Où sommes-nous

Trilogie en Kashgarie, partie 2

Rhouch, rhouch ! Laissez passer, laissez passer !

Marché aux bestiaux de Kashgar6 mars. 11 heures. Nous suivons le flot des charrettes, des tracteurs, des attelages aux remorques chargées de bêtes. Tous convergent vers un capharnaüm grouillant : Marché aux bestiaux de Kashgarle marché aux bestiaux de Kashgar. Chaque dimanche s’y retrouvent tous les paysans et négociants de la région venus pour marchander tout ce qui a quatre pattes et produit du lait. On y trouve aussi les bouchers de la ville venu s’approvisionner en viande fraiche et grasse.

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Marché aux bestiaux de Kashgar, cordonnierNous entrons dans la zone périphérique, alléchés par les odeurs de viande grillée. Nous circulons entre les étals des rémouleurs, des cordonniers, des barbiers. Sur une piste déjà bien foulée par les bottes et les sabots, nous nous mêlons à la foule pour pénétrer au cœur du bazar. Ici, c’est “pousse-toi de là que je m’y mette”, Marché aux bestiaux de Kashgaril faut avancer au pas de course pour ne pas nous faire piétiner et ne pas compter sur les avertissements des conducteurs de charrettes. Ca gueule de partout ; il en arrive de toutes parts et pas seulement des tendres : des taureaux, des vaches, des chèvres, des ânes, des moutonsTâtage de cul de différentes races, des chameaux, chacun tentant de gagner la parcelle qui lui est réservée, mené par son propriétaire. Il faut passer à tout prix. Bêtes et propriétaires s’entremêlent, attendant de faire affaire ; on brasse du billet, on discute les prix, on se raconte les dernières nouvelles du village en petit comité. Les acheteurs potentiels vérifient la marchandise : état de la dentition, densité “postérieure”. Observage de dentitionDans un coin du marché, des dizaines de boules de laine s’alignent et passent une par une entre les mains de “coiffeurs” armés de paires de ciseaux puis en DSC03043ressortent toutes nues (on se croirait dans un dessin animé). Dans ce salmigondis, le va-et-vient permanent des bêtes à vendre et des bêtes vendues maintient une intensité impressionnante.

Marché aux bestiaux de KashgarMarché aux bestiaux de KashgarBrochette de culs tondus

Marché aux bestiaux de Kashgar, chachliksTelles de petites fourmis désemparées, nous nous perchons sur un terre plein nous permettant de contempler la scène d’en haut. Le tableau est saisissant de vie et d’authenticité. Nous avons le sentiment d’être parachuté à une autre époque. Sur un coté du marché, un alignement de tables et de chaises permet à qui veut de se sustenter : chachliks (brochettes traditionnelles), pains fourrés à la viande de mouton, laghman (pâtes étirées), portions de pastèque, soupes en tout genre… tout ce qu’il faut pour conclure de bonnes affaires !

Marché aux bestiaux de KashgarEtals de nourriture : pains à la viande de mouton, gras mais savoureuxRiz, pain et mouton

Un peu plus loin, l’humeur est au “jeu”. Attirés par des attroupements nous nous approchons et nous glissons entre les spectateurs. Contrairement aux Ouïgours agglutinés en cercle ou perchés sur les installations proches pour Marché aux bestiaux de Kashgar, combats de chiensmieux apprécier le show, nous sommes légèrement refroidis : deux chiens type pitbull (j’y connais rien) s’affrontent en duel, encouragés par leurs maîtres à l’affût de leur moindre mouvement. La foule autour s’excite à la tournure du combat, les paris vont bon train, chacun encourage son poulain. Les deux bêtes s’amochent sévèrement, la tête DSC_0518ensanglantée, ils ont la permission de cesser leur duel. Un peu plus loin, déjà un nouveau cercle se crée autour de deux autres victimes, tandis que le nôtre se défait rapidement, laissant apparaître les derniers échanges de billets pariés. Un peu de cruauté en guise de distraction…

Nous quittons le marché aux bêtes de Kashgar brassés et transportés par ce mélange intense de couleurs, d’odeurs, d’impressions. En à peine deux heures écoulées, nous avons le sentiment d’avoir fait un voyage à part entière.

 

Au fait, le chat de la guesthouse d’Urumqi, comment s’appelait-il ?

Pas Indien, pas Elisabeth, pas Adolph, mais presque, c’était le Hitler Cat, c’est malin, pauvre bête !

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