Où sommes-nous

Pédalage en stand by

15 septembre. Nous voilà partis de Sofia, dans un bon bol de pots d’échappement. L’unique route qui conduit dans les Rodop, massif montagneux au sud de la Bulgarie, nous fait profiter d’un trafic dense et bruyant. DSC_0072Sans tarder, nous rejoignons une section de la route en plein chantier, ce qui oblige les véhicules à suivre un contournement d’une dizaine de kilomètres. Mais à vélo, nous pouvons rejoindre sans difficulté l’autre coté de la zone de travaux, 150 m plus loin, et voici une route à 2 voies qui s’ouvre à nous … rien qu’à nous !

16 septembre. Cinquante kilomètres et une nuit plus tard, nous entamons notre grande ascension de la journée. Nous suivons une gorge verdoyante ponctuée de petits estancos vendant du miel, du miel ou du miel. Les maisons des villages sont faites de briques ou de moellons, comme inachevées, mais la vigne est toujours présente et bien soignée …

DSC00973Nous arrivons enfin devant l’entrée de ce site que l’on nous a tant recommandé : le monastère de Rila. Dans un cadre montagneux, se dresse cet imposant et somptueux édifice fondé au Xème siècle. Au centre, une église orthodoxe aux voutes extérieures ornées de peintures aux couleurs vives, relatant la vie du Christ et autres scènes bibliques. Autour, en forme de trapèze, des bâtisses blanches sur trois étages faites d’arcades peintes, servent à l’hébergement et à la vie des moines. DSC_0163Il n’y a pas beaucoup de visiteurs, des fontaines issues des sources avoisinantes coulent à différents endroits du monastère, la végétation est soignée. Baignés dans cette ambiance reposante, nous sommes en admiration devant ce joyau de la foi orthodoxe. Ca va mitrailler … et les photos vont être difficiles à sélectionner!

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L’après-midi avance vite. En quelques minutes, au vu de la carte des environs, nous concoctons un circuit de randonnée pour les deux journées à venir. Nous nous équipons pour passer la nuit dans les hauteurs du coin. Mais pas de sac à dos ! Pas de problème: prenez une sacoche avant de vélo, enlevez les petits bitoniaux qui finirons par vous gêner dans le dos, fixez une écharpe en guise de ceinture ventrale autour de la base de la sacoche et de votre taille, puis un tendeur finira de sangler la partie haute à vos épaules. Vous êtes prêts pour marcher deux jours avec cet attirail. Il y a 700m de dénivelée à faire pour arriver à la cabane où nous avons décidé de passer la nuit. DSC_0269 Le soleil nous fait le plaisir d’attendre que nous sortions du sous-bois. Les couleurs se dorent peu à peu. Nous tombons avec bonheur sur une foison de fruits de bois en bordure de sentier … groseilles, framboises et myrtilles dont nous ferons notre dessert. Enfin, nous arrivons à notre fameuse hutte de bois. L’extérieur est plein de détritus, comme de nombreux endroits en Bulgarie (comportement post-communiste parait-il, mais très consumériste également), mais l’intérieur est bien équipé: poêle, matelas, couvertures, tables et bancs. Tout est là, on est aux anges. On est juste bien, heureux d’être là.

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17 septembre. Départ au petit matin, 6h00, le programme de la journée est ambitieux d’après les personnes rencontrées la veille. Très vite, le soleil laisse une frange orangée à l’horizon. Nous entamons notre croisière sur un sentier assez bien tracé. Le paysage qui nous entoure se dévoile peu à peu dans des couleurs chaudes. Avant d’atteindre la crête, les premiers rayons de soleil viennent se refléter dans un petit lac. Le spectacle mérite une pause.DSC00895

Bon … déjà 20 mn de retard sur notre l’horaire de la journée! Nous atteignons ensuite la crête pour découvrir un panorama splendide que nous pourrons apprécier pendant une bonne partie de la journée.

