Où sommes-nous

Les Portes de Fer (Le long du Danube suite et fin)

Du 4 au 6 septembre

Nous approchons des Portes de Fer (gorges du Danube) et en même temps de la frontière roumaine. A de multiples reprises raisonnent des airs d’accordéon, nous entrons dans la Serbie populaire et paysanne et les mélanges de populations sont visibles à l’œil nu.

4 septembre. Peut-être avions-nous trop fanfaronné les jours précédents, toujours est-il qu’aujourd’hui le compteur fait la tête. La moyenne chute. Départ tardif, puis nous voilà pris dans le meilleur des traquenards, une fête de village à Veliko Gradiste.

DSC00623A peine arrivés, nous sommes alpagués par des sourires amicaux et des propositions multiples : bière, soupes, grillades. Nous ne tardons pas à nous retrouver attablés, alors que nous avons parcouru depuis le matin 20 malheureux kilomètres. Et le redécollage risque de se faire attendre. Notre hôte nous le fait nettement comprendre par un geste du pouce en travers de la gorge : pas question de décamper avant d’avoir fait honneur.

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Alors nous allons nous y atteler avec le plus grand des bonheurs pendant qu’un groupe d’enivrés donne un récital de chansons traditionnelles accompagnés par l’inévitable accordéon (qui n’est vraiment pas un instrument pour les … comme le chantent avec ironie les Ogres de Barback).

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Nous sommes rapidement à pied d’œuvre alternant de grandes lampées de bière avec des cuillérées de soupe poissonneuse dont les arêtes nous restent un peu en travers … de la gorge ; mais, ici, on ne fait pas la fine bouche. DSC_0023-1Après quelques heures, nous tentons une échappée, mais le moment est le plus mal venu. Voilà le méchouis qui vient à point pour régaler les papilles de tous les convives, difficile d’y renoncer ! Le tout, copieusement arrosé de bière comme il se doit, si bien que nous finissons par apprécier les grandes accolades affectueuses (pour ne pas dire plus) de notre ami et les harmonies approximatives de la chorale locale. Disons clairement qu’on se régale et qu’on ne boude pas notre plaisir. “Brate !”

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DSC_0062Le retour sur la selle – quelque part toujours un peu douloureux, mais on ne vous dira pas où – était cette fois si tardif qu’il ne s’est pas prolongé bien longtemps. Nous avons très vite dégoté un petit terrain de camping de rêve au bord du Danube, face à la forteresse de Golubac.

Préparation du bivouac-popote. Mais ce soir on saute l’apéro. Eh, faut pas croire, on sait rester sobre aussi !

DSC00656 Les jours suivant cette aventure, nous roulons sur les berges du Danube. Celui-ci nous offre son profil le plus escarpé et de somptueux panorama entre la ville de Donji Milanovac et le barrage des Djerdap où se trouve un poste frontière avec la Roumanie. Dans cet étranglement, appelé “Portes de Fer”, le Danube se resserre en un défilé de 150 mètres de largeur (après avoir atteint en amont jusqu’à 2 km) qui rappelle par ses calcaires abruptes et délités certaines Calanques. DSC_0024-1 “Et c’est beau, bon allez on s’casse !” Non, c’est vraiment chouette et nous ne sommes pas mécontents de retrouver un peu de relief, d’autant que les côtes n’ont rien avoir avec les montées interminables des cols dolomitiques.

6 septembre. Nuit agitée à Donji Milanovac où, tente calée derrière un buisson en plein village, Etienne n’a de cesse de crier après les chiens errants qui grognent autour du bivouac pendant une bonne partie de la nuit, jusqu’à ce que, excédé, il se décide à sortir de la tente, partir à la chasse, armé d’une sandale, et courir au milieu de la rue en tenue d’Adam pour les faire fuir à l’aide du projectile qu’il va inévitablement égarer dans un jardin voisin. Après quoi nous profiterons de la fin de la nuit dans un calme mérité. Nan mais ! Nos amis les bêtes … (Pour ceux qui connaissent la chanson des Joyeux Urbains, “Achète un chien” elle n’a pas cessé de raisonner dans ma tête. Merci bien !)

Le lendemain est l’occasion d’une incursion inoubliable en terre roumaine. Nous traversons l’énorme barrage des Djerdap (au delà duquel se trouve la Roumanie) en quête d’un market pour y dépenser les Lei que Michèle, Jacques et les Renard nous ont laissé en Autriche. Et il y a une somme ! Orgie d’achat dans un bouiboui cracra, suivie d’un p’tit resto pour finir par un retour en Serbie sous les yeux goguenards des douaniers serbes. DSC_0027 Peut-être connaissez-vous l’histoire du gars qui passe la frontière tous les jours à vélo avec un sac de sable sur l’épaule et qui, une fois à la retraire, révèle au douanier qu’il trafiquait des bicyclettes. Mais toute ressemblance entre cette histoire et notre séjour n’est que le fruit de votre imagination débordante. Nous terminons cette journée mémorable en fuyant les zones industrielles en aval du barrage et mettons, ici, un point final à notre longue descente au fil du Danube.

Direction la Bulgarie. A nous les yaourts !

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Srecan Put

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