Où sommes-nous

Semaine à l’italienne

Après Sienne3 juillet. Sienne est derrière nous. La route qui nous mène maintenant à Florence traverse une campagne plus verte et viticole. DSC_1613Nous traversons les vastes étendues qui rendent la région célèbres pour ses vins, les Chianti. Florence, berceau de la renaissance en Italie: nous prenons un bon bain de touristes venant du monde entier, mais ça en vaut la peine. Après le petit café du matin dans un troquet du centre-ville, nous nous baladons entre le ponte Vecchio, la place du Palazzio Vecchio sous les regards de Neptune et David, puis la majestueuse cathédrale surmontée de sa coupole de Brunelleschi. Après un dernier coup d’œil su la porte du paradis, nous grimpons dans un train pour Pracchia.

Duomo de FlorenceDuomo de Florence, la coupole de Brunelleschi

Dans les Alpes ApuanesNotre itinéraire nous entraine dans les Alpes Apuanes et ses vertes vallées loin des masses touristiques où nous retrouvons les fraîcheur en même temps que les cols à franchir. Deux jours de tranquillité pendant lesquels Xavier découvre avec circonspection nos combines de bivouac : à Castiglione Di Garfagnana, nous trouvons, en plein milieu du village, un petit promontoire à l’abris des regards curieux et qui offre une vue panoramique sur les alentours, terrain de camping idéal, à la sauvage.DSC06076 Mais promis juré, on ne laisse pas de trace, tout est ingéré, digéré, consommé et emporté … enfin presque. Nous allons donc faire les emplettes en attendant le soir, l’occasion aussi de faire une petite séance de coiffure, d’installer la douche mobile (une bâche et une poche à eau tenue en l’air) et vive le camping ! Puis nous plantons les tentes sur les 10 m² d’herbe autour de nous, tandis que la pasta s’apprête à être dévorée avec une sauce au pesto.

Bivouac à Castiglione Di Garfagnana

Aux Cinque Terre, route dominant les cinq villages7 juillet. Dernier temps fort pour cette traversée italienne. Après une petite ascension, nous débouchons sur une route en corniche qui domine les Cinque Terre. Cinq villages bâtis à flanc de montagne, au milieu de vignes cultivées en terrasses, à la sueur des générations passées. ManarolaBien décidés à rester dans cet endroit magistral, les habitants ont sculpté le paysage et aménagé des kilomètres de coteaux plongeant directement dans la Méditerranée. Des routes tortueuses, parfois interdites aux véhicules, relient les villages les uns aux autres, et c’est le train qui devient le principal moyen d’aller et venir sur cette côte abrupte.

RiomaggioreManarola

ManarolaRiomaggiore

VernazzaRiomaggiore

RiomaggioreOn prend son ticket pour la journée … ou pas, puis on s’entasse dans la foule des touristes, tout le monde descend, tout le monde monte. On enchaîne les promenades à travers les villages pittoresques, alternant avec des baignades surpeuplées. Mais nous sommes sous le charme, au point de tenter le bivouac avec les mouettes, sur la via del amor… tout un programme.

Via del Amor juste avant Manarola, prochain lieu de bivouac

Compagnie de circonstanceVue de la via del Amor, avec la silhouette de Manarola

Via del Amor juste avant Manarola, lieu de bivouac

Dernière soirée italienne à Levanto, largement arrosée. Nous quittons Xavier le lendemain, sur un quai de gare comme quelques mois auparavant, onze exactement.

Un bon p'tit restoMerci le Chav’ pour cette bonne semaine. Nous voilà au pied des Alpes, la frontière est au bout de la vallée, France, nous re-voilà !Ca sent l'écurie

Toscane, lieu épique et moment hippique

Par Xav le Chav’

Avec le Xav, à ChiancianoItalia. Je ne dirai pas “une fois de plus l’Italie”, mais tout de même… Onze mois après avoir quitté nos deux compagnons de route sur le quai d’une gare des Dolomites, le lieu des retrouvailles est fixé en Toscane. Le pays reste le même mais les changements de paysage et de culture n’en sont pas moins marquants. Autant les Dolomites ressemblent à s’y méprendre aux Alpes autrichiennes, autant la Toscane symbolise à elle seule la Renaissance italienne et toutes ses richesses culturelles et patrimoniales.

Toscane30 juin. Chiusi. Ce n’est pas là que nous devions nous retrouver et pourtant… Le point de rencontre était prévu à Sienne, un peu plus au nord. Si tous les chemins mènent à Rome, il y en a au moins deux qui passent par Chiusi car c’est à la sortie de cette ville située en bordure sud-est de la Toscane que nous nous rencontrons finalement – et par le plus grand des hasards – avec un jour d’avance.

Toscane

ToscaneManon et Etienne m’avaient prévenu, leurs habitudes de camping ont bien changé depuis le temps des terrains trois étoiles avec piscine qui ont désormais laissé place aux bivouacs au milieu des champs, le long d’une route ou dans les parcs publics. Il va falloir s’habituer. Ce soir-là, notre choix se porte sur le bord d’une route de campagne ; nous planterons la tente sur quelques mètres carrés de verdure, derrière une station-service. Nettoyage au karcher“- Et comment on fait pour se doucher ? – Tu remplis pas trop la bassine et tu fais ça au gant de toilette, avec deux litres d’eau normalement c’est tout bon. – Euhhhh … OK, on va essayer.” Et bien non, je n’essaierai pas !! Enfin pas cette fois-ci. En effet, notre décrassage quotidien fut facilité ce soir-là par un instrument de nettoyage à haute pression cher à notre Président et dont nous tairons ici le nom d’usage (pas de publicité sur ce blog). Pour les curieux, sachez que cette méthode est finalement très écologique puisque ne consommant qu’une faible quantité d’eau ; la sensation restant bien sûr quelque peu différente de celle procurée par une douche classique (il faut souffrir pour être écolo).

Un bon p'tit déjUn aspect de leur vie quotidienne, qui lui n’a pas changé, reste l’alimentation. En plus de devoir apporter les nutriments, vitamines et autres acides gras essentiels, la nourriture consommée est C'est pas beau ça?avant tout une source indéniable de plaisir pour nos deux globe-trotteurs. Le retour en Italie n’a fait qu’accentuer leur côté épicurien : pâtes, pizzas, DSC06072charcuteries, fromages, salades, yaourts, glaces, fruits frais, vins toscans, cafés … tout y passe et pour le plus grand plaisir de nos papilles ! Notons au passage qu’un temps d’adaptation est parfois nécessaire pour pouvoir suivre le rythme imposé.

Un bon p'tit resto

Sienne3 juillet. Sienne. En italien Siena. Plus petite que son ancienne rivale florentine, Sienne reste un joyau de l’architecture médiévale dont l’apparence est restée pratiquement inchangée depuis le XVIème siècle. La densité de son centre historique est frappante : les rues étroites ainsi que les monuments grandioses s’enchaînent tour à tour au gré de nos pérégrinations. La fameuse piazza del campo – plus belle place de toute l’Italie selon certains – ne se dévoile qu’au tout dernier moment, laissant apparaître ses charmes au premier rang desquels son aspect caractéristique en forme de conque.

