Où sommes-nous

D’un extrême à l’autre dans l’empire du milieu

26 janvier. Nous y voilà, aujourd’hui nous pénétrons sur ce territoire mystérieux et fantasmatique. Nous sommes impatients de savoir de quoi il retourne, de battre en brèche les idées reçues, de se confronter nous-même à cet immense pays qu’est Zhongguo (prononcer Jong-gwoh), littéralement terre du milieu : la Chine !

Boten, un avant-goût de Chine Avant même d’avoir franchi la frontière sino-laotienne, nous changeons radicalement de décor : dès la ville de Boten, côté laotien, à 2 km de la frontière, nous avons quitté le sud-est asiatique, cette ville a manifestement été bâtie par des Chinois. Aucune erreur possible, nous passons d’un pays qui nous apparait soudainement dans toute sa pauvreté à une opulence affichée en multicolore. La césure se prolonge au passage de la douane. Côté laotien : un simple baraquement poussiéreux garni de fonctionnaires armés de tampons ;A la douane chinoise de Boten côté chinois : un énorme bâtiment climatisé de verre et d’acier, carrelage impeccable, bosquets soigneusement entretenus et des automates douaniers qui vous parlent …. en Français ! Effet garanti. De l’autre côté, les routes sont impeccables, les moindres parcelles des montagnes environnantes sont exploitées, et de hautes constructions colorées et bien alignées nous rappellent l’arrivée sur Istanbul.

Le deuxième effet saisissant se situe du côté – si vous nous suivez de puis longtemps vous allez deviner –, du côté des papilles. Nous avions tant entendu sur les préparations culinaires surprenantes voire rebutantes de ce pays que nous étions parés pour le pire. Mais c’est avec délice que nous avons pu tester la cuisine du Yunnan : nous avons vu réapparaître poivrons, légumes frais à foison, viandes goûteuses, patates bien assaisonnées avec bien sûr des nouilles, mais trop bonnes !!! Peut-être dirions-nous que nous n’avons pas mangé aussi bien et si peu cher depuis le début du voyage.

Et voilà le travail !A la gare de bus Jinghong, un anglais et deux polonais

A Jinghong, avant de reprendre le busBaozi, petits fourrés à la viande

Pour finir notre bascule, il ne restait qu’à se confronter aux transports. Dans le but de rejoindre le nord du Yunnan, nous avons pris des bus près de la frontière. Nous avons enchaîné deux jours et une nuit de bus entrecoupés d’acrobatiques chargements-déchargements pour passer d’un bus à l’autre. Dans le bus pour DaliNous avons fait halte à Jinghong puis Kunming, deux villes chinoises, deux exemples de la démesure du développement de cette énorme puissance. La deuxième, avec ses millions d’habitants, est la capitale de province, desservie par plusieurs gares routières gigantesques. Si vous connaissez, ça vaut bien la gare de la Part-Dieu, les trains en moins mais plutôt des trains de bus, plusieurs centaines, sagement alignés dans l’attente d’un départ ponctuel (l’antithèse du Laos en la matière). DSC02113Les premiers contacts avec les locaux sont variables, entre négociation rugueuse pour faire admettre les vélos dans la soute du car et sourires échangés au-delà de la barrière de la langue. De ce point de vue, nous allons vite tâcher d’apprendre et de comprendre quelques rudiments de mandarin pour éviter de foncer droit dans la “muraille”.

Avant de nous lancer à l’assaut des montagnes du Sichuan occidental, nous voilà plongés dans un bain radicalement différent du précédent, qui nous sort du train-train. Une bousculade déstabilisante et exaltante.

2 commentaires pour « D’un extrême à l’autre dans l’empire du milieu »

  • Marie-Jo

    On attendait la Chine avec impatience ! Nous y voilà et il faut dire que ça donne envie, jusque là au moins !

  • chantal et maurice

    Après un petit tour sur votre site (ce n’est pas très souvent…) un petit coucou et tous nos voeux pour continuer à nous régaler.
    bises
    Maurice et Chantal