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Istanbul, le souffle de l’Histoire

Impossible de passer par Istanbul sans parler des innombrables sites historiques à visiter. C’est l’article fastidieux de la semaine, alors gare aux superlatifs, courage, on va tacher de faire court.

istanbul.03Ville traversée par l’histoire, d’abord Byzance sous la coupe romaine, devenue Constantinople capitale de l’empire, qui a laissé de nombreux vestiges : églises, palais, citerne… dont nombre d’entre eux sont encore ensevelis dans les fondations de la ville moderne, enfin Istanbul faite capitale de l’empire Ottoman dès sa conquête par Mehmet II en 1453 (chute de Constantinople).

Cette ville restée cosmopolite tout au long de son histoire, révèle d’emblée sa facette musulmane, de part les mosquées peuplant chacun de ses quartiers. DSC_0390 A Istanbul, les minarets se comptent par milliers. On ne peut pas manquer ceux de la mosquée Süleymaniye, la plus grande de la ville, bâtie par Soliman le Magnifique avec l’aide de Mimar Sinan, le plus glorieux des architectes du monde musulman. Sous leur ère, la cité s’enrichit de bâtiments et de monuments comme jamais.

Les joyaux architecturaux se concentrent dans Sultanahmet, rive sud de la Corne d’Or. Nous nous limiterons à évoquer ceux qui furent pour nous les trois coups de cœur.

Jeudi 30 septembre. Le premier d’entre eux est le palais de Topkapı (“ı” se prononce “eu”) et son merveilleux harem qui n’ont absolument rien à envier au château de Versailles. DSC_0279 Demeure des Sultans dès sa fondation en 1453 et pendant près de quatre cents ans, ce palais des monarques ottomans se compose d’un ensemble de pavillons à la décoration extrêmement raffinée, et dispersés dans des cours arborées séparées par de larges murailles. Les ornements de chacun d’entre eux sont de vrais chefs d’œuvre. Le plus spectaculaire reste la visite de l’ensembles bâtiments constituant le harem. Voilà déjà votre imagination galopante qui fantasme sur la débauche à laquelle les Sultans étaient supposés s’adonner dans ces lieux entourés de mystère. Que nenni ! Bon, nous aussi on croyait, mais nous avons vite été détrompés par le guide et l’atmosphère des lieux. Le terme de harem, qui signifie “privé”, désigne plus simplement les appartements de la famille impériale. On peut dire que tous ces “braves” gens n’ont pas choisi leur papier peint chez Casto pour décorer leurs chambres.

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Rapidement, nous nous perdons dans un dédale de pièces où nous trouvons des marqueteries, des mosaïques sublimes et, partout sur les murs, des céramiques colorées dont la finesse des motifs n’a d’égale que leur diversité. DSC_0223Et c’est beau ! Bon allez on s’casse ! Sans oublier de prendre plusieurs centaines de photos et de décortiquer les moindres détails. Finalement, la demi-journée passée au milieu de ces trésors n’est pas suffisante et nous nous verrions bien louer un petit deux pièces pour terminer la semaine dans la demeure des dieux. Mais c’est un peu au-dessus de nos moyens. Il n’y a guère que les mille-et-un délices des restaurateurs stambouliotes pour nous chasser des lieux.DSC_0003

DSC_0542-1Samedi 2 octobre. Aujourd’hui ça va envoyer du gros ! Retour à Sultanahmet, jour de fréquentation maximale pour visiter les deux monuments d’Istanbul (hormis Topkapı) les plus prisés par les touristes : Sultanahmet camii, la mosquée bleue et l’église Sainte-Sophie.  La première est encore un lieu de culte, mais elle est largement polluée par les milliers de touristes et les guides vociférant qui s’y entassent. Mais nous sommes bien contents d’en profiter nous aussi. Nous découvrons une coupole immense soutenue par quatre énormes piliers en forme de pattes d’éléphant. Là encore, des trésors d’ornements sur chaque centimètre carré, DSC_0755illuminés par les 260 fenêtres qui en percent les murs. Spectaculaire. Cependant, nous sommes d’avantage subjugués au moment de nous avancer sous la coupole grandiose d’Aya Sofia, Sainte-Sophie. Tels Justinien, découvrant la nef de la basilique qu’il fit réaliser il y a près de mille cinq cents ans, nous restons bouche bée devant la beauté de cette audacieuse construction. L’architecture de la coupole est d’une légèreté stupéfiante lorsqu’on réalise les dimensions extravagantes de l’édifice.

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D’abord basilique pendant près d’un millénaire, puis convertie lors de la conquête ottomane, elle fut finalement transformée en musée par Atatürk afin de financer sa restauration. DSC_0677De grandes fresques jaunes encore en réfection tapissent les murs de la basilique. Sur les montants, on peut voir huit larges médaillons du XIXème siècle renfermant les noms du prophète et des premiers califes, calligraphiés en lettres d’or, tandis que la coupole offre au regard une vaste mosaïque d’un Christ pancrator. Mélange des genres, destin de la plupart des églises érigées avant l’islamisation d’Istanbul. Nous quittons ce joyau d’architecture à reculons, pour ne pas perdre une miette des visions d’extases qu’il nous inspire.DSC_0548-1

DSC_0870 Dimanche 3 octobre. Notre troisième coup de cœur est provoqué par la visite de l’église du Christ de Chora. D’architecture relativement simple, c’est sans aucun doute le bâtiment dont la décoration intérieure est la plus magistrale. Commandée au XIVème siècle par Métochite, elle compte parmi les plus belles fresques et mosaïques du monde. Rien que ça ! Et c’est pas nous qui l’dit !

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Comme dans la plupart des églises byzantines transformées en mosquées, un grand nombre de visages a été effacé, obligation de l’Islam de ne pas vénérer des images d’êtres immortels (information à confirmer). Mais une grande partie des mosaïques dorées sont encore en très bon état. Nous nous échappons des étoiles plein les yeux.

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Suite à ce triptyque, il convient de parler de la citerne-basilique, gigantesque réservoir souterrain alimenté par l’important réseau d’aqueducs qui émaillait la ville du temps de la splendeur byzantine.

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Après avoir été bouchée durant plusieurs siècles, elle est aujourd’hui mise à jour pour le plaisir des badauds qui peuvent y déambuler entre des centaines de colonnes. DSC01303S’ajoutent à cela les palais néo-classiques tape-à-l’oeil des derniers sultans, mais presque grossiers en regard de la finesse d’ouvrage des monuments précédents. Sans oublier de nombreuses mosquées dont la faible fréquentation en fait des havres de paix sans pour autant renoncer au qualités artistiques de leurs illustres voisines.

Trop de beauté, il était temps d’y mettre un terme, comme à cet article, vous ne trouvez pas ? Pour de vrai, nous quittons Istanbul à regret et nous sentons que la ville nous rappelle déjà. Un grand merci à Amaury qui nous aura accompagné dans ces découvertes mémorables.DSC01758

2 commentaires pour « Istanbul, le souffle de l’Histoire »

  • audrey

    salut les amis,
    cette petite visite me rappelle des choses…. bonne route vers la cappadoce dont je trie les photos tranquillement.
    bisous à bientôt

  • Plaisantin Bernard

    Etienne et Manon,

    C’est merveilleux ce que vous faites pour nous tenir au courant de ce magnifique et courageux voyage que vous avez entrepris.
    Merci

    Bernard