Où sommes-nous

Jakarta, dans la moiteur des traffic jam

Du 8 au 13 octobre.

8 octobre. Arrivés dans la chaleur moite de l’après-midi, un peu embrumés par le “jet lag”, l’excitation est tempérée et fait place à une curiosité tranquille. Nous avons quitté Ankara sous la pluie et trouvons Jakarta dans le même état. A la sortie de l’aéroport, l’odeur des kreteks, cigarette parsemées de clous de girofle, nous saisit. Manon a l’impression d’entrer dans un pays qu’elle connait déjà grâce aux souvenirs de voyage, odeurs et images, ramenés par parents vingt-cinq ans plus tôt. Le comité d’accueil habituel : les taxis qui offrent bien sûr un “good, cheaper price” mais bien plus cher que les bus. Alors ça les fait bien marrer de nous entendre dire qu’on va prendre le bus avec tout notre bazar et nos deux grandes boîtes en carton, piteux écrins pour nos bicyclettes. En fait, nous trouvons, ravis, les larges soutes des bus des bus locaux et nous embarquons dans la grisaille du soir tombant.

Nous quittons lentement la zone ; chaque véhicule tente de se frayer un chemin dans l’enchevêtrement en forme d’entonnoir qui se dirige vers le centre de Jakarta. Dans le car, c’est ambiance karaoké avec l’ami Demis et son inoubliable “Rain & Tears”, plutôt de circonstance : Rain pour le climat, Tears pour la musique, une série de super tubes indonésiens passés en boucle cinq ou six fois. On peut dire que le trafic est dense : trois heures et demi pour environ 25 km. Circuler en vélo dans cette jungle parait une hérésie.

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Après s’être fait escroquer par un taxi, lot commun du pigeon européen dans un lieu touristique, nous arrivons enfin à la maison du vélo, Rumah Sepeda en bahasa Indonesia. C’est ici qu’une bande de fous du vélo est installée ; l’organisation Bike to Work (B2W) a pour vocation de pousser les habitants de Jakarta à utiliser leur vélo pour aller au boulot. Réellement novateur et courageux de leur part quand on sait ce que signifie circuler à Jakarta aux horaires de travail. DSC_0110En tout cas nous sommes attendus et cette bande d’utopiste nous fait un accueil de rois. Nous sommes parmi les premiers voyageurs à vélo à être accueillis ici et apparemment on va jouer aux célébrités locales pendant quelques jours. Enfin, pas de quoi pavoiser non plus, mais au moins tout les cyclistes du coin nous connaissent, d’autant qu’une pipelette ne s’est pas privée pour raconter que c’est notre “Honeymoon”, et apparemment, ça leur plait. En tout cas, ce sera pour nous l’occasion de faire connaissance avec un paquet d’Indonésiens bien sympas. Thanks a lot B2W !

Les premiers jours, la chaleur nous accable et le décalage horaire ainsi qu’une fatigue accumulée pendant le voyage en avion bloquent toute velléité de s’extraire de la paresse dans laquelle nous sommes. En même temps que nous nous laissons aller dans une moiteur constante, il nous tarde de remonter sur le vélo pour découvrir le cœur du pays. Nous passons nos soirées à Rumah Sepeda, où nous croisons un nombre important d’adhérents de B2W. Et c’est pour nous pain béni, car nous pouvons glaner au fil des discussions suffisamment d’informations pour établir le planning des journées à venir.

DSC01791Dimanche 10 octobre. Cet après-midi, les membres de B2W nous emmènent dans un bar branché où se déroule une manifestation contre le global warming. Ils y participent naturellement en tant que promoteurs du vélo dans une ville sur-poluée par le trafic des véhicules à moteur. L’événement se déroule le 10.10.10 date symbolique, chose à laquelle les Indonésiens semblent accorder beaucoup d’importance. Mais cela ressemble plutôt à un joyeux mélange des genres où l’on trouve aussi bien des associations agissant concrètement contre le réchauffement climatique qu’un créateur de mode surfant sur la vague “green”.

Nous sommes un peu dubitatifs surtout quant au devenir des dizaines de tracts distribués sans impact vraisemblable, en tout cas on se demande bien ce qu’on va faire du petit sac qui nous a été gentiment remis et contenant une foule de documents incompréhensibles pour nous puisque rédigés en Indonésien. Le mouvement vert existe ici et il n’y a pas de raison pour que des profiteurs en tout genres ne s’en emparent ! Cela fait malheureusement parti du lot.

Retour de nuit. Faire du vélo à Jakarta, on n’aurait pas osé, alors de nuit, impensable ! Heureusement nous avons une escorte  de premier ordre. Nous sommes une dizaine de vélos de B2W à rentrer à la maison, un long serpent se frayant un chemin dans une circulation complètement débridée sans être totalement anarchique. DSC_0081Le principe, ne pas s’écarter de plus de 20 cm du bord gauche de la route (ah, oui, ici le trafic est en sens inverse de quoi corser encore un peu l’affaire), ni de la roue avant de son prédécesseur, (sans quoi le cordon est coupé et un autre véhicule tentera de s’immiscer), tout en se préparant à crisper les poings autour des poignées de freins. Heureusement, tout le monde roule à la même allure, voitures, motos, bajaj (tricycles à moteurs) et vélos, et la vitesse est peu élevée. Nous arrivons donc sans encombre à Rumah Sepeda. Le vélo a ceci de bon qu’il amène un peu d’air, ce qui n’est pas un luxe, car même la nuit ne parvient pas à nous apporter une fraîcheur convoitée.