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Un peu trop escarpé par endroits, nous dévions de notre itinéraire initial pour un sentier en contrebas des crêtes. Une heure de retard! … Aarggh! Pourrons-nous respecter notre programme de la journée où devrons-nous le raccourcir? DSC_0327Pressons le pas. Un peu de pression re-booste les troupes. Nous croisons de petits lacs de montagne aux eaux d’un bleu si pur qu’il donne envie de la boire ou d’y nager… pas chiches! Allez… nous nous autorisons 15 mn de pause pour grignoter – le fait de porter notre matos nuit et bouffe nous a fait étonnamment diminuer nos rations alimentaires – avant de reprendre notre course. DSC00930Nous avons bien trouvé quelques victuailles à cueillir, de petits champignons magiques réputés dans la région, des psylos pour les connaisseurs. Mais, notre objectif n’est pas encore à portée de nos mollets, alors nous évitons. Le paysage est moins escarpé par la suite, mais n’en demeure pas moins vaste et apaisant. Une heure plus tard, les jambes commencent à se faire un peu lourdes.

Nous arrivons enfin à notre but convoité : un promontoire, à l’extrémité de notre arête, offrant une vue dont on nous a fait tant d’éloges, que nous craignons la déception… nous avançons, tête baissée, repoussant la l’instant de révélation au maximum. De toute façon, le temps et les guiboles nous manquent pour aller plus loin, après, c’est la redescente. DSC_0366 Notre regard se lève enfin sur un ensemble somptueux de lacs bleus 500 m plus bas. Nous profitons de la vue une demi-heure durant. Avant de rebrousser chemin – 3h30 et 1500 m de descente nous attendent (aïe! … les jambes!) -, nous nous imprégnons une dernière fois de tout ce qui nous entoure… Ca va… on a encore le temps d’en profiter, car le chemin de retour est long… assez long… très long… trop long!! D’autant que notre rythme de course, imposé par les douleurs dans les jambes, diminue peu à peu. La fin n’arrive jamais. “Ils” l’ont coupée pour rajouter un bout de chemin, c’est sûr! Georges Brassens a beau faire ce qu’il peut pour nous faire oublier notre interminable chemin, mais en vain. 18h30, nous arrivons. Exténués! Résultat des courses: 2700 mètres D+ et 3000 mètres D- en 26 heures…et des courbatures pendant 4 jours! VIVE LE VELO!!!

18 septembre. Le lendemain, essayant de dissimuler notre déambulation brinquebalante, nous captons les premiers rayons du soleil sur le monastère encore endormi. Etienne a trouvé le bon argument pour faire valoir une nouvelle rafale de photos du site. Sympa le travail de sélection (exemple: passer 10 minutes à choisir entre deux ou trois photos identiques). Mais les touristes arrivent en vague, il est temps de décamper.

Le retour est en descente sur 25 km… et c’est pas dommage! Nous n’en concéderons pas beaucoup plus aujourd’hui. Il est des jours où il fait laisser son corps dicter ses raisons. DSC01002 Au passage, petite dégustation de yaourt au lait de chèvre dans une petite ferme du coin. Les jours qui viennent, direction le sud pour entamer quelques nouveaux cols… et se refaire une santé!

5 commentaires pour « Pédalage en stand by »

  • mamichou

    petit pèlerinage à Rila en ce samedi pluvieux : haaaa ça fait du bien !!!!!!!!!!!
    ça m’a fait du bien de revoir tout ça, et ce qui m’a fait le plus de bien c’est de vous voir et de vous entendre.
    je deviens accro au site

    grrrrrrrrrrrrros mimis

  • mamichou

    vous avez vu Emile ?

  • gaël

    Les photos sont superbes, et les textes tout autant, vous nous faites voyagez avec vous quasiment tous les jours! Et c’est là que je me pose une question, comment faites vous pour nous envoyer autant de nouvelles si souvent?? Vous trouvez des Cybercafés dans les monastères ou chez les marchands de yaourts au miel???

  • gaël

    PS : j’ai oublié de vous préciser que si l’on voyageait avec vous, c’était quand même beaucoup moins fatiguant assis devant notre ordi!!!

  • Phil

    Visiblement, pendant que vous pédaliez, certains s’ennuyaient : Le monastère en allumettes