SienneSienneSienne, le Dumo

C’est ici que se déroule chaque année le palio, une course de chevaux montés à cru réunissant les meilleurs cavaliers des dix-sept quartiers de la ville. Par chance, l’épreuve a lieu le lendemain de notre arrivée et nous décidons de rester un peu plus pour mieux explorer cette cité et assister à cetSienne, aux couleurs du quartier événement hippique … nous ne le regretterons pas, bien au contraire. La course est prévue vers 19h30 mais une immense foule est attendue et c’est pourquoi nous prenons place derrière les barrières environ quatre heures avant le début de l’épreuve. Durant cette longue attente, Il campo se remplit petit à petit jusqu’à devenir complètement saturé et inaccessible à tous ceux restés en dehors.

DSC06045Le début des hostilités est précédé d’une grande – et très longue – parade qui voit se succéder les différentes représentations arborant les couleurs et les armes de chaque quartier. Enfin, les concurrents et leur monture font leur entrée dans cet hippodrome inattendu. Un grand silence se fait tandis qu’un speaker énumère la liste des quartiers concurrents.Sienne, défilé des quartiers peu de temps avant la course finale

Sienne, défilé des quartiers peu de temps avant la course finaleSienne, défilé des quartiers peu de temps avant la course finalePeut-être un futur champion, nerveux

Sienne, la course commence, la foule en furieLe départ est ensuite donné et les chevaux s’élancent à toute allure pour trois tours de piste. Pour les néophytes que nous sommes, la vitesse des chevaux au galop passant à moins d’un mètre de notre position nous impressionne fortement. L’hystérie des spectateurs est à son Le vainqueurcomble, l’adrénaline accumulée pendant toutes ces heures se décharge en l’espace de deux minutes. Au bout de deux tours, la moitié des chevaux ont perdu leur cavalier mais continuent quand même à courir et à influencer la suite de la course. Une fois la ligne d’arrivée franchie, les supporters du quartier vainqueur envahissent la piste et fêtent leur champion à grandes effusions de cris et même parfois de larmes. Nous naviguons tant bien que mal au milieu Le vainqueurde cette foule en délire, tandis qu’il nous faut rester sur nos gardes pour ne pas se faire renverser par les quelques purs-sangs égarés qui continuent à trotter de ci de là. La joie du gagnant en dit long sur l’importance que revêt cette course d’autant que celle-ci n’est pas sans risque, que ce soit pour les cavaliers ou pour leur monture.Après la victoireMalgré sa proximité, l’Italie réserve encore bien des surprises. Souhaitons que celles-ci se poursuivent jusqu’au bout de leur voyage.

Sur un quai de gare, 11 mois plus tard

D’une Grèce à l’autre, à travers les lauriers

Amphitéâtre d'Ephèse20 juin. Nous débarquons à Selçuk, ville ordinaire de la côte occidentale turque où subsistent les restes du temple d’Artémis, une des sept merveilles du monde antique. Seule une colonne solitaire tente de faire perdurer la splendeur passée de la déesse … Sauf son respect, nous zappons. Nous sommes encore sur le sol turc et cependant, de notre point de vue, nous venons d’entrer en Grèce, oh injure impardonnable. Bibliothèque d'EphèseIl faut quand même tenir compte du passé des lieux. A deux pas d’ici se trouve la cité antique d’Ephèse qui nous dévoile, dans la foule des touristes, son immense amphithéâtre et la façade majestueuse de sa bibliothèque. Comme dirait l’autre, c’est beau, allez on … va pédaler un peu, ça fait déjà quelques jours qu’on se la coule douce alors quoi, il y en a qui attendent un peu d’aventure.Sur la côte au large d'Ephèse Et bien, disons qu’en guise d’aventure, nous nous sommes contentés de faire un lointain retour dans le temps en traversant la Grèce et en foulant quelques vieilles pierres. Un peu de respect, nous avons eu la chance de trouver sur notre route quelques uns des plus beaux sites de la Grèce antique.

L'acropole

Temple d'Hephaïstos23 juin. Après Ephèse et quelques journées de vélo le long des stations balnéaires égéennes de Turquie, une traversée en ferry nous dépose au Pirée. Un coup de RER local et nous voilà au pied de l’Acropole, juste à l’ouverture. On ne profite jamais aussi bien des sites touristiques que lorsqu’ils sont dépourvus de touristes. Il n’y a qu’une solution pour cela, s’y trouver à l’ouverture. Nous avons profité du Parthénon, presque seuls à beurrer nos tartines tout en admirant la vue sur Athènes. Glaces énormes à MonastirakiEt dès que les cars de Chinois et d’Américains (là aussi ils se font concurrence) déboulent, on fout le camp. Balade dans le quartier de Plaka puis l’Agora, et pour nous récompenser de nos efforts … deux glaces énormes à Monastiraki.

Pendant que nous allons admirer le masque d’Agamemnon au musée archéologique, nous laissons les vélos à l’extérieur et c’est l’occasion de se faire fouiller les sacoches. On savait que les Grecs était sur la paille, mais au point de voler de la nourriture et des bombes de graisse quand même. Masque d'AgamemnonEn fait de crise grecque, nous ne voyons rien de tangible si ce n’est quelques banderoles étendues sur les grilles du parlement et quelques caricatures de Papandréou dans la presse locale. Nous terminons notre journée athénienne à la gare ferroviaire pour s’extraire de la ville en train. Nos billets en poche, nous grimpons dans le wagon et aussi sec, nous en sommes redescendus par les contrôleurs. Motif : pas de vélo dans le train. Et comment doit-on faire ? Ce n’est pas leur problème. L’occasion d’un petit “pétage” de plomb sur le quai. M’enfin, c’est presque la première fois qu’on se cogne à autant de résistance (on se croirait à Singapour). Bienvenue en Europe !

Dans les genets24 juin. Aujourd’hui c’est journée tout plaisir. Nous contournons le golfe de Corinthe par le nord. Nous avons en ligne de mire le mont Parnasse, pas celui de la tour infernale, non le vrai, l’original, le divin et majestueux Parnasse. Nous gravissons ses pentes inférieures, entourés par les lauriers roses ou blancs qui bordent les routes, un vrai bonheur. Mais nous arrivons un peu tard pour profiter des offres des magasins de ski. C’est pas grave, nous avons déjà donné dans le col enneigé, on n’est pas pressé de recommencer. Nous profitons plutôt du beau ciel bleu et du soleil de Grèce.

Dans une haie de lauriersEn fin de journée, nous suivons notre programme rituel : nous commençons par les courses (légumes frais, pates, petit déjeuner sans oublier des boissons désaltérantes pour l’apéro) ; puis nous trouvons une fontaine ou une personne bienveillante pour remplir nos poches à eau ; enfin, nous repairons une lieu un peu en retrait pour dresser notre campement. Ce soir nous décidons de passer la nuit à la sortie d’un village, à côté d’une église. Toujours un bon plan pour s’installer, il y a souvent un carré d’herbe, quelques bancs et en soirée, c’est plutôt le coin tranquille. Banco et santé au petit Jésus.

SantéLumières de crépuscule

DSC0593125 juin. Ce matin nous prenons le petit déjeuner au pied du sanctuaire de Delphes, nous en convenons, il y a pire. Et à l’ouverture nous voilà à l’assaut de la voie sacrée, admirant les restes des trésors des Béotiens, des Athéniens, montant jusqu’au temple d’Apollon, au théâtre et au stade. Le cadre est grandiose, sanctuaire enserré dans de larges falaises calcaires. Nous avons bien sûr tenté de consulter la Pythie, mais l’oracle est resté quelque peu obscur.