Mardi 12 octobre. Ce matin nous parvenons enfin à nous extirper du lit de façon matinale. Nous prenons le Trans-Jakarta pour descendre vers Kota Tua, littéralement la vieille ville de Jakarta, résidu de la colonisation hollandaise au XIXème siècle. Première épreuve, localiser le terminal des bus et trouver la zone d’accès au bus voulu, avec quelques sourires et quelques “Tolong” (“s’il vous plait”), nous y parvenons sans trop de peine. Les Indonésiens sont très souriants toujours prêts à rendre service et ponctuer nos phrase d’un “ya, ya, no problem”, même s’ils n’ont rien compris. Très vite, nous pouvons observer qu’ils sont également dotés d’un calme à toute épreuve. Ici, il va falloir mettre de côté tout accès de colère et s’interdire de hausser le ton, c’est très impoli.

DSC01829Tout juste descendus, nous montons au sommet de la tour du Monas, monument national, une tour de marbre de 132 mètres, appelée la dernière érection de Soekarno par les habitants de Jakarta. Ceux-ci ont le chic pour trouver des surnoms sympathiques aux différents monuments aussi laids que ridicules qui truffent les principales artères de la capitale. Puis nous grimpons dans un bajaj  pour s’enfoncer dans la puanteur des pots d’échappements.

Très vite, le tricycle est pris dans les embouteillages inextricables qui bloquent le centre ville.

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DSC_0035Dernière solution, finir à pied les derniers mètres qui conduisent au fronton de mer. Nous nous retrouvons sur le port, mais pas genre port de plaisance, plutôt quai de débarquement avec les dockers qui triment pour faire transiter des milliers de tonnes de marchandises chaque jour, dans un vacarme épouvantable et des odeurs qu’on ne cherchera pas à vous décrire.

DSC_0060Nous nous échappons en longeant un canal ressemblant plus à un égout qu’à une source des Alpes. Nous naviguons alors dans une sorte de bidonville, coincé entre le port, l’autoroute et la voie ferrée, mais contrairement à ce qu’on peut imaginer, l’endroit est tranquille en même temps que très habité. De nombreuses petites habitations s’enchaînent, chacune laissant apparaître un poste de télévision toujours allumé et des visages souriants. En cette fin d’après-midi, beaucoup d’enfants jouent dans des bacs d’eau propre amenée par les canalisations. DSC_0044Dès qu’ils aperçoivent nos têtes de touristes, il se précipitent vers nous en criant “foto, foto”. C’est à chaque fois le même rituel. Nous accédons à la demande : prise de photo, puis visualisation sur le petit écran d’appareil photo, puis une volée d’éclats de rire presque compulsifs qui s’échappe de la marmaille avant de nous laisser continuer notre chemin sous les “Hello Mister”. Moments simples mais toujours enchanteurs.

DSC01865Bref aperçu de cette métropole fourmillante et embouteillée au possible. Mais toujours pas de vélo au programme. Le temps nous fait défaut, incroyable non, lorsque on part pour un an, visa trop court, île immense. Après mûre réflexion, nous nous lançons dans une grande traversée de Java en train, à travers les immenses plaines rizicoles. Enfin du mouvement et de la verdure !

Semoga Bike2Work Indonesia Selalu Jaya !!!

Traffic jam = embouteillages

3 commentaires pour « Jakarta, dans la moiteur des traffic jam »

  • Plaisantin Bernard

    Manon, Etienne,

    Vous voilà sur un autre continent, sous d’autes latitudes donc aussi autre climat.
    Nous transmettrons vos dernières informations à vos grands parents.
    Bonne continuation.

    Hélène et bernard

  • jo bunch

    FLASH SPECIAL DE PENELOPPE SOLETTE

    ARTICLE MENSONGER , DANGER

    L’utilisation abusive de « traffic jam », est mise en cause ici
    TRAFFIC JAM n’a rien a voir avec les embouteillages, Je vous prierai de laisser Bison futé tranquille, il est assez occupé en ce moment avec la grève.

    La mafia italienne qui se mondialise s’adaptant aux nouveaux réseaux du marché, a réussi à infiltrer il ya quelques mois le commerce de la confiture.
    La confiture est recherchée pour sa saveur et sa teneur en glucose très cotée en bourse par les temps qui court.
    Les branches illégales fleurissent dans les réseaux mafieux , l’état n’a plus aucun contrôle.
    Faites attention des confitures bonne maman de contrebande circulent en ce moment Ne vous laissez pas avoir, vos tartines sont en danger
    Le traffic jam c’est très sérieux

    GARDEZ L’OEIL OUVERT CITOYEN

    Merci
    Peneloppe sollète (qui fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle trouve à l’ AFP !)

  • seklie

    hello manon & etienne. i miss you guys! haha. i see that you have done alotta things since our last encounter. fun!

    so are you still in bali now? i’m looking forward to read more of your journey. though i may get some details wrong because i’m counting on uncle goo to translate for me. haha. since you guys left jakarta i lost my french teacher so my french isn’t going anywhere. :p

    semoga manon & etienne selalu sehat dan senang!