivie d’une balade sur les boulevards by night. Mais ce n’est quand même pas les Champs-Elysées ! DSC00808Sofia reste une ville de taille modeste (pour une capitale), très arborée, parsemée de squares et de grands parcs publics. Y flâner en mangeant quelques kebabche (saucisses de bœuf au grill) fut très sympa et reposant malgré une circulation assez désordonnée.

Direction le monastère de Rila et les montages des Rodop. Nous allons de nouveau faire chauffer les mollets.

Au pays des yaourts et des monastères

En plein dans les clichés

Du 8 au 14 septembre

DSC_0044 A peine entrés en Bulgarie et nous voilà en plein dans les clichés. Nous croisons plusieurs charrettes attelées à des chevaux ou des ânes.  Puis nous posons la tente dans un champ à l’écart de la route et à 100 mètres de là, nous pouvons apercevoir un berger accoudé sur son bâton, en train de surveiller son troupeau de moutons. Image d’Epinal s’il en est.

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Comme à chaque passage de frontière nous voilà baignés dans une nouvelle culture (pas si différente ici), nouvelle langue, nouvelles habitudes. Cette fois nous mettons un peu plus de temps à nous accoutumer. Notre vocabulaire bulgare est au point zéro et nous peinons réellement à nous faire comprendre, si bien qu’au premier restaurant, les “pomfrit” (assez clair non ?) se métamorphosent en tranches de pain. C’est pas grave on aime bien aussi. Par contre, à chacune de nos demandes, fait suite un temps de doute, de flou. Conversation type au rayon traiteur (interprétée d’après la gestuelle) : “ -Vous voulez ce poivron ? –Oui. -Celui-là ? Oui,oui.” Et la voilà qui insiste en nous montrant. “–Ok, Ok. –Vous en voulez un ? –Oui. –Deux ? – Non, non (et la voilà qui nous en met deux)”. Alors c’est quoi l’entourloupe ? Une fois qu’on sait, tout se résout en un éclat de rire. En Bulgarie, pour faire “oui” de la tête on oscille de droite à gauche et pour faire “non” on hoche la tête de haut en bas. Evidemment, nous n’avons pas l’air bien clairs lorsqu’on on dit “Da” avec assurance en hochant la tête vigoureusement. Rassurez-vous, depuis que nous savons, cet embarras chronique a fait place à de larges sourires amicaux de la part des autochtones.

8 septembre. Nous nous dirigeons vers Sofia en faisant quelques circonvolutions. DSC00702La première d’entre elles doit nous conduire vers Belogradchik,  un site naturel assez exceptionnel fait d’une multitude de tours rocheuses ocres aux formes arrondies et prenant des parfois profils assimilables à des personnages. Ici c’est un peu le sport local, mais vous avez déjà tous fait la même chose avec les nuages.

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Au passage, trois erreurs à ne pas commettre dans la journée du cyclotouriste :

  • DSC_0002se lancer dans une ascension en fin d’après-midi après l’avoir passée à paresser et s’être enfilé un bière de 50cL ;
  • se charger comme des bourriques avant d’attaquer une ascension vers un lieu touristique ou l’on trouve tout le nécessaire pour bivouaquer ;
  • rouler dans une côte, soit à une vitesse inférieure à 10 km/h, en fin de journée, heure à laquelle pullulent les moucherons.

Toutes ces erreurs, qui sont pour vous des évidences, nous les avons conjuguées lors de la montée à Belogradchik-tchik-tchik, mercredi en fin de journée. Mais c’est pas grave, on le referait si nécessaire, rien que pour vous faire marrer et puis parce que la route et l’arrivée sur ce site haut perché étaient magnifique sous cette lumière de fin d’après-midi.

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10 septembre. Après quelques zones indu-striées et quelques kilomètres d’une proto-autoroute, la circonvolution suivante nous emmène à travers un parc national au nord de Sofia.DSC_0023-2 Sur une route en balcon, nous remontons le cours d’une rivière qui sinue dans un décor calcaire magnifique, décor qui rappelle les reliefs rencontrés dans les Portes de Fer (voir article à ce sujet). C’est, pour nous, l’occasion de retrouver des routes à la circulation allégée et dans un cadre paisible, mais, le pendant inévitable, de renouer avec une attention accrue sur la moindre parcelle de goudron. Les routes bulgares ne sont pas une sinécure, elles ressemblent plutôt à un de ces jeux vidéos de la première heure dans lequel, au volant d’un bolide, vous devez éviter les pièges tendus sous vos roues. A ce propos, une petite devinette : qu’évoque l’expression “Padam Padam” ? Réponse dans le prochain article.

Les petites routes bulgares offrent également de nombreuses rencontres. Au détour d’un virage, à la sortie d’un village, on peut se retrouver nez à nez avec un sympathique molosse qui montre une envie irrépressible de faire la connaissance de vos sacoches voire de vos mollet autant que l’est la votre de lui balancer un coup de taloche. Nous avons, depuis, résolument adopté la stratégie de ces cabots : montrer les dents, aboyer et pédaler. Pour l’instant, ça passe, mais nous sommes décidés, nous allons très vite nous trouver un ustensile performant, un bon vieux bâton de bois.

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A Ceripiski, nous faisons notre première visite d’un monastère orthodoxe, havre de paix situé sur la berge et à l’évidence une halte traditionnelle pour les circuits touristiques de la région (comme la plupart des grands monastères vraisemblablement). Ces petites pauses sont toujours très appréciables pour et nous y goutons avec plaisir.

Cap sur la capitale : Sofia !