Golfe de CorintheLes jours suivants s’enchaînent en longeant le golfe de Corinthe. Nous traversons avec délices les villages côtiers, Itéa, Galaxidi, Nafpaktos, bercés par le parfum des lauriers. Douceur et pédalage font bon ménage sur ces reliefs ondulés mais coulés. Nous touchons au but en traversant le pont du détroit de Corinthe, nouvellement réalisé à l’occasion des derniers Jeux d’Athènes. Le long du détroit de CorintheCelui-ci nous permet de rejoindre Patras où nous embarquons sur un énorme ferry qui va nous conduire à travers l’Adriatique vers Ancona, l’Italie, et juste de l’autre côté des Alpes … mais en attendant profitons de la piscine du pont supérieur.

C'est pas la classe quand même, il fallait bien une croisière pour fêter dignement cette lune de miel.

Une journée en Cappadoce

Nous sommes passés en Cappadoce durant notre traversée d’est en ouest de la Turquie. Ce site nous a séduit par sa beauté et son histoire. Alors nous ne pouvons pas omettre de vous raconter comment s’est déroulé notre journée, un moment inoubliable à la découverte de cette région.

14 juin. Nous descendons du train à Kayzeri, il est quatre heures du matin et il pleut des cordes. Dans un petit troquet de la gare, nous patientons quelques temps espérant que la pluie cesse, et nous en profitons pour dormir un peu. Dix heures, la pluie n’a décidément pas l’air de se lasser de son humour de mauvais gout, nous quittons notre abris afin d’explorer les immenses flaques boueuses qui jalonnent la route… dix minutes plus tard nous sommes trempés.

Urgüp Peu à peu le ciel se découvre. Nous approchons d’Urgüp – première ville que l’on doit croiser en Cappadoce – par une petite route de campagne en hauteur qui aboutit à un point de vue panoramique extra sur le fameux site… et bien… il y a de quoi faire ! Avant de nous poser à un petit camping que nous avons déjà repéré, nous commençons par la visite d’Urgüp où nous retrouvons brutalement le tourisme de masse, les boissons et les dondurmas (glaces turques) deux fois plus chères, des hôtels de Demoiselles coifféescharme aménagés dans les grottes. A la sortie de la ville nous arrivons à prendre quelques clichés de nos premières cheminée de fée avant que le soleil ne disparaisse derrière un nuage menaçant et que le coin ne soit envahi par… par un groupe de chinois dont le bus vient d’arriver bien sûr ! Notre camping se trouve juste avant la ville de Göreme, qui est en quelques sortes le cœur de la Cappadoce. La tente est posée, nous nous préparons pour une petite nuit, demain la journée va être longue.

DSC_0687-2Vue du camping

En sortant de la tente, symphonie matutinale15 juin. Allez, c’est parti ! Il est 4h30, un minibus vient nous récupérer à la sortie du camping. Nous ne sommes pas DSC05832seuls : quatre belges et 7 chinois sont de la partie. Notre navette nous dépose au milieu d’un champs déjà envahi par des petits groupes de touristes photographiant leur montgolfière qui se gonfle tranquillement. Le jour s’est levé depuis un bon moment et les quelques ballons qui ont déjà pris leur envol sont déjà caressés par les premiers rayons de soleil. Puis vient notre tour. Edouardo, le cap’taine, nous briffe sur la sécurité Alors ... heureux ?puis nous fait monter à bord. Les ventilateurs qui avaient amorcé le gonflage sont relayés par des gerbes de flammes au dessus de la nacelle. Et nous décollons parmi des dizaines de montgolfières, égayant le ciel matinal de tâches multicolores. Magique ! Le cadre ? Ha, oui, on en oublierait presque ce cadre enchanteur dans lequel nous progressons au ralenti. Un peu plus d’une heure de vol qui nous en paraitra la moitié et nous amorçons la descente. La remorque attend que la nacelle se pose tout doucement. De sa taille impressionnante, le ballon se dégonfle et commence à vaciller, comme une flammèche qui s’éteint peu à peu. Le bruit sec d’un bouchon de champagne nous ramène à notre dure réalité… petite dégustation à 7 heures du matin, pourquoi pas ?

DSC05831

Dans la campagne de CappadoceNous enchainons sans attendre. Direction la vallée d’Ihlara. Nous avons laissé les vélos de côté et nous voici pour quelques heures sur notre nouveau bolide motorisé scooter… ça fatigue moins ! Toujours en DSC_0853Cappadoce, le paysage change un peu. Nous traversons des prairies et des champs cultivés à la main, puis nous parvenons à l’embouchure d’un long canyon bordé d’orgues basaltiques. Dans une paroi entre des pics rocheux tels des dents de requin, un monastère domine l’entrée de la vallée : DSC_0863-1un vrai labyrinthe reliant ces grands trous par de petits passages ou escaliers raides et exigus. Cuisines, églises, habitations, tout ce qui est nécessaire pour vivre en communauté. Allez, hop hop hop, il est grand temps de filer, le programme est encore chargé. Nous quittons les lieux après un petits tour dans des églises troglodytes du dixième siècle nichées dans les falaises de la vallée, avec de beaux restes de colonnes, de fresques peintes, très habilement enjolivées par de multiples graffitis et autres inscriptions gravées par les chers chérubins de notre temps.

Citée souterraine de DerinkuyuAvant de rentrer à Göreme, nous nous attardons dans la cité souterraine de Derinkuyu : petit voyage dans les profondeurs froides de la terre. Le dos courbé, nous nous faufilons dans ces interminables galeries. A l’époque (VIème-VIIème siècle) pendant les temps de conflits, ces sept étages, creusés dans la roche autour d’un puits d’aération de 80 m, pouvaient abriter 10 000 personnes durant plusieurs mois d’affilée. A la surface nous retrouvons notre bonne température écrasante. Heu-reu-se-ment, nous pouvons acheter des glaces régulièrement sur notre parcourt pour nous rafraîchir.

DSC05859De retour à Göreme, nous retrouvons nos vélos… haaaaaa ! Et nous voici de nouveau lancés pour parcourir trois superbes vallée qui entourent la ville. il y en a pour tous les goûts : la vallée rose, avec ses orgues de sable de couleur rosée ou blanche ; un peu de portage et nous arrivons à la vallée rouge, Pigeonniersavec ses pigeonniers, ses églises et ses dents de sable de couleur (je vous l’donne en mille) rouge, et enfin un dernier tour dans la vallée de l’amouuuuur, et ses formations rocheuses … étranges mais spectaculaires !

Vallée de l'amour Vallée rose

DSC_0731-1Nous n’en avons pas encore terminé… l’apéro n’est pas pour tout de suite. Avant de rejoindre notre camping, la bonne route raide et à gros pavés passe devant le musée à ciel ouvert de Göreme… obligés de Musée de plein air de Göremefaire une halte juste avant la fermeture. Foule de touristes mise à part, nous y apprécions la fraicheur d’une superbe église récemment restaurée, et d’autres un peu esquintées, aux peintures saccagées par les Vandales, en particulier les visages des personnages.

Derrière un horizon aux pics acérés le soleil se couche tout doucement. Il est temps pour nous de regagner notre tente pour une nuit courte… demain départ aux aurores, nous quittons la Cappadoce.

DSC_0875Et là vous pensez tous : “Wouaaaaa, ils ont la forme ces jeunes, quand est-ce qu’ils vont s’arrêter ? Où puisent-ils toute cette DSC_0695énergie, c’est HALLU-CI-NANT !” etc, etc … Et bien vous n’avez pas tort. Alors reprenez l’ensemble des points forts de notre journée racontés ci-dessus, et ajoutez-y quelques détails qui, sans doute, vous rassureront sur cette fameuse force surhumaine qui nous anime : considérez cinq jours au lieu d’un, et répartissez-nos ballades. Ensuite, il suffit de combler avec de longues siestes au bord de la piscine du camping, des baignades, un repas crêpes, un repas frites et un resto pour goûter le Kebab-pot (spécialité du coin), des temps pour bouquiner, surfer sur internet, et mettre à jour de notre blog (qui est toujours en retard, d’ailleurs). Au final, vous obtenez quelques chose de bien plus reposant pour mieux apprécier cette magnifique région.

DSC_0881Il sait pas à qui il a affaire lui ?

Une journée en Cappadoce

Nous sommes passés en Cappadoce durant notre traversée d’est en ouest de la Turquie. Ce site nous a séduit par sa beauté et son histoire. Alors nous ne pouvons pas omettre de vous raconter comment s’est déroulé notre journée, un moment inoubliable à la découverte de cette région.

14 juin. Nous descendons du train à Kayzeri, il est quatre heures du matin et il pleut des cordes. Dans un petit troquet de la gare, nous patientons quelques temps espérant que la pluie cesse, et nous en profitons pour dormir un peu. Dix heures, la pluie n’a décidément pas l’air de se lasser de son humour de mauvais gout, nous quittons notre abris afin d’explorer les immenses flaques boueuses qui jalonnent la route… dix minutes plus tard nous sommes trempés.

Urgüp Peu à peu le ciel se découvre. Nous approchons d’Urgüp – première ville que l’on doit croiser en Cappadoce – par une petite route de campagne en hauteur qui aboutit à un point de vue panoramique extra sur le fameux site… et bien… il y a de quoi faire ! Avant de nous poser à un petit camping que nous avons déjà repéré, nous commençons par la visite d’Urgüp où nous retrouvons brutalement le tourisme de masse, les boissons et les dondurmas (glaces turques) deux fois plus chères, des hôtels de Demoiselles coifféescharme aménagés dans les grottes. A la sortie de la ville nous arrivons à prendre quelques clichés de nos premières cheminée de fée avant que le soleil ne disparaisse derrière un nuage menaçant et que le coin ne soit envahi par… par un groupe de chinois dont le bus vient d’arriver bien sûr ! Notre camping se trouve juste avant la ville de Göreme, qui est en quelques sortes le cœur de la Cappadoce. La tente est posée, nous nous préparons pour une petite nuit, demain la journée va être longue.

DSC_0687-2Vue du camping

En sortant de la tente, symphonie matutinale15 juin. Allez, c’est parti ! Il est 4h30, un minibus vient nous récupérer à la sortie du camping. Nous ne sommes pas DSC05832seuls : quatre belges et 7 chinois sont de la partie. Notre navette nous dépose au milieu d’un champs déjà envahi par des petits groupes de touristes photographiant leur montgolfière qui se gonfle tranquillement. Le jour s’est levé depuis un bon moment et les quelques ballons qui ont déjà pris leur envol sont déjà caressés par les premiers rayons de soleil. Puis vient notre tour. Edouardo, le cap’taine, nous briffe sur la sécurité Alors ... heureux ?puis nous fait monter à bord. Les ventilateurs qui avaient amorcé le gonflage sont relayés par des gerbes de flammes au dessus de la nacelle. Et nous décollons parmi des dizaines de montgolfières, égayant le ciel matinal de tâches multicolores. Magique ! Le cadre ? Ha, oui, on en oublierait presque ce cadre enchanteur dans lequel nous progressons au ralenti. Un peu plus d’une heure de vol qui nous en paraitra la moitié et nous amorçons la descente. La remorque attend que la nacelle se pose tout doucement. De sa taille impressionnante, le ballon se dégonfle et commence à vaciller, comme une flammèche qui s’éteint peu à peu. Le bruit sec d’un bouchon de champagne nous ramène à notre dure réalité… petite dégustation à 7 heures du matin, pourquoi pas ?

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Dans la campagne de CappadoceNous enchainons sans attendre. Direction la vallée d’Ihlara. Nous avons laissé les vélos de côté et nous voici pour quelques heures sur notre nouveau bolide motorisé scooter… ça fatigue moins ! Toujours en DSC_0853Cappadoce, le paysage change un peu. Nous traversons des prairies et des champs cultivés à la main, puis nous parvenons à l’embouchure d’un long canyon bordé d’orgues basaltiques. Dans une paroi entre des pics rocheux tels des dents de requin, un monastère domine l’entrée de la vallée : DSC_0863-1un vrai labyrinthe reliant ces grands trous par de petits passages ou escaliers raides et exigus. Cuisines, églises, habitations, tout ce qui est nécessaire pour vivre en communauté. Allez, hop hop hop, il est grand temps de filer, le programme est encore chargé. Nous quittons les lieux après un petits tour dans des églises troglodytes du dixième siècle nichées dans les falaises de la vallée, avec de beaux restes de colonnes, de fresques peintes, très habilement enjolivées par de multiples graffitis et autres inscriptions gravées par les chers chérubins de notre temps.

Citée souterraine de DerinkuyuAvant de rentrer à Göreme, nous nous attardons dans la cité souterraine de Derinkuyu : petit voyage dans les profondeurs froides de la terre. Le dos courbé, nous nous faufilons dans ces interminables galeries. A l’époque (VIème-VIIème siècle) pendant les temps de conflits, ces sept étages, creusés dans la roche autour d’un puits d’aération de 80 m, pouvaient abriter 10 000 personnes durant plusieurs mois d’affilée. A la surface nous retrouvons notre bonne température écrasante. Heu-reu-se-ment, nous pouvons acheter des glaces régulièrement sur notre parcourt pour nous rafraîchir.

DSC05859De retour à Göreme, nous retrouvons nos vélos… haaaaaa ! Et nous voici de nouveau lancés pour parcourir trois superbes vallée qui entourent la ville. il y en a pour tous les goûts : la vallée rose, avec ses orgues de sable de couleur rosée ou blanche ; un peu de portage et nous arrivons à la vallée rouge, Pigeonniersavec ses pigeonniers, ses églises et ses dents de sable de couleur (je vous l’donne en mille) rouge, et enfin un dernier tour dans la vallée de l’amouuuuur, et ses formations rocheuses … étranges mais spectaculaires !

Vallée de l'amour Vallée rose

DSC_0731-1Nous n’en avons pas encore terminé… l’apéro n’est pas pour tout de suite. Avant de rejoindre notre camping, la bonne route raide et à gros pavés passe devant le musée à ciel ouvert de Göreme… obligés de Musée de plein air de Göremefaire une halte juste avant la fermeture. Foule de touristes mise à part, nous y apprécions la fraicheur d’une superbe église récemment restaurée, et d’autres un peu esquintées, aux peintures saccagées par les Vandales, en particulier les visages des personnages. 

Derrière un horizon aux pics acérés le soleil se couche tout doucement. Il est temps pour nous de regagner notre tente pour une nuit courte… demain départ aux aurores, nous quittons la Cappadoce.

DSC_0875Et là vous pensez tous : “Wouaaaaa, ils ont la forme ces jeunes, quand est-ce qu’ils vont s’arrêter ? Où puisent-ils toute cette DSC_0695énergie, c’est HALLU-CI-NANT !” etc, etc … Et bien vous n’avez pas tort. Alors reprenez l’ensemble des points forts de notre journée racontés ci-dessus, et ajoutez-y quelques détails qui, sans doute, vous rassureront sur cette fameuse force surhumaine qui nous anime : considérez cinq jours au lieu d’un, et répartissez-nos ballades. Ensuite, il suffit de combler avec de longues siestes au bord de la piscine du camping, des baignades, un repas crêpes, un repas frites et un resto pour goûter le Kebab-pot (spécialité du coin), des temps pour bouquiner, surfer sur internet, et mettre à jour de notre blog (qui est toujours en retard, d’ailleurs). Au final, vous obtenez quelques chose de bien plus reposant pour mieux apprécier cette magnifique région.

DSC_0881Il sait pas à qui il a affaire lui ?

Çay, çay ?

La montagne et le verre de thé.

Préambule. Depuis que nous sommes entrés en Chine, un mot est devenu rituel et persistant malgré les langues différentes, mandarin, ouïgour, turc, farsi … Et pas question de l’oublier : Choy ou chay, le thé !

Dernier repas avant les séparations11 juin. Karadut, sud du Nemrut Daǧi. Plein de gros mimis lancés à la volée alors que la voiture s’éloigne emportant Michèle et Jacques vers la France un peu plus rapidement que nous. Nous voilà à l’entrée de la dernière ligne droite, traverser la Turquie, un bout de Grèce, un bout d’Italie, et puis, et puis le retour… 

C’est le bazar autour des vélos. Nous venons de vider les sacoches pour ne garder que l’essentiel et rentrer légers. Fini la gore-tex, et autres bricoles devenues inutiles, nous nous sentons prêts à décoller, mais il faut tout empaqueter, comme chaque jour avant de quitter le campement. Camping à l'auberge, le luxe !Le matos de camping dans une sacoche arrière, les vêtements et l’ordi dans l’autre. A l’avant la popote, le réchaud, les victuailles en quantité toujours deux fois supérieurs au nécessaire … on ne sait jamais, des fois qu’il faille pédaler 200 km sans croiser un troquet, la Turquie est développée, oui mais bon, nous craquons systématiquement une fois devant les présentoirs de l’épicier. Résultat, il va encore falloir traîner les cacahuètes pour l’apéro sur une étape de plus, on finira bien par les avaler ; les friandises, c’est toujours utile pendant l’effort alors deux kilos ce n’est pas de trop !

Aprés 2 heures de route à 13,5% de moyenneAllez, on se bouge et on range, il est plus que temps de filer. C’est du gros qui nous attend, l’ascension du Nemrut Daǧi avec traversée du sommet. A peine retardés par l’averse de grêle qui s’abat sur le camping, Des fois on se demande s'ils ne sont pas un peu zinzins !nous attaquons la montée sous un ciel clément. A l’instar des iraniennes, il s’est voilé de nuages pour nous permettre de supporter la chaleur. Les pentes sont démentes : 11 à 12 % de moyenne sur Des comme ça on en fait pas tous les jours12 km avec quelques côtes à 18 % si ce n’est plus. Mais après une semaine sans pédaler et avec nos sacoches allégées, nous nous acquittons de la tâche plus facilement que prévu. Le gros morceau est au sommet : On pousse, on pousse et on souffleun sentier empierré et raide comme tout permet de terminer l’ascension avant de basculer de l’autre côté du sommet. Il faut pousser les vélos un par un et soulever la roue avant à chaque marche, tâche éreintante qui aurait été interminable sans l’aide de touristes turques de passage.

Vue à l'est, au loin le bassin de l'Euphrate

Terrasse estMais au sommet, nous pouvons souffler, la vue sur les alentours est fantastique et la lumière du soir magnifie les massifs hiérarques de pierre qui nous regardent passer sans sourciller. Le vent froid nous pousse dans la descente sans tarder. DSC_0712-1Alors que nos sacoches sont garnies comme un caddie sortant du prisunic, nous craquons pour le souper proposé à l’auberge juste en-dessous. Voilà comment on se retrouve à trimballer un melon sur des kilomètres. Mais nous ne crachons pas dans la soupe de lentilles brûlante.

12 juin. Çayköy, au nord du Nemrut Daǧi. Nous venons, au terme d’une magnifique journée de vélo, de traverser des zones montagneuses qui longent l’Euphrate. Un village perduA midi, nous avons fait la pause dans un camping situé sur un point haut. Le jeune qui bosse là attend désespérément les clients qui ne viennent pas. Avec nous c’est râpé, cette fois nous avons sorti le pique-nique des sacoches, il était temps de manger les tomates avant les avaries. Cela ne l’empêche pas de nous offrir le thé, idéal avant la sieste au soleil.

DSC_0749

Avant d’arriver dans la plaine, il reste un dernier col à franchir, une longue ascension que nous décidons de couper en deux. Ca c'est pas faux, mais ça dure un peu plus que 150m !Au pied de la montée, nous tentons de faire le plein à la station-service… il faut bien alimenter le réchaud, pour ce qui est des jambes, nous nous en sommes occupés peu avant. Si la pompe est vide, le samovar est plein, alors nous acceptons les verres de thé que nous offre le pompiste. Un ou deux sucres, puis on tourne, on tourne, on souffle pour faire refroidir le liquide fumant avant de s’y brûler les lèvres. Une fois le verre vide, on est resservi immédiatement, jusqu’à plus soif. La discussion est limitée, notre turc plafonnant aux “Tesshekür” (merci) et “Güzel” (c’est bon).

Puis nous nous remettons en route. Toujours difficile de repartir lorsque la fin de journée approche, pourtant, on trouve la motivation dans les dénivelées que l’on sait épargnées pour le lendemain. Hello MisterEtape rituelle de la fin de journée : trouver de l’eau pour remplir les poches qui nous servent de réserve pour la douche et la popote du soir. En Turquie, ce n’est pas un soucis, l’eau est potable et dans ces montagnes il y a des sources de partout. Sur le bord de la route une ferme se dresse avant que la route ne s’engages dans des pentes plus raides. Le paysan nous offre l’eau claire qui coule à son tuyau, par contre il ne comprend pas notre demande de planter la tente sur une terrasse herbeuse qui entoure sa maison. Tant pis, il faut poursuivre et trouver un autre terrain.

Mais la montagne est trop abrupte et plus aucun endroit ne se prête au camping hormis le macadam. Très peu pour nous. Ce genre de situation est si fréquent que nous en ferions une loi si elle n’existait déjà. C'est jouliiiiMais comme toute loi a ses exceptions, nous trouvons l’exemple pour nous contredire : une piste plonge dans la pente et nous offre quelques dizaines de mètres plus bas un petit carré d’herbe sympathique. Alors que nous attaquons le plantage de tente, un type sort de la caravane qui est à côté et sur le terrain duquel nous empiétons. “Tchador ? Tamam !” (Tente ? C’est bon !) Ouf ! “Chay ?” Pourquoi pas ? Le gars qui nous gratifie d’un large sourire est garde forestier et passe une bonne partie de son temps à se balader dans le coin. Un çay ?Il est visiblement heureux de nous accueillir dans son abri et nous vidons le samovar en sa compagnie tandis qu’il apprécie de me voir apte à rouler une cigarette avec le tabac qu’il m’offre. Du vrai tabac de cow-boy, du genre à ne pas taxer une clope deux fois de suite (mes victimes sauront à l’avenir comment se prémunir de mes chapardages chroniques). Mais nous apprécions ces instants précieux et simples en même temps, il font la particularité d’une journée qui pourrait ressembler à tant d’autres. Notre homme veut discuter alors nous échangeons des bribes d’idées au moyen d’un petit dictionnaire. Les sujets rituels reviennent parmi d’autres : enfants, élections nationales, métier …

Le lendemain matin, alors que nous ne le voyons que quelques instants, notre rencontre se ponctue par un dernier plaisir, il nous invite à déjeuner à sa table : du pain, des olives, du beurre et du fromage … sans oublier le chay !

Nem-route de Van à Diyarbakır

Par Michèle et Jacques

Ascension du Nemrut Daǧi de TatvanDans le sud-est de la Turquie, au nord de l’ancienne Mésopotamie, deux sommets portent le même nom de Nemrut. L’un est un formidable volcan, le Nemrut Gölü, culminant à 2900 mètres, dont le cratère contient un grand lac bleu, Bouge pas on revientet un plus petit aux eaux vertes car sa température plus élevée à cause de sources d’eau chaude, favorise le développement d’algues; il est situé sur la rive ouest de l’immense lac de Van. L’autre, le Nemrut Daǧi, est dominé par un immense tumulus abritant le mausolée du roi Antiochos 1er, encore un mégalo. Quelle idée de faire installer des statues de plusieurs tonnes là-haut ! Hélas, suite à un tremblement de terre, ces statues ont perdu la tête.

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Apéro à notre premier lieu de camping, sur la terrasse d'un hôtelC’est dans cette région que nous avons retrouvé Manon et Etienne en pleine forme malgré une entrée un peu rocailleuse en Turquie (voir l’article Une drôle d’entrée en matière). Quelle ne fut pas notre surprise de les voir en sortant de l’aéroport de Van, alors que nous avions rendez-vous au centre ville ! Et quel plaisir de les revoir après de longs mois de séparation.

Première visite : l'église de la sainte Croix, Akdamar, île sur le lac de Van

Une semaine avec eux, ce n’est pas de tout repos !

Chez nos hôtes du village du Nemrut, on a l'air chouette non ?En arrivant sur un site à visiter, il faut d’abord trouver un endroit où laisser les bicyclettes et les sacs, mais pas d’hôtel, c’est contraire à l’éthique du voyage. Et comme il y a peu de campings organisés dans cette région, on demande dans une mosquée, ou on squatte chez l’habitant. Une exception à Diyarbakir où on ne trouvait rien, on dort à l’hôtel (même qu’il y a la clim !!).

Nos hôtes du village du Nemrut

Pour aller d’un site à l’autre, il faut arriver à rentrer ces fichus vélos dans les minibus. Trois places, rien que ça !Mais, bon, les Turques sont gentils et très bien organisés, au moins pour les voyages, et tout se passe pour le mieux. Le téléphone turque n’a rien a envier au téléphone arabe, il fonctionne, et quand on arrive à une correspondance, on a l’impression que tout le monde sait déjà où nous devons aller, et nous montre le minibus suivant.

Descente du Nemrut, vue sur le lac de VanEt puis, il fait chaud dans ce pays, même si on s’est pris une orage avec de la grêle en atteignant le sommet du Nemrut (le 1er). Pas de grasse matinée possible quand le soleil vient taper sur la toile de tente dès 6 heures du matin, sauf pour Etienne. Mais avec la quantité de glaces qu’il avale dans la journée, ça doit être un vrai frigo là-dedans !

Saveurs kurdes

Ceux qui sont allergiques aux tomates et concombres (turques !!) devront choisir une autre destination, puisqu’ils sont systématiquement servis en salade avec le plat de résistance. Impossible d’y échapper.

Un repas mémorable à MardinSauf si on se permet d’aller dans un restaurant « chic » (merci), comme au Cercis Murat Konaǧi de Mardin. Alors c’est une explosion de parfums. Menthe, épices, cannelle (ah !! la crème !!), caramel (ah !! la glace !!) houmous, et diverses viandes cuisinées et arrosées d’ayran (yaourt), le thé final accompagné d’une liqueur (sans alcool) mais délicatement parfumée à la cannelle . Pour clore le tout, le serveur, vêtu d’une tenue princière, Un repas mémorable à Mardinnous rince les mains à l’eau de rose. La perfection. Il faut aussi poser le cadre : une belle terrasse avec vue plongeante sur la Mésopotamie, une douce température, un ciel pur, le chant du muezzin, une musique orientale très douce et eux. Comment ne pas trouver la vie belle !!!

La "mer" de Mésopotamie

Vue sur la MésopotamieMardin, ville médiévale du sud de la Turquie (35 km de la frontière syrienne) est accrochée à la pente d’un piton rocheux et dominée par une citadelle non-visitable car propriété de l’armée turque. Depuis la terrasse du restaurant précédent, on découvre une plaine immense qui paraît sans fin : la Mésopotamie. Bazar de MardinCurieuse sensation, on a l’impression que c’est la mer qui est au pied de cette montagne. Pas un arbre, pas une ombre. C’est écrasant. Est-ce le contraste avec la ville où de nombreuses ruelles étroites, sombres, souvent avec des escaliers, qui montent vers la citadelle, perpendiculairement à la rue principale ?

La disparition d’Hasankeyf

La forteresse d’Hasankeyf a été construite sur la falaise qui borde le Tigre. Elle est maintenant en ruine, même si des gens y vivaient encore il n’y a que 50 ans. Mais ils ont dû déménager vers la nouvelle ville, sur la rive du Tigre. C’est un site extraordinaire, car l’accès à la citadelle se fait par des rues taillées dans la falaise qui abritait quantité de maisons troglodytes.
HasankeyfUn pont, lui aussi en ruine, permettait de traversé le Tigre. Son arche centrale, d’une portée de 40 m, pouvait être retirée en cas d’invasion. Mais dépêchez-vous d’y aller, car la construction du barrage d’Ilısu devrait noyer une partie de ce joyau. On l’annonce pour les prochaines années bien qu’il soit très controversé, tant localement, car il devrait déplacer 60000 personnes, qu’internationalement, car il contrôle l’eau du Tigre qui passe ensuite en Syrie et en Irak.

Diyarbakır

On révise avant d'entrer dans la mosquée ?Sentiment mitigé sur cette ville. Bien sûr, c’est une ville fortifiée au patrimoine riche avec ses remparts, ses mosquées, ses églises, ses caravansérails… la plupart avec des murs faits de bandes de pierres noires volcaniques, peintes de motifs blancs. Dans les rues de DiyarbakırMais, il y a aussi, comme souvent dans les villes en pleine expansion, beaucoup de pauvres. Est-ce normal qu’une fillette d’à peine cinq ans traîne dans les rues à 11 heures du soir pour vous vendre un paquet de mouchoirs ? C’est une pauvreté extrême qui se dégage de cette ville.

DSC_0516“Hello ! What is your name ? Where do you come from ? Money, Money.” N’avons nous pas entendu ces quelques mots un millier de fois dans la semaine !

Un peu d’émotion au moment de la séparation. Nous rentrons sur Diyarbakır pour prendre l’avion, ils remontent à vélo au Nemrut (le 2ème) pour continuer leur périple. Même le ciel est triste : nous nous prenons un orage carabiné sur la route. Mais plus que quelques semaines, et ils seront de nouveau avec nous.

Merci Manon et Etienne pour cette semaine inoubliable.

2011-05-28 Turquie

Bah din don… ça tourne pas rond !

Après notre premier contact un peu douteux avec l’est de la Turquie, Etienne s’est juré de ne plus se faire avoir par l’une de ces bestioles poilues à grosses canines pendant nos coups de pédales. Pour cela, nous sommes restés dans un camping quelques jours afin de suivre un entraînement exigeant qui s’est avéré s’être déroulé à merveille …

2011-05-28 Anatolie

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… nous attendons de mettre en pratique cette nouvelle technique de dissuasion sur nos cibles favorites, à moins qu’il ne soit temps d’envisager  sérieusement le rapatriement sanitaire.

Une drôle d’entrée en matière

1er juin. Doǧubayazit. Nous sommes en Turquie depuis trois jours. Aujourd’hui, lorsque nous nous réveillons, tout est réuni pour faire une magnifique journée de vélo : il fait un temps superbe, le ciel est bleu et nous révèle la silhouette parfaite du mont Ararat, le géant de neige qui domine les centaines de kilomètres à la rondeCampagne, sur fond d'Ararat ; la région n’a rien à envier à nos alpages : de vases étendues verdoyantes bordées de collines à la pierre volcanique colorée ; la route est bonne, peu fréquentée et la température est agréable. Il ne reste qu’à grimper sur les pentes du col qui nous fait face. Quel est le grain de sable qui vient gripper une machine si bien huilée ? En peu de temps, quelques événements nous donnent envie de fuir l’endroit aussi vite que possible.

Nous avons à peine débuté l’ascension qu’un bruit retentit sur la chaussée. Village pas coolA une cinquantaine de mètres, trois gosses gardent un troupeau de moutons, ou devraient. Leur occupation est en fait centrée sur leurs frondes et les voilà en train de nous lancer des cailloux gros comme le point et avec une précision étonnante. Descendre de vélo et brailler suffit à les faire décamper. Nous poursuivons notre chemin sur le goudron fondu qui vient engluer nos pneus tandis que les camions roulant à vive allure nous doublent en faisant retentir les célèbres klaxons de bonjour.

Un peu plus loin, d’autres gamins nous interpellent par de sympathiques “hello, hello” ponctués par des “money, money”, fait qui avait complètement disparu depuis l’Asie du sud-est. Manon apprécie la caillasse jetée sur ses sacoches après son passage, dans le dos évidemment, c’est tellement plus facile. Au moment de traverser un village, trois gros molosses l’encerclent, des Sales cabots, kangalskangals, chiens de troupeau réputés pour leur agressivité. Unique solution, descendre du vélo puis s’éloigner en marchant à côté. Nous remettons ça avec des gosses qui nous attendent sur le bord de la route, les mains recroquevillées sur des pierres. Je leur fais lâcher, mais ce n’est pas assez. Lorsque Manon passe à leur niveau, ils réclament des sous, des cigarettes, lui chipent le torchon qui sèche sur le porte-bagage avant de l’arroser d’un jet de graviers, le tout sous la bienveillance des parents complètement indifférents à nos vitupérations. On adore !

DSC_0013Couronnons la montée avec le plus affreux. Au moment de doubler un camion arrêté sur le bas côté, Manon a tout le loisir d’observer le conducteur qui en est descendu pour se livrer à des occupations obscènes ostensiblement. Où sommes-nous tombés ? Nous peinons à croire que ce soit la règle générale et pourtant, en moins d’une heure, nous venons de faire une sinistre moisson d’échanges avec les locaux. Heureusement, nous croisons trois gones souriants et enthousiastes de nous voir passer. Fin de la montée, peinard !Puis un camion nous double lentement, juste de quoi attraper les poignées à l’arrière de la remorque et se faire emmener sur les deux derniers kilomètres du col. Au sommet le chauffeur nous offre une bouteille de coca et son large sourire. Il fallait bien ça pour nous remonter le moral et profiter de la vue magnifique qui nous entoure.

Col Tendurek Geçidi, 2644 m

Que se passe-t-il ici, est-ce le hasard qui “s’emmêle”, faut-il attribuer ces démonstrations d’hostilité aux tensions entre Kurdes et Turcs ou plus simplement au manque d’éducation de ces gosses qui grandissent entre eux en gardant les troupeaux ?

Descente du col, les coulées de lave pétrifiées

Faut-il décrire la suite de la journée ? Peut-être, car il reste quelques couleuvres à avaler. La descente mémorable entre les coulées de lave pétrifiées nous fait presque oublier les mésaventures de la matinée. Mais à Çaldıran, bourgade animée, les embûches réapparaissent. Nous y faisons quelques achats pour les repas à venir ; au moment de payer, le primeur a remplacé deux belles tomates, choisies par nos soins, par deux vertes sûrement insipides. Drôle de commerce ! Peut-être est-il de mèche avec la bande de jeunes qui tourne autour de nos bicyclettes. Quelques secondes d’inattention et lorsque nous remontons en selle c’est mon compteur qui a disparu. Les “sauvageons” (J’aimerais bien voir Chevènement conserver son sang-froid à ce moment !) ont filé et nous ne reverrons plus leurs trombines. Terminons prestement pour quitter ce bled ; nous faisons le plein d’eau chez un bistrotier. Le môme qui nous a montré le robinet réclame ensuite cinq liras (2,5€). Il lâche rapidement l’affaire devant ma tête exaspérée. “Tamam, tamam” (“C’est bon, c’est bon”). Allez on s’casse !

Quelques dix kilomètres plus loin, nous sommes surpris par un énorme mâtin qui surgit de derrière une maison. Je me crispe sur les freins, mauvaise idée ! Manon, postée juste derrière moi, ne peut m’éviter et fait une belle cabriole sur le goudron. Je fulmine contre cet imbécile de clébard ou plutôt contre ses imbéciles de maîtres qui ne sont pas foutus de lui apprendre à distinguer un gentil cycliste d’un dangereux brigand. Heureusement, rien de cassé, la famille s’attroupe et l’un des mioches lance à la cantonade “Money, money”. Je bondis, tandis que le père essaie de me tempérer avec son visage rigolard en m’expliquant que ce n’est qu’un enfant et qu’il faut le comprendre. Ben voyons, son enfant réclame de l’argent et il trouve ça normal l’animal ! Allez, on s’casse !

Chutes de MuradiyeCamping à Muradiye

La fin de journée approche et ce n’est pas dommage, nous espérons en rester là pour les emmerdements. Juste un petit bonus pour se régaler. Au moment où nous trouvons le lieu de camping, assez sympa, la roue de madame est à plat. Chouette, un peu de bricolage, rien de tel pour se décrisper les zygomatiques ! Il y a des jours, on préférerait se trouver dans les embouteillages, en route pour le turbin, … euh, pas sûr !

PREUVE !!!

L’Iran, dangereux ? Tu parles !

Pris dans les contradictions iraniennes, nous ne pouvons quitter l’Iran sans vous faire partager ce témoignage de nos amis cyclistes Annick et Bruno , les Roulmaloute, qui ont traversé l’Asie et bien d’autres continents à vélo, et ce n’est pas fini !

Leur vision de l’Iran est en parfaite adéquation avec la notre, alors nous leur laissons le mot de la fin. C’est sans photos, brut de décoffrage, mais il faut le lire jusqu’à la fin, histoire de sortir des clichés balancés sur ce pays tant décrié et si loin d’être un repaire de terroristes.

En venant en Iran, nous avons réalisé un de nos rêves. L’Iran n’est pas un pays comme les autres. Il fascine certains, en effraie d’autres, mais il ne laisse jamais indifférent. Nous ne le quittons pas de gaieté de cœur car nous avons vraiment adoré….

Nous repensons à notre appréhension avant d`y entrer, aux articles de journaux, à l`axe du mal… Nous avions oublié que les relations politiques des gouvernements sont soumises à leurs intérêts économiques et ne reflètent pas la réalité et la complexité d`un pays. Derrière ces enjeux et ces tensions, nous oublions que des hommes vivent.

L’Iran, c’est tout d’abord un peuple – aux origines ethniques diverses : Persans, Azéris, Kurdes, Loris, Arabes, Turkmènes… – un peuple extrêmement attachant. Les Iraniens sont curieux et aiment parler. Ils sont amicaux et charmants. L’accueil et l’hospitalité font ici partie de la culture et du mode de vie. Le nombre de fois où nous avons été invités dépasse tout ce que l’on a pu connaitre dans les autres pays où nous avons voyagé. Parfois, c’ est même trop pour nous occidentaux habitués à plus de réserve et aimant notre tranquillité.

Contrairement à ce que l’on peut imaginer, on se sent tout se suite en sécurité dans ce pays. On sent que tout le monde ne nous veut que du bien (à condition de ne pas enfreindre la loi… nous avons quelques témoignages cuisants à ce propos…).

Nous avons côtoyé des gens de différentes couches sociales, et à chaque fois, ce fut la même chose, la même curiosité, le même plaisir d’échanger. Evidemment, les villageois et les bergers sont plus éloignés des influences politiques et religieuses que les habitants des grandes villes. La rudesse de leur condition de vie les rapproche au plus près des choses essentielles et simples de la vie, peut être un peu comme nous, voyageurs à bicyclettes et cette combinaison d`éléments est propice à l`échange.

Peut être que dans ces brefs instants de partage et dans ces échanges de regards, parvenons nous à oublier la culture, la religion et l`environnement de chacun pour apercevoir cette parcelle d`humanité et de vérité que nous avons tous en commun.

L’isolement de l’Iran sur le plan international entraine une immense curiosité des Iraniens, envers les étrangers qui visitent le pays. Mais ils ne l’expriment pas de la même manière.

Il y a ceux qui nous ont ouvert leur porte, ceux qui nous ont donné de la nourriture, des friandises, des fruits, il y a ceux qui nous ont escorté en mobylette en baladant leur téléphone portable à 10 cm de notre nez pour nous prendre en photo en roulant, il y a aussi tous ceux qui nous ont juste salué d’un "khasta na bashi" (ne sois pas fatigué) ou d’un "Salam" agrémenté d’un large sourire et d’un geste de la main. Il y a ceux qui se sont contentés de nous reluquer des pieds à la tête lorsqu’ils ont compris que nos maigres compétences en Farsi ne les mèneraient pas loin, ceux qui nous ont bombardé de « kojai, kojai » ? parfois en remuant les mains comme des marionnettes et en secouant la tête, ce qui peut vouloir dire : "Comment ça va ?", "Tu viens d’où ?", "Tu vas où ?", "Comment tu t’appelles ?", "Qu’est-ce que tu fais là ?", "T’es qui ?", ou bien d’autres choses encore.

Beaucoup de jeunes parlent anglais et nous avons donc communiqué en anglais avec de très nombreuses personnes, nous amenant à des questions plus fondamentales. Les jeunes sont bien élevés, beaucoup ont un bon niveau d’études, mais malheureusement il y a peu de débouchés technologiques dans le pays. Les vieilles bagnoles Paykan boivent entre 12 et 15 L d’essence aux 100km, et polluent un max. Les ressources en pétrole sont immenses, mais la technologie ne suit pas, l’Iran manque de raffineries, et de ce fait, rationne l’essence (en prétextant la pollution). On a quand même vaguement le sentiment que le gouvernement est plus occupé à tenir son monde sous le joug islamique et à emmerder les femmes pour un bout de tissu que de se préoccuper de problèmes plus fondamentaux, emploi, pollution, accidents de la route…

Le peuple iranien est aussi un peuple fier. Fier de ses origines, de son histoire et de sa culture. Ne les confondez surtout pas avec les Arabes ; ils les haïssent ! Et leur culture est effectivement bien différente. Les Iraniens insistent souvent sur l’ancienneté et la richesse de la culture Perse, ironisant, comme en Turquie, sur les arabes qui ne sont que des bédouins incultes. Mais cette culture dont ils se prévalent est très ancienne (les poètes, mosquées étant antérieurs pour la plupart au 16ème siècle).

Les gens avec qui nous avons discuté religion (fort peu en fait) sont profondément croyants mais avec des différences sur l’aspect culturel : prières, fréquentation de la mosquée, pèlerinage à la Mecque , etc … (Le concept d’athéisme ou d’agnosticisme est d’ailleurs purement occidental). Quoi qu’il en soit, nous n’avons jamais été confrontés à du prosélytisme mais au contraire à une grande tolérance.

Mais l’Iran n’est pas non plus un pays idyllique où le peuple opprimé attend calmement plus de libertés individuelles. La situation est bien plus complexe et encore difficile à décanter entre les positions des ultrareligieux, de certains jeunes qui rêvent d’Europe ou d’Amérique, en passant par ceux qui tout en étant fiers de leur pays et heureux d’y vivre, désapprouvent complètement la politique du pays.

Bien sûr la situation des droits humains, et parmi eux la condition des femmes, ternissent le tableau que l‘on vous a brossé. Il est vrai par exemple que les femmes doivent être voilées et certaines d’entre elles portent souvent le tchador (cette immense robe noir) mais cette obligation est vite oubliée dés que nous passons le pas de la porte d’une maison. Les femmes sont également assises à l’arrière dans les bus et de manière générale elles sont dans la vie publique séparées des hommes, mais il ne faut pas en conclure pour autant que les Iraniens les considèrent comme des êtres inférieurs. Ils sont pour la plupart juste obligés d’appliquer les règles islamistes et sont contrôlés de près par les policiers.

A propos du tchador, nous vous invitons à lire l’article d’un cycliste Français assez truculent : le chat dort pendant que le chien veut tirer son coup

Concernant nos déplacements, nous avons finalement davantage utilisé le vélo que nous l’aurions pensé. En effet, les renseignements obtenus par d’autres cyclistes nous avaient un peu refroidis car les descriptions mentionnaient toujours une circulation abominable et dangereuse. L’Iran détient le record mondial des accidents de la circulation. Sur les routes que nous avons parcourues, nous sommes quasi toujours restés hors de ce trafic intense (à part dans les villes évidemment). Nous avions repéré sur la carte les petites routes et les pistes. La circulation en vélo sur l’autoroute n’a rien de kamikaze, mais juste désagréable à cause du bruit. En fait ce sont les routes « intermédiaires » qu’il faut éviter…et franchement, faut être barjo pour faire du vélo à Téhéran (nous n’y sommes pas allés… mais on imagine, on a vu Mashhad aux heures de pointe…)

Voilà, le mieux est encore d’aller voir sur place ! L’hospitalité des iraniens, les monuments, les paysages, et toute l’ambiance générale sont difficilement imaginables…

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Et pour prouver qu’on peut “presque” tout oser en Iran, une petite photo d’Esfahan en compagnie de deux iraniennes :